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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #mediation culturelle accessible

Paroles de médiateurs culturels #6 : au cœur de l'exposition

24 Juin 2015, 22:12pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #6 : au cœur de l'exposition

La médiation dans l'exposition est une évidence ; en soi, une expo est déjà un dispositif de médiation. Mais à quel moment la réflexion sur la relation au public intervient-elle ? De plus en plus en amont.

 

Il en va des expositions comme des collections permanentes. Pour les musées d'art, de sciences et techniques ou de société, pour les écomusées comme pour les centres d'interprétation, la question est la même : que veut dire exposer ?

On dévoile, certes, on met en relief, une partie d'une collection restée dans l'ombre. On met en scène un nouvel angle d'approche. On attire l'attention, comme en collection permanente. Mais, dans le cas d'une exposition, par définition temporaire, on doit le faire avec encore plus de vigueur puisque ça ne dure pas. Comment capter le public ? Et surtout, comment le toucher, le convaincre, le séduire, voire le faire revenir ? La question de la médiation culturelle est bien là, celle du rapport aux publics, comme toujours.

 

Mais si les organisateurs d'exposition se soucient de médiation, la question est aussi : quand s'en inquiètent-ils ? Dès le début de la conception de l'exposition ou une fois qu'ils ont rassemblé toutes les pièces qu'ils veulent exposer ?

Voici une réponse, rassurante et encourageante pour les médiateurs culturels, celle d'Anne Dupont, co-directrice de l'écomusée des Monts d'Arrée et chargée d'édition pour l'EPPC Chemins du Patrimoine en Finistère.

Le médiateur culturel intervient désormais en amont des expositions.

 

 

Les mots ont donc changé, fini le « guide » qui dirige un public passif au fil de l'expo. Le fait d'intégrer le médiateur ou le chargé de médiation dès la conception de l'exposition permet au public d'interagir avec ce qu'il voit et d'être acteur de sa visite.

 

Après la question du « quand » concevoir la médiation d'une exposition ? Revenons sur le comment …

Vous pouvez bien sûr réécouter les enregistrements des trois éditions du colloque « ce qu'exposer veut dire » organisé chaque année par l'INP (institut national du patrimoine). La médiation est au centre de certaines interventions des conférenciers.

 

Qui sont les publics des expositions ?

 

On s'interroge forcément sur le public pour lequel on conçoit une exposition, puisque c'est la raison d'être de la médiation.

Voici une réponse intéressante de Martine Thomas-Bourgneuf, muséographe et muséologue indépendante, dans son article " Pour qui conçoit-on une exposition ? "
publié dans La fabrique du musée de sciences et société par la documentation française en 2011.

Je ne réponds pas à une attente ou à une demande des futurs visiteurs. Je ne crois absolument pas qu’il y ait des attentes des publics. (….) S’il y a une demande des visiteurs qui soit cernable et cernée par des études, c’est celle d’être surpris.

Martine Thomas-Bourgneuf

Quant à la notion de « grand public » Martine Thomas-Bourgneuf la juge trop floue et indéfinie. Et surtout, cette notion répond à une logique de demande (assurer la fréquentation), alors que l'exposition culturelle doit selon elle se situer dans une logique d'offre. L'exposition, c'est une proposition, un point de vue, qui ne fera pas forcément consensus qui trouvera « son » public, le sien uniquement.

Chez tous les concepteurs de contenus d’exposition, qu’ils soient muséographes, scientifiques, ou conservateurs (…) de la subjectivité est à l’oeuvre, faite de convictions, de passions, de sensibilité etc. - ce qui n’empêche pas le sérieux scientifique.

Martine Thomas-Bourgneuf

 « individualiser » la médiation pour de multiples publics

 

Pour néanmoins élargir l'accès à la culture et s'adapter à la potentielle diversité des publics, Martine Thomas-Bourgneuf pose quelques principes de base :

  • multiplier les niveaux de lecture, de perception et d'information

  • diversifier les outils et les canaux de médiation (donc les intervenants)

  • s'adresser aux intelligences multiples et à tous les sens

  • privilégier la souplesse d'utilisation des parcours, des outils, des supports

  • ménager des rythmes et des pauses

La question de la médiation dans l'exposition est donc bel et bien prise en compte, et de mieux en mieux.

Quant à la médiation par l'exposition, en voici un bel exemple pour terminer : l'atelier « commissaire d'expo toi-même » du Zinc, le centre de création « arts et cultures numériques » de la Friche la Belle de Mai à Marseille. Les enfants ont réalisé des œuvres tout au long de l'année, et découvrent au cours de l'atelier les métiers impliqués dans la création d'une exposition. Ils passent ensuite à la pratique et montent leur expo. Parmi les métiers découverts par les enfants dans ces ateliers, celui de commissaire d’exposition, de scénographe, de chargé de la communication, de régisseur et...de médiateur

 

Pour en savoir plus :

« Pour qui conçoit-on une exposition ? » de Martine Thomas-Bourgneuf, La fabrique du musée de sciences et société, la documentation française, collection « Musées-Mondes », dirigée par Jacqueline Eidelmann, février 2011Télécharger

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2015.

