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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #tourisme culturel

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2017

27 Février 2017, 14:23pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2017

Jadis, les période pré-électorales étaient très calmes, voire figées. On dirait bien que cet attentisme appartient désormais au passé. En tout cas dans les domaines de la culture et du patrimoine. Quel effervescence, les rendez-vous bourgeonnent de partout !

 

Culture et numérique

 

Le deuxième atelier expérimental IMUalpha de l’année 2017 sera consacré aux récits dans la cartographie sensible. Le 2 mars 2017 à Lyon (69), les chercheurs de différentes disciplines vont s'interroger sur les récits urbains diffusés par les nouveaux outils. Entre autres questions : comment mutent les déplacements de savoirs traditionnels dans des espaces influencés par les nouvelles technologies et les mobilités numériques?

 

Artistes, ingénieur, scientifiques et entrepreneurs sont susceptibles d'intervenir dans le champ de l'art et des nouvelles technologies ; ils peuvent se retrouver, du 15 au 18 mars 2017, au Vertigo - Forum Art Innovation de l'Ircam à Paris. C'est à la fois un rendez-vous de présentations de prototypes et de réalisations artistiques et une plate-forme de travail dans l'esprit des FabLabs, et dans des domaines multiples : musique, art, design et architecture en lien avec les technologies numériques.

 

Le séminaire RECHERCHE, ART, PRATIQUES NUMERIQUES  #10 de l'IMéRA - Institut d’études avancées - est consacré à l'archéologie et au numérique le 15 mars 2017 à Marseille (13). Chercheurs et artistes vont pouvoir y confronter leurs points de vue et idées sur tous ces objets archéologiques, fac-similés, restitutions architecturales virtuels ou d'origine numérique.

 

Du 18 au 26 mars 2017, c'est la semaine de la langue française et de la francophonie. Pour l'occasion, le ministère de la culture met en avant son opération-concours Dis-moi dix mots. L'objectif principal de la nouvelle édition est de montrer comment le français s'adapte à des technologies et à des usages numériques en constante évolution.

 

Vers une culture 2.0 : l'avènement d'une société numérique c'est le thème d'une journée d'études organisée le 22 mars 2017 à l'Université de Poitiers, Nouvelle Aquitaine (86). Elle portera sur l'histoire, les religions et l'art face au numérique ; comment le numérique façonne les rapports entre une société et son passé.

 

Laval Virtual c'est le salon de la réalité virtuelle ou augmentée en Mayenne. Il a la bonne idée d'aborder aussi les questions de la médiation et de l'éducation par ces technologies. Le CCSTI - Musée des sciences de Laval et l’Amcsti proposent proposent deux journées de travail pour aider les novices à définir leurs besoins, leurs projets, le cahier des charges, avec un programme de conférence, table ronde, visite thématique du salon, retoursd'expérience et ateliers les 22 et 23 mars 2017 à Laval.

 

La première rencontre numérique de l'année du ministère de la culture et de la communication a lieu au Musée du Louvre à Paris les 27 et 28 mars 2017. Cette #RencNum est consacrée aux publics in situ et en ligne des équipements culturels : le point sur les usages que les uns et les autres font de l'offre proposée et surtout sur les relations qu'ils entretiennent avec ces établissements.

 

 

Médiation culturelle

 

L' OCIM (office de coopération et d'information muséales) organise une rencontre nationale intitulée « Chercheurs-publics : quelles réceptions de la rencontre ? » le 21 mars à Paris. L'an dernier, il s'agissait de se pencher sur la diversité des formations et expériences des chercheurs quant à la vulgarisation et la médiation scientifique. Cette année, c'est le point de vue des publics qui est donc examiné.

 

« Musée en mutation : logiques économiques, culturelles et sociales », c'est le sujet d'un colloque les 29 et 30 mars 2017. Il sera retransmis en visioconférence simultanément au LRPC (Trois-Rivières, Québec) et au CELSA (Paris) les 29 et 30 mars 2017. Près d'une trentaine de questions y sont abordées : évolution de la notion de patrimoine, diplomatie culturelle, question environnementale, néolibéralisme économique, tourisme de masse, numérique, hégémonie du visuel, mise en valeur de l'archéologie, marché de l'art, publics en situation de handicap...

 

Le 30 mars 2017, une journée d'études est consacrée au thème : « Des musées d’arts industriels aux collections d’arts décoratifs : les enjeux de la valorisation patrimoniale d’un passé industriel ». C'est le centre de recherches sur les économies, les sociétés, les arts et techniques (CRESAT) de l’université de Haute-Alsace qui l'organise à Mulhouse (68).

 

Et toujours en Alsace, « Le musée citoyen » est le thème des rencontres professionnelles de la Fédération des écomusées et des musées de société du 30 mars au 1er avril 2017 à Ungersheim et Strasbourg (68).

 


 

Tourisme culturel

 

Place marketing forum 2017 est le grand rendez-vous du marketing territorial les 23 et 24 mars 2017 à Lyon. Certes, le sujet dépasse la question culturelle mais elle y occupe néanmoins une place de choix comme nous vous l'expliquions dans ce blog. Et comme l'atteste la présence d'Evelyne Lehalle qui interviendra sur le tourisme culturel.

 

 

Culture sonore

 

Le 10 mars 2017, à la Gaîté Lyrique à Paris, universitaires, artistes, institutions ou média vont partager sur « La ville augmentée par le son ». Un thème particulièrement cher à Tous Curieux/Histoire de son. Il s'agit surtout de l’expérience auditive en mobilité. Souvent, elle se transpose en cartographie et invite à la déambulation, en particulier dans la ville, comprise ici comme un nouvel espace de création sonore et d’expérimentation. Mais le son invente aussi de nouvelles muséographies qui seront abordées également lors des rencontres et tables rondes. À suivre aussi des démonstrations de dispositifs de réalité augmentée audio.

 

« Les Lundis numériques de l'INHA » s'intéressent à l'archéologie du paysage sonore le 13 mars 2017 en compagnie d'une spécialiste Mylène Pardoen (Institut des sciences de l’homme, Lyon). L'auteur de la restitution de Paris au XVIIIe siècle actuellement diffusée au musée archéologique de la crypte Notre-Dame à Paris, abordera son questionnement d'archéologue-productrice. Comment faire parler les archives ? Où s’arrête l’histoire et où commence l’art ? Quelles en sont les limites : représentation simple, témoignage de la réalité, fiction pure ? Quel mode de diffusion privilégier et pour quel public ?

 

Créateurs sonores, vous avez jusqu'au 15 mars 2017 pour répondre à l'appel à projets Gulliver 2017, une aide à la création et à la production d’œuvres de fiction et documentaires audio, abondée par la SACD France et la SACD Belgique. Pour connaître les modalités d’inscription, consultez : l’appel à projets (355 Ko)


 

Culture et patrimoine tout public

 

Du 8 au 12 mars 2017 à Lyon (69), c'est le Mirage Festival où se mêlent art, innovation et cultures numériques.

 

Du 30 mars au 2 avril 2017, c'est la 4e édition du Tropisme, festival augmenté de Montpellier (34). Il conjugue culture pop et nouvelles technologies et propose immersion dans le son, l'image, la fête et la pensée ! Tout un programme...

 

Les journées européennes des métiers d'art - 11e édition – ont lieu quant à elles les 31 mars, 1er et 2 avril 2017.

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Marketing territorial et culture en Finistère

15 Février 2017, 17:17pm

Publié par véronique muzeau

Marketing territorial et culture en Finistère

Attribuer une marque à son territoire relève d'une stratégie globale d'attractivité : il est question de développer le tourisme mais aussi d'attirer les entreprises et les habitants. Bref, le marketing territorial a bien pour objectif le développement économique. Et la culture participe à cet essor, comme c'est le cas dans le Finistère.

