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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #numerique

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2017

27 Février 2017, 14:23pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2017

Jadis, les période pré-électorales étaient très calmes, voire figées. On dirait bien que cet attentisme appartient désormais au passé. En tout cas dans les domaines de la culture et du patrimoine. Quel effervescence, les rendez-vous bourgeonnent de partout !

 

Culture et numérique

 

Le deuxième atelier expérimental IMUalpha de l’année 2017 sera consacré aux récits dans la cartographie sensible. Le 2 mars 2017 à Lyon (69), les chercheurs de différentes disciplines vont s'interroger sur les récits urbains diffusés par les nouveaux outils. Entre autres questions : comment mutent les déplacements de savoirs traditionnels dans des espaces influencés par les nouvelles technologies et les mobilités numériques?

 

Artistes, ingénieur, scientifiques et entrepreneurs sont susceptibles d'intervenir dans le champ de l'art et des nouvelles technologies ; ils peuvent se retrouver, du 15 au 18 mars 2017, au Vertigo - Forum Art Innovation de l'Ircam à Paris. C'est à la fois un rendez-vous de présentations de prototypes et de réalisations artistiques et une plate-forme de travail dans l'esprit des FabLabs, et dans des domaines multiples : musique, art, design et architecture en lien avec les technologies numériques.

 

Le séminaire RECHERCHE, ART, PRATIQUES NUMERIQUES  #10 de l'IMéRA - Institut d’études avancées - est consacré à l'archéologie et au numérique le 15 mars 2017 à Marseille (13). Chercheurs et artistes vont pouvoir y confronter leurs points de vue et idées sur tous ces objets archéologiques, fac-similés, restitutions architecturales virtuels ou d'origine numérique.

 

Du 18 au 26 mars 2017, c'est la semaine de la langue française et de la francophonie. Pour l'occasion, le ministère de la culture met en avant son opération-concours Dis-moi dix mots. L'objectif principal de la nouvelle édition est de montrer comment le français s'adapte à des technologies et à des usages numériques en constante évolution.

 

Vers une culture 2.0 : l'avènement d'une société numérique c'est le thème d'une journée d'études organisée le 22 mars 2017 à l'Université de Poitiers, Nouvelle Aquitaine (86). Elle portera sur l'histoire, les religions et l'art face au numérique ; comment le numérique façonne les rapports entre une société et son passé.

 

Laval Virtual c'est le salon de la réalité virtuelle ou augmentée en Mayenne. Il a la bonne idée d'aborder aussi les questions de la médiation et de l'éducation par ces technologies. Le CCSTI - Musée des sciences de Laval et l’Amcsti proposent proposent deux journées de travail pour aider les novices à définir leurs besoins, leurs projets, le cahier des charges, avec un programme de conférence, table ronde, visite thématique du salon, retoursd'expérience et ateliers les 22 et 23 mars 2017 à Laval.

 

La première rencontre numérique de l'année du ministère de la culture et de la communication a lieu au Musée du Louvre à Paris les 27 et 28 mars 2017. Cette #RencNum est consacrée aux publics in situ et en ligne des équipements culturels : le point sur les usages que les uns et les autres font de l'offre proposée et surtout sur les relations qu'ils entretiennent avec ces établissements.

 

 

Médiation culturelle

 

L' OCIM (office de coopération et d'information muséales) organise une rencontre nationale intitulée « Chercheurs-publics : quelles réceptions de la rencontre ? » le 21 mars à Paris. L'an dernier, il s'agissait de se pencher sur la diversité des formations et expériences des chercheurs quant à la vulgarisation et la médiation scientifique. Cette année, c'est le point de vue des publics qui est donc examiné.

 

« Musée en mutation : logiques économiques, culturelles et sociales », c'est le sujet d'un colloque les 29 et 30 mars 2017. Il sera retransmis en visioconférence simultanément au LRPC (Trois-Rivières, Québec) et au CELSA (Paris) les 29 et 30 mars 2017. Près d'une trentaine de questions y sont abordées : évolution de la notion de patrimoine, diplomatie culturelle, question environnementale, néolibéralisme économique, tourisme de masse, numérique, hégémonie du visuel, mise en valeur de l'archéologie, marché de l'art, publics en situation de handicap...

 

Le 30 mars 2017, une journée d'études est consacrée au thème : « Des musées d’arts industriels aux collections d’arts décoratifs : les enjeux de la valorisation patrimoniale d’un passé industriel ». C'est le centre de recherches sur les économies, les sociétés, les arts et techniques (CRESAT) de l’université de Haute-Alsace qui l'organise à Mulhouse (68).

 

Et toujours en Alsace, « Le musée citoyen » est le thème des rencontres professionnelles de la Fédération des écomusées et des musées de société du 30 mars au 1er avril 2017 à Ungersheim et Strasbourg (68).

 


 

Tourisme culturel

 

Place marketing forum 2017 est le grand rendez-vous du marketing territorial les 23 et 24 mars 2017 à Lyon. Certes, le sujet dépasse la question culturelle mais elle y occupe néanmoins une place de choix comme nous vous l'expliquions dans ce blog. Et comme l'atteste la présence d'Evelyne Lehalle qui interviendra sur le tourisme culturel.

 

 

Culture sonore

 

Le 10 mars 2017, à la Gaîté Lyrique à Paris, universitaires, artistes, institutions ou média vont partager sur « La ville augmentée par le son ». Un thème particulièrement cher à Tous Curieux/Histoire de son. Il s'agit surtout de l’expérience auditive en mobilité. Souvent, elle se transpose en cartographie et invite à la déambulation, en particulier dans la ville, comprise ici comme un nouvel espace de création sonore et d’expérimentation. Mais le son invente aussi de nouvelles muséographies qui seront abordées également lors des rencontres et tables rondes. À suivre aussi des démonstrations de dispositifs de réalité augmentée audio.

 

« Les Lundis numériques de l'INHA » s'intéressent à l'archéologie du paysage sonore le 13 mars 2017 en compagnie d'une spécialiste Mylène Pardoen (Institut des sciences de l’homme, Lyon). L'auteur de la restitution de Paris au XVIIIe siècle actuellement diffusée au musée archéologique de la crypte Notre-Dame à Paris, abordera son questionnement d'archéologue-productrice. Comment faire parler les archives ? Où s’arrête l’histoire et où commence l’art ? Quelles en sont les limites : représentation simple, témoignage de la réalité, fiction pure ? Quel mode de diffusion privilégier et pour quel public ?

 

Créateurs sonores, vous avez jusqu'au 15 mars 2017 pour répondre à l'appel à projets Gulliver 2017, une aide à la création et à la production d’œuvres de fiction et documentaires audio, abondée par la SACD France et la SACD Belgique. Pour connaître les modalités d’inscription, consultez : l’appel à projets (355 Ko)


 

Culture et patrimoine tout public

 

Du 8 au 12 mars 2017 à Lyon (69), c'est le Mirage Festival où se mêlent art, innovation et cultures numériques.

 

Du 30 mars au 2 avril 2017, c'est la 4e édition du Tropisme, festival augmenté de Montpellier (34). Il conjugue culture pop et nouvelles technologies et propose immersion dans le son, l'image, la fête et la pensée ! Tout un programme...

 

Les journées européennes des métiers d'art - 11e édition – ont lieu quant à elles les 31 mars, 1er et 2 avril 2017.

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en janvier 2017

31 Décembre 2016, 14:08pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en janvier 2017

Comme tous les ans, l'année commence fort pour les professionnels des musées et leurs prestataires avec deux salons internationaux. À suivre également, des rendez-vous autour de l'accessibilité culturelle et du son.

