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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #creation sonore

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en septembre 2017

31 Août 2017, 14:42pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en septembre 2017

Elle est pas belle la rentrée ? Si si, pas mal...en tout cas en matière de médiation du patrimoine, numérique ou pas, accessible et sonore de préférence, voici de beaux rendez-vous pour se remettre dans la bain.

 

Valorisation numérique des patrimoines

 

C'est reparti pour une nouvelle saison 2017-2018 des lundis numériques de l’INHA avec, dès le 11 septembre 2017, une séance sur le projet Géolyon, plateforme pour valoriser et diffuser des fonds cartographiques. Le projet est porté par la Maison de l’Orient et de la Méditerranée.

 

« Open data& culture », c'est le thème d'une rencontre professionnelle, avec table-ronde et hackathon, pour découvrir le potentiel des données ouvertes : diffuser des contenus culturels, renouveler les relations avec ses publics et créer de nouveaux biens communs. La rencontre a lieu le 20 septembre 2017 à Nantes (44) dans le cadre de la Nantes Digital Week.

 

Toujours à Nantes, le festival d'arts numérique Scopitone propose aussi des rendez-vous pros comme des masterclasses et workshops gratuits sur la scénographie immersive par exemple...

 

Le 21 septembre 2017 au Cnam (Centre national des arts et métiers) à Paris, une journée internationale se pose la question suivante : « Quelles plateformes numériques pour la collecte et la valorisation des mémoires, de la culture et du Patrimoine ? »

 

Sites et Cités remarquables de France, l'association des Villes et Pays d’art et d’histoire et des sites patrimoniaux remarquables, tient son 2ème congrès national les 28 et 29 septembre 2017 à Calais (62). En partenariat avec le CLIC France, on y trouvera un mini-salon des dispositifs numériques innovants.

 

 

Médiation culturelle et muséologie

 

Museomix : le premier appel à participants est terminé... le second appel à ceux qui veulent « remixer » l'un des 12 musées candidats court pendant tout le mois de septembre 2017. L'événement s'adresse aussi bien à des muséographes, scénographes, médiateurs qu'à des développeurs informatiques, graphistes, producteurs audiovisuels, bricoleurs, professionnels ou amateurs. Il s'agit de s'approprier un musée, ses espaces et ses collections pour concevoir en trois jours de nouveaux prototypes de médiation. Cette année, c'est du 10 au 12 novembre 2017 en France, Italie, Belgique, Espagne, Suisse.

 

Jusqu'au 8 septembre 2017, un séminaire international d'été « Musées côté jardin… Existe-t-il une muséologie des jardins ? » se tient à l'École du Louvre à Paris. C'est la journée du 5 septembre 2017 qui est plus particulièrement consacrée aux publics des jardins et à la médiation.

 

Avis aux professionnels aveyronnais et voisins, un forum de la culture, de la culture scientifique et des métiers de la médiation a lieu pour la première fois en Aveyron le 19 septembre 2017 à Rodez.

 

Muséographes, makers et développeurs, artistes ou communicants, amoureux de la montage sont invités à participer au Mont-Blanc Lab, marathon créatif et collaboratif pour valoriser le patrimoine scientifique et naturel du massif du Mont-Blanc, du 29 septembre au 1er octobre 2017.

 

Une journée d'étude est consacrée au patrimoine photographique le 23 septembre 2017 à Guingamp (22). Elle est ouverte à tous ceux qui s'intéressent aux archives photo, aussi bien sur le plan de la conservation, que de la diffusion et de la valorisation.

 

Dans le cadre de ses journées professionnelles et de son assemblée générale annuelle, l'ICOM (Conseil international des musées) organise un colloque "Entre collections et publics : Le récit dans l'exposition", le 29 septembre 2017 à Lyon (69).

 

Culture sonore

Vous avez trois minutes maximum pour raconter Besançon en sons ! En tout cas si vous voulez participer au concours de cartes postales sonores de Radio Campus Besançon jusqu'au 25 septembre 2017. Pour le contenu, vous avez toute liberté de création et d'imagination.

 

Le colloque de l'ethnopôle Garae de Carcassonne (11) est consacré cette année aux « Oralités, de l'enquête à l'écoute ». Les 12 et 13 septembre 2017, les participants pourront voir un film de Marie-Claude Treilhou, L’âne qui à bu la lune, inspiré de 5 contes populaires du patrimoine occitan, et suivre des ateliers sur la collecte du patrimoine oral et sonore : les langues, la littérature orale et les mémoires. Forcément, on dresse l'oreille ;-) ! 

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en septembre 2017

Culture et patrimoine tout public

 

Bien sûr, en septembre, ce sont les journées européennes du patrimoine ! Les 16 et 17 septembre 2017, les JEP prennent un coup de jeune : la jeunesse est en effet le thème de cette 34ème édition, une occasion de mieux sensibiliser les futures générations à la question du patrimoine et à ses métiers ou plus largement à l'histoire.

 

Les Parisiens ont de la chance : pour préparer toute une année de sorties, ils ont Culture au quai, rendez-vous de rentrée de la saison culturelle de Paris-Île-de-France. Sur trois jours, les 22, 23 et 24 septembre 2017, cette « super présentation de saison » est aussi une fête, émaillée d'extraits de spectacles, ateliers, débats et animations en tout genre.

 

Le 21ème Festival de l’Imaginaire, dédié à la diversité des expressions culturelles, a lieu du 27 septembre à fin décembre 2017 en région parisienne et dans plusieurs villes de France, y compris outre mer. C'est la Maison des cultures du monde qui l'organise pour faire découvrir les scènes contemporaines méconnues ou rares de toute la planète.

 

La Nuit européenne des chercheurs a lieu le 29 Septembre 2017 dans plus de 200 villes d'Europe et 12 villes de France. Les scientifiques vont alors à la rencontre du public dans un grand moment de médiation scientifique nocturne et scénographié, parfois spectaculaire !

Si d'autres événements relatifs à la médiation et valorisation du patrimoine ou de la culture, au tourisme culturel et à la création audio nous avaient échappé, n'hésitez pas à les signaler à Tous Curieux / Histoire de son.

 

Bonne rentrée et à bientôt !

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Didier Tallec, compositeur de paysages sonores

23 Mai 2017, 16:02pm

Publié par véronique muzeau

Un environnement sonore peut devenir la matière d'une œuvre d'art

Un environnement sonore peut devenir la matière d'une œuvre d'art

Rencontre avec Didier Tallec, musicien amoureux du son qui travaille l'environnement sonore pour en extraire des œuvres d'art.

