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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Tourisme culturel, numérique et accessible en mars

27 Février 2015, 13:59pm

Publié par véronique muzeau

Des rendez-vous sur la culture, version numérique et accessible de préférence

Des rendez-vous sur la culture, version numérique et accessible de préférence

Valorisation du patrimoine ou médiation culturelle audio et numérique, accessibilité culturelle aux visiteurs déficients visuels, mais aussi recherche sur le champs du numérique appliqué à la culture. Voici quelques rendez-vous sur ces sujets au mois de mars 2015.

 

  • C'est fou tout ce qui passe par nos oreilles ! Vous avez jusqu'au 8 mars 2015 pour découvrir l'exposition Monte le son ! au Forum des sciences à Villeneuve d’Ascq. En fait de son, il est surtout ici question de musique.

 

 

  • L'ethnologie, c'est passionnant, puisque cette science humaine s'intéresse à nous... Pour achever d'en convaincre le grand public, le musée du Quai Branly propose deux jours d'activités, animations et portes ouvertes « l'ethnologie va vous surprendre » les 14 et 15 mars 2015.

 

 

  • Le séminaire Structuration et analyse de données pour historien du PIREH (Pole Informatique de Recherche et d'Enseignement en Histoire) est cette année consacré à la question des écritures numériques de l'histoire. Comment le numérique transforme-t-il le métier d'historien, aussi bien en matière de sources, d'archivage que de rapport à l'espace public ou de contenus ?
  1. Vendredi 13 mars 2015, Léo Dumont s'interroge sur la méthodologie pour analyser les écritures de l'histoire sur le web à partir des cas de Jeanne d'Arc et d'Alphonse Baudin.
  2. Vendredi 27 mars 2015 Gaëtan Bonnot propose un atelier « Mémoire et révolte médiévale : définition d'un corpus web ».

 

  • « Exposer la chasse », c'est le thème d'un colloque international organisé par le musée de la chasse et de la nature, les 19 et 20 mars 2015, musée de la chasse (Paris).

 

Le tourisme culturel y a sa place puisque le forum s'ouvre par une séance plénière consacrée à la réalité virtuelle et réalité augmentée, ses nouveaux outils, Cardboard ou Casque Oculus Rift, les retours d’expériences et la vision prospective. Les reporters numériques et l'animation numérique de territoire auront aussi leur atelier. Evelyne Lehalle, LA spécialiste du Tourisme Culturel est aussi l'une des intervenantes.

 

  • Du 23 au 29 mars 2015, les institutions culturelles et les musées du monde entier sont invités à célébrer la culture sur Twitter. C'est la #MuseumWeek 2015 ! Parce que Twitter est aussi un outil de communication ET de médiation culturelle.

 

 

 

Museomix 2015

Vous êtes un musée ouvert ? Vous souhaiteriez recevoir des professionnels de la médiation culturelle extérieurs au musée, des acteurs de l'innovation numérique, des artistes, des amateurs et passionnés d’art, d’histoire, de design, de sciences, d’éducation ou de culture ? Vous êtes curieux de ce qu'ils peuvent vous apporter et vous vous demandez comment ils remixeront vos collections ?

Participez à Museomix 2015. L'appel à projet est ouvert. Vous avez jusqu'au 15 avril 2015 pour déposer votre dossier.

 

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Les Trophées de l'accessibilité® 2015

24 Février 2015, 21:09pm

Publié par véronique muzeau

Les Trophées de l'accessibilité® 2015

Organisés depuis 2010 par l'association Accès pour tous, les Trophées de l'accessibilité® récompensent les initiatives prises dans notre société pour un accès de tous à tout, quel que soit le handicap. La sélection distingue notamment les efforts réalisés dans le tourisme et la culture.

 

Composé d'une vingtaine de représentants d'associations de personnes handicapées, le jury a dû départager près de 300 candidats. Il a dévoilé son palmarès de l'accessibilité des Régions le 9 février 2015.

 

Les 4 lauréats Tourisme et Handicap

 

L'office de tourisme de Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône) est ainsi salué pour son accessibilité tous handicaps. Pour les visiteurs déficients visuels, l'office propose ainsi un document en braille et caractères agrandis.