 

De quoi se compose l'attractivité d'une ville, d'un département, d'une région ?

La réponse qui s'impose d'emblée serait : de « qualité de vie ». Mais quels en sont les ingrédients ? L'incontournable emploi, c'est la base... quoi que, en visant prioritairement les seniors en retraite (dorée si possible) on pourrait s'en passer. Cependant, quel territoire rêve de n'attirer que les plus de 65 ans ?
Tous ont besoin d'une population relativement jeune et active pour espérer que le développement soit durable.

Pour inciter de nouveaux habitants ou investisseurs à s'implanter sur le long terme, il faut donc offrir travail, mais aussi services, équipements, infrastructures...la base, vous dit-on !

Faire battre les cœurs

Mais si ces ingrédients sont nécessaires, ils sont loin d'être suffisants. Aujourd'hui, même quand elle concerne un fromage, une marque est empreinte d'affect, d'émotion, de sensations. Donc, le territoire où l'on rêve de vivre, doit proposer plus que le trio «auto/boulot/dodo ».

Tous les marketeurs vous le diront, qu'ils soient de territoire ou pas, il faut donner envie, faire rêver, promettre des expériences et des moments de vie uniques. Un nouveau terme a vu le jour depuis quelques années : le marketing expérientiel.

De ce côté, le Finistère ne manque pas d'atouts. Paysages à couper le souffle, coefficient maritime maximal (1200 km de côtes) – et qui n'aime pas la mer ? - air pur (on connaît son prix en ce moment), calme, tranquillité, sécurité et faible délinquance...

Marketing territorial et culture en Finistère

S'y ajoute une gastronomie enfin révélée, autour des produits de la mer mais aussi du maraîchage, des élevages qualitatifs, des biscuits pour les gourmands, sans oublier une pléiade de brasseries artisanales. Gastronomie qui relève d'ailleurs d'un plus vaste ensemble : la culture.

Et surtout la culture !

D'autres espaces l'ont compris depuis longtemps et ont assis leur marketing territorial sur des atouts culturels avant tout : c'est notre voisine Nantes et son fabuleux Voyage fait de machines oniriques, esthétiques et scientifiques inspirées de Jules Verne. C'est aussi « Only » Lyon autoproclamée capitale du jeu vidéo, une industrie culturelle française qui brille. C'est encore, à l'échelle de l'Europe, Bilbao qui a fondé sa renaissance sur un lieu d'art contemporain, le musée Guggenheim.

 

En ce qui concerne le Finistère, il faut tout de même jouer finement : sortir de l'image un rien figée voire folklorique qui risquerait de donner du département une identité de « bout du monde » préservé dans le formol, alors qu'il s'agit de convaincre qu'on est en terrain d'expérimentations et d'avant-garde : tout y commence ! On innove, y compris en culture, et on ne s'arrête pas aux seules coiffes bigoudènes rehaussées de binious et (copieusement) nourries de kouign-amann.
L'authentique, c'est bien mais ça sent parfois un peu la poussière … Non sérieusement, la Bretagne, c'est bien pour les vacances, mais y vivre ? Vous n'êtes pas sérieux ?
Et bien si voyez-vous !

 

Evelyne Lehalle, spécialiste du tourisme culturel, avait déjà repéré le volontarisme de la Région Bretagne, plutôt pionnière dans sa façon de conditionner les subventions de chaque projet à la mise en œuvre d'un volet arts-culture.

L'Insee vient d'ailleurs de confirmer la vitalité du secteur dans son portrait statistique de la culture en Bretagne.

 

Quant à notre Finistère...
Pour comprendre les liens entre marketing territorial et culture en restant dans le seul champ du tourisme, on peut consulter ce guide thématique de l'agence de développement touristique du Finistère sur l'adaptation des parcours de visite aux attentes des publics.

Mais on peut aussi explorer plus avant.

Si Tous Curieux/Histoire de son a choisi de devenir ambassadeur de la marque Tout commence en Finistère c'est par conviction que notre département a bel et bien une démarche culturelle dynamique et innovante.

C'est beau, c'est gai, c'est gratifiant !

Pour s'en convaincre, on ira faire un tour au plateau des Capucins qui vient d'être réaménagé et offre à Brest un lieu unique en son genre, où tous les ingrédients de la vie se côtoient : économie, politique, sport...culture. Cette dernière se pose même en phare de ce nouveau « centre ville abrité » puisque la médiathèque y occupe une place de choix, centrale, qu'elle multiplie les accroches pour tous publics : livres, magazines, CD et DVD mais aussi jeux vidéos, jeux de société, toboggan, instruments de musique …

 

En matière d'arts vivants, nous pourrions vous parler aussi du Quartz, la scène nationale brestoise, première de France en fréquentation. On pourrait mentionner également l'étonnant Circonova, festival de nouveau cirque, de sa cousine la scène nationale de Quimper – théâtre de Cornouaille – qui associe création contemporaine pointue et arts de la rue des plus accessibles.

 

À propos de festivals, est-il utile d'en rajouter sur nos autres succès « maison » comme les Vieilles Charrues à Carhaix, l'un des plus gros festivals musicaux d'Europe, ou le Bout du monde qui affiche complet chaque été à Crozon ?

 

On pourrait aussi vous vanter le fonds Hélène et Edouard Leclerc qui a consacré Landerneau en haut lieu de l'art contemporain.

 

Sans oublier toutes ces entreprises qui œuvrent dans les industries culturelles ; ces 168 établissements finistériens qui produisent des biens culturels. Ces artisans d'art qui rayonnent dans le monde entier, comme le brodeur et styliste quimpérois Pascal Jaouen.

 

On a même un « film lab européen » Le Groupe Ouest, qui a pour ambition de soutenir la création cinématographique bretonne et son modèle particulièrement dynamique, en s'appuyant sur des coopérations internationales, avec le Canada ou l'Irlande.

 

Si nos chapelles sont ravissantes, nos mégalithes fascinants, nous avons d'autres monuments ébouriffants, comme le château du Taureau, au milieu de la baie de Morlaix, la Tour Vauban à Camaret, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, le château de Trévarez et son domaine où les installations artistiques et scénographies poétiques attirent chaque année plus de visiteurs (on dépasse les 100 000 en 2016).

 

Reste à mentionner les acteurs plus mouvants, pas toujours bien identifiés, que sont les associations, dont certaines ont compris l'intérêt de la marque de territoire pour faire passer leur message. Beaucoup d'entre elles ont un objet patrimonial, artistique ou culturel, telle l'association Comme des chefs qui a choisi la thématique de la gastronomie et propose des événements autour de ce sujet alléchant.
Leur action n'est pas nouvelle mais leur adhésion à Tout commence en Finistère leur donne plus de visibilité. Par « effet de réseau », la marque peut aussi doper leur activité jusqu'à créer de l'emploi. C'est ce qui est arrivé auparavant aux associations à l'origine des festivals musicaux ou des fêtes maritimes (de Douarnenez, puis de Brest).

 

Le maritime, encore une thématique très porteuse, dans laquelle la composante culturelle a su générer une activité, une attractivité : depuis les excursions-explorations écologiques du milieu marin en voilier ou kayak, jusqu'aux centres de découverte comme Haliotika sur la pêche en mer au Guilvinec, en passant par la valorisation du patrimoine maritime, bâti ou navigant. L'équipement culturel le plus visité de Bretagne – apprécié des touristes comme des locaux - n'est autre qu'Océanopolis, centre de culture scientifique consacré aux océans, à Brest.