 

Didier Tallec se présente souvent comme un artiste multimédia mais il est d'abord musicien, violoniste plus précisément.

Depuis quelques années, il travaille aussi la vidéo et ...toujours le son bien sûr ! Mais ses compositions ont évolué : peu à peu, le musicien est tombé dans la marmite du field recording, la composition de paysages sonores en tant que créations artistiques.

Contrairement à l'audio naturaliste, le field recorder ne privilégie pas forcément le "son de la nature" ; il capte aussi celui de la "culture". Ce qui pourrait apparaître comme un bruit dérangeant devient une matière, une empreinte du territoire capté, en particulier le Finistère où vit Didier.

Tout son d'un paysage est une matière à travailler.

Wire Drawing sort en vinyle en automne 2017 ; le disque vinyle est dans ce cas un support adapté car cette œuvre est composée des sons d'une usine de tréfilage, issus d'une exposition commandée par l'unité Michelin de Vannes pour ses quarante ans.

Je suis un chasseur de sons, parfois je reviens bredouille, parfois la récolte et intéressante.

À la recherche de paysages sonores, Didier Tallec explore, micro en main, les oreilles aux aguets et nichées dans un casque audio, comme un photographe se met en quête de lumière et d'image.

Puisqu'il vit à Quimper et à Penmarc'h, le compositeur a repéré ses « spots » : un coin pour les tempêtes à Saint-Guénolé, l'île de Sein pour capter le vent dans un milieu moins anthropisé, vierge de moteurs de voitures.
Toujours muni d'un enregistreur quand il voyage, il aime aussi capter les ambiances des villes européennes, comme il l'a fait récemment en recueillant l'empreinte sonore de Prague.

En général, une œuvre décrit l'unité d'un lieu, mais Didier n'exclut pas de « mixer » différents sites.

Le matériel : palette de micros, enregistreur simple, excellent casque

Le matériel est simple et pas forcément coûteux.
Le field recorder dispose d'une palette de micros car la réussite du paysage sonore dépend surtout de leur positionnement : des hydrophones pour enregistrer sous l'eau, un micro canon, un couple A/B (stéréo) et des micros de contact pour les vibrations des routes ou des ponts.
Du côté des enregistreurs, un Zoom H2 et un Edirol R 44 font parfaitement l'affaire.
Quant au casque, Didier apprécie particulièrement son Sony CD 3000.

 

Collaborations artistiques

Didier travaille aussi en collaboration avec d'autres artistes : Noémie Sprenger-Ohana, chercheuse et créatrice en musique acousmatique (destinée à l'écoute par hauts-parleurs) avec qui il propose des formations au field recording.

Récemment, c'est Pierre Charrié, designer créateur de belles surfaces sonores en bois qui a diffusé ses paysages sonores lors de Révélations la biennale internationale des métiers d'art et de la création, au Grand Palais à Paris du 4 au 8 mai 2017.

 

 

Jardins sonores

Le compositeur cultive son art sur un autre média, comme un jardin secret : ses jardins justement, l'un au centre de Quimper et l'autre à Penmarc'h en bord d'océan. Et dans ces petits univers intimes, il est aussi question d'ambiance sonore.
À terme, Didier pourrait y proposer une installation sonore permanente.

 

Dans une société entièrement dominée par l'image, les gens ne font guère attention aux sons qui les entourent.

En véritable amateur de son, Didier Tallec regrette un peu la prédominance de l'image dans notre quotidien. Peu de gens s'intéressent à la musique contemporaine. Et quand ils sont en position d'écoute, les auditeurs se préoccupent rarement de qualité sonore.

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Le centre de la Terre est un territoire sonore

5 Mai 2017, 10:04am

Publié par véronique muzeau

La médiation scientifique en géologie peut aussi passer par les oreilles

La médiation scientifique en géologie peut aussi passer par les oreilles

Vous allez pouvoir découvrir par l'audio les richesses et trésors minéraux du sol et du sous-sol à l'occasion d'un nouveau festival, au cœur de la réserve géologique de la Presqu'île de Crozon.

 

Une première édition d'un festival de médiation scientifique autour de la géologie, le festival du Centre de la Terre, a lieu en presqu'île de Crozon (Finistère) du 13 au 21 mai 2017.

Et la presqu'île, c'est le berceau de Territoires sonores, un projet participatif de mise en son d'un coin de Bretagne et d'éducation à la baladocréation mené depuis 10 ans. Les acteurs et les bruits du territoire ont été captés et on peut les écouter le long de trois sentiers, ou bien on peut déguster une « friandise sonore » juste en flânant n'importe où sur les chemins.

On peut aussi s'adonner à l'écoute allongée, dans une « caravane sonore » au gré des événements locaux où elle stationne...

La caravane sera présente en cette mi-mai à la Maison des minéraux qui est à l'origine de Territoires sonores et … du festival du Centre de la Terre.

 

Cet événement culturel et festif est l'une des composantes de la Fête de la Bretagne, déclinée chaque année au mois de mai dans toutes la région.
Pendant ces 9 jours, sur une douzaine de sites de la presqu'île de Crozon, des animations conviviales vont permettre à tous publics de mieux comprendre notre Terre.
Et il s'agit en effet de mixer les approches : celles des scientifiques géologues et archéologues, des artistes (comédiens, musiciens, plasticiens), des artisans, des historiens et géographes, des naturalistes, des poètes...

Au programme : des conférences, des balades, des visites, des ateliers de savoir-faire (taille de la pierre, sculpture, poterie, métallurgie, architecture, ...), des spectacles, expositions, chasse aux haïkus, jeux bretons, restauration...

Et entre autres échos sonores de ce festival :

  • la présence de notre partenaire Radio Évasion pour 2 heures de direct le 20 mai 2017,

  • la tradition orale avec les « contes des tailleurs de pierre » et autres balades contées,

  • des créations minérales et artistiques comme le lithophone,

  • sans oublier les concerts !

Si vous aimez votre planète, entrez au cœur du festival du Centre de la Terre, et n'oubliez pas d'ouvrir vos oreilles, les cailloux ont des chose à vous dire !
Promis, Tous Curieux/Histoire de son vous ramènera quelques friandises sonores.

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Des contenus audio au musée

21 Mars 2017, 10:29am

Publié par véronique muzeau

Des contenus audio au musée

Quand on aborde la question du son au musée, il faut aller au-delà de l'aspect technique : certes, veiller aux conditions d'écoute est un préalable, mais quid du contenu même de la scénographie sonore ?