 

Le Château des ducs de Bretagne et Musée d'histoire de Nantes est ainsi récompensé pour ses gros efforts pour proposer des visites autonomes, là encore, tous handicaps. Pour la déficience visuelle, c'est un parcours tactile appuyé sur un audioguide spécifique et sur différents dispositifs tactiles et sonores qui jalonnent les salles. S'y ajoute l'application mobile NantesMusée pour déficients visuels à télécharger gratuitement sur son smartphone.

 

Le Pôle International de la Préhistoire des Eyzies de Tayac (Dordogne) a quant à lui particulièrement soigné l'ergonomie accessible de visite pour accueillir tous les visiteurs, avec ou sans handicap. Il propose aux visiteurs mal-voyants et non-voyants, plan du bâtiment en relief et en braille à l'accueil, livret en gros caractère et en braille, dessins en relief, maquette, moulages et reconstitutions tactiles, documentaires en audiodescription, ordinateurs équipés d'un logiciel de reconnaissance vocale et animations dédiées pour les groupes autour d'expérimentations tactiles sur réservation.

 

Très accessible aussi le Musée départemental de la Céramique à Lezoux (Puy de Dôme) dont l'audioguide à déclenchement infrarouge comprend consignes de déplacement, audiodescription, informations scientifiques et s'accompagne d'une bande podotactile en relief et contrastée apposée sur le sol. On prête même des loupes à l'accueil.

 

Pour bien montrer que l'accessibilité n'est pas une question de (gros) budget, les trophées ont aussi une catégorie Tourisme et handicap – Petite structure touristique qui récompense cette année 5 hébergements ou transports touristiques accessibles aux personnes à mobilité réduite partout en France.

 

D'autres trophées pour la culture accessible

 

La catégorie Accessibilité, diversité et vivre ensemble a récompensé un autre établissement culturel, Universcience, l'établissement public du Palais de la découverte et de la cité des sciences et de l’industrie qui a conçu l'exposition temporaire interactive et multi-sensorielle Pour Tous : Mille milliards de fourmis. Itinérante, cette exposition fait escale actuellement à l'espace des sciences de Rennes jusqu'au 17 mai 2015.

 

La sélection nationale des Trophées de l'accessibilité® 2015

 

Dans la catégorie produit accessible de la sélection nationale des Trophées de l'accessibilité®, il est encourageant de constater que les 4 lauréats s'adressent tous aux usager déficients visuels, notamment au travers d'applications mobiles de signalétique audio ou vocalisation de smartphone (Audiospot, Pick Out, Kapsys).

 

Enfin, nouveauté 2015, un prix spécial Accès pour Tous à la Culture récompensera une animation ou une manifestation culturelle accessible à tous.

 

Les Trophées de l'accessibilité® seront décernés à Paris le 19 mai 2015.

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Outils numériques de visite : équilibrer technologie et contenu

17 Février 2015, 09:32am

Publié par véronique muzeau

Outils numériques de visite : équilibrer technologie et contenu

Depuis quelques années, des outils numériques toujours plus étonnants voient le jour, pour faire visiter des villes, des parcs naturels ou des sites culturels.

Et les collectivités, offices de tourisme, voire les établissements culturels, ont tendance à orienter l'essentiel de leur budget vers la technologie, au détriment des contenus et de la médiation.

Voici des arguments pour les convaincre de rééquilibrer les investissements outils-contenus.

 

Valoriser son originalité pour un tourisme personnalisé

 

Partons d'une donnée majeure du marketing territorial depuis l'irruption du numérique : le tourisme de masse est en perte de vitesse. Le visiteur veut désormais vivre une expérience singulière. C'est l'émergence d'un tourisme « hyper personnalisé ».

 

D'où l'intérêt des découvertes touristiques qui créent un lien avec un territoire. Le territoire et son patrimoine naturel, ses paysages, son patrimoine culturel bien sûr, mais y compris au sens immatériel : les atouts humains du territoire (personnes, pratiques et savoir-faire). Le patrimoine immatériel culturel est reconnu par l'UNESCO : on y trouve aussi bien des danses que des traditions culinaires, des rituels ou des techniques. C'est un atout pour la préservation de ce patrimoine, c'est aussi un atout pour le développement touristique des territoires concernés !

 

À bien y réfléchir, cette personnalisation du tourisme est aussi une chance pour les zones touristiques marginales et les petites structures. En effet, elles pourront faire valoir leur caractère unique et « hors des sentiers battus ». Il s'agira alors de concevoir ses outils de visite et de valorisation du patrimoine comme des pourvoyeurs d'expérience, de souvenirs et de culture. Rien à voir avec le cas des sites de tourisme de masse qui s'arrêtent à la fonction gestion des flux de ces outils.