Culture et handicap

L'accessibilité culturelle on peut la pratiquer :

  • C'est le cas du Mucem à Marseille (13) qui propose aux visiteurs déficients visuels le 7 janvier 2017 une découverte multisensorielle de l'exposition "Café In". On y humera, touchera, entendra l'histoire, la géographie, l’économie, l’environnement, la consommation, la publicité et l’esthétique du café.
  • Le handicap visuel est aussi pris en compte par la Bibliothèque nationale de France à Paris, qui propose le 12 janvier 2017 une exploration tactile de l’univers des manuscrits médiévaux.

 

L'accessibilité culturelle, on peut aussi y réfléchir. « La culture et le handicap mental » est le thème d'un colloque le 20 janvier 2017, à Bourges (18), à l'initiative des Pep18.

 

Médiation culturelle et muséographie

C'est désormais acquis, les professionnels de musées et leurs prestataires ont chaque année deux rendez-vous parisiens en janvier pour se retrouver :

  • Le SITEM, salon international des musées, des lieux de culture et de tourisme a lieu du 10 au 12 janvier 2017. Cette année, le salon ambitionne de diversifier ses visiteurs et d'attirer davantage les acteurs privés, les collectivités territoriales et l’international. Un nouvel espace ecityhelp est dédié nouveau tourisme urbain.

  • Museumconnections rendez-vous international du business muséal, les 18 et 19 janvier 2017. Le salon met l'accent sur le modèle économique du musée au XXIe siècle : stratégie, financements, innovations, produits dérivés, marketing muséal, place du musée dans le développement touristique, internationalisation, etc.

Entretemps, le CLIC France (club innovation et culture) profite de cette double dynamique pour organiser ses 8èmes Rencontres Nationales Culture & Innovation(s), vendredi 13 janvier 2017 à Paris. Les RNCI se revendiquent comme un forum de l'innovation numérique dans les musées, lieux de science et de patrimoine.

 

Valorisation numérique des patrimoines

L’INHA (institut national d'histoire de l'art) continue ses lundis numériques consacrés aux humanités numériques, en particulier ce qui touche au domaine visuel. Le 9 janvier 2017, Emmanuelle Bermès évoquera « la stratégie numérique à la Bibliothèque nationale de France : tour d'horizon ».


Le réseau UDPN rassemble quant à lui les acteurs de la numérisation du patrimoine et usagers des patrimoines numérisés : conservation, médiation, éducation, création et recherche. Son séminaire doctoral a pour thème cette année : « Projets mis en réseau, interdisciplinarité mise en question(s) » . La séance de janvier 2017 (date, horaire et lieu à définir) sera consacrée à la « création, innovation, médiation, éducation et recherche », et sera coordonnée par Isabelle Barbéris (CERILAC/Paris 7).

 

Le #VEM – salon Voyage en multimédia - a lieu à Cannes (06) les 19 et 20 janvier 2017. Il y est question des liens entre tourisme et numérique, et le tourisme culturel y est abordé par des ateliers sur les tendances en matière de technologies et visites, sur les stratégies numériques des grands événements et festivals... Et la remise des Trophées de la Vidéo Touristique et Culturelle y récompensera les meilleures réalisations de 5 catégories différentes :

1. Grand Prix #VEM de la meilleure vidéo de destination touristique (structures ou organismes publics ayant compétence dans le domaine du tourisme)
– 2. Grand Prix #VEM de la meilleure vidéo d’influenceur « Voyage » (blogueurs)
– 3. Grand Prix #VEM de la meilleure vidéo de lieu ou événement culturel (musées, festivals…)
– 4. Grand Prix #VEM de la meilleure vidéo de voyagiste ou tour opérateur
– 5. Grand Prix #VEM de la meilleure vidéo de prestataire touristique (prestataires d'hébergement ou d’activités de loisirs...)

 

Culture sonore

La 14e édition de La Semaine du Son a lieu du lundi 23 au dimanche 29 janvier 2017 à Paris et jusqu’au dimanche 5 février partout en France. Tous Curieux / Histoire de son vous en reparlera plus en détails...

 

D'autant plus qu'a lieu chez nous à « Brest même » (Finistère) le fameux festival Longueur d'ondes de la radio et de l'écoute, du 31 janvier au 5 février 2017. Un temps fort pour tous les fans de création sonore !

 

Quant aux créateurs sonores de Belgique, ils ont jusqu'au 26 janvier 2017 pour participer à l'appel à projets semestriel du Fonds d’Aide à la création Radiophonique (FACR) chargé de promouvoir développer la création radiophonique en Communauté française.

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La médiation culturelle par le Mooc

14 Septembre 2016, 14:26pm

Publié par véronique muzeau

La médiation culturelle par le Mooc

 

Les Mooc - massive open online courses – ou formations en ligne ouvertes à tous, se multiplient dans tous les domaines, notamment la culture. Ils sont potentiellement de bons outils de médiation indirecte. Potentiellement.

 

Une curieuse s'était inscrite récemment à un cours en ligne sur une thématique qui la passionnait a priori, que nous tairons par égard pour les producteurs du Mooc, une équipe universitaire.
La curieuse avait un bon niveau d'études supérieures et quelques bases dans différents domaines relatifs à ce thème ; disons une bonne culture générale qu'elle ne demandait qu'à consolider grâce à ce Mooc.
Très enthousiaste, elle attendait de pied ferme les cours en ligne dispensés via la plateforme Fun (France université numérique) sur laquelle elle avait déjà suivi d'autres Mooc avec plaisir et sérieux !
En outre, la formation s'annonçait riche, forte d'un large balayage des différents aspects de la question et d'une pléthore d'enseignants.

Las ! Le Mooc s'est révélé si ardu, si technique, et si peu pédagogique que la curieuse a rapidement lâché l'affaire... avec regret, mais aussi un soupçon de colère lié à cette désagréable impression de « tromperie sur la marchandise ».
La curieuse s'attendait à un grand moment de vulgarisation scientifique et culturelle. Elle a eu droit à un cours parfaitement adapté à des étudiants chevronnés en la matière, désireux de réviser leurs partiels...mais inaccessible à un public non spécialiste, même un peu familier du sujet.

Reste à analyser – à froid – cette déception.
Dans le fond, l'univers des Mooc, en grandissant, se révèle aussi diversifié que l'est déjà le monde de l'éducation. Même s'il y avait au départ l'idée d'enseigner à la  « masse », le ciblage a fini par faire irruption aussi dans la formation numérique. Il est normal après tout qu'il existe des Mooc de spécialisation à côté des Mooc d'initiation.

D'accord, mais à plusieurs conditions

Annoncer la couleur 

Dans tous les cas, l'avertissement ou le préambule du cours doit exposer clairement les pré-requis et les objectifs de la formation. On peut très bien concevoir un Mooc destiné à un niveau Bac + 2 dans une discipline, ou qui nécessite un travail personnel de 5 heures par jour. Encore faut-il clairement l'annoncer pour permettre aux « simples curieux » de passer leur chemin...

Penser l'ingénierie pédagogique en fonction du média

Un doute peut cependant s'emparer de l'élève dérouté : et si cet effet décrochage n'était pas voulu par les concepteurs du Mooc ? Si ces enseignants, sans doute très capables face à leurs étudiants, pensaient réellement être accessibles à un large public ?
Alors le problème est ailleurs ; il vient de la réflexion didactique de l'équipe des formateurs.
Les vidéos proposées duraient une dizaine de minutes, c'est un format courant en Mooc. Mais souhaiter transmettre dans cette courte durée la même quantité d'informations qu'en une heure de cours, c'est une erreur fatale.