 

Sylvain Gire (Arte radio) l'avait fait remarquer : la diffusion de son dans les musées et autres espaces publics est un enjeu fort et souvent mal pris en compte. D'où les séances d'écoute au musée mises en place par sa webradio au centre Pompidou l'an dernier. Un début pour développer la culture de l'audio dans ces lieux.

Le colloque franco-québecois, « Musée en mutation : Logiques économiques, culturelles et sociales » aborde la question parmi beaucoup d'autres : le 30 mars 2017, Judith Dehail (Université Paris-Sorbonne) intervient sur ce thème : «À contresens ? Questionner l’hégémonie du visuel au musée. Le cas des musées de musique du point de vue de leurs visiteurs». Bien sûr, il s'agit ici du cas particulier de la musique, qui est loin d'embrasser l'ensemble des matières sonores.

Cependant, petit à petit, le son dans sa globalité fait son trou dans les musées et expositions. Quand il n'est pas en soi une œuvre d'art exposée comme telle (création sonore), il est essentiellement présenté comme « agent d'ambiance » et outil d'immersion. Outre la musique, les illustrations et paysages sonores - avec idéalement la validation scientifique d'un archéologue spécialisé – investissent de plus en plus les scénographies.

 

Reste à soigner les conditions d'écoute face auxquelles les établissements culturels ne sont pas tous à égalité.

Techniquement, les solutions se multiplient : casques qui se portent au cou, douches sonores, objets parlants (gobelets, coussins), cabines et alcôves pour s'isoler, etc. Les prestataires spécialisés dans la diffusion muséographique sonore font preuve d'imagination ; il est vrai que « donner la parole » à un objet demande parfois un peu d'ingénierie.

Voilà pour le côté technique. Il est incontournable bien sûr, mais insuffisant. S'en contenter serait oublier que le son est aussi un outil de médiation culturelle et scientifique, délicat à manipuler mais doté néanmoins d'atouts séduisants. 

Faire écouter, c'est choisir  

Délicat, c'est vrai. Le son tout seul pour faire le lien avec un public, sans adjuvant écrit ou visuel : carte, infographie, schéma explicatif, inscription des noms propres... Pari risqué ! Que peut retenir le visiteur d'un discours uniquement oral ?
En fait, il y a bien un visuel : l'œuvre exposée ou l'objet de collection, et souvent aussi un cartel explicatif. Le visiteur n'est donc pas exactement seul avec ses oreilles.

Ce qu'il faut surtout bien comprendre c'est que :

le contenu audio est un outil complémentaire des autres outils de médiation. Comme la plus belle fille du monde, il ne peut donner que ce qu'il a.

Vouloir lui faire transmettre trop d'informations est une erreur. Le son ne saurait prétendre à l'exhaustivité. Le son n'est pas un cartel immatériel et encore moins un livret d'exposition audio.

C'est paradoxal, mais la recherche de qualité du contenu audio passe donc par des renoncements.
La médiation audio a ses exigences, il faut s'y plier si on prétend à la qualité (et à l'efficacité). Le son a ses spécificités de formats, d'écriture, de sélection des informations.

Il faudra donc aussi réfléchir au choix des sujets : certains sujets ou certains angles d'approche sont avant tout visuels, on doit renoncer à les mettre en son. D'autres en revanche sont plus adaptés à l'oral qu'à la vidéo (faute d'illustrations appropriées) : récit d'un souvenir, expression d'une opinion, anecdote linguistique... Il faut donc les valoriser par le son plutôt que de vouloir à tout prix les filmer !

Souplesse et intimité

La grande force de l'audio, avec laquelle un musée doit compter, c'est sa souplesse : peu gourmand en mémoire informatique, il est plus léger à stocker et à diffuser qu'une vidéo.

Le numérique permet à un contenu audio de voyager bien au-delà d'un appareil d'audioguidage et des murs d'un musée. La mobilité du son est potentiellement supérieure à celle d'une vidéo et c'est un contenu qu'on peut consulter sans danger en marchant ou en conduisant...La conception du contenu audio doit donc tenir compte de cette hypothèse d'une écoute hors les murs. D'où l'intérêt de la conception universelle d'un audioguide qui intègre par exemple quelques descriptions analytiques pour permettre l'accessibilité à un public déficient visuel...ou simplement non présent devant l'œuvre.

 

Et puis l'audio, c'est le média de l'intime. Il crée avec les visiteurs un lien particulier, voire une fidélité, au-delà du seul temps de visite. C'est particulièrement vrai pour ces musées espagnols qui ont poussé l'ambition jusqu'à créer des radios dans leurs murs ! Mais c'est réalisable facilement avec une webradio ou un réseau social sonore de type soundcloud comme Museumstag qui nous fait écouter les objets de musées allemands. C'est en outre ludique, souvent poétique, ça peut donc être viral. En outre, dans le cas des écomusées et musées de société, faire partager le son des objets d'un patrimoine relève bel et bien de la médiation.

 

Pour renforcer le lien avec ses visiteurs, il est possible de les faire parler pour les intégrer dans la médiation. Ce sera toujours plus facile que de les filmer. Le micro sait se faire discret quand la caméra et ses images suscitent réticences et complexes. On prête toujours plus volontiers sa voix que son visage.

Créativité et liberté

Ainsi en arrive-t-on à des utilisations vraiment créatives et intelligentes de l'audio au musée, comme ce qu'a fait le Moma (musée d'art moderne) de New York il y a quelques années, avec son Artobots qui réinterprétait une exposition de John Chamberlain au Guggenheim et la transformait en exposition « Transformers ».

Et son cousin le San Francisco Moma n'est pas en reste ; les contenus audio de son application mobile de visite proposent en effet :

  • des interviews et commentaires par des personnes ressources aux profils très variés pour des points de vue décalés sur les œuvres ou l'art : artistes, sportifs, auteurs...

  • de l'immersion sonore dans les univers intérieurs ou extérieurs au musée

  • des promenades dans la ville en lien avec l'architecture et l'art

  • une composante sociale avec la possibilité pour les visiteurs de synchroniser leur écoute d'une même séquence pour pouvoir échanger ensuite des impressions sur son contenu.

 

Musées français, n'hésitez pas à faire appel à Tous Curieux/Histoire de son pour, vous aussi, sortir de la préhistoire de l'audioguidage.