Même si cet objectif de créer un véritable « compagnon de visite » est bien compris, tout reste à faire cependant pour que l'outil soit réussi et se démarque de celui du voisin.

 

Trop de technologie tue l'outil de visite

 

Cas typique de démarche inachevée : l'application mobile épate les élus et les médias locaux par son caractère apparemment innovant. Elle émoustille le visiteur avec une restitution animée en trois dimensions ou un personnage en « réalité augmentée » surgi dans le décor. Et au final, elle ne transmet rien du territoire ou du site visité.

Ce n'est pas le seul inconvénient des choix qui misent tout sur la technologie.

 

Le prototype qui fonctionne mal

 

Pire, on vous vend un outil numérique vraiment très innovant ; qui va quasiment jouer les machines à téléporter les visiteurs ou à leur faire remonter le temps, et... las ! Une fois en place, le « jouet » refuse obstinément de fonctionner correctement. Ou bien l'ergonomie est si mal pensée qu'elle en devient pénible ! Un mauvais point pour l'expérience utilisateur du visiteur et pour l'image du territoire ou du site.

 

C'est à ce moment là que le commanditaire (collectivité, office de tourisme, établissement culturel) se demande s'il a vraiment bien fait d'investir des milliers d'euros dans la création de cette application. Application certes prometteuse.... mais vraisemblablement encore en cours de développement (ce qui explique peut-être les 6 mois de retard de livraison). Trop souvent, les concepteurs d'outils de visite proposent sans l'avouer des prototypes, et c'est l'argent public qui finance...

 

Le salon Voyage en Multimédia de Saint Raphaël proposait justement le 6 février 2015 un atelier « Réussir le guidage et la mise en scène numérique de son patrimoine culturel ». Au cœur de l'exposé, ce conseil de bon sens à ceux qui veulent créer un outil de visite ludique : en cas de budget restreint, mieux vaut préférer les parcours de jeux bien pensés à partir de technologies simples et déjà développées.

 

La réalité, augmentée mais pas expliquée

 

Autre cas de figure fréquent, une application mobile est mise en place, elle fonctionne, mais.... le contenu est indigent :

  • textes trop longs, trop techniques, trop savants ou bourrés de fautes,

  • enregistrements audio inaudibles et sur-compressés d'un texte « maison » mal lu et pas du tout conçu pour l'oral,

  • photos ternes,

  • vidéo amateur.

Résultat, l'utilisateur a manipulé l'outil mais sans entrer en résonance réelle avec votre territoire ou votre site, sans trouver de véritable sens à sa visite.

 

Le tout techno expose à l'obsolescence rapide

 

L'obsolescence technologique est bien plus rapide que celle des contenus : une belle photo d'un paysage reste belle quoi qu'il arrive, une bonne anecdote bien racontée par un enfant du pays restera savoureuse. Si vous n'avez misé que sur la technologie, votre média d'accompagnement à la visite risque bien de paraître ringard dans 5 ans, ce qui vous contraindra à réinvestir.

 

Éviter la standardisation des visites

 

Même un outil technologique qui semble innovant peut « standardiser » l'image de votre destination, votre territoire ou votre site. Il en va pour les dispositifs de réalité augmentée comme des audioguides. Si l'outil est conçu sans une réflexion sur son contenu (l'identité du territoire ou du site qu'il va servir), il n'y a aucune raison pour que cet outil soit original et personnalisé. On finit par se retrouver avec toujours les mêmes graphismes, les mêmes types de schémas, les mêmes interactions.

 

Audioguides traditionnels et audioguides avec interviews

 

Le cas des audioguides illustre ce problème de standardisation liée à la seule préoccupation de l'outil au détriment du contenu transmis.

Récemment, un article de Slate donnait la parole à Sophie Deshayes, docteure en Sciences de l'Information et de la Communication, qui a consacré sa thèse aux audioguides. Cette chercheuse préconise des contenus audio à base d'interviews d'experts. Autrement dit des historiens, guides-conférenciers, archéologues, géographes... mais les « experts » d'un territoire peuvent être aussi des habitants de longue date qui témoignent de leur vécu.