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2014.

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2013. 

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Paroles de médiateurs culturels #3 : visites sensorielles

24 Avril 2015, 09:19am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #3 : visites sensorielles

 

 

La visite guidée d'antan disparaît, vive la visite sensorielle ! Qu'il soit accompagnateur direct des visiteurs ou concepteur en amont d'outils pour une visite autonome, le médiateur culturel aime faire appel à tous les sens des publics.

 

Témoignage d'Anaëlle Le Pann médiatrice culturelle à l'écomusée des Monts d'Arrée qui développe particulièrement les visites sensorielles.

 

 

 

Solliciter tous les sens des visiteurs

 

C'est une constante du discours des médiateurs culturels, surtout ceux qui travaillent en écomusées, la visite guidée magistrale c'est fini ; elle est « has been » « ringarde » « dépassée »... La visite accompagnée doit impliquer fortement les visiteurs. On ne se contente plus de poser des questions aux écoliers pour voir s'ils suivent, ou aux adultes pour déceler leurs bases culturelles. Non, le "must" à présent, c'est qu'ils puissent toucher, sentir et même goûter, en plus d'écouter ou de voir.

C'est pareil quand il s'agit de médiation indirecte. Dans les dispositifs de scénographie des collections permanentes ou des expositions, la tendance est au multi-sensoriel.

 

S'adresser aux multiples intelligences

 

La théorie des intelligences multiples d'Howard Gardner semble avoir conquis la médiation culturelle.

On fait ainsi appel à d'autres formes d'intelligence des visiteurs et plus seulement à l'intelligence verbale-linguistique. L'intelligence corporelle-kinesthésique est sollicitée au travers d'ateliers pratiques qui visent à faire reconstituer les gestes du passé. L'intelligence spatiale est valorisée lors d'explorations d'espaces et de manipulations de ces espaces en 3 D. La médiation scientifique n'hésite plus à soumettre des problèmes aux visiteurs et à faire fonctionner leur intelligence logico-mathématique ou naturaliste. La médiation ethnologique valorise souvent l'intelligence musicale-rythmique.

 

Faire participer le visiteur

 

En fait, l'aspect sensoriel n'est bien qu'une facette d'une visite plus largement participative. Tout est là. Le médiateur refuse d'être le guide magistral d'un visiteur passif qui risque de ne rien retenir de son « discours ».

Il ne cherche plus forcément à multiplier les données transmises, mais à améliorer la qualité de la transmission à ses publics.

Dans la même logique, le médiateur culturel ne s'adresse plus uniquement à l'intellect des visiteurs mais aussi à leurs émotions et sensations.

Démarche qui, au passage, permet une plus grande accessibilité des visites : on peut ainsi espérer toucher les personnes atteintes d'un handicap sensoriel voire d'un handicap mental. On peut espérer intéresser un public dénué de tout ce bagage culturel sur lequel on comptait autrefois. La médiation culturelle permet ainsi d'élargir l'accueil des publics.

 

Le médiateur, un savant en retrait

 

Les jeux sérieux qu'ils soient jeux de piste, rallyes d'observation ou de dessin, géocachings culturels, concours d'énigmes, ont fait du visiteur un acteur de sa visite.

Lors d'une médiation directe, le médiateur a désormais pour mission de présenter les outils, les ajuster aux demandes des visiteurs, lancer les débats, équilibrer la participation de chacun, aider les moins autonomes ; et bien sûr, toujours, répondre aux questions.

Pas question donc de se contenter de médiateurs « animateurs ». Ils doivent être particulièrement au fait des connaissances et des dernières découvertes de leur domaine.

Chercheur, le médiateur ? Pas encore, mais il doit être bien informé de l'état de la recherche.

En tout cas, son attitude relève désormais d'un paradoxe : plus que jamais le médiateur culturel est le « savant », mais il ne doit pas trop le montrer...

 

 

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Le handicap visuel expliqué aux voyants

19 Mars 2015, 09:02am

Publié par véronique muzeau

L'humour pour lutter contre les idées reçues sur la déficience visuelle

L'humour pour lutter contre les idées reçues sur la déficience visuelle

 

 

Il y a deux façons de faire progresser la cause des personnes handicapées dans la société. D'abord, permettre l'accessibilité des lieux, des outils et des contenus. Mais faire accéder les non-handicapés à l'univers du handicap est aussi très efficace.

 

La déficience visuelle est le handicap le plus mal traité en France en matière d'accessibilité. Peu de sites, de lieux physiques, d'équipements ou de contenus culturels et informatifs sont parfaitement accessibles aux aveugles et aux mal voyants.

Pourtant, dans l'autre sens, il est très simple de s'immerger dans l'univers de la déficience visuelle : il suffit de fermer les yeux.

Voilà pourquoi les initiatives pour faire ressentir à tous la déficience visuelle se multiplient. Elles contribuent à sensibiliser la société à ce handicap sensoriel.