Rappelons-le, une nouvelle fois, la vidéo (ou l'audio) n'est pas tout à fait un mode de transmission interactif. Contrairement au cours « en présentiel », le module audiovisuel ne permet pas de communication non-verbale entre le formateur et le formé. Pas de visages circonspects qui trahiraient l'incompréhension de l'élève, pas de main levée pour poser immédiatement une question sur un point obscur.
Les concepteurs du Mooc ont tout simplement oublié des éléments indispensables de la didactique vidéo : répétition et reformulation. Un contenu très dense, débité rapidement dans le temps imparti se révéle finalement très indigeste, même agrémenté de cartes et d'images …

Apprendre à s'exprimer devant la caméra

Une autre faille : l'écriture. Visiblement, les enseignants n'avaient pas été sensibilisés aux particularités de l'écriture audiovisuelle. Phrases interminables et enchâssements le disputaient aux termes techniques non définis, aux tournures alambiquées, etc

Enfin, la caméra, c'est un peu paralysant, convenons-en ; tout le monde n'est pas naturellement à l'aise face à son œil impavide et cruel. Lire un texte sur un prompteur en promenant son regard sur le côté nuit gravement à l'attractivité de la séquence. Une formation de base à l'expression devant une caméra aurait été la bienvenue. À défaut, il aurait fallu un intervieweur pour encourager l'enseignant et favoriser un ton plus naturel. Les seules séquences attractives du Mooc raté étaient d'ailleurs celles réalisées sous formes d'interview.

Terminons positivement, par un bon contre exemple. Les Mooc de Rue89, qui sont des modèles du genre pour l'enseignement des pratiques médiatiques, mobilisent à la fois un scénariste pédagogique, des journalistes, un graphiste, un vidéaste, un commercial, et des intervenants extérieurs. Avec l'appui de Christine Vaufrey, directrice de Mooc&Cie, et notamment conceptrice d'un Mooc de médiation culturelle sur l'Impressionnisme. Elle a toujours insisté sur la nécessité de croiser ces visions et ces compétences.
Le Mooc efficace n'est pas seulement un contenu savant. C'est un contenu pensé, c'est un travail formel.

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en septembre 2016

30 Août 2016, 09:01am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en septembre 2016

Allez on rentre ! Pas trop brutalement cependant, avec un retour progressif des rendez-vous autour de la médiation scientifique et culturelle ou de la valorisation du patrimoine, numérique et accessible de préférence.

 

 

Médiation culturelle et muséale

 

« Pourquoi aller au musée ? Musées et accessibilité » c'est le thème du colloque organisé le 6 septembre 2016 par la nuit des musées de Lausanne (Suisse), avec un focus sur l’accessibilité dans les musées d’art et scientifiques, et sur les différentes approches de la médiation muséale. Il faut prendre ici le mot accessibilité au sens large, de la prise en compte des handicaps à l'accueil des communautés étrangères en passant par l'intégration d'autres publics, réputés distants des musées, comme les jeunes.

 

Deux rencontres publiques les mercredis 7 et 14 septembre 2016, entre 10h et 19h, autour du thème « Qu’attendons-nous des expositions ? ». Ces rencontres s'inscrivent dans le cadre plus large de l'atelier-colloque international Versions qui se tient à la Maison Populaire de Montreuil (93) du 5 au 16 septembre. Il porte sur l’exposition, notamment dans le contexte des cultures post-digitales. Une quinzaine d'intervenants participent à deux semaines d'expérimentations in situ, démonstrations et rencontres publiques, lancées par Displays EnsadLab - Laboratoire de recherche de L'EnsAD.  

 

Le patrimoine se conjugue au futur via le numérique. Cap Digital profite de l'approche des journées européennes du patrimoine, pour proposer le 16 septembre 2016 à Paris une journée de présentation de produits et services innovants dans le domaine du patrimoine, en partenariat avec le Club Innovation et Culture France.

 

Le 28 septembre 2016 à 15h, NEMO, Network of European Museum Organisations organise un webinar gratuit et limité à 100 places pour la communauté des musées francophones ! Le thème : « La place des émotions dans les musées: le point de vue du scénographe » avec l'architecte et scénographe Lorenzo Greppi.
 

 

Culture sonore

 

Quand une commune a pour nom Aureilhan (33), on est tenté d'y organiser un événement sonore... Voici donc la troisième édition d'Aureilh'en son festival de radio à base de séances d'écoute, de rencontres, d'expositions, de concerts ou repas radiophoniques, les 10 et 11 septembre 2016.

 

La 14e édition de « City Sonic » festival international des arts sonores a lieu à Mons et à Bruxelles (Belgique) du 14 au 30 septembre 2016. 67 artistes belges et internationaux présenteront leurs créations dans différents lieux de Mons, et on pourra suivre 9 événements : concerts et performances, visites guidées, conférences et promenades d'écoute urbaine, sans oublier trois ateliers « Sonic Kids » pour initier les enfants aux arts sonores.

 

La remise des Prix Phonurgia Nova 2016 aura pour cadre la Bibliothèque Nationale de France à Paris, les 17 et 18 septembre. Ils récompensent les meilleures œuvres sonores françaises et internationales : fictions, documentaires de création, hörspiel, field recording et art acoustique.
 

L'audio n'a pas dit son dernier mot. C'est le titre de la conférence proposée le 30 septembre 2016 à Paris, par Carine Fillot, l'une des créatrices du Mouv', ex chargée de mission sur l'innovation ouverte au sein de la direction du numérique de Radio France.

 

 

Arts Numériques

 

Une journée d'étude « Les arts numériques. Visibilité et Positionnement » est proposée jeudi 15 septembre 2016 par le Labex ICCA, en partenariat avec Carrefour numérique à la Cité des Sciences à Paris. Les arts numériques sont entrés dans l'art contemporain. Mais à quelle place ? Quelle est leur reconnaissance dans les institutions publiques? Quels sont les financements pour la création artistique numérique ?

 

Mèq festival est un festival international d'art numérique en mode performance. Les installations visuelles et sonores, projections interactives, se mêlent au théâtre, à la danse, à la musique ou aux arts plastiques. À suivre du 14 au 17 septembre 2016 à Montpellier (34).

 

Les cultures électroniques et l'art numérique sont aussi les deux mamelles du festival Scopitone du 21 du 25 septembre 2016 à Nantes (44). Au menu, concerts, projections, ateliers et workshops, expositions, ciné-concerts...
C'est l'un des événements phares de la troisième édition de la
« Nantes Digital week », qui implique l'ensemble des acteurs de l'écosystème numérique nantais et propose de multiples événements ouverts à tous, entre science, technique, économie, et culture, du 15 au 25 septembre 2016.
À noter entre autres rendez-vous, la rencontre des acteurs de la culture et du numérique jeudi 22 septembre 2016 au CCO, Tour de Bretagne, avec des conférences, tables rondes et showroom sur les cultures numériques et les innovations sociales, les nouvelles dynamiques artistiques et créatives liées au numérique, la création numérique dans l'espace public. Inscriptions ouvertes dès le 5 septembre.

 

 

Culture et patrimoine tout public

 

Toujours très attendues, toujours très suivies, les journées européennes du patrimoine ont lieu les 17 et 18 septembre 2016, partout en France et ailleurs, sur le thème « patrimoine et citoyenneté ». À l'honneur, les bâtiments institutionnels célèbres comme le Panthéon ou l'Arc de Triomphe, et plus quotidiens comme les archives, écoles, mairies... Quant aux patrimoines naturels et paysagers, ils sont les cadres de l'éco-citoyenneté.

 

 

Nouvelles écritures multimédia

 

I love transmédia est l'un des rendez-vous majeurs des nouvelles écritures et expressions multimédia : création web, réalité virtuelle, narration numérique, jeux vidéos, webséries, livres interactifs sont au centre des tables rondes, performances et expositions, du 29 septembre au 2 octobre 2016 à Paris.
 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en été 2016

28 Juin 2016, 17:28pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en été 2016

Allons nous vaquer tout l'été ? Ou continuer à nous former, à nous cultiver, à explorer les possibles de la médiation numérique des patrimoines ou de la science, du tourisme culturel ou de la muséologie ? À vous de piocher dans cet agenda !