 

N'en jetons plus, ce chauvinisme breton pourrait devenir irritant. L'important pour nous est de faire tomber les clichés et de vous convaincre qu'en matière de culture, on donne moins dans la conserverie que pour nos sardines. Même à l'extrême bout du monde, tout peut commencer...

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en décembre 2016

29 Novembre 2016, 21:40pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en décembre 2016

De l'ethnologie et du patrimoine immatériel, encore des réflexions sur la médiation culturelle en mode numérique, un soupçon de son, voilà de quoi terminer l'année en beauté et en culture bien sûr !

 

Nouvelle écritures multimédia

Qu'il porte une fiction ou qu'il soit outil de médiation culturelle, le transmédia, ce récit qui se développe sur différents médias suppose de nouvelles sources de financement. C'est bien la question centrale de cette conférence From Paper to Screen Transmédia : quels partenariats pour les nouvelles écritures ? Le 2 décembre 2016 à Montreuil (93), dans le cadre du salon du livre et de la presse jeunesse.

 

À la frontière du réel… Réalité virtuelle, quels impacts en termes de médiation et de création ? C'est le thème de la 7e édition du Forum de l'Innovation culturelle à Arles (13), le 5 décembre 2016. Ces nouveaux outils et ces technologies parfois ébouriffants supposent aussi de nouvelles narrations et une réflexion sur la médiation culturelle.

 

Valorisation numérique des patrimoines

Un colloque intitulé Le moment du patrimoine ethnologique a lieu du 7 au 9 décembre 2016 à Dijon (21). Le 8 décembre à 14h Maëlle Mériaux (CRBC, Université Rennes 2) y évoquera la valorisation patrimoniale venue d’en bas : les archives sonores et audiovisuelles de Bretagne.

 

Tourisme culturel

Et parallèlement, les 8 et 9 décembre 2016, les 3e Rencontres internationales du patrimoine culturel immatériel (PCI) ont lieu à Brest (29). La première table ronde du 9 décembre sera consacrée à la mise en tourisme de ce patrimoine devenu motivation de voyage...mais comment en favoriser une « utilisation responsable » ?

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en décembre 2016

Un autre colloque, les 15 et 16 décembre 2016, à Orléans (45) s'intéresse aux labels dans le domaine du patrimoine, à leur usage en plein essor, tant dans le domaine culturel que pour les sites naturels, qu'ils soient d'origine étatique ou locale...

 

Le 16 décembre 2016 à Paris, le ministère de la culture et de la communication organise ses rencontres du tourisme culturel pour connecter les professionnels de la culture et du tourisme. Une trentaine d'intervenants se répartiront en six tables-rondes, dont une sur le tourisme culturel et le numérique.

 

Culture sonore

Dans le cadre de la programmation culturelle de Paris-Sorbonne,voici "L’âme sonore du monde", à la rencontre du vivant. Christian Holl, artiste acousticien, compositeur, ethnologue et conteur propose au public une expérience d'écoute du cœur de la matière végétale, minérale, animale ou aquatique. Inscription obligatoire avant le 7 décembre sur community.evenium.net.

 

Et vous avez jusqu'au 8 janvier 2017 pour aller faire un tour à la Fondation Cartier pour l'art contemporain à Paris, écouter cette exposition d'une vingtaine d'artistes ou de chercheurs inspirés par le travail du compositeur et bio acousticien Bernie Krause « Le Grand Orchestre des animaux » .

 

Le deuxième atelier interprofessionnel des membres du réseau régional des archives sonores se penche sur les cartographies sonores, leurs formes et leurs enjeux, le 12 décembre 2016 à Grenoble (38). L'occasion de faire le point sur ces explorations par l'audio de l'histoire d'un territoire, des aspects acoustiques d'une ville, du ressenti des habitants, etc.

 

Culture et handicap

Les 1er et 2 décembre 2016, les journées Culture et handicap de Montpellier (34) explorent cette année les territoires de l’enfance au fil de conférence, ateliers de pratiques artistiques, représentation théâtrale...

 

La semaine de l'accessibilité revient du 3 au 11 décembre 2016 au musée du Quai Branly avec neuf jours de visites et d'ateliers, de performances, de dispositifs immersifs et sensoriels qui permettent à tous les visiteurs avec ou sans handicap de découvrir les cultures du monde entier.

 

Arts numériques tout public

Mains d'Œuvres, lieu pour l'imagination artistique et citoyenne de Saint-Ouen (93) fête ses 16 ans samedi 10 décembre 2016 et vous invite dans sa Jungle Numérique parcours interactif en immersion réalisé par plus de 40 artistes sur 4000 m2.

 

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Tourisme : la découverte en tous sens

13 Octobre 2016, 15:10pm

Publié par véronique muzeau

Textures, odeurs, bruits font aussi partie d'un univers culturel à découvrir

Textures, odeurs, bruits font aussi partie d'un univers culturel à découvrir

Conjointement à l'essor du tourisme expérientiel, la visite guidée ou la balade découverte prend du relief et de la chair. Les parcours, accompagnés d'un humain ou d'un outil numérique, se font sensoriels, immersifs, éducatifs, culturels, ludiques... Une pluralité de formes qui présente des intérêts évidents, ou des charmes plus discrets, mais néanmoins cruciaux.

 

Le « sensible », c'est ce qui est perçu par les sens, et c'est aussi un synonyme d'impressionnable et d'émotif. Tout est dit. Partout, les explorations sensibles de territoires, les visites sensorielles de monuments ou de musées se multiplient. On cherche à toucher le visiteur, à l'émouvoir, et plus seulement à le "renseigner".

C'est entendu, on en a déjà parlé dans ce blog,  la visite se fait donc immersive et ultra-accessible grâce aux nouvelles technologies. Les outils mobiles apportent des contenus multimédias (presque) en tous lieux et à tout instant.
Avec quelque matériel en plus, on se plonge encore davantage dans toutes les dimensions sensitives d'une collection ou d'un site : dimension sonore (diffusion multiple, son 3 D ou binaural), visuelle (casques et lunettes de réalité virtuelle), tactile (combinaisons à capteurs) voire olfactive, et pourquoi pas bientôt gustative...

Mais attention, il ne s'agit pas seulement des technologies numériques ; la réalité augmentée n'est pas fatalement virtuelle... simplement, elle s'intéresse à tous les sens.

L'heure est à l'expérience

Et la multi-sensorialité est bien une tendance de fond depuis une dizaine d'année.
Elle touche aussi bien les structures culturelles comme les musées et centres de sciences, que les territoires (villes, sites remarquables, parcs naturels, petites cités de caractère ou autres).

Les pays d'Amérique du Nord et d'Europe du Nord suivent cette piste depuis longtemps, le Canada en particulier.

 

La France semble donc s'y mettre sérieusement. On dirait même que ça va plus vite que dans l'éducation où l'approche sensorielle de Maria Montessori reste encore confidentielle.
Les acteurs du tourisme et de la culture se voient proposer des formations aux visites animées ou sensorielles ou des journées professionnelles sur ce thème.

De petites communes et territoires enclavés sont fières d'offrir ce mode de découverte innovant.

Voilà pour le constat d'engouement ou d'intérêt. Reste à comprendre à quoi sert cette multi-sensorialité.

 

Attirer de nouveaux publics

Avec les visites « animées », on dépasse les classiques visites guidées ou visites conférences, un peu magistrales, plutôt appréciées des seniors, et on peut enfin s'adapter aux familles.

Dans un musée, la scénographie «sensorielle » permet de contextualiser sans déployer de discours savant. Même novice, le visiteur appréhende plus immédiatement une époque, un objet, un personnage par des sons, des odeurs, des couleurs, des matières à toucher, etc.

