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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2017

27 Février 2017, 14:23pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2017

Jadis, les période pré-électorales étaient très calmes, voire figées. On dirait bien que cet attentisme appartient désormais au passé. En tout cas dans les domaines de la culture et du patrimoine. Quel effervescence, les rendez-vous bourgeonnent de partout !

 

Culture et numérique

 

Le deuxième atelier expérimental IMUalpha de l’année 2017 sera consacré aux récits dans la cartographie sensible. Le 2 mars 2017 à Lyon (69), les chercheurs de différentes disciplines vont s'interroger sur les récits urbains diffusés par les nouveaux outils. Entre autres questions : comment mutent les déplacements de savoirs traditionnels dans des espaces influencés par les nouvelles technologies et les mobilités numériques?

 

Artistes, ingénieur, scientifiques et entrepreneurs sont susceptibles d'intervenir dans le champ de l'art et des nouvelles technologies ; ils peuvent se retrouver, du 15 au 18 mars 2017, au Vertigo - Forum Art Innovation de l'Ircam à Paris. C'est à la fois un rendez-vous de présentations de prototypes et de réalisations artistiques et une plate-forme de travail dans l'esprit des FabLabs, et dans des domaines multiples : musique, art, design et architecture en lien avec les technologies numériques.

 

Du 18 au 26 mars 2017, c'est la semaine de la langue française et de la francophonie. Pour l'occasion, le ministère de la culture met en avant son opération-concours Dis-moi dix mots. L'objectif principal de la nouvelle édition est de montrer comment le français s'adapte à des technologies et à des usages numériques en constante évolution.

 

Vers une culture 2.0 : l'avènement d'une société numérique c'est le thème d'une journée d'études organisée le 22 mars 2017 à l'Université de Poitiers, Nouvelle Aquitaine (86). Elle portera sur l'histoire, les religions et l'art face au numérique ; comment le numérique façonne les rapports entre une société et son passé.

 

La première rencontre numérique de l'année du ministère de la culture et de la communication a lieu au Musée du Louvre à Paris les 27 et 28 mars 2017. Cette #RencNum est consacrée aux publics in situ et en ligne des équipements culturels : le point sur les usages que les uns et les autres font de l'offre proposée et surtout sur les relations qu'ils entretiennent avec ces établissements.

 

 

Médiation culturelle

 

L' OCIM (office de coopération et d'information muséales) organise une rencontre nationale intitulée « Chercheurs-publics : quelles réceptions de la rencontre ? » le 21 mars à Paris. L'an dernier, il s'agissait de se pencher sur la diversité des formations et expériences des chercheurs quant à la vulgarisation et la médiation scientifique. Cette année, c'est le point de vue des publics qui est donc examiné.

 

« Musée en mutation : logiques économiques, culturelles et sociales », c'est le sujet d'un colloque les 29 et 30 mars 2017. Il sera retransmis en visioconférence simultanément au LRPC (Trois-Rivières, Québec) et au CELSA (Paris) les 29 et 30 mars 2017. Près d'une trentaine de questions y sont abordées : évolution de la notion de patrimoine, diplomatie culturelle, question environnementale, néolibéralisme économique, tourisme de masse, numérique, hégémonie du visuel, mise en valeur de l'archéologie, marché de l'art, publics en situation de handicap...

 

Le 30 mars 2017, une journée d'études est consacrée au thème : « Des musées d’arts industriels aux collections d’arts décoratifs : les enjeux de la valorisation patrimoniale d’un passé industriel ». C'est le centre de recherches sur les économies, les sociétés, les arts et techniques (CRESAT) de l’université de Haute-Alsace qui l'organise à Mulhouse (68).

 

Et toujours en Alsace, « Le musée citoyen » est le thème des rencontres professionnelles de la Fédération des écomusées et des musées de société du 30 mars au 1er avril 2017 à Ungersheim et Strasbourg (68).

 


 

Tourisme culturel

 

Place marketing forum 2017 est le grand rendez-vous du marketing territorial les 23 et 24 mars 2017 à Lyon. Certes, le sujet dépasse la question culturelle mais elle y occupe néanmoins une place de choix comme nous vous l'expliquions dans ce blog. Et comme l'atteste la présence d'Evelyne Lehalle qui interviendra sur le tourisme culturel.

 

 

Culture sonore

 

Le 10 mars 2017, à la Gaîté Lyrique à Paris, universitaires, artistes, institutions ou média vont partager sur « La ville augmentée par le son ». Un thème particulièrement cher à Tous Curieux/Histoire de son. Il s'agit surtout de l’expérience auditive en mobilité. Souvent, elle se transpose en cartographie et invite à la déambulation, en particulier dans la ville, comprise ici comme un nouvel espace de création sonore et d’expérimentation. Mais le son invente aussi de nouvelles muséographies qui seront abordées également lors des rencontres et tables rondes. À suivre aussi des démonstrations de dispositifs de réalité augmentée audio.