 

Culture et patrimoine tout public

Les fééries nocturnes du collectif Fées d'hiver sont un parcours nocturne artistique et poétique en vallée de Crévoux (05). Cette édition 2016 propose de découvrir en déambulation nocturne 12 installations lumineuses, sonores ou visuelles. Plusieurs dates du 1er juillet au 9 août 2016.

 

Culture, handicap et numérique

Le site internet de Yanous (magazine francophone du handicap) publie depuis peu une page très détaillée sur les spectacles en audiodescription pour les personnes déficientes visuelles, en plus de son agenda de la culture accessible à tous handicaps (visites de musées ou d'expositions, festivals et animations).

 

Médiation scientifique et culturelle, pédagogie par le numérique

La première semaine de juillet est très riche en culture scientifique à Nantes (44) ! La ville accueille le Forum national de la CSTI (culture scientifique, technique et industrielle) le 5 juillet 2016 sur le thème « Publics, territoires, médiation : quelle ambition pour la C.S.T.I. ? ». En soirée, les youtubers médiateurs scientifiques seront invités à se produire en direct au cours de l'opération SOS Neurones.
Suivra la Science en partage 2.0, le 34
e congrès de l’AMCSTI du 6 au 8 juillet 2016, toujours à Nantes. Comme le suggère le titre, il sera question de l'impact du numérique sur la médiation, tant sur les modèles de coopération entre médiateurs et publics, que sur les outils.

 

Du mercredi 24 au vendredi 26 août 2016, place à l'université d'été Ludovia 2016, sur le numérique et l'éducation à Ax-les-Thermes (09). Il s'agit avant tout d'un colloque scientifique, qui s'intéresse cette année à la présence, l'attention et l'engagement en classe avec le numérique. Mais on peut y suivre aussi de nombreux ateliers, dont un sur la réalisation de podcasts, ou sur la MAO à partir de sons du quotidien.

 

Culture sonore

Qui est là ? est une rencontre sur l’effet de présence dans le son et ses usages ordinaires ou répressifs.
Christine Guillebaud, ethnomusicologue chargée de recherche au CNRS, propose un focus sur l’ingénierie sonore des espaces publics en Inde, des sonorités à base d'automates musicaux, boîtes à mantra électroniques, voix de loterie…
Au Musée du quai Branly, Paris, le 02 juillet 2016.

 

La Fondation Cartier pour l’Art contemporain (Paris, 14ème) présente une exposition inspirée du "Grand Orchestre des Animaux", de Bernie Krause, bio-acousticien, scientifique et musicien américain de renom, du 2 juillet 2016 au 8 janvier 2017. Des artistes du monde entier ont participé à cette exposition immersive en forme de méditation esthétique, à la fois sonore et visuelle, autour d’un monde animal de plus en plus menacé.

 

Un tout nouveau festival de son vient consacrer à Arles (13) les 30 ans de collaboration entre l'association Phonurgia Nova et la ville. Rewind propose pendant un mois expositions, spectacles et installations sonores, séances d'écoute, séminaires et conférences, et même un colloque sur les radios libres. Du 5 juillet au 4 août 2016.

 

En exposition dans le cadre des Tombées de la nuit à Rennes (35), Public Juke box est une sculpture publique et acoustique qui permet aux citoyens d’écouter des enregistrements sonores. À vivre les 16 et 17 juillet 2016.

 

Trois jours pour bâtir une utopie sonore du 26 au 28 août 2016 à la Cour des Aulnays (49), entre Nantes, Rennes et Angers, c'est l'idée du summer camp organisé par Le Bruitagène et quelques autres amateurs de son. Tous les créateurs sonores sont conviés, pourvu qu'ils soient idéalistes !

 

Envie d'un stage de field recording, de création ou de fiction sonore ? Une multitude de formules sont référencées dans l'agenda spécialisé de Syntone, le site d'actualité et critique de l'art radiophonique.

 

Muséologie

Tous les 3 ans, les professionnels de musée du monde entier se réunissent lors de la Conférence générale de l’ICOM pour discuter des tendances et des évolutions du secteur. Cette année, c'est du 3 au 9 juillet 2016 à Milan (Italie).
Le thème du symposium est un peu glaçant : « le musée prédateur » ! C'est en fait un regard critique sur la façon dont les musées ont constitué leurs collections, à coup d'expéditions voire de réquisitions, souvent sur fond de colonialisme...pas toujours reluisant en effet, et il est bon d'examiner en face ce passé pour imaginer un futur plus constructif.
Parallèlement, le comité italien de l’ICOM propose de réfléchir à un thème cher à la muséologie italienne : le rapport entre musées et paysages culturels. Il s'agit de penser le musée comme
centre d’interprétation pour son territoire et sa communauté, comme diffuseur de la connaissance du patrimoine culturel présent dans et hors les murs, comme contributeur du paysage culturel qui l'entoure.

 

Quels musées voulons-nous demain ? C'est la question que se pose le congrès annuel de l’Association des musées suisses (AMS) à Zürich, les 25 et 26 août 2016, autour de trois problématiques majeures : contenus et publics, contexte social et modèles financiers, formes de travail et organisation.

 

Sans oublier, de vous mettre en vacances et de tout arrêter !

 

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La démocratisation de la culture

16 Mai 2016, 15:56pm

Publié par véronique muzeau

La démocratisation de la culture

Entretien

 

 

En France, depuis la création du ministère de la culture en 1958, la notion de culture est très souvent limitée au domaine des arts. Pour Gilbert Le Guillou qui a œuvré pendant 40 ans dans l'éducation populaire, cette vision a aussi éloigné la culture du peuple, et vice versa.

 

 

Gilbert Le Guillou a animé et dirigé des maisons pour tous et autres structures de l'éducation populaire dans les Alpes et en Bretagne pendant 40 ans. Il vient d'un milieu ouvrier et a donc bénéficié personnellement de cette éducation populaire. Cependant, fort de son expérience et de son analyse du milieu culturel, il constate que la culture en France s'est institutionnalisée et éloignée du peuple.

 

Malraux, personnage clé

 

D'où vient la conception actuelle de la culture en France ?

 

Gilbert Le Guillou :

En 1958, les seuls pays qui possèdent un ministère de la culture sont des dictatures. La révolution culturelle de Mao n'a pas encore eu lieu mais démontrera par la suite le danger de « décréter » ce qui fait culture.

 

En France, cependant, Charles de Gaulle fraîchement élu président de la République tient à faire entrer André Malraux dans son gouvernement. Ce dernier aurait rêvé des affaires étrangères mais il est jugé trop peu diplomate pour ce ministère.
Pour faire rayonner la France dans le monde, Malraux finit par accepter l'idée d'un ministère de la culture. Son conseiller Pierre Moinot en a quant à lui une idée précise : le ministère de la culture doit réunir le portefeuille des arts et lettres et des structures d'éducation populaire, y compris municipales.

Mais ce regroupement ne se fera pas. Les réticences à la têtes du réseau d'éducation populaire sont trop fortes, qu'elles viennent de Michel Durafour, inventeur des maires adjoints à la culture, ou de Maurice Herzog, secrétaire d'état à la jeunesse et aux sports.

 

Emile Biasini trouve la solution. Puisqu'on ne peut fusionner arts, lettres et éducation populaire, on aura :

  • la diffusion et la création artistiques au ministère de la culture,

  • la pratique amateur populaire et la formation... ailleurs, notamment au secrétariat d'État à la jeunesse et aux sports .