Et bien entendu, s'adresser à tous les sens du visiteur permet de pallier d'éventuels handicaps sensoriels : une découverte tactile, audio ou olfactive se révèle précieuse en cas de déficience visuelle. Ainsi, ce parcours proposé à Inzinzac-Lochrist (56) est labellisé tous handicaps.

 

Concilier enfin tourisme et culture

Comme le rappelle infatigablement Evelyne Lehalle, les professionnels des deux secteurs peuvent se retrouver sur ce terrain multiforme.
La conception d'une visite sensorielle peut faire travailler ensemble les conservateurs et médiateurs du patrimoine, les artistes, les techniciens multimédia, les prestataires de services touristiques, les scientifiques et les communicants, les collectivités ou organismes publics et les entrepreneurs de la culture, etc. Les structures et sites qui veulent développer ces parcours ont en effet rarement les compétences en interne ; ils sont obligés d'aller puiser leurs ressources hors de leur bulle.

 

Renouveler la communication et lui donner du fond

Certes, le marketing sensoriel est en plein boom et la tentation est grande de s'arrêter à la dimension plaisir et divertissement. Mais ajouter une facette sensorielle à sa communication, c'est aussi fournir une information supplémentaire. Par l'audio naturalisme (cris d'animaux), on découvre plus profondément un milieu naturel. Par l'olfaction, on augmente sa culture œnologique... On ne se contente alors plus de « consommer » un site touristique et culturel, on le comprend, on s'en imprègne !

 

Créer un attachement

Dans le cas d'un territoire, la découverte sensorielle se rapproche de la notion d'« espace vécu » du géographe Armand Frémont. Ce type de visite présente et suscite une subjectivité presque absolue, celle des habitants s'ils sont invités à exprimer, à raconter leur territoire, et celle du visiteur qui va ressentir l'espace de façon encore plus personnelle. Le lien entre habitant ou visiteur et territoire s'en trouve renforcé.

 

À votre tour !

Tout à fait dans cet esprit, quoique centrées exclusivement sur le numérique, les rencontres professionnelles « territoires sensibles » ont lieu les 9 et 10 février 2017 à la bibliothèque départementale des Bouches-du-Rhône, à Marseille, dans le cadre de Chroniques, la semaine des imaginaires numériques.

 

D'autres informations, une assistance à maîtrise d'ouvrage ou la création d'une visite sensorielle numérique ? N'hésitez pas à contacter Tous Curieux / Histoire de son

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mai 2016

29 Avril 2016, 11:41am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mai 2016

 

 

 

Voici l'agenda du joli mois de mai pour ceux qui s'intéressent à la médiation culturelle et scientifique, en particulier accessible et numérique.

 

Culture et patrimoine tout public

 

*Jusqu'au 14 mai 2016, le Festival Interstices continue à Caen, autour des arts sonores et visuels, de l'alliance de la création contemporaine et des technologies.
 

*Au sein du festival Brouillage, du 2 au 7 mai 2016 à Paris, ce sont la création radiophonique et le spectacle vivant qui se rencontrent sur la scène du théâtre La Loge et sur les ondes de Radio Campus Paris.

 

*Du 4 au 6 mai 2016 à Lyon, le forum européen de la culture de demain est le temps fort de l'European Lab, une plateforme de réflexion sur l'innovation culturelle ouverte à tous. Le forum est donc ouvert aussi, même s'il comporte un volet professionnel. Il a aussi le mérite d'aborder la culture au sens large ! Il est même doté d'un plateau média propre : radio lab.

 

*Le 9 mai 2016 à Paris, une Up Conference est aussi consacrée au « futur de la culture », entendue ici dans son sens plus restreint, essentiellement artistique. Le débat portera essentiellement sur les modèles économiques de la culture de demain et les innovations sociales qui pourraient en sortir.

 

*Le 18 mai 2016 c'est la journée internationale des musées de l'Icom (International Council of Museums). 35000 musées y ont participé l'an dernier. En France, seul le musée Canel de Pont-Audemer signale sa participation cette année. Le thème "musées et paysages culturels" sera aussi celui de la prochaine conférence générale de l'Icom du 3 au 9 juillet 2016 à Milan. 

 

*Le 21 mai 2016, c'est la 12e Nuit européenne des musées.
Plus de 3000 musées, répartis dans plus de trente pays en Europe, y participent en proposant des animations ou au moins un accès gratuit en nocturne.
En France, l'an dernier 1265 musées ont accueilli environ deux millions de visiteurs et proposé 2700 animations spéciales.

En parallèle, les écoliers peuvent participer à l'opération d'éducation artistique et culturelle "La classe, l'œuvre !" en s'appropriant un patrimoine commun et en le restituant auprès de leurs pairs et de leurs proches.

 

 

Valorisation numérique des patrimoines

 

*Révolution ou transposition ? Les patrimoines numérisés au prisme de leurs utilisations, c'est le thème d'un séminaire de recherche organisé le le 3 mai 2016 à Paris par le réseau UDPN (usages des patrimoines numérisés). Un temps de réflexion sur la vaste numérisation du patrimoine et des contenus culturels en cours dans les bibliothèques, musées, maisons d'édition ou de production. Quelles sont les évolutions qu’elle engendre dans les pratiques et les représentations ?

 

*La valorisation numérique des patrimoines sera l'un des thèmes du SIPPA, Salon International des Professionnels des Patrimoines, les 26 et 27 mai 2016, à Arles. Parmi les conférences et ateliers : 

  • L’Archéologie des médias : quel avenir pour le patrimoine numérique ? 

  • L’apport du numérique à la muséographie, l’exemple du Museon Arlaten (Arles) et du futur Musée de la Romanité (Nîmes).  

     

 

Médiation culturelle

 

*L'école d'études sociales et pédagogiques de Lausanne propose une journée de formation continue sur la médiation culturelle ou l'art de constituer des publics, avec des conférences le matin, des ateliers l'après-midi, une projection de film, un apéro dinatoire et une soirée musicale, le 18 mai 2016 à Lausanne (Suisse).


*Il est surtout question de la communication des musées, mais aussi de leur médiation au colloque national de doctorants Exposition(s) et média(s) : enjeux d’une dialectique actuelle les 26 et 27 mai 2016 au Musée d'Aquitaine de Bordeaux. Les participants privilégieront quatre axes de recherche: l’exposition comme média, les médias dans l’exposition, la médiation de l’exposition et la médiatisation de l’exposition. Le colloque sera aussi l'occasion de créer un collectif de doctorants, de chercheurs confirmés et de professionnels de la culture et de la communication autour d’une problématique partagée.

 

Tourisme culturel

 

*Les 3 et 4 mai 2016 à Chambéry, c'est la conférence de L'Afmat (Association Francophone de Management du Tourisme) sur le thème de "L'innovation dans le tourisme : l'heure des défis". Le tourisme culturel y aura sa place avec une intervention sur « l’émergence et l’impact des nouvelles technologies virtuelles sur l’héritage culturel : le point de vue du consommateur » (4 mai, atelier 3), une autre sur « Les stratégies de développement de l'œnotourisme : sur la route des vins d’Alsace » (4 mai, atelier 4).

 

 

Culture, handicap et numérique

 

*Le programme des animations accessibles de la Cité des Sciences et de l'Industrie est toujours très riche, quel que soit le handicap concerné. Exemple avec ces deux propositions pour les visiteurs déficients visuels :

  • Le 4 mai 2016, une séance d’astronomie adaptée avec des explications et manipulations assurées par un astrophysicien et adaptées.
  • Le 10 mai 2016, c'est un parcours exceptionnel sur une journée, pour mieux connaître la théorie de l'évolution et tout savoir sur les origines de l'homme : "Darwin, l'original" à la Cité des sciences et "Aux origines de l'Homme", exposé au Palais de la Découverte. Renseignements et inscription (obligatoire) par mél ou au 01 40 05 79 54.