 

« Les Lundis numériques de l'INHA » s'intéressent à l'archéologie du paysage sonore le 13 mars 2017 en compagnie d'une spécialiste Mylène Pardoen (Institut des sciences de l’homme, Lyon). L'auteur de la restitution de Paris au XVIIIe siècle actuellement diffusée au musée archéologique de la crypte Notre-Dame à Paris, abordera son questionnement d'archéologue-productrice. Comment faire parler les archives ? Où s’arrête l’histoire et où commence l’art ? Quelles en sont les limites : représentation simple, témoignage de la réalité, fiction pure ? Quel mode de diffusion privilégier et pour quel public ?

 

Créateurs sonores, vous avez jusqu'au 15 mars 2017 pour répondre à l'appel à projets Gulliver 2017, une aide à la création et à la production d’œuvres de fiction et documentaires audio, abondée par la SACD France et la SACD Belgique. Pour connaître les modalités d’inscription, consultez : l’appel à projets (355 Ko)


 

Culture et patrimoine tout public

 

Du 8 au 12 mars 2017 à Lyon (69), c'est le Mirage Festival où se mêlent art, innovation et cultures numériques.

 

Du 30 mars au 2 avril 2017, c'est la 4e édition du Tropisme, festival augmenté de Montpellier (34). Il conjugue culture pop et nouvelles technologies et propose immersion dans le son, l'image, la fête et la pensée ! Tout un programme...

 

Les journées européennes des métiers d'art - 11e édition – ont lieu quant à elles les 31 mars, 1er et 2 avril 2017.

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Marketing territorial et culture en Finistère

15 Février 2017, 17:17pm

Publié par véronique muzeau

Marketing territorial et culture en Finistère

Attribuer une marque à son territoire relève d'une stratégie globale d'attractivité : il est question de développer le tourisme mais aussi d'attirer les entreprises et les habitants. Bref, le marketing territorial a bien pour objectif le développement économique. Et la culture participe à cet essor, comme c'est le cas dans le Finistère.

 

De quoi se compose l'attractivité d'une ville, d'un département, d'une région ?

La réponse qui s'impose d'emblée serait : de « qualité de vie ». Mais quels en sont les ingrédients ? L'incontournable emploi, c'est la base... quoi que, en visant prioritairement les seniors en retraite (dorée si possible) on pourrait s'en passer. Cependant, quel territoire rêve de n'attirer que les plus de 65 ans ?
Tous ont besoin d'une population relativement jeune et active pour espérer que le développement soit durable.

Pour inciter de nouveaux habitants ou investisseurs à s'implanter sur le long terme, il faut donc offrir travail, mais aussi services, équipements, infrastructures...la base, vous dit-on !

Faire battre les cœurs

Mais si ces ingrédients sont nécessaires, ils sont loin d'être suffisants. Aujourd'hui, même quand elle concerne un fromage, une marque est empreinte d'affect, d'émotion, de sensations. Donc, le territoire où l'on rêve de vivre, doit proposer plus que le trio «auto/boulot/dodo ».

Tous les marketeurs vous le diront, qu'ils soient de territoire ou pas, il faut donner envie, faire rêver, promettre des expériences et des moments de vie uniques. Un nouveau terme a vu le jour depuis quelques années : le marketing expérientiel.

De ce côté, le Finistère ne manque pas d'atouts. Paysages à couper le souffle, coefficient maritime maximal (1200 km de côtes) – et qui n'aime pas la mer ? - air pur (on connaît son prix en ce moment), calme, tranquillité, sécurité et faible délinquance...

Marketing territorial et culture en Finistère

S'y ajoute une gastronomie enfin révélée, autour des produits de la mer mais aussi du maraîchage, des élevages qualitatifs, des biscuits pour les gourmands, sans oublier une pléiade de brasseries artisanales. Gastronomie qui relève d'ailleurs d'un plus vaste ensemble : la culture.

Et surtout la culture !

D'autres espaces l'ont compris depuis longtemps et ont assis leur marketing territorial sur des atouts culturels avant tout : c'est notre voisine Nantes et son fabuleux Voyage fait de machines oniriques, esthétiques et scientifiques inspirées de Jules Verne. C'est aussi « Only » Lyon autoproclamée capitale du jeu vidéo, une industrie culturelle française qui brille. C'est encore, à l'échelle de l'Europe, Bilbao qui a fondé sa renaissance sur un lieu d'art contemporain, le musée Guggenheim.

 

En ce qui concerne le Finistère, il faut tout de même jouer finement : sortir de l'image un rien figée voire folklorique qui risquerait de donner du département une identité de « bout du monde » préservé dans le formol, alors qu'il s'agit de convaincre qu'on est en terrain d'expérimentations et d'avant-garde : tout y commence ! On innove, y compris en culture, et on ne s'arrête pas aux seules coiffes bigoudènes rehaussées de binious et (copieusement) nourries de kouign-amann.
L'authentique, c'est bien mais ça sent parfois un peu la poussière … Non sérieusement, la Bretagne, c'est bien pour les vacances, mais y vivre ? Vous n'êtes pas sérieux ?
Et bien si voyez-vous !