 

Faire comprendre en profondeur la déficience visuelle

 

L'IPIDV , partenaire d'Histoire de Son, a récemment changé de nom. L'association est toujours très active pour permettre aux enfants handicapés visuels de suivre une scolarité normale et pour aider les non-voyants et mal-voyants de tous les âges dans leur vie quotidienne. Mais les deux lettres I qui désignaient autrefois « Institut » et « Insertion » sont désormais les initiales d' « Initiatives » et d' « Inclusion ». Pour inclure, il faut connaître et comprendre profondément. Et par quelles initiatives peut-on faire comprendre le handicap visuel ?

 

L'humour pour dédramatiser le handicap

 

En voici une, parmi d'autres : vendredi 20 mars 2015, l'IPIDV présente, avec la compagnie Impro Infini, un spectacle au titre provocateur « Tous Aveugles ». C'est le résultat d'un travail de la compagnie au sein de l'association, à la rencontre des personnes déficientes visuelles du Finistère. Les comédiens se sont approprié leur réalité, leur quotidien, loin des clichés et des préjugés, et ils ont transformé tout ça en spectacle. Ce sera l'ouverture du festival international d'improvisation théâtrale Subito à Brest.

Dans le même registre, humoristique mais documenté, le récent film d'Éric Lartigau, La famille Bélier, a pu aussi contribuer à faire tomber quelques préjugés sur la déficience auditive.

 

Les expositions et les dispositifs tactiles ouverts à tous

 

D'autres idées émergent un peu partout, souvent dans le domaine culturel et également chez nos voisins européens. On pourra citer de nouveau l'exposition itinérante « Ferme les yeux pour voir la préhistoire » conçue par le Préhistosite de Ramioul (Belgique) et reprise par des musées français.

Plus récemment, le musée du Prado à Madrid a mis à disposition du public déficient visuel des reproductions en relief - avec commentaires audio - de 6 tableaux de Vinci, Goya ou El Greco. Mais les visiteurs qui voient parfaitement sont eux aussi invités à tenter l'expérience du tactile audio décrit, en chaussant des lunettes opaques. Non seulement il s'agit de leur proposer une autre « vision » d'une œuvre, mais on leur fait aussi toucher du doigt ce que ressentent les personnes aveugles ou mal-voyantes.

 

Régulièrement, partout en France, des festivals, des événements locaux, souvent modestes, proposent aux personnes valides d'endosser momentanément un handicap sensoriel ou moteur. Des séances d'écoute dans le noir, des parcours à la canne blanche, des découvertes tactiles... autant de mises en situation qui combinent sensibilisation au handicap visuel et aspect ludique.

 

« Serious game » de simulation de la cécité

 

Logiquement, le secteur de la santé aborde aussi la sensibilisation au handicap par le biais de la formation, et la pédagogie du jeu est prise en compte. Les outils numériques jouent un rôle crucial et ça donne par exemple cette salle virtuelle en 3D de l’Institut Les Hauts Thébaudières en région nantaise. Sensivise est un « serious game » ( jeu sérieux), une application de réalité virtuelle développée par Dassault Systems qui permet d'expérimenter de l'intérieur différents troubles de la vision.

 

L'expérience reste limitée dans le temps et l'espace. Mais si elle permet à tout un chacun d'effleurer le handicap « de l'intérieur », l'objectif pédagogique est atteint et l'indifférence recule.

 

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Les Trophées de l'accessibilité® 2015

24 Février 2015, 21:09pm

Publié par véronique muzeau

Les Trophées de l'accessibilité® 2015

Organisés depuis 2010 par l'association Accès pour tous, les Trophées de l'accessibilité® récompensent les initiatives prises dans notre société pour un accès de tous à tout, quel que soit le handicap. La sélection distingue notamment les efforts réalisés dans le tourisme et la culture.

 

Composé d'une vingtaine de représentants d'associations de personnes handicapées, le jury a dû départager près de 300 candidats. Il a dévoilé son palmarès de l'accessibilité des Régions le 9 février 2015.

 

Les 4 lauréats Tourisme et Handicap

 

L'office de tourisme de Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône) est ainsi salué pour son accessibilité tous handicaps. Pour les visiteurs déficients visuels, l'office propose ainsi un document en braille et caractères agrandis.

 

Le Château des ducs de Bretagne et Musée d'histoire de Nantes est ainsi récompensé pour ses gros efforts pour proposer des visites autonomes, là encore, tous handicaps. Pour la déficience visuelle, c'est un parcours tactile appuyé sur un audioguide spécifique et sur différents dispositifs tactiles et sonores qui jalonnent les salles. S'y ajoute l'application mobile NantesMusée pour déficients visuels à télécharger gratuitement sur son smartphone.

 

Le Pôle International de la Préhistoire des Eyzies de Tayac (Dordogne) a quant à lui particulièrement soigné l'ergonomie accessible de visite pour accueillir tous les visiteurs, avec ou sans handicap. Il propose aux visiteurs mal-voyants et non-voyants, plan du bâtiment en relief et en braille à l'accueil, livret en gros caractère et en braille, dessins en relief, maquette