*La Cité des sciences et de l'industrie qui accueille le 30 mai 2016 le 10ème forum européen sur l'accessibilité numérique dans un monde connecté. Cette année, ce sont les objets et les services connectés qui seront au centre des discussions.


*Le lendemain, le 31 mai 2016, c'est le CLIC France qui organise un atelier sur « Les nouveaux outils numériques pour favoriser l’accessibilité des musées et monuments ». Parmi les intervenants, le Musée des Beaux-Arts de Quimper présentera sa stratégie numérique d’accessibilité : boucles magnétiques, vidéos sous-titrées, commentaires audio auxquels Histoire de son/Tous Curieux a largement contribué.

 

 

Culture sonore

 

*Dans le cadre d'un séminaire sur les sens, les chercheurs de Synaesthesia (historiens de l’Antiquité, historiens des religions, anthropologues et de neuroscientifiques) organisent le 20 mai 2016 une journée d'étude sur le thème : « Les voies de l’efficacité sonore : chants, musiques et action rituelle ».

 

 

Entrepreneuriat culturel

 

*La deuxième édition du forum Entreprendre dans la culture a lieu du 25 au 29 mai 2016 à la Gaité lyrique à Paris, à l'initiative du Ministère de la Culture et de la Communication. L'entrepreneuriat culturel sera au centre des conférences, tables rondes et ateliers. L'événement est destiné aux étudiants, entrepreneur et professionnels de la Culture.

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Boulimie de patrimoine

18 Septembre 2015, 08:32am

Publié par véronique muzeau

Boulimie de patrimoine

Revoilà les Journées du patrimoine, toujours aussi dynamiques et foisonnantes. Elles font même office d'apéritif pour une autre part de patrimoine, la gastronomie, qu'on fête la semaine suivante. De quoi gaver les curieux. Trop ?

 

Elles sont de retour ! Comme chaque année, il ne fait pas de doute que les Journées Européennes du Patrimoine (JEP pour les intimes) vont faire le plein, archi plein. Les chiffres parlent d'eux-même : un nombre monumental de sites participants (17000*), des visiteurs par millions (12 millions en France*), une idée reprise dans 50 pays (mais pas tous à la même date). Et pour être certain d'en avoir encore pour les prochaines années, on a choisi pour thème de cette édition 2015 « le patrimoine du XXIe siècle, une histoire d'avenir ».

 

En tout cas, les animations sont encore légion. Au point qu'on soupire en pensant à tout ce qu'on ne pourra pas voir...

 

Indigestion de propositions

 

Et oui, c'est un peu le problème avec ces grands temps forts de la culture. Ça met en lumière, ça fait le buzz, mais concrètement c'est très frustrant.

Non, vous ne pourrez pas suivre le concert dans la maison natale de Debussy, ET le parcours d'animation autour de la COP21 au ministère des Affaires étrangères, ET la visite commentée du chantier de restauration de la façade ouest et du clocher de l'église Saint Martin de Courpière (63) ET voir l'exposition « les quartiers se racontent » à l'aéroport Guadeloupe pôle Caraïbes. Vous devrez choisir. C'est cruel mais c'est comme ça !

 

En fait, si vous soupirez c'est parce que vous êtes déjà un boulimique de patrimoine et que les JEP n'ont pas vraiment été inventées (en 1984) pour vous...

 

Des journées conçues d'abord pour les débutants du patrimoine

 

Une étude un peu ancienne (2000) montrait que la motivation des participants aux Journées était avant tout la découverte d'un univers inconnu.

 

Plusieurs profils se détachent cependant parmi les publics des Journées du patrimoine ; à savoir :

 

  • Les non-habitués, qui ne fréquentent guère le patrimoine dans l'année et qui profitent donc de cette grande communion nationale pour le faire. Quoi qu'ils visitent, ce sera pour eux exotique. Et c'est le grand mérite des JEP de leur offrir ce moment de démocratie culturelle. Ce sont eux les cibles originelles des Journées qui devaient les attirer vers le patrimoine. Mission accomplie. C'est pour les séduire eux en particulier que les organisateurs se décarcassent et montent des propositions spécifiques à l'occasion : visites théâtralisées ou jeux de piste, concerts et spectacles... Qui sait, ils y prendront peut-être goût et recommenceront avant septembre prochain ?

 

  • Les curieux de proximité, qui fréquentent un site régulièrement mais qui vont enfin pouvoir bénéficier de la présence d'un guide et d'une médiation : une petite chapelle en rase campagne, l'usine dans laquelle on travaille, le pont sur lequel on passe tous les jours, l'hôtel des impôts... Ce sont les « touristes chez eux » qui viennent aussi se réapproprier la mémoire de leur territoire. Les JEP permettent alors parfois de tester des visites guidées ou des ouvertures au public qui seront reconduites à d'autres moments de l'année.

 

  • Les dévoreurs de patrimoine, qui profitent des JEP pour accéder à un monument ou un site inaccessible la plupart du temps : coulisses de préfectures ou de la Cour des comptes, châteaux privés exceptionnellement ouverts, chantiers de fouilles archéologiques, etc. C'est pour ces derniers que les JEP ont un « goût de trop peu » ; ils verraient bien l'événement avoir lieu chaque week-end... On leur rétorquera qu'eux aussi peuvent se transformer en "touristes chez eux" et suivre les visites proposées par les offices de tourisme ou maisons du patrimoine, toute l'année ou au moins en été.                                                                Oui mais certains répondront : là, c'est gratuit ! Enfin, presque partout, c'est vrai, et c'est sans doute aussi un critère important pour les curieux désargentés.

 

La multiplication des journées liées au patrimoine

 

Bon bref, si on n'est pas rassasié par ces journées, il suffit d'attendre le week-end suivant pour en reprendre une louche grâce à un autre événement national dédié à un patrimoine bien français : la Fête de la Gastronomie ! Bien sûr, on y déguste beaucoup, mais on y visite également : des chais, des moulins à huile, des usines de torréfaction, donc souvent du patrimoine. On y apprend aussi sur les produits et leurs terroirs, les méthodes de production, de transformation, et d’accommodation. On peut y suivre des conférences et des débats, y voir des expositions. C'est aussi, bien sûr, de la culture.

 

Ensuite, il suffira de patienter un peu : Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins, Journée Internationale des Archives, Nuit des Musées, Nuit des Églises ou Journées Nationales de l'Archéologie, Journées des Métiers d'Art... Ajoutons pour ceux qui l'auraient oublié, que 2015 est l'année européenne du patrimoine industriel et technique. La France est le pays où on compte le plus d'événements liés au patrimoine culturel. Il doit bien y avoir une raison...

 

*chiffres du Ministère de la Culture et de la Communication

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Accueil touristique et qualité culturelle

7 Septembre 2015, 15:42pm

Publié par véronique muzeau

Accueil touristique et qualité culturelle

On entend bien quelques cocoricos sporadiques sur la richesse de notre culture ; d'autres sur le développement économique qui lui est lié. Est-on sur la voie d'une véritable intégration de la culture à la politique touristique française ?

 

Dans la torpeur de l'été ou presque (le 2 juillet 2015), deux parlementaires ont déposé un rapport sur l’évaluation de la politique d’accueil touristique de la France. On y trouve 25 propositions très concrètes pour améliorer cet accueil. Le tourisme culturel y a sa place, encore modeste cependant. Ça frémit pourrait-on dire.