 

Evelyne Lehalle, spécialiste du tourisme culturel, avait déjà repéré le volontarisme de la Région Bretagne, plutôt pionnière dans sa façon de conditionner les subventions de chaque projet à la mise en œuvre d'un volet arts-culture.

L'Insee vient d'ailleurs de confirmer la vitalité du secteur dans son portrait statistique de la culture en Bretagne.

 

Quant à notre Finistère...
Pour comprendre les liens entre marketing territorial et culture en restant dans le seul champ du tourisme, on peut consulter ce guide thématique de l'agence de développement touristique du Finistère sur l'adaptation des parcours de visite aux attentes des publics.

Mais on peut aussi explorer plus avant.

Si Tous Curieux/Histoire de son a choisi de devenir ambassadeur de la marque Tout commence en Finistère c'est par conviction que notre département a bel et bien une démarche culturelle dynamique et innovante.

C'est beau, c'est gai, c'est gratifiant !

Pour s'en convaincre, on ira faire un tour au plateau des Capucins qui vient d'être réaménagé et offre à Brest un lieu unique en son genre, où tous les ingrédients de la vie se côtoient : économie, politique, sport...culture. Cette dernière se pose même en phare de ce nouveau « centre ville abrité » puisque la médiathèque y occupe une place de choix, centrale, qu'elle multiplie les accroches pour tous publics : livres, magazines, CD et DVD mais aussi jeux vidéos, jeux de société, toboggan, instruments de musique …

 

En matière d'arts vivants, nous pourrions vous parler aussi du Quartz, la scène nationale brestoise, première de France en fréquentation. On pourrait mentionner également l'étonnant Circonova, festival de nouveau cirque, de sa cousine la scène nationale de Quimper – théâtre de Cornouaille – qui associe création contemporaine pointue et arts de la rue des plus accessibles.

 

À propos de festivals, est-il utile d'en rajouter sur nos autres succès « maison » comme les Vieilles Charrues à Carhaix, l'un des plus gros festivals musicaux d'Europe, ou le Bout du monde qui affiche complet chaque été à Crozon ?

 

On pourrait aussi vous vanter le fonds Hélène et Edouard Leclerc qui a consacré Landerneau en haut lieu de l'art contemporain.

 

Sans oublier toutes ces entreprises qui œuvrent dans les industries culturelles ; ces 168 établissements finistériens qui produisent des biens culturels. Ces artisans d'art qui rayonnent dans le monde entier, comme le brodeur et styliste quimpérois Pascal Jaouen.

 

On a même un « film lab européen » Le Groupe Ouest, qui a pour ambition de soutenir la création cinématographique bretonne et son modèle particulièrement dynamique, en s'appuyant sur des coopérations internationales, avec le Canada ou l'Irlande.

 

Si nos chapelles sont ravissantes, nos mégalithes fascinants, nous avons d'autres monuments ébouriffants, comme le château du Taureau, au milieu de la baie de Morlaix, la Tour Vauban à Camaret, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, le château de Trévarez et son domaine où les installations artistiques et scénographies poétiques attirent chaque année plus de visiteurs (on dépasse les 100 000 en 2016).

 

Reste à mentionner les acteurs plus mouvants, pas toujours bien identifiés, que sont les associations, dont certaines ont compris l'intérêt de la marque de territoire pour faire passer leur message. Beaucoup d'entre elles ont un objet patrimonial, artistique ou culturel, telle l'association Comme des chefs qui a choisi la thématique de la gastronomie et propose des événements autour de ce sujet alléchant.
Leur action n'est pas nouvelle mais leur adhésion à Tout commence en Finistère leur donne plus de visibilité. Par « effet de réseau », la marque peut aussi doper leur activité jusqu'à créer de l'emploi. C'est ce qui est arrivé auparavant aux associations à l'origine des festivals musicaux ou des fêtes maritimes (de Douarnenez, puis de Brest).

 

Le maritime, encore une thématique très porteuse, dans laquelle la composante culturelle a su générer une activité, une attractivité : depuis les excursions-explorations écologiques du milieu marin en voilier ou kayak, jusqu'aux centres de découverte comme Haliotika sur la pêche en mer au Guilvinec, en passant par la valorisation du patrimoine maritime, bâti ou navigant. L'équipement culturel le plus visité de Bretagne – apprécié des touristes comme des locaux - n'est autre qu'Océanopolis, centre de culture scientifique consacré aux océans, à Brest.

 

N'en jetons plus, ce chauvinisme breton pourrait devenir irritant. L'important pour nous est de faire tomber les clichés et de vous convaincre qu'en matière de culture, on donne moins dans la conserverie que pour nos sardines. Même à l'extrême bout du monde, tout peut commencer...

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