 

Implication des experts du territoire

 

Histoire de Son est convaincu par son expérience de production de contenus que la transmission et l'intérêt de l'écoute passent par les « vraies gens ». Nous privilégions les séquences audio à base d'interviews de personnes-ressources, issues du territoire ou des structures à visiter, pour plusieurs raisons :

  • La légitimité de parole : qu'il s'agisse de scientifiques ou spécialistes d'un domaine particulier ou d'habitants “experts” de leur territoire.

  • La passion communicative : les spécialistes ou les habitants d'un territoire disposés à parler sont forcément animés d'une grande motivation pour leur sujet. Motivation qui se transmet spontanément dans leur voix et leurs mots.

  • Le ton naturel : bien plus qu'un comédien extérieur qui lira un texte dont il n'est pas l'auteur, la personne-ressource qui explique un concept, un lieu, un savoir qu'elle maîtrise, sait trouver le ton et les mots. D’emblée, la proximité avec l’auditeur peut s’installer.

 

Les limites du « fait-maison »

La question qui se pose à toute structure ou collectivité c'est : puis-je produire en interne des contenus de qualité ?

 

Les compétences spécifiques au multimédia

 

En fait, la réponse est assez simple : à moins de disposer de compétences spécifiques, non.

Si votre personnel communal compte un producteur de contenus multimédia et médiateur culturel chevronné, vous pouvez en effet lui confier les contenus de votre application mobile de visite. Mais sachez que cette production lui demandera du temps, temps pendant lequel il sera indisponible pour d'autres missions.

Si vos médiateurs culturels sont familiers du numérique et enthousiastes, impliquez-les dans l'élaboration des contenus, mais en partenariat avec des prestataires spécialisés.

 

Le développement informatique d'une application numérique ou d'un dispositif technique est un métier (d'ingénieur ou d'informaticien). Il en va de même pour la production d'un discours adressé au grand public, qui retient son attention et lui transmet un message.

Si certains des commanditaires ont une formation initiale à la médiation ou à la vulgarisation, c'est loin d'être toujours le cas. Interpréter, vulgariser et expliquer sont des tâches qui nécessitent un savoir-faire spécifique. Même au-delà du numérique : quand on voit s'étaler sur les panneaux d'interprétation d'une ville touristique de nombreux termes architecturaux sans aucune définition, on reste songeur...

La production de contenus est un métier. Surtout s'il s'agit de contenus multimédias.

 

Les multiples langages de la médiation culturelle

 

Ce n'est pas parce que le commanditaire dispose en interne des compétences pour écrire un cartel d'exposition ou une brochure touristique qu'il saura concevoir des médias audio ou vidéo de qualité.

Vous ne songez pas à envoyer vos films de famille à une chaine de télévision pour qu'elle les diffuse. C'est pareil pour les contenus d'application mobile. Évitez d'infliger à vos visiteurs :

  • des rédactionnels mal conçus, au graphisme tendance mais illisible, avec des textes dignes du journal officiel,

  • l'enregistrement d'une lecture laborieuse et mal rédigée,

  • des photos floues ou surexposées,

  • les images tremblantes de la vidéo réalisée quand vous aviez 5 minutes, entre deux clients de l'office de tourisme.

La création d'un bon contenu multimédia c'est un savoir-faire, ça se paie comme le reste.

 

 

En résumé, mieux vaut un dispositif numérique de visite :

-techniquement simple mais ergonomique et opérationnel, pour une bonne expérience utilisateur et une obsolescence moins rapide,

-au contenu professionnel pour que les visiteurs aient l'impression d'avoir compris quelque chose de votre territoire ou de votre site,

-au contenu riche, pour que l'utilisateur ait le choix, et donc pour pouvoir séduire plusieurs types de visiteurs (jeunes, seniors, CSP +, personnes handicapées, touristes étrangers),

-dont le contenu puisse être enrichi et actualisé régulièrement pour faire durer votre outils de visite.

 

Pour en savoir plus

 

Les audioguides parlent (presque) d'une seule voix, de Pauline Moullot, Slate.fr, 6 janvier 2015.

Réussir le guidage et la mise en scène numérique de son patrimoine culturel, Charles Demoulin, Julien Brouillard, David Lerman, Vivian Vidal, au salon Voyage en Multimédia, 6 février 2015.

La visite des musées, des expositions et des monuments, juin 2012 – CREDOC, Emilie Daudey, Sandra Hoibian, Jörg Müller.

 

 

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