 

Il y a notamment cette proposition numéro 22 : « adapter les monuments et musées publics accueillant plus de 500 000 visiteurs par an aux attentes des touristes ». Mais elle consiste surtout à améliorer billetterie, horaires d'ouverture et jour de fermeture. Les rapporteurs proposent la mise en place de médiateurs, par exemple des jeunes en mission de service civique ou en emploi d'avenir. Mais on s'interroge alors : quelle qualité de médiation pourra-t-on en attendre ? De quelle formation bénéficieront ces jeunes ?

 

Quant aux autres outils de médiation du XXIe siècle, les outils numériques, ils sont bien évoqués en proposition numéro 23. Il s'agirait d'utiliser ces outils pour mieux évaluer les flux et diversifier l’offre touristique. Diversifier l'offre, qu'est-ce que ça signifie au juste ?

Le rapport cite l'exemple de l’application HAPI (histoires et anecdotes du patrimoine d’Île-de-France), que la SNCF présente comme « votre guide touristique personnel ». La géolocalisation permet d'alerter les touristes sur leur smartphone pour leur faire des suggestions de visites en fonction de leurs centres d'intérêt. Le tout est teinté de médiation par le biais des anecdotes historiques de l’historien et journaliste Franck Ferrand. C'est très proche de l'application Le Val de Loire vu du train à laquelle contribue Histoire de Son par des interviews de personnes ressources.

 

 

On pourrait ajouter qu'un outil de médiation numérique de qualité peut aiguiller les visiteurs vers des sites moins connus et soulager les plus saturés ; c'est d'ailleurs pour éviter la surfréquentation de certains sites naturels fragiles que l'Office National des Forêts propose dans son application mobile la forêt de Fontainebleau des circuits de découverte naturalistes ou historiques hors des sentiers battus.

 

La médiation culturelle comme expérience réussie

Et justement la proposition numéro 24 du rapport parlementaire évoque Fontainebleau, mais côté château (« reproduire la formule qui fait le succès de Fontainebleau auprès des visiteurs étrangers » ). Le château de Fontainebleau est devenu le 4e le plus visité de France grâce à ses efforts tous azimuts et malgré une desserte compliquée (pas de gare à proximité). Les rapporteurs évoquent entre autres recettes de ce succès : les efforts de médiation. À la bonne heure ! Et le rapport d'évoquer aussi l'impact des événements culturels pour attirer les touristes vers les sites patrimoniaux plus en retrait. Bref, la culture est un moteur.

 

 

Des séjours qui ont du sens

Car si se préoccuper de transport, d'hébergement, de restauration, de signalétique, de gestion des files d'attente et de sourire des hôtesses est important, ça relève du « comment on visite un pays ». Si on se penche sur le « pourquoi on visite un pays », c'est alors qu'on s'intéresse au fond : certains viennent pour les paysages fabuleux et fort variés de l'hexagone, d'autres pour déguster nos plats légendaires, d'autres encore pour les fêtes et festivals... et c'est là qu'on entre dans le vif du sujet. Beaucoup viennent pour la culture. Surtout ceux qui viennent de loin. Et c'est ça qui les ravit le plus !

Sorties et offre culturelle, diversité de l'offre culturelle, musées, monuments et expositions sont les 5 points qui arrivent en tête des motifs de satisfaction des visiteurs d'île de France en 2014 (source CRT Paris Île-de-France). Plus de 93 % des touristes de la région parisienne sont satisfaits de ces aspects de leur séjour. Ils le sont nettement moins de l'accès et des transports, du rapport qualité-prix de l'hôtellerie-restauration ou de l'accueil des habitants.

Selon le mémento du tourisme 2014 de la DGE, le tourisme culturel est la 2e activité des visiteurs étrangers en France après les loisirs et l'agrément. Plus de 35% de ces visiteurs s'adonnent aux visites culturelles, bien avant le shopping qui n'en concerne que 20%.

Musées, spectacles et autres activités culturelles sont l'un des secteurs d'activité du tourisme dont le nombre d'emplois a le plus progressé ces dernières années : + 3% entre 2011 et 2012 (Source : Acoss). Avec un peu plus de 22 000 salariés dans ce secteur, il reste cependant des marges de progression.

 

À la lecture de ce rapport, on se dit donc que, oui, ça frémit du côté d'une politique touristique à base de culture. Il faudrait pourtant insister davantage. Le tourisme en France n'est toujours pas rattaché au ministère de la culture. Evelyne Lehalle, spécialiste du tourisme culturel, faisait remarquer dans son blog qu'en Italie en revanche, c'est le cas. Le patrimoine culturel de la France vaut pourtant bien celui de l'Italie, non ?

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en avril 2015

31 Mars 2015, 07:55am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en avril 2015

Réflexions et recherches sur la médiation culturelle et numérique, rencontres sur la valorisation du patrimoine ou l'art numérique, salon du e-tourisme. Voici quelques rendez-vous sur ces sujets au mois de avril 2015.

 

Quand les ingénieurs informaticiens et les artistes numériques se rencontrent, ça donne la biennale SIANA qui a 10 ans et se déroule du 2 au 30 avril 2015 à Évry.

 

Dans le cadre de ses cours publics d'histoire de l'art, la cité Chaillot de l'Architecture et du Patrimoine propose une rencontre sur le thème « Vivre ensemble dans les (grands) paysages patrimoniaux » le jeudi 2 avril 2015.

 

 

L'Audio Mobile Fest aura lieu en octobre 2015 à Aix en Provence

L'Audio Mobile Fest aura lieu en octobre 2015 à Aix en Provence

La revue scientifique canadienne Wi: journal of mobile media, lance un numéro spécial sur l'audio-mobilité le 2 avril 2015 à Aix en Provence. Le laboratoire d'art audio Locus Sonus en profitera pour présenter son festival MOBILE AUDIO FEST qui a lieu en octobre 2015. Le tout dans une ambiance festive.

 

Le séminaire « Structuration et analyse de données pour historien » du Pôle Informatique de Recherche et d'Enseignement en Histoire (PIREH) continue, sur la question des écritures numériques de l'histoire. Trois rendez-vous ce mois-ci à la Sorbonne :

  • « Web et conservation : les enjeux de l'archivage du web » le 3 avril 2015

  • « Les écritures de l'histoire sur les réseaux sociaux : d'Assassins Creed à #JoueLaCommeLorantDeutsch » le 10 avril 2015

  • Lecture et discussions autour du livre de Roberto Casati, Contre le colonialisme numérique, (Albin Michel, 2013) le 17 avril 2015.

 

Un autre séminaire « Pratiques numériques en sciences humaines et sociales » se termine à la Maison des Sciences de l'Homme Val de Loire (Tours et Orléans). Dernier rendez-vous à Orléans le 9 avril 2015 sur la numérisation des manuscrits médiévaux et les Digital Humanities.

 

Enfin, le séminaire « Muséologie, muséographie et nouvelles formes d’adresse au public »

de l'Institut de Recherche et d'Innovation (IRI) continue, avec une séance sur la question du multilinguisme dans la transmission numérique des savoirs le 14 avril 2015.

 

La 12ème édition des Rencontres Professionnelles de la Fédération des Ecomusées et Musées de Société (FEMS) a lieu les 9 et 10 avril 2015 à Marseille.

Les rencontres porteront sur la participation dans les musées. Les écomusées et les musées de société ont été des pionniers dans l’implication des habitants et communautés à la vie du musée. Et ils n'ont pas fini d'innover dans ce domaine.