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2017

27 Février 2017, 14:23pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2017

Jadis, les périodes pré-électorales étaient très calmes, voire figées. On dirait bien que cet attentisme appartient désormais au passé. En tout cas dans les domaines de la culture et du patrimoine. Quelle effervescence, les rendez-vous bourgeonnent de partout !

 

Culture et numérique

 

Le deuxième atelier expérimental IMUalpha de l’année 2017 sera consacré aux récits dans la cartographie sensible. Le 2 mars 2017 à Lyon (69), les chercheurs de différentes disciplines vont s'interroger sur les récits urbains diffusés par les nouveaux outils. Entre autres questions : comment mutent les déplacements de savoirs traditionnels dans des espaces influencés par les nouvelles technologies et les mobilités numériques?

 

Artistes, ingénieur, scientifiques et entrepreneurs sont susceptibles d'intervenir dans le champ de l'art et des nouvelles technologies ; ils peuvent se retrouver, du 15 au 18 mars 2017, au Vertigo - Forum Art Innovation de l'Ircam à Paris. C'est à la fois un rendez-vous de présentations de prototypes et de réalisations artistiques et une plate-forme de travail dans l'esprit des FabLabs, et dans des domaines multiples : musique, art, design et architecture en lien avec les technologies numériques.

 

Le séminaire RECHERCHE, ART, PRATIQUES NUMERIQUES  #10 de l'IMéRA - Institut d’études avancées - est consacré à l'archéologie et au numérique le 15 mars 2017 à Marseille (13). Chercheurs et artistes vont pouvoir y confronter leurs points de vue et idées sur tous ces objets archéologiques, fac-similés, restitutions architecturales virtuelles ou d'origine numérique.

 

Du 18 au 26 mars 2017, c'est la semaine de la langue française et de la francophonie. Pour l'occasion, le ministère de la culture met en avant son opération-concours Dis-moi dix mots. L'objectif principal de la nouvelle édition est de montrer comment la langue française s'adapte à des technologies et à des usages numériques en constante évolution.

 

Vers une culture 2.0 : l'avènement d'une société numérique c'est le thème d'une journée d'études organisée le 22 mars 2017 à l'Université de Poitiers, Nouvelle Aquitaine (86). Elle portera sur l'histoire, les religions et l'art face au numérique ; comment le numérique façonne les rapports entre une société et son passé.

 

Laval Virtual c'est le salon de la réalité virtuelle ou augmentée en Mayenne. Il a la bonne idée d'aborder aussi les questions de la médiation et de l'éducation par ces technologies. Le CCSTI - Musée des sciences de Laval et l’Amcsti proposent proposent deux journées de travail pour aider les novices à définir leurs besoins, leurs projets, le cahier des charges, avec un programme de conférence, table ronde, visite thématique du salon, retours d'expérience et ateliers les 22 et 23 mars 2017 à Laval.

 

La première rencontre numérique de l'année du ministère de la culture et de la communication a lieu au Musée du Louvre à Paris les 27 et 28 mars 2017. Cette #RencNum est consacrée aux publics in situ et en ligne des équipements culturels : le point sur les usages que les uns et les autres font de l'offre proposée et surtout sur les relations qu'ils entretiennent avec ces établissements.

 

 

Médiation culturelle

 

L' OCIM (office de coopération et d'information muséales) organise une rencontre nationale intitulée « Chercheurs-publics : quelles réceptions de la rencontre ? » le 21 mars à Paris. L'an dernier, il s'agissait de se pencher sur la diversité des formations et expériences des chercheurs quant à la vulgarisation et la médiation scientifique. Cette année, c'est le point de vue des publics qui est donc examiné.

 

« Musée en mutation : logiques économiques, culturelles et sociales », c'est le sujet d'un colloque les 29 et 30 mars 2017. Il sera retransmis en visioconférence simultanément au LRPC (Trois-Rivières, Québec) et au CELSA (Paris) les 29 et 30 mars 2017. Près d'une trentaine de questions y sont abordées : évolution de la notion de patrimoine, diplomatie culturelle, question environnementale, néolibéralisme économique, tourisme de masse, numérique, hégémonie du visuel, mise en valeur de l'archéologie, marché de l'art, publics en situation de handicap...

 

Le 30 mars 2017, une journée d'études est consacrée au thème : « Des musées d’arts industriels aux collections d’arts décoratifs : les enjeux de la valorisation patrimoniale d’un passé industriel ». C'est le centre de recherches sur les économies, les sociétés, les arts et techniques (CRESAT) de l’université de Haute-Alsace qui l'organise à Mulhouse (68).

 

Et toujours en Alsace, « Le musée citoyen » est le thème des rencontres professionnelles de la Fédération des écomusées et des musées de société du 30 mars au 1er avril 2017 à Ungersheim et Strasbourg (68).

 


 

Tourisme culturel

 

Place marketing forum 2017 est le grand rendez-vous du marketing territorial les 23 et 24 mars 2017 à Lyon. Certes, le sujet dépasse la question culturelle mais elle y occupe néanmoins une place de choix comme nous vous l'expliquions dans ce blog. Et comme l'atteste la présence d'Evelyne Lehalle qui interviendra sur le tourisme culturel.

 

 

Culture sonore

 

Le 10 mars 2017, à la Gaîté Lyrique à Paris, universitaires, artistes, institutions ou média vont partager sur « La ville augmentée par le son ». Un thème particulièrement cher à Tous Curieux/Histoire de son. Il s'agit surtout de l’expérience auditive en mobilité. Souvent, elle se transpose en cartographie et invite à la déambulation, en particulier dans la ville, comprise ici comme un nouvel espace de création sonore et d’expérimentation. Mais le son invente aussi de nouvelles muséographies qui seront abordées également lors des rencontres et tables rondes. À suivre aussi des démonstrations de dispositifs de réalité augmentée audio.

 

« Les Lundis numériques de l'INHA » s'intéressent à l'archéologie du paysage sonore le 13 mars 2017 en compagnie d'une spécialiste Mylène Pardoen (Institut des sciences de l’homme, Lyon). L'auteur de la restitution de Paris au XVIIIe siècle actuellement diffusée au musée archéologique de la crypte Notre-Dame à Paris, abordera son questionnement d'archéologue-productrice. Comment faire parler les archives ? Où s’arrête l’histoire et où commence l’art ? Quelles en sont les limites : représentation simple, témoignage de la réalité, fiction pure ? Quel mode de diffusion privilégier et pour quel public ?

 

Créateurs sonores, vous avez jusqu'au 15 mars 2017 pour répondre à l'appel à projets Gulliver 2017, une aide à la création et à la production d’œuvres de fiction et documentaires audio, abondée par la SACD France et la SACD Belgique. Pour connaître les modalités d’inscription, consultez : l’appel à projets (355 Ko)


 

Culture et patrimoine tout public

 

Du 8 au 12 mars 2017 à Lyon (69), c'est le Mirage Festival où se mêlent art, innovation et cultures numériques.

 

Du 30 mars au 2 avril 2017, c'est la 4e édition du Tropisme, festival augmenté de Montpellier (34). Il conjugue culture pop et nouvelles technologies et propose immersion dans le son, l'image, la fête et la pensée ! Tout un programme...

 

Les journées européennes des métiers d'art - 11e édition – ont lieu quant à elles les 31 mars, 1er et 2 avril 2017.

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Semaine du son, petite sélection

24 Janvier 2017, 19:03pm

Publié par véronique muzeau

Semaine du son, petite sélection

La Semaine du son retient forcément l'attention de Tous Curieux/Histoire de son... Les rendez-vous autour du sonore et de l'audio sont nombreux jusqu'au 11 février 2017. Impossible d'en dresser la liste exhaustive ; à défaut d'un tour horizon, voici une petite sélection.

 

Données sémantiques et audio

En préambule de l'excellent festival de la radio et de l'écoute Longueur d'ondes, sur notre territoire (le Finistère), une conférence qui nous fait dresser l'oreille. Elle s'intéresse à la problématique de la recherche automatisée des données sonores. Comment repérer l'information ou la captation pertinente dans un fichier numérique audio ? Comment insérer des marqueurs dans des fichiers son pour pouvoir ensuite les classer, les répertorier, etc. Bonne question ! Éléments de réponse le 26 janvier 2017 à Brest (29) avec les chercheurs d'Orange Labs.

 

Langage des cloches

  • Thibaut Laplace, délégué pour la Meurthe-et-Moselle de la Société Française de campanologie commente les enregistrements de différentes cloches locales, pour expliquer la signification de ces sonneries du temps civil ou religieux, et les différences de sonorités d'une cloche à l'autre. Une conférence d'art et de patrimoine campanaire à suivre le 26 janvier 2017 à Villers-les-Nancy (54).
  • Un débat a lieu le 27 janvier au CNIT de La Défense (92) après la présentation des principaux résultats de l’enquête menée en 2016 auprès de différentes paroisses à travers la France sur les cloches et leur perception.
  • Le 28 janvier 2017, c'est à Toulouse (31) qu'une autre conférence vous présente les différents usages du carillon Levêque de 1877 : volées ordonnancées, angélus, Nadalet, comptines..

 

Quand le son inspire l'image

Pour une fois, on part du son et c'est lui qui va déterminer l'image... La Semaine du son est l'occasion de lancer un concours international de création d’images sur une composition sonore musicale signée Greco Casadesus et Grégory Cotti. Les vidéastes amateurs et professionnels seront invités à s'exprimer sur ce qu'ils entendent et ils auront un an pour le faire. Ce lancement, le 27 janvier 2017 à Paris, sera suivi d'une table ronde sur la relation son/image.

 

L'ouïe par la langue des signes

En plus du handicap visuel, le handicap auditif a trouvé sa place dans la semaine du son ! Ça ne s'invente pas, c'est à Sens (89) qu'on vous propose une découverte des sons par la langue des signes du 30 janvier au 3 février 2017.

 

Immersion sonore dans l'univers du bébé

On vous en a déjà parlé l'an dernier, « Prosodie » d'Émilie Mousset est une octophonie à écouter sur un tapis et des coussins, dans l'obscurité, et de préférence entouré de bambins. C'est une performance, entre pièce radiophonique et composition acousmatique, interprétée en direct. On appréciera les réactions du très jeune public interpelé par du son, et rien que du son : le babil, les rires, et petits bruits du quotidien de la très tendre enfance. Concert à suivre le 1er février 2017 à Bordeaux (33).

 

Audioguide de Strasbourg imaginé par ses habitants

« Vous êtes ici » est à écouter immobile, pour explorer la ville seulement par les oreilles, au fil des 17 points d'intérêt de Strasbourg (68) revisités par les habitants et la compagnie Le Bruit qu'ça coûte, les 3 et 4 février 2017.

 

Et la Semaine du son propose bien d'autres thèmes et événements : formations et métiers du son, urbanisme et acoustique, prévention des troubles de l'audition, biodiversité et paysages sonores, création artistique et performances audio, écoutes collectives de documentaires, portes ouvertes de studios ou de radios, ateliers pratiques, lectures à haute voix, parcours audio sensibles, productions, démonstrations et diffusions de son spatialisé, multicanal, etc.

Téléchargez le programme complet de la Semaine du son en France et en Belgique.

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Des expositions, balades et concours sonores pour l'été

29 Juillet 2016, 10:14am

Publié par véronique muzeau

Des expositions, balades et concours sonores pour l'été

Avant notre pause estivale, voici quelques idées pour ceux qui aiment se cultiver ou s'émerveiller en écoutant : expositions à bases de son, balades sonores ou même concours pour créateurs audio, juste pour le plaisir.

 

Concours de création sonore

Avis aux créatifs dotés d'un micro, d'un enregistreur et d'oreilles sensibles, le fameux concours d'Arte Radio, Rue89 et Hindenburg recommence cet été. Il s'agit de composer une carte postale sonore de 4 minutes maximum sur vos activités estivales. Pour le reste, la forme est totalement libre ! Vous avez jusqu'au 31 août 2016 pour participer.

Toutes les créations seront diffusées sur l'audioblog d'Arte et les gagnants profiteront notamment du logiciel Hindenburg Journalist Pro pour 1 ou 2 ans.

 

Les adeptes des « devoirs de vacances » ou ceux qui n'aiment pas le farniente peuvent carrément profiter de l'été pour participer au prix de la création documentaire du festival Longueur d'ondes de la radio et de l'écoute à Brest (Finistère). Mais ils ont jusqu'au 15 octobre 2016.

 

Audio en festival

Le Rewind festival pour les 30 ans de l'association Phonurgia Nova, c'est encore jusqu'au 4 août 2016 à Arles (13). On y découvre installations et photo-phonies et on y suit des temps forts :

  • la Nuit du Silence ce 30 juillet 2016 à l'écoute des murmures et des secrets de la ville, et le 1er août 2016,

  • la Nuit (sonore) de l'Année, itinérante, au fil des rencontres entre l'association et les artistes ou créateurs radiophoniques depuis 30 ans,

  • un colloque « où va la création radiophonique ? » le 4 août 2016.

En marge du festival Rewind, vous pouvez suivre jusqu'au 30 octobre 2016 les « promenades sonores à Arles », 13 narrations et fictions signées Kay Mortley, à télécharger et à découvrir en marchant dans la ville.
 

Balades et déambulations sonores

 

Tous Curieux/Histoire de son continue à produire des parcours audio documentaires, bien ancrés dans leur territoire, avec les témoignages des acteurs de ces territoires. Ainsi, vous pourrez découvrir l'île d'Ouessant (Finistère) dans la toute nouvelle application mobile du parc naturel régional d'Armorique « Vivez l'Armorique !». Vous saurez tout des moutons d'Ouessant, du phare du Stiff, et surtout de la vie insulaire, de la façon dont les habitants composent avec la rareté.

 

Les fééries nocturnes du collectif Fées d'hiver c'est un parcours nocturne artistique et poétique en vallée de Crévoux (05). L'édition 2016 propose de découvrir en déambulation nocturne 12 installations lumineuses, sonores ou visuelles. Plusieurs dates sont proposées jusqu'au 9 août 2016.

 

Un peu partout, artistes, villes d'Art et d'Histoire, sites, monuments et offices de tourisme proposent des balades sonores pour arpenter les patrimoines culturels ou naturels. Même la presse locale s'y met comme la Montagne à Châtel-Montagne (63).

 

L'abbaye de Noirlac (18) – centre culturel de rencontre - explore depuis longtemps l'univers sonore qui l'entoure. Ainsi sont nés les sons de territoires car le monde doit s'écouter autant qu'il se regarde.

 

 

Exposition du musée d'art moderne de Troyes

Exposition du musée d'art moderne de Troyes

Expositions à écouter

 

Pour ceux qui douteraient de l'intérêt du son en exposition, voici la preuve qu'il peut devenir l'objet d'attention premier du visiteur.

La nature, ce n'est pas seulement la verdure, c'est aussi toute une palette de bruits et de cris d'animaux, de bruissements végétaux... Les audio naturalistes le savent bien, eux qui captent la biodiversité sonore et l'entendent se réduire, elle aussi...
La fondation Cartier rend hommage au célèbre bio acousticien et compositeur Bernie Krause, auteur du « Grand Orchestre des animaux » ; son œuvre inspire ici d'autres artistes et créateurs sonores, exposés jusqu'au 8 janvier 2017.

 

Avec l’audio naturaliste Fernand Derousen, le parc national des Écrins vous plonge dans « le son des altitudes », une exposition immersive sur les paysages sonores de montagne : animaux, eau, vent...c'est la nature sauvage qui vous parle, accompagnée de photographies.

 

Le musée d'art moderne de Troyes propose quant à lui une exposition réflexion sur notre rapport au son. « Expérience sonore » est réalisée avec le centre d'art contemporain / Passages et imbrique création sonore, bruitisme, musique et arts plastiques, jusqu'au 21 août 2016.

 

Qui dit son, dit tôt ou tard musique. Et pourquoi pas l'électro ? Avec « Electrosound, du lab au dancefloor » l'espace fondation EDF (Paris, 6e) consacre l'une de ses expositions à l'histoire et à la composition des musiques électroniques et électroacoustiques.

 

Et puis jusqu'au 4 septembre 2016, petits et grands peuvent traverser le Brouhaharium du Vaisseau à Strasbourg (67) et produire eux-même des sons sur les machines musicales de l’artiste Michael Bradke.

 

Enfin, si vous n'aimez ni créer ni sortir ni vous promener, il reste une activité auditive idéale pour paresser en vacances : écouter un livre audio !

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Marie Popeck, plasticienne du son

10 Février 2016, 10:34am

Publié par véronique muzeau

Marie Popeck, plasticienne du son

L'univers du son est d'une richesse infinie quand on se plonge dedans. Voici une exploration minutieuse de l'installation d'une plasticienne de la matière sonore, Marie Popeck, rencontrée au festival Longueur d'ondes de Brest.

 

Et oui, encore une ode au son, à l'ouïe, à l'auditif dans ce blog. Inévitable quand on a fait un tour à l'excellent festival Longueur d'ondes de la radio et de l'écoute à Brest, du 4 au 7 février 2016. L'occasion pour Tous Curieux/Histoire de Son de croiser d'autres passionnés de l'audio, parfois très éloignés de notre pratique.

La particularité de ce festival est qu'on y évoque vraiment le son sous toutes ses formes : documentaire, information et actualité radiophoniques, musique, fiction, création et art sonore.

 

Allongé et en chaussettes

 

À nul autre pareil, Longueur d'ondes est un festival qu'on peut vivre allongé et en chaussettes, blotti dans une cabine tapissée de coussins, ou étalé sur une couette pour écouter, juste tendre l'oreille, voire oublier qu'on a des yeux (ça les repose !).

Le festival propose des dispositifs d'écoute teintés d'imagination et d'humour

Le festival propose des dispositifs d'écoute teintés d'imagination et d'humour

 

Bon, c'est quand même visuel parfois, comme cette installation coup de cœur : Forêt d’écouteurs en Rêve majeur.

 

 

800 écouteurs pour interroger notre rapport au son

 

 

Elle est signée Marie Popeck, une artiste de la matière sonore basée à Amiens. Elle décline cette passion au fil d'installations, films expérimentaux ou dispositifs sonores pour le théâtre et Marie aime les bruissements.

 

 

La forêt d'écouteurs en rêve majeur est une installation onirique et une œuvre qui questionne notre rapport au son.

 

Elle est constituée de 800 écouteurs suspendus à un faux plafond noir, des oreillettes surtout, quelques casques, autant de sources sonores potentielles dont une vingtaine seulement émettent réellement du son. La plupart des écouteurs sont usagés ou défectueux.

 

Le visiteur doit donc chercher les sources des faibles sons qui lui parviennent dans la forêt d'écouteurs suspendus.

L'installation interroge déjà notre rapport corporel à l'ouïe et notre position d'écoute : certains écouteurs sont placés très hauts, d'autres au ras du sol.

 

Pour Marie Popeck l'emploi d'écouteurs de récupération était indispensable pour figurer l'objet de grande consommation qu'ils sont devenus, l'oreillette de smartphone en particulier.