 

Malraux peut alors mettre en œuvre sa conception de la culture, axée sur l'image d'une « cathédrale » : il faut exposer les œuvres et, par leur rayonnement, elles éclaireront les consciences. Le peuple devient alors un public, celui des « maisons de la culture » qui elles deviendront en 1991 les « scènes nationales ».

 

Ouverture culturelle mais fermeture sociale

 

Quelles ont été les conséquences de cette conception de la culture ?

GLG :

Il faut bien se rendre à l'évidence, la contemplation des œuvres, ça ne suffit pas pour s'éduquer.

Le peuple boude ces lieux culturels, en tout cas les classes sociales les plus modestes ne viennent guère y élever leur conscience. Les chiffres des pratiques culturelles des Français régulièrement rapportés par la Documentation Française le montrent bien.
La mixité sociale des publics des scènes nationales, centres d'arts ou conservatoires reste une chimère.
Seuls les musées et monuments semblent attirer un public plus diversifié socialement.

Pourquoi cette fermeture sociale des lieux de culture ?

 

La qualité de l'offre culturelle n'est pas en cause. Elle est même plutôt ouverte et multiple. Mais le public peu familier de ces structures lui associe encore trop de codes ou de savoir-être. On se pose encore la question de « comment s'habiller pour aller au théâtre ». La fréquentation majoritaire par des classes moyennes supérieures renforce sans doute les barrières mentales et la fermeture sociale.

Et la création des médiateurs culturels dans les années 1980 n'aura pas réussi à ouvrir socialement ces lieux de culture, si ce n'est par le biais de l'école.

 

L'entre soi

 

La culture s'est institutionnalisée dans des équipements qui structurent toutes les villes, et dans des lieux où la classe supérieure se retrouve « entre soi ».
Comme les collectivités territoriales ont repris la politique étatique ; la distinction – au sens de Bourdieu - s'est donc opérée partout.

Et en tranformant le peuple en public, les acteurs culturels ont perdu la volonté d'éduquer vraiment.

 

Médias à l'unisson

 

Dans les médias bien sûr, pas de remise en cause de cette conception élitiste et restreinte de la culture.

Par exemple, les modes de management, ce sont aussi des phénomènes culturels ; mais les médias rangent ça dans les « questions de société » et quand ils évoquent la culture ce n'est qu'au travers des agendas de spectacles ou d'expositions.

L'alibi économique

 

Il est cependant un cas dans lequel on envisage la culture différemment, c'est quand on réalise qu'elle est un secteur économique.

 

GLG :

On a alors inventé l'expression assez terrible d' « industrie culturelle ».
La culture devient alors un enjeu économique, elle participe de l'image de marque d'une collectivité et dope le tourisme.
Mais on ne s'interroge pas davantage sur le fond.
Au contraire, on dilue la culture dans une notion plus vague où les loisirs viennent jeter le trouble.

 

L'inefficacité politique

 
La culture est-elle un rempart contre les extrémismes et les obscurantismes ?

 

GLG :

Dès 1958, droite et gauche ont convergé vers l'idée que l'éducation et la culture élèvent la conscience citoyenne et freinent les extrémismes politiques.
Pourtant, c'est loin d'être toujours vrai : après tout, les cadres du régime de Vichy ou ceux du Front National ne sont pas incultes. Ils sont avocats, professeurs d'université ou énarques...

 

 

Extension du domaine de la culture

 
En quoi réduire la culture aux arts est-il un problème démocratique ?

 

GLG :

À force de réduire la culture aux arts et de concevoir la culture comme une « présentation » à un public, on a confisqué la culture au peuple et on a laissé tomber l'éducation populaire.

Tout ce qui relève des pratiques populaires, et tout ce qui touche à des domaines non artistiques a été exclu des politiques culturelles en France.
Même quand on s'intéresse à la culture populaire, c'est uniquement appliqué au domaine artistique : rap, street art, graff...

 

Or, si on prend la définition sociologique de la culture, c'est à la fois :

  • ce qui fait unité à l'échelle d'un groupe "ce qui est commun à un groupe d'individus" et "ce qui le soude",

  • ce qui fait diversité à l'échelle du monde : c'est ce qui distingue les groupes d'hommes (puisque ce n'est pas la race).

Il faut donc reconnaître que la langue, l'histoire, les sciences et techniques, les modèles économiques relèvent du domaine culturel, car il est question aussi de traditions, de croyances, de valeurs et de modes de vie.

Dans le fond, qu'est-ce qu'un phénomène culturel ?

GLG :

C'est un phénomène qui change profondément les façons de vivre du groupe.

Or, d'où vient le principal changement de notre société ces dernières années ?

Et bien d'internet ! Voilà un phénomène culturel d'importance.

Alors que si on se pose la même question dans le domaine des arts, on ne trouvera rien de cette ampleur … on peut le regretter (ou pas) mais c'est un fait.

Comment alors rendre la culture au peuple ?

GLG :

Mon propos n'est pas destiné à nier l'importance des artistes et de la création artistique, mais il faut vraiment se poser la question de l'institutionnalisation des structures, du financement de la culture et du fonctionnement des structures.

Par exemple, les Fablabs dans lesquels des gens viennent s'initier aux logiciels libres ou à l'informatique, c'est de la culture. Et leur public est bien différent de celui des théâtres. Il faudrait donc que ce type d'opération et de lieux entre dans le champ de la politique culturelle.

Idem pour les pratiques artistiques, il en existe une foultitude qui se font hors des institutions mais qui ne bénéficient d'aucun soutien, ou alors très occasionnellement, quand elles œuvrent sur une thématique à la mode.

Et surtout, il faut penser la culture de façon plus globale, diffuser la culture politique, historique ou économique.
Songez qu'à la Libération, il a existé un ministère de l'éducation politique ! Il était destiné à entretenir en permanence le débat démocratique et à construire cette notion de culture commune. Son existence a été de courte durée.

 

Propos reccueillis par Tous Curieux/Histoire de son

Sur le même sujet, pour comprendre en profondeur - et dans la bonne humeur - le point de vue de Gilbert Le Guillou.

Franck Lepage de la Scop Le Pavé, dans sa conférence gesticulée Inculture(s) "l'Éducation Populaire, Monsieur, ils n'en ont pas voulu"

 

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Quand le musée se fait promenade

14 Mars 2016, 22:02pm

Publié par véronique muzeau

Quand le musée se fait promenade

Au fond, pour faire un musée, il faut une collection et de la médiation. Le numérique élargit l'espace et rend la médiation culturelle itinérante, accessible et évolutive, jusqu'à transformer le musée en promenade.

 

 

Un seul musée s'est officiellement baptisé musée-promenade, celui de Marly, en référence au parc qui entoure le château et invite en effet à déambuler.

Pourtant, l'appellation pourrait convenir à bien d'autres sites culturels.

Les outils numériques font peu à peu tomber les murs des musées : à l'intérieur, ils en décloisonnent les services, amenés à échanger pour mieux communiquer, notamment sur les réseaux sociaux. Et ils créent avec l'extérieur ce qu'Yves-Armel Martin appelle une pervasivité, une interaction inévitable entre le musée et son environnement.

On peut désormais faire découvrir une « collection » en dehors d'un bâtiment : dans les rues d'une ville, au bord d'une rivière urbaine, voire en pleine nature.

 

Car la notion de collection s'élargit.

Évidemment, quand il s'agit d'œuvres d'art ou d'objets archéologiques, on est souvent bien obligé de protéger la collection dans un lieu fermé. Quoi que...

Prenez les gargouilles d'une cathédrale ou les sculptures qui ornent les bâtiments historiques, elles sont accessibles en plein air et peu menacées de vol.

Tout comme les sculptures monumentales contemporaines de la Vallée des saints (22), du musée de la sculpture en plein air du jardin Tino Rossi à Paris ou encore du musée-jardin consacré au sculpteur Antoine Bourdelle.

Difficile de voler une sculpture en effet.

 

L'art contemporain s'épanouit à ciel ouvert grâce au numérique

 

 

Idem pour les fresques murales, œuvres artistiques présentées aussi dans les musées en plein air comme l'original musée urbain Tony Garnier à Lyon.

On voit depuis peu des parcours « street art », comme à Paris ou Brest, émerger grâce aux cartes interactives, de type Google maps ou Open Street Map.

 

Outre les fresques murales et les graffitis, l'art contemporain expose ses architectures ou installations, comme celles d'Estuaire, parcours pérenne issu d'une biennale d'art contemporain à Nantes.

 

Les musées « classiques » ont conscience de leur fermeture et certains, comme le musée Lorrain, cherchent désormais à élargir leur espace et à s'intégrer dans un plus vaste projet urbain

 

Le musée Lorrain connecté avec son environnement urbain

Du fait de la richesse de leurs contenus, et parce que le taux d'équipement des publics explose, les outils numériques permettent cette médiation culturelle, indissociable du concept de musée.

Et grâce à ces dispositifs -justement mobiles - il devient possible de créer une muséographie dans tout type d'espace, pourvu qu'une médiation culturelle numérique vienne donner sens et cohérence à ce qui est présenté.

 

Collection naturaliste dans son élément

 

La notion de collection est aussi, depuis longtemps, appliquée aux éléments naturels remarquables.

Ainsi, le Géoparc de Digne-les-Bains se présente lui aussi comme un « musée promenade » et le numérique vient valoriser la collection du site, qui mêle en l'occurrence géologie, histoire, enthomologie et art contemporain.

Géoparc de Digne les Bains

L'environnement comme patrimoine

 

Que dire enfin des collections plus immatérielles et plus récemment reconnues comme telles, celles de l'ethnologie ?

Elles intègrent à la fois des objets (du quotidien souvent) et des « modes de vie » : types d'habitats, savoir-faire artisanaux, agricoles ou autres, langues, chants ou musiques régionaux, etc

Il est alors indispensable de présenter au visiteur tout un cadre, tout un espace de vie, en incluant souvent un paysage et un élément naturel, comme une rivière.

 

Ainsi, le musée de la batellerie de Saint Jean de Losne s'est agrandi en plein air pour promener ses visiteurs « sur les pas des mariniers ».

Pour valoriser un patrimoine rural ou artisanal, il existe plusieurs musées de plein air dans lesquels le visiteur circule d'un bâtiment à un autre, d'un potager à un moulin, d'un pressoir à un kanndi (lavoir à lin).

Ainsi, le moulin de Kerouat à Commana (écomusée des Monts d'Arrée), qui vous promène dans une petite vallée au fil d'activités proto-industrielles liées à la force du courant, ou bien le musée de plein air de Villeneuve d’Ascq.

Le musée des maisons comtoises est sans doute le plus célèbre et il joue à plein la carte des outils numériques avec « Time » visite virtuelle à suivre sur tablette ou smartphone et qui a la bonne idée d'être accessible tous handicaps sensoriels.

 

 

Évidemment, la « collection » peut prendre la forme d'un lieu de mémoire, quand il s'agit d'Histoire. Le « musée en plein air » présente alors aux visiteurs le théâtre des événements : c'est le cas du mémorial de Verdun et de son parcours, d'une fortification à l'autre, en passant par le champ de bataille.

 

Là encore, l'outil numérique permet une véritable interprétation du site et du paysage, en toute autonomie pour le visiteur, en toute saison, et d'un coût raisonnable pour la collectivité.

 

Pour une petite commune qui a vu naître ou vivre un peintre célèbre mais qui n'a pas les moyens d'ouvrir un musée en bonne et dûe forme, un outil numérique peut tout à fait

  • convoquer virtuellement les œuvres du peintre,

  • inviter le visiteur à déambuler sur les lieux réels qui ont inspiré l'artiste,

un peu à la manière de ce que fait Gardanne avec son circuit au fil des reproductions sur toiles grand format de Cézanne.

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2016

26 Février 2016, 17:28pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2016

Ça sent le renouveau printanier pour l'art numérique : plusieurs festivals et événements sont programmés en ce mois de mars 2016.

La création sonore nous promet aussi quelques beaux rendez-vous et la médiation culturelle numérique n'est pas en reste.

 

 

L'art en mode numérique

 

 

  • Art, innovation et numérique sont les trois mamelles du Mirage Festival qui a lieu du 2 au 6 mars 2016 à Lyon. Son volet « Open Creative Forum » se joue en mode collaboratif.

 

  • Comment les anthropologues, réalisateurs, plasticiens, ingénieurs pensent-ils et interprètent-ils le monde numérique ? Installations et débats pour tenter de répondre à cette vaste question aux Anthropologies Numériques organisées par Le Cube à Issy-les-Moulineaux (92) du 10 au 12 mars 2016.

 

  • Le festival « Croisements numériques », du 16 au 30 mars 2016 à Saint-Nazaire (44), s'interroge sur les rapports entre nos corps et les nouvelles technologies de l'information et de la communication, au travers d'expositions, animations, ateliers, rencontres. conférences, spectacles et d'une journée professionnelle.

 

  • Même s'il est surtout consacré aux arts visuels, comme son nom l'indique, « Vidéoformes » se veut un festival pluridisciplinaire, ouvert à toutes les créations numériques, du 17 mars au 2 avril 2016 à Clermont-Ferrand (63).

 

  • Festival augmenté, « Tropisme » mêle installations expositions et spectacles qui font la part belle à la création digitale, du 23 mars au 8 avril 2016 à Montpellier.

 

 

La création sonore

 

  • Concerts, création sonore et poésie sonore sont diffusés par le réseau pendant l'Audioblast Festival #4, du 27 février 1er mars 2016.

 

  • Un laboratoire sonore d'expérimentation en poésie et art, c'est ainsi que se définit la performance FabrikaVoxa à suivre le 3 mars 2016 à l'espace multimédia Gantner de Bourogne (90).

 

  • « Lieux perdus » est un concert immersif à écouter en son 3D au casque, interprété par Le balcon, avec la mise en scène sonore de Benjamin Lazar, le 5 mars 2016 à Compiègne (60).

 

  • Une exposition destinée aux plus jeunes qui mêle arts plastiques et sonores, c'est le « Jardin Sonore » proposé par le Quartier, centre d'art contemporain de Quimper (29) du 5 au 27 mars 2016.

 

  • Et un p'tit quatre-heures

 

 

  • La Journée Territoires du documentaire sonore, est organisée le 18 mars 2016 à Paris, par l’Ina et l’ Addor (association pour le développement du documentaire radiophonique et de la création sonore). Une occasion pour les documentaristes radio de toutes générations d'échanger sur leur expérience les évolutions les plus récentes liées au numérique. Des séances d’écoute sont aussi prévues.

 

  • Espace-son est un séminaire international qui permet une approche interdisciplinaire des milieux sonores. Il a lieu du 21 au 25 mars 2016 à l'Université Paris 8, en partenariat avec la Semaine des arts.

 

 

 

La médiation culturelle numérique

 

  • Entre création artistique et médiation culturelle, le Musée national Jean Jacques Henner (Paris) propose à ses visiteurs de créer leurs propres œuvres numériques à partir d’éléments de tableaux de l’artiste, le 1er mars 2016, dans le cadre de ses nocturnes.

 

  • Gazouillez musées ! Devenu un véritable temps fort de la communication et de la médiation culturelle des musées, la #MuseumWeek a lieu du 28 mars au 4 avril 2016 sur le réseau social Twitter. Retrouvez les 7 thèmes et les 7 hashtags ici.

 

 

 

Le tourisme culturel et numérique

 

 

  • Un workshop est consacré à l'œnotourisme et au numérique à Bourges les 22 et 23 mars 2016. Des tables rondes et des débats permettront de dresser un état des lieux et de confronter les points de vue des différents acteurs du tourisme du vin en Berry. L'idée est de proposer ensuite de nouvelles expériences aux visiteurs : applications numériques à destination touristique, technologies 3D etc.

 

  • Les technologies virtuelles appliquées au tourisme culturel et au patrimoine seront notamment au programme du « Laval Virtual » le forum des technologies immersives, du 23 au 27 mars 2016 à Laval.

 

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Médiation culturelle numérique : quelle transmission ?

8 Décembre 2015, 09:27am

Publié par véronique muzeau

Médiation culturelle numérique : quelle transmission ?

Apprend-on vraiment avec les outils numériques de médiation culturelle ou scientifique ? Les utilisateurs s'amusent parfois, ou s'étonnent. Mais l' « effet waouh » est-il une garantie de transmission efficace ?

 

Claire Merleau-Ponty, spécialiste de muséologie et fondatrice du musée en herbe, s'est penchée sur la question de la transmission, dont elle donne une belle définition : remettre à la génération suivante des éléments culturels.

En ce qui concerne les établissements patrimoniaux, cela inclut donc aussi bien le patrimoine matériel qu'immatériel, et le « patrimoine scientifique » : les connaissances. Le savoir, pour employer un grand mot.

Pour elle, l'acte de transmettre vise autant à l'épanouissement qu'à l'éducation et on peut trouver au musée tout autant de « l'enchantement » que de « l'instruction » (d'après une phrase de Paul Valéry).

Comme si l'un n'allait pas sans l'autre en fait. Et c'est sans doute la bonne posture.

 

Pour Claire Merleau-Ponty les nouveaux modes de médiation ont l'intérêt de pouvoir conjuguer plaisir et apprentissage.

En effet, Ils sont souvent ludiques. Mais sont-ils instructifs ?

C'est alors que se pose la question de l'ingénierie pédagogique de ces outils.

Nous l'avons déjà évoquée, avec Antony Auffret, médiateur scientifique de l'association Les Petits Débrouillards Bretagne, qui assume la parenté entre médiation culturelle et enseignement.

 

 

Du plaisir ...d'apprendre, même sans professeur

 

Quand la médiation est directe et se fait en présence d'un spécialiste qui peut interagir avec le public, la transmission de connaissances peut être validée immédiatement par le médiateur. Au besoin, il peut réexpliquer et ajouter une dose supplémentaire de vulgarisation.

 

Mais le problème avec cette médiation indirecte et autonome que permettent les outils numériques, c'est justement l'autonomie.

Qu'est-ce qui nous dit que l'utilisateur ou le visiteur retient quoi que ce soit du jeu vidéo, de l'audioguide, du dispositif immersif ou même quand il suit le profil d'un personnage historique ou fictif sur les réseaux sociaux ? Autant d'outils proposés aujourd'hui par des musées ou des établissements de culture scientifique et technique. Des outils qui sont bel et bien présentés comme outils de médiation, et pas seulement de communication.

Rien en fait ne nous garantit cette passation des connaissances à distance. Il n'y a pas d'interro à la fin. Transmettre du savoir par une vidéo n'est pas tout à fait la même chose que donner un cours en chair et en os.

 

Pédagogie de la médiation par le numérique

 

On peut néanmoins supposer que l'utilisateur a plus de chances de capter un savoir si les concepteurs de l'outil numérique ont quelques notions d'ingénierie pédagogique.

Regardons alors vers les MOOC (Massive Open Online Courses, cours en ligne ouverts à tous), dont l'objectif déclaré est bien d' « enseigner ».

 

Les recherches menées sur ces cours en ligne (dans tous domaines) décrivent un public largement prédisposé à l'apprentissage autonome : des apprenants majoritairement titulaires « d'un diplôme au moins équivalent au master et (…) souvent déjà bien insérés dans la vie professionnelle ».

Bref, le très grand public n'est pas encore concerné par les MOOC. Mais ça va sans doute changer. Surtout si les structures qui les proposent sont identifiées autrement que comme écoles, organismes de formations ou centres d'apprentissage. Quand les MOOC seront très répandus, il leur faudra de grandes qualités pédagogiques pour atteindre leur objectif : enseigner au plus grand nombre.

 

Les musées se sont mis récemment à offrir des MOOC.

D'abord des MOOC de tout petit format mais néanmoins très réussis – 2 minutes environ pour une œuvre ou un objet - que propose le Metropolitan Museum of Art via la Khan Academy. Et le nom de cette fondation indique bien son objectif : former et enseigner à distance, grâce au numérique et au multimédia.

En France, les musées qui se sont lancés dans le MOOC ont carrément proposé des cursus complets sur une thématique très porteuse comme l'Impressionnisme pour le musée d'Orsay ou Louis XIV pour le château de Versailles.

Ce dernier MOOC a bénéficié de l'expertise d'une conceptrice pédagogique, Christine Vaufrey, qu'on retrouve sur le site canadien Thot Cursus spécialisé dans la formation et l'utilisation des outils numériques pour la culture.

Bien sûr, Christine Vaufrey insiste sur le fait que la médiation à distance passe par en fait pas une présence humaine intermittente de l'autre côté de l'écran, pour répondre aux questions, créer et animer les interactions et renforcer les éventuels apprentissages. Mais en dehors des échanges sur les forums et réseaux sociaux du MOOC, les supports sont pour l'essentiel des vidéos. Et elles ont été conçues avec le plus grand soin par toute une équipe d'experts des narrations audiovisuelles ou de l'écriture multimédia ; y compris un spécialiste des audioguides pour adapter le discours à l'oral.

Parce qu'il y avait dès le départ un souhait de transmettre des connaissances, le commanditaire du MOOC a bel et bien pensé « pédagogie adaptée à l'outil numérique ». Ce n'est pas toujours le cas lors de la conception d'autres outils de médiation culturelle proposés au public, même par les musées.

Les contenus audiovisuels, y compris les textes destinés à être lus sur écrans, doivent être conçus en fonction de la spécificité des médias numériques. Si ce n'est pas le cas, le contenu risque de ne laisser aucune trace dans le cerveau du visiteur...

On trouvera sur ce point des éléments de réflexion sur le site du CNDP, par exemple les conseils d'un docteur en psychologie cognitive pour favoriser l'apprentissage par la vidéo.

 

Multiplier les médias pour encourager l'action

 

Quant à l'interaction entre apprenant et contenu, réputée si bénéfique à l'apprentissage, elle peut exister dans les dispositifs numériques, malgré l'absence d'un médiateur humain direct. C'est là que la diversité des médias numériques est un atout. Certains médias impliquent peu ou pas de participation de leur public. D'autres en revanche, comme les réseaux sociaux, en dépendent totalement.

Décliner un sujet sur différents supports permet d'impliquer davantage l'apprenant. Cela suppose aussi la répétition du message, mais sous différentes formes, stratégie éminemment pédagogique !

Le cycle des Rencontres Régionales des Usages du Numérique du Languedoc-Roussillon va d'ailleurs s'intéresser au « Transmédia, un outil participatif pour transmettre » le 9 décembre 2015.

 

Enfin, les chercheurs qui ont creusé le sujet de la transmission des savoirs « à distance » via le numérique, peuvent aussi contribuer au numéro que la Fied (Fédération Inter universitaire de l'Enseignement à Distance) consacrera à cette question.

 

 

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Le tourisme de mémoire, son essor, et le rôle du numérique

13 Novembre 2015, 09:24am

Publié par véronique muzeau

Le tourisme de mémoire, son essor, et le rôle du numérique

 

 

Les commémorations du Débarquement et de la guerre de 1914-18 confirment le potentiel du tourisme de mémoire. Son ascension ne fait que commencer et le numérique est un excellent outil pour y contribuer.

 

 

 

Même si sa définition a tendance à s'élargir, le tourisme de mémoire est à la base lié à l'histoire militaire, aux batailles et autres faits d'arme suffisamment récents pour avoir marqué l'histoire familiale des visiteurs.

 

20 millions de touristes de mémoire en France

 

Il paraît que cette pratique ne date pas d'hier. Le concept serait apparu à Waterloo sur les ruines du champ de bataille parcouru au XIXe siècle par les Britanniques, pionniers du tourisme mémoriel. C'est ce que nous apprenait Bruno Colson, historien à l’université de Namur, lors d'une journée d’étude internationale à Waterloo le 7 mars 2015 (propos recueillis par la RTBF). Sur fond de romantisme et de développement des voyages, on s'intéressait soudain au passé guerrier encore inscrit dans les paysages.

 

Les Britanniques restent d'ailleurs la première clientèle étrangère des lieux de mémoire en France. Et 45% des 20 millions de visiteurs* de ces sites viennent de l'étranger : Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et États-Unis essentiellement.

 

Les indices d'une tendance de fond

 

Le secrétariat d'État au tourisme, associé au ministère de la défense, s'accordent pour pointer les principaux enjeux de ce tourisme particulier :

  • enjeu civique et pédagogique, de la transmission de ce patrimoine aux générations futures,

  • enjeu culturel et touristique qui participe au dynamisme économique des territoires.

 

Le ministère de la défense a d'ailleurs consacré un espace spécifique au tourisme de mémoire au salon mondial du tourisme en 2014. Et les chiffres des enquêtes qu'il a menées en cette année commémorative sont impressionnants : une hausse de fréquentation de 145% pour les 28 sites mémoriels principaux de la seule Normandie. 5,6 millions de visiteurs y sont passés en 2014, contre 2,3 en 2013 !

C'est aussi dans ce contexte qu'Atout France a lancé l'observatoire du tourisme de mémoire.

 

L'observatoire régional du tourisme de Lorraine vient quant à lui de remettre un rapport détaillé sur ce tourisme de mémoire. L'étude des clientèles souligne le profil particulier des touristes mémoriels : une proportion plus élevée d'étrangers, des visiteurs seuls ou en couple, et plus âgés (surreprésentation de la tranche des 50-64 ans).

L'opération « Centenaire de la Première Guerre mondiale » a atteint ses objectifs de conquête de nouveaux publics puisque la fréquentation des sites de tourisme de mémoire lorrains a augmenté de 52% par rapport à 2013. Mieux, le poids des primo-visitants est plus élevé de 13 points parmi les touristes mémoriels par rapport à l’ensemble des touristes en Lorraine.

 

La forêt domaniale de Verdun qui couvre l'un des plus célèbres champs de bataille de la Première Guerre mondiale accueille 350 000 visiteurs chaque année ; mais là aussi, l'effet commémoratif joue à plein et la hausse était déjà de 40% sur les six premiers mois de l'année 2015**. En outre, la forêt est désormais labellisée "Forêt d'exception" par l'Office National des Forêts qui s'investit dans la valorisation patrimoniale de la forêt en partenariat avec les acteurs locaux. L'ONF propose des balades naturalistes dans ses forêts de l'histoire 14-18 avec ses agents en guise de guides.

 

 

Le numérique pour unifier des sites dispersés

 

Quand le tourisme de mémoire concerne un vaste territoire – et c'est souvent le cas – le numérique peut permettre au visiteur à la fois d'en avoir une vue d'ensemble, et d'entrer dans les détails des sites qui l'intéressent. Souvent, le tourisme de mémoire passe par des sentiers ou des circuits d'interprétation.
Les Chemins de mémoire de la Grande Guerre en Nord-Pas de Calais sont ainsi réunis sur un site internet.

Le parcours urbain numérique du Fort d'Issy retrace les combats de 1870-71 lors du siège de Paris par les Prussiens, puis lors de la Commune de Paris à Issy-les-Moulineaux (92).

 

Le numérique permet également la création de parcours thématiques par nationalité (les troupes russes en France), par itinéraire (la ligne de front de la Marne au Chemin des Dames) voire par séjour (trois jours à Lyon).

 

Dans l'autre sens, le numérique permet d'intégrer les sites mémoriels à la valorisation plus générale d'un territoire, à l'instar de la galerie numérique du Parc Naturel Régional du Morvan qui passe par le musée de la Résistance de Saint-Brisson.

 

Matérialiser le patrimoine immatériel

 

La mémoire n'est pas toujours gravée dans les pierres ni marquée dans le paysage. Il ne reste parfois aucun vestige du passé et s'il y en a, ces vestiges ne suffisent pas à comprendre l'histoire des lieux.

C'est justement parce qu'il s'agit beaucoup de ressentis, de souvenirs personnels, donc de patrimoine immatériel, que les outils numériques sont intéressants pour accompagner le tourisme de mémoire.

Ils ont en outre le gros avantage de pouvoir créer des passerelles entre les générations et de favoriser la transmission de la mémoire. Pour caricaturer, ces outils permettent un partage entre les grands-parents familiers du contenu et les petits enfants qui maîtrisent les outils.

La création des médias numériques peut aussi être l'occasion d'une collecte de mémoire, d'un recueil de témoignages des acteurs, tant qu'ils sont encore en vie.

Voici un petit florilège des possibilité de médiation culturelle numérique :

 

  • Audioguides à base de témoignages vécus ou de récits des collecteurs de mémoire comme celui qu'Histoire de Son a réalisé pour le sentier de la Drôle de Guerre à Wangenbourg-Engenthal (Bas-Rhin), en complément des panneaux du sentier d'interprétation.

  • Accès numérique aux documents fragiles et chargés d'émotions : lettres de poilus, journaux de bord, carnets de croquis, cartes et plans d'époque...

  • Applications mobiles immersives, réalité augmentée et reconstitution historique permettent aussi d'attirer un public plus familial comme l’application Arromanches 44 pour revivre le débarquement des soldats canadiens en Normandie en 1944.

 

Voilà pour les outils à utiliser sur place.

 

Mais en amont ou à distance des sites, les réseaux sociaux sont aussi particulièrement adaptés au partage de ces documents mémoriels et à la valorisation des lieux qui s'y attachent.

Le compte Facebook de Léon Vivien, poilu de la Grande Guerre, alimenté et mis en place par le Musée de la Grande Guerre de Meaux a beaucoup fait parler de lui. Le mémorial de Caen s'y est mis aussi, avec le G.I. Louis Castel, doté également d'un compte Twitter. Le mémorial récidive d'ailleurs avec une communauté autour du journal de Suzon, ou encore l'album de Rachel et Hannah décliné aussi sur Twitter et Instagram.

D'autres investissent Youtube comme la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Pour l'institution ou le territoire, l'intérêt des réseaux sociaux est double : allier médiation culturelle et communication.

 

 

Pour approfondir la question

 

« Le tourisme de mémoire, un atout pour les collectivités territoriales ? », colloque interdisciplinaire de l'Institut d’Auvergne du Développement des Territoires (IADT), Clermont-Ferrand, les 9 et 10 avril 2015

 

Le site du ministère de la Défense « Chemins de mémoire »

 

L'observatoire du tourisme de mémoire

 

*chiffres de la DGE (direction générale des entreprises)

**chiffres du Conseil Départemental de la Meuse

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