 

La deuxième édition de Next Tourisme, rendez-vous des décideurs de l'e-tourisme du secteur privé et institutionnel, revient le 9 avril 2015 à Paris. L' après-midi sera consacrée à l'innovation, avec notamment des conférences les environnements immersifs (Oculus Rift) et l'enrichissement de l’expérience du voyageur connecté.

 

« Ce qu’exposer veut dire »c'est le thème des rencontres européennes du patrimoine, colloque organisé par l’Institut National du Patrimoine les 9 et 10 avril 2015 à Paris. Les enregistrements audio de ce colloque seront disponibles dans la Médiathèque numérique de l'INP.

 

La Région Picardie organise « Connexions – les rencontres du numérique en Picardie », du 16 au 18 avril 2015. Étudiants, enseignants et formateurs, mais aussi familles, ont rendez-vous à Amiens pour découvrir et faire partager les expériences, projets et pratiques numériques en éducation. A suivre, des ateliers, jeux, dispositifs immersifs, tables rondes et réunions professionnelles.

 

Deux visites tactiles sont proposées aux personnes déficientes visuelles le 17 avril 2015 au Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse. A 10h30 : découverte du bout des doigts des fossiles de toutes les tailles des trilobites au baryonix. A 14h30, dans la Réserve visitable, on s'initie aux conditions de conservation et on manipule des objets issus des collections du muséum : paléontologie, zoologie, minéralogie.

 

MuseumNext, la conférence européenne sur le thème : « Quel est l’avenir des musées ? » a lieu du 19 au 21 avril 2015 à Genève. Forcément, le numérique y occupe une place de choix.
 

Le manifeste Arts Mobiles organise sa toute première rencontre-débat "Economie créative du mobile" autour des "Nouveaux talents numériques et nouveaux intermédiaires" le 29 avril 2015 à Paris.

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Tourisme culturel, numérique et accessible en mars

27 Février 2015, 13:59pm

Publié par véronique muzeau

Des rendez-vous sur la culture, version numérique et accessible de préférence

Des rendez-vous sur la culture, version numérique et accessible de préférence

Valorisation du patrimoine ou médiation culturelle audio et numérique, accessibilité culturelle aux visiteurs déficients visuels, mais aussi recherche sur le champs du numérique appliqué à la culture. Voici quelques rendez-vous sur ces sujets au mois de mars 2015.

 

  • C'est fou tout ce qui passe par nos oreilles ! Vous avez jusqu'au 8 mars 2015 pour découvrir l'exposition Monte le son ! au Forum des sciences à Villeneuve d’Ascq. En fait de son, il est surtout ici question de musique.

 

 

  • L'ethnologie, c'est passionnant, puisque cette science humaine s'intéresse à nous... Pour achever d'en convaincre le grand public, le musée du Quai Branly propose deux jours d'activités, animations et portes ouvertes « l'ethnologie va vous surprendre » les 14 et 15 mars 2015.

 

 

  • Le séminaire Structuration et analyse de données pour historien du PIREH (Pole Informatique de Recherche et d'Enseignement en Histoire) est cette année consacré à la question des écritures numériques de l'histoire. Comment le numérique transforme-t-il le métier d'historien, aussi bien en matière de sources, d'archivage que de rapport à l'espace public ou de contenus ?
  1. Vendredi 13 mars 2015, Léo Dumont s'interroge sur la méthodologie pour analyser les écritures de l'histoire sur le web à partir des cas de Jeanne d'Arc et d'Alphonse Baudin.
  2. Vendredi 27 mars 2015 Gaëtan Bonnot propose un atelier « Mémoire et révolte médiévale : définition d'un corpus web ».

 

  • « Exposer la chasse », c'est le thème d'un colloque international organisé par le musée de la chasse et de la nature, les 19 et 20 mars 2015, musée de la chasse (Paris).

 

Le tourisme culturel y a sa place puisque le forum s'ouvre par une séance plénière consacrée à la réalité virtuelle et réalité augmentée, ses nouveaux outils, Cardboard ou Casque Oculus Rift, les retours d’expériences et la vision prospective. Les reporters numériques et l'animation numérique de territoire auront aussi leur atelier. Evelyne Lehalle, LA spécialiste du Tourisme Culturel est aussi l'une des intervenantes.

 

  • Du 23 au 29 mars 2015, les institutions culturelles et les musées du monde entier sont invités à célébrer la culture sur Twitter. C'est la #MuseumWeek 2015 ! Parce que Twitter est aussi un outil de communication ET de médiation culturelle.

 

 

 

Museomix 2015

Vous êtes un musée ouvert ? Vous souhaiteriez recevoir des professionnels de la médiation culturelle extérieurs au musée, des acteurs de l'innovation numérique, des artistes, des amateurs et passionnés d’art, d’histoire, de design, de sciences, d’éducation ou de culture ? Vous êtes curieux de ce qu'ils peuvent vous apporter et vous vous demandez comment ils remixeront vos collections ?

Participez à Museomix 2015. L'appel à projet est ouvert. Vous avez jusqu'au 15 avril 2015 pour déposer votre dossier.

 

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Outils numériques de visite : équilibrer technologie et contenu

17 Février 2015, 09:32am

Publié par véronique muzeau

Outils numériques de visite : équilibrer technologie et contenu

Depuis quelques années, des outils numériques toujours plus étonnants voient le jour, pour faire visiter des villes, des parcs naturels ou des sites culturels.

Et les collectivités, offices de tourisme, voire les établissements culturels, ont tendance à orienter l'essentiel de leur budget vers la technologie, au détriment des contenus et de la médiation.

Voici des arguments pour les convaincre de rééquilibrer les investissements outils-contenus.

 

Valoriser son originalité pour un tourisme personnalisé

 

Partons d'une donnée majeure du marketing territorial depuis l'irruption du numérique : le tourisme de masse est en perte de vitesse. Le visiteur veut désormais vivre une expérience singulière. C'est l'émergence d'un tourisme « hyper personnalisé ».

 

D'où l'intérêt des découvertes touristiques qui créent un lien avec un territoire. Le territoire et son patrimoine naturel, ses paysages, son patrimoine culturel bien sûr, mais y compris au sens immatériel : les atouts humains du territoire (personnes, pratiques et savoir-faire). Le patrimoine immatériel culturel est reconnu par l'UNESCO : on y trouve aussi bien des danses que des traditions culinaires, des rituels ou des techniques. C'est un atout pour la préservation de ce patrimoine, c'est aussi un atout pour le développement touristique des territoires concernés !

 

À bien y réfléchir, cette personnalisation du tourisme est aussi une chance pour les zones touristiques marginales et les petites structures. En effet, elles pourront faire valoir leur caractère unique et « hors des sentiers battus ». Il s'agira alors de concevoir ses outils de visite et de valorisation du patrimoine comme des pourvoyeurs d'expérience, de souvenirs et de culture. Rien à voir avec le cas des sites de tourisme de masse qui s'arrêtent à la fonction gestion des flux de ces outils.

Même si cet objectif de créer un véritable « compagnon de visite » est bien compris, tout reste à faire cependant pour que l'outil soit réussi et se démarque de celui du voisin.

 

Trop de technologie tue l'outil de visite

 

Cas typique de démarche inachevée : l'application mobile épate les élus et les médias locaux par son caractère apparemment innovant. Elle émoustille le visiteur avec une restitution animée en trois dimensions ou un personnage en « réalité augmentée » surgi dans le décor. Et au final, elle ne transmet rien du territoire ou du site visité.

Ce n'est pas le seul inconvénient des choix qui misent tout sur la technologie.