Ce sont des écouteurs de mauvaise qualité qui rendent peu justice au son. Et en décortiquant quelques-uns, Marie a pu constater que ce sont en effet des objets éphémères.

 

 

Un cache-cache sonore

 

L'installation est ludique, comme un cache-cache sonore, à condition d'oser entrer dans la forêt ; le public est laissé libre de s'engager dans l'installation, rien ne lui indique qu'il doit le faire.

 

Justement, voici un visiteur : il cherche, il s'engage, il fouille et porte les écouteurs à ses oreilles à la recherche des sons.

 

 

 

L'installation a déjà été exposée une dizaine de fois...mais le public réagit toujours différemment selon les circonstances. En plein air, les enfants sont plus nombreux à rencontrer l'œuvre. Eux s'emparent facilement de l'installation et incitent leurs parents à oser y entrer, à répondre à l'invitation de l'artiste.

 

 

Et quand on attrape un écouteur qui fonctionne, qu'entend-on ?

On entend un rêve, c'est l'autre sujet de prédilection de Marie Popeck.

 

 

Une écoute fragmentée et compressée

 

 

L'artiste est partie d'un rêve personnel qu'elle a raconté en 8 fragments sonores : 2 pistes voix, 2 parties électroacoustiques et 4 qui mêlent musique et bruitage. Ce sont les matières que Marie Popeck aime travailler, car elles mettent aussi en question notre culture sonore, la représentation imagée que nous avons des sons, notre visualisation de ces bruits.

Car Marie Popeck travaille aussi les images, elle réalise des films expérimentaux.

 

 

La Forêt d'écouteurs en rêve majeur aborde aussi notre rapport au format sonore : le son numérique est généralement compressé (en mp3), les supports n'offrent pas toujours une qualité d'écoute très riche, et seules certaines fréquences sonores parviennent à nos oreilles.

 

Et qui dit « format » dit aussi durée, temporalité ; notre écoute se fragmente, elle est éclatée, ce que Marie Popeck a voulu souligner.

 

 

 

Pour comprendre davantage la démarche de Marie Popeck, il faut découvrir aussi le parcours de l'artiste et sa progression dans l'univers du son.

 

 

Comme beaucoup, la créatrice est venue au son par la musique (accordéon et piano), puis les rave party et leurs hauts-parleurs. Elle s'est intéressée alors aux musiques électroacoustiques et électroniques, et a même pratiqué le chant...mais avec des goûts trop éclectiques pour poser véritablement sa créativité.

C'est finalement l'image qui l'a aiguillée, via les cours de cinéma expérimental : le travail des canadiens Norman McLaren, Maurice Blackburn autour de l'audiovision et la non synchronicité son/image.

Elle s'est ensuite penchée vers Pierre Schaeffer, l'objet sonore et la radio.

Elle a poursuivi ses recherches et découvert John Cage, grâce à Vincent Ciciliato.

Elle est passée aux prises de son, en autodidacte.

Puis a suivi une formation à la MAO (musique assistée par ordinateur) pour acquérir quelques bases techniques.

Enfin, un cours de psycho-acoustique musicale, au sein d'un master recherche et pratique artistique, a décuplé son imagination créatrice.

 

 

 

 

Rendre le son plus palpable

https://myspace.com/mariepopeck

Marie Popeck ne fait que commencer son exploration de la matière sonore et du rêve.

La Forêt d'écouteurs en rêve majeur s'incrit d'ailleurs dans une série plus vaste, les Scénarêves, ou la reconstitution du rêve par le son. Elle a commencé avec une œuvre vidéo en pellicule grattée et se prolongera par un spectacle de rue.

Marie a aussi créé un dispositif sonore pour le théâtre en octophonie (huit pistes d'écoutes) avec hauts-parleurs piézoélectriques.

Elle projette également de rendre le son plus visible dans le milieu du cinéma. Elle prépare donc un film pour, dit-elle, « rendre le son plus palpable ».

 

 

 

Terminons par une autre vibration ressentie lors du festival Longueur d'ondes. Elle est pour la Prosodie d'Émilie Mousset, délicieuse octophonie qui nous replonge dans la prime enfance, dans l'univers sonore du bébé, des babillages aux bruits de bouche, en passant par la boite à musique. Et c'est justement de musicalité du langage qu'il est question, la définition même de la prosodie. Comme artiste du son, Émilie Mousset est bel et bien une compositrice.

 

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Regain d'affection pour le son

8 Janvier 2016, 15:32pm

Publié par véronique muzeau

2016, année de nos oreilles ?

2016, année de nos oreilles ?

 

 

À l'approche de la semaine du son, on en revient à notre marotte : l'audio. Il semble que l'ouïe redevienne un sens qui compte. Le son, c'est si bon !

 

Nous sommes tellement rivés à nos écrans que nous en oublions parfois que nous avons d'abord commencé par entendre, avant même de « voir le jour ». Un centre de procréation médicalement assistée espagnol vient de s'en souvenir et lance le Babypod. C'est un tampon musical pour femme enceinte : à introduire dans le vagin pour faire écouter de la musique au bébé !

 

Au-delà de l'insolite, le son a toujours compté dans notre vie d'humains, grâce à la musique, qui continue à passer d'abord par nos conduits auditifs, malgré l'invention du clip vidéo.

Mais on constatait ces dernières années un essoufflement – ou plutôt un étouffement ? - de l'attention portée au son.

D'aucuns ont souligné la responsabilité de la révolution numérique : sur Internet, un contenu vidéo ou photo est bien plus viral que l'audio. Les récents déboires de Soundcloud sont venus confirmer la difficulté d'être un réseau social sonore.

Certes, mais cependant, il paraît que l'audio connaît de beaux succès sur le web : les entreprises seraient de plus en plus nombreuses à recourir aux podcasts pour leur communication et leur marketing digital. L'intérêt majeur des séquences audio serait de permettre aux auditeurs (surtout aux auditrices d'ailleurs) de rester connectés tout en échappant à l'écran (vous voyez d'ici la séance de repassage, casque aux oreilles). Si le monde économique s'y met, on est sauvés.

 

 

 

Le succès grandissant de la Semaine du son

 

Et puis, il y a donc cette Semaine du son, bon pied bonne oreille depuis 2004, avec chaque année davantage de participants.

Au départ, elle durait 4 jours, se concentrait dans 6 lieux parisiens, avec un budget modeste, autour de 60 000 €.

En 2015, la « semaine » en a duré trois (21 jours), elle s'est traduite par 200 événements dans 80 villes, et la valorisation de sa seule campagne médias est estimée à 3 millions d'euros. Le son est donc un thème mobilisateur. Il faut dire que cette opération a eu la bonne idée de ratisser large et de s'intéresser aux « enjeux sociétaux du sonore ». On y aborde le sujet aussi bien sous l'angle de la culture que de la santé et de l'environnement, de l'industrie et de l'économie, sans oublier la pédagogie.

 

C'est l'occasion de constater que :

 

  • Le son inspire toujours l'art

Il est même particulièrement vivant et ludique à l'ère numérique. Les musiciens et concepteurs d'art sonore disposent en effet de tout un panel d'outils informatiques pour créer des musiques interactives à base de captations sonores d'ambiances humaines ou de sons naturels. D'autres font chanter de vieux objets ou des plantes.

 

  • La pollution sonore est prise en compte

Les nuisances sonores de notre environnement commencent (enfin) à préoccuper les élus, urbanistes et par extension les industriels. Une récente étude évalue à 10 000 le nombre de morts liés au bruit chaque année en Europe. Les idées pour atténuer le brouhaha des cantines, pour utiliser des matériaux à faible résonance acoustique, pour disperser des murs végétaux en ville, pour optimiser le design sonore des objets, fleurissent. La ville de Quimper vient même d'annoncer la création d'une jardin sonore l'an prochain pour faire entendre aux citadins les doux bruissements des feuillages et des fleurs dans le vent.

 

  • L'audition devient un problème de santé publique

Les dégâts opérés par les concerts amplifiés depuis les années 1960 ou les baladeurs des années 80 commencent à se faire sentir dans les oreilles d'une population qui perd son audition. Les audioprothésistes en récoltent les fruits. Le bon point, c'est que la prévention s'est accentuée, même si elle reste très insuffisante.

 

  • L'audio retrouve ses lettres de noblesse dans l'univers de la culture et de l'éducation

Les jeux vidéo sont désormais sonorisés et bruités avec autant de soin que les films de cinéma, il en existe même un uniquement sonore – a blind legend – adapté au handicap visuel.

Les contenus des audioguides sont moins standardisés qu'autrefois (Histoire de Son milite pour leur qualité).

Les radios et webradios deviennent un véritable outil de pédagogie en milieu scolaire ou dans les centres culturels.

L'édition des livres audio affiche un réel potentiel de croissance.

Les sons deviennent un patrimoine qu'on s'efforce de sauvegarder.

Le son s'installe confortablement dans la muséographie : les scénographies des musées intègrent désormais régulièrement contenus et immersions sonores, dans le cadre d'une médiation multisensorielle.

L'exigence d'accessibilité pour la déficience visuelle favorise les versions audio de spectacles ou contenus culturels.

 

  • La musique soigne

On reconnaît enfin ses vertus au-delà de son intérêt esthétique et la musicothérapie se fraye un vrai chemin dans la panoplie des soins, en particulier aux malades psychiques.

 

 

Tandis que nos yeux saturent de lumière (bleue), nous redécouvrons avec joie que nous avons des oreilles et qu'elles sont précieuses.

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en janvier 2016

30 Décembre 2015, 17:26pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en janvier 2016

Pour une fois, on thématise cet agenda ; ce mois de janvier 2016 est à l'image des précédents débuts d'année. Pour les musées, il est marqué par le Sitem et son challenger numérique MuseumConnections. Et puis en janvier, depuis 13 ans, c'est la semaine du son !

 

Musées de plus en plus connectés

 

Le Sitem a 20 ans. Le salon international des musées, des lieux de culture et de tourisme reste le rendez-vous incontournable pour les professionnels des musées et du patrimoine culturel, et leur prestataires. Le Sitem a lieu à Paris, aux Docks, cité de l'image et du design, du 14 au 16 janvier 2016. Le salon annonce d'ores et déjà son partenariat avec d'autres rendez-vous 2016, notamment le Forum du Tourisme Numérique à Deauville en mars 2016, et Sunny Side of the Doc, le marché international du documentaire à La Rochelle en juin 2016.

 

Autour du Sitem, d'autres rendez-vous connexes s'organisent désormais, comme les 7èmes Rencontres Nationales Culture et Innovation(s) qui auront lieu le vendredi 15 janvier 2016 à la Cité des sciences. Au programme de ce forum, les dernières nouvelles de la culture à l'ère numérique, délivrées par les experts, y compris de musées étrangers. À visiter aussi, les espace de démonstrations et à suivre, la remise du 2nd Prix Patrimoine & Innovation(s).

 

Même si le Sitem a su évoluer au gré des révolutions numériques, le voici désormais talonné par un nouvel événement, né l'an dernier : MuseumConnections, salon international des innovations dans les musées, les 20 et 21 janvier 2016 au parc des expositions de la porte de Versailles. Les exposants et débats s'y intéressent aussi bien aux nouveaux modèles économiques des musées qu'aux technologies utilisées en médiation, ou aux stratégies numériques des institutions.

 

Enfin, la muséographie appliquée, innovante et un rien ludique, c'est à Rennes les 30 et 31 janvier 2016 avec une opération inspirée par Museomix : le musée recopié. Cette fois, 60 volontaires, professionnels ou amateurs, sont invités à recopier le musée des beaux-arts de Rennes. La performance participative débouchera sur une exposition en février. Pour s'inscrire, il suffit d'avoir envie d'art.

 

Arts et expressions sonores dans tous leurs états

 

Janvier est un mois privilégié pour ceux qui s'intéressent au son. La semaine du son s'y étire partout en France, et même en Belgique et en Suisse, du lundi 18 au dimanche 24 janvier 2016 à Paris, et jusqu’au dimanche 7 février ailleurs.

Cette opération, qui a déjà 13 ans, donne lieu à toutes sortes d'animations :

  • Artistiques et créatives : musique, littérature audio ou création sonore, comme ce concours organisé par l'association mixage fou.

  • Documentaires et pédagogiques, comme au festival de la radio et de l'écoute, Longueur d'ondes à Brest, du 25 janvier au 7 février 2016.

  • Acoustiques et scientifiques comme à l'IUT Bourgogne Auxerre ou à l'École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble.

  • Sanitaires et sociales, via la sensibilisation au handicap et la prévention des déficiences auditives comme dans les conservatoires de musique de Reims ou de Valence.

La semaine du son est un moment sensuel pour redécouvrir que nous avons une ouïe !

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