 

Le prototype qui fonctionne mal

 

Pire, on vous vend un outil numérique vraiment très innovant ; qui va quasiment jouer les machines à téléporter les visiteurs ou à leur faire remonter le temps, et... las ! Une fois en place, le « jouet » refuse obstinément de fonctionner correctement. Ou bien l'ergonomie est si mal pensée qu'elle en devient pénible ! Un mauvais point pour l'expérience utilisateur du visiteur et pour l'image du territoire ou du site.

 

C'est à ce moment là que le commanditaire (collectivité, office de tourisme, établissement culturel) se demande s'il a vraiment bien fait d'investir des milliers d'euros dans la création de cette application. Application certes prometteuse.... mais vraisemblablement encore en cours de développement (ce qui explique peut-être les 6 mois de retard de livraison). Trop souvent, les concepteurs d'outils de visite proposent sans l'avouer des prototypes, et c'est l'argent public qui finance...

 

Le salon Voyage en Multimédia de Saint Raphaël proposait justement le 6 février 2015 un atelier « Réussir le guidage et la mise en scène numérique de son patrimoine culturel ». Au cœur de l'exposé, ce conseil de bon sens à ceux qui veulent créer un outil de visite ludique : en cas de budget restreint, mieux vaut préférer les parcours de jeux bien pensés à partir de technologies simples et déjà développées.

 

La réalité, augmentée mais pas expliquée

 

Autre cas de figure fréquent, une application mobile est mise en place, elle fonctionne, mais.... le contenu est indigent :

  • textes trop longs, trop techniques, trop savants ou bourrés de fautes,

  • enregistrements audio inaudibles et sur-compressés d'un texte « maison » mal lu et pas du tout conçu pour l'oral,

  • photos ternes,

  • vidéo amateur.

Résultat, l'utilisateur a manipulé l'outil mais sans entrer en résonance réelle avec votre territoire ou votre site, sans trouver de véritable sens à sa visite.

 

Le tout techno expose à l'obsolescence rapide

 

L'obsolescence technologique est bien plus rapide que celle des contenus : une belle photo d'un paysage reste belle quoi qu'il arrive, une bonne anecdote bien racontée par un enfant du pays restera savoureuse. Si vous n'avez misé que sur la technologie, votre média d'accompagnement à la visite risque bien de paraître ringard dans 5 ans, ce qui vous contraindra à réinvestir.

 

Éviter la standardisation des visites

 

Même un outil technologique qui semble innovant peut « standardiser » l'image de votre destination, votre territoire ou votre site. Il en va pour les dispositifs de réalité augmentée comme des audioguides. Si l'outil est conçu sans une réflexion sur son contenu (l'identité du territoire ou du site qu'il va servir), il n'y a aucune raison pour que cet outil soit original et personnalisé. On finit par se retrouver avec toujours les mêmes graphismes, les mêmes types de schémas, les mêmes interactions.

 

Audioguides traditionnels et audioguides avec interviews

 

Le cas des audioguides illustre ce problème de standardisation liée à la seule préoccupation de l'outil au détriment du contenu transmis.

Récemment, un article de Slate donnait la parole à Sophie Deshayes, docteure en Sciences de l'Information et de la Communication, qui a consacré sa thèse aux audioguides. Cette chercheuse préconise des contenus audio à base d'interviews d'experts. Autrement dit des historiens, guides-conférenciers, archéologues, géographes... mais les « experts » d'un territoire peuvent être aussi des habitants de longue date qui témoignent de leur vécu.

 

Implication des experts du territoire

 

Histoire de Son est convaincu par son expérience de production de contenus que la transmission et l'intérêt de l'écoute passent par les « vraies gens ». Nous privilégions les séquences audio à base d'interviews de personnes-ressources, issues du territoire ou des structures à visiter, pour plusieurs raisons :

  • La légitimité de parole : qu'il s'agisse de scientifiques ou spécialistes d'un domaine particulier ou d'habitants “experts” de leur territoire.

  • La passion communicative : les spécialistes ou les habitants d'un territoire disposés à parler sont forcément animés d'une grande motivation pour leur sujet. Motivation qui se transmet spontanément dans leur voix et leurs mots.

  • Le ton naturel : bien plus qu'un comédien extérieur qui lira un texte dont il n'est pas l'auteur, la personne-ressource qui explique un concept, un lieu, un savoir qu'elle maîtrise, sait trouver le ton et les mots. D’emblée, la proximité avec l’auditeur peut s’installer.

 

Les limites du « fait-maison »

La question qui se pose à toute structure ou collectivité c'est : puis-je produire en interne des contenus de qualité ?

 

Les compétences spécifiques au multimédia

 

En fait, la réponse est assez simple : à moins de disposer de compétences spécifiques, non.

Si votre personnel communal compte un producteur de contenus multimédia et médiateur culturel chevronné, vous pouvez en effet lui confier les contenus de votre application mobile de visite. Mais sachez que cette production lui demandera du temps, temps pendant lequel il sera indisponible pour d'autres missions.

Si vos médiateurs culturels sont familiers du numérique et enthousiastes, impliquez-les dans l'élaboration des contenus, mais en partenariat avec des prestataires spécialisés.

 

Le développement informatique d'une application numérique ou d'un dispositif technique est un métier (d'ingénieur ou d'informaticien). Il en va de même pour la production d'un discours adressé au grand public, qui retient son attention et lui transmet un message.

Si certains des commanditaires ont une formation initiale à la médiation ou à la vulgarisation, c'est loin d'être toujours le cas. Interpréter, vulgariser et expliquer sont des tâches qui nécessitent un savoir-faire spécifique. Même au-delà du numérique : quand on voit s'étaler sur les panneaux d'interprétation d'une ville touristique de nombreux termes architecturaux sans aucune définition, on reste songeur...

La production de contenus est un métier. Surtout s'il s'agit de contenus multimédias.

 

Les multiples langages de la médiation culturelle

 

Ce n'est pas parce que le commanditaire dispose en interne des compétences pour écrire un cartel d'exposition ou une brochure touristique qu'il saura concevoir des médias audio ou vidéo de qualité.

Vous ne songez pas à envoyer vos films de famille à une chaine de télévision pour qu'elle les diffuse. C'est pareil pour les contenus d'application mobile. Évitez d'infliger à vos visiteurs :

  • des rédactionnels mal conçus, au graphisme tendance mais illisible, avec des textes dignes du journal officiel,

  • l'enregistrement d'une lecture laborieuse et mal rédigée,

  • des photos floues ou surexposées,

  • les images tremblantes de la vidéo réalisée quand vous aviez 5 minutes, entre deux clients de l'office de tourisme.

La création d'un bon contenu multimédia c'est un savoir-faire, ça se paie comme le reste.

 

 

En résumé, mieux vaut un dispositif numérique de visite :

-techniquement simple mais ergonomique et opérationnel, pour une bonne expérience utilisateur et une obsolescence moins rapide,

-au contenu professionnel pour que les visiteurs aient l'impression d'avoir compris quelque chose de votre territoire ou de votre site,

-au contenu riche, pour que l'utilisateur ait le choix, et donc pour pouvoir séduire plusieurs types de visiteurs (jeunes, seniors, CSP +, personnes handicapées, touristes étrangers),

-dont le contenu puisse être enrichi et actualisé régulièrement pour faire durer votre outils de visite.

 

Pour en savoir plus

 

Les audioguides parlent (presque) d'une seule voix, de Pauline Moullot, Slate.fr, 6 janvier 2015.

Réussir le guidage et la mise en scène numérique de son patrimoine culturel, Charles Demoulin, Julien Brouillard, David Lerman, Vivian Vidal, au salon Voyage en Multimédia, 6 février 2015.

La visite des musées, des expositions et des monuments, juin 2012 – CREDOC, Emilie Daudey, Sandra Hoibian, Jörg Müller.

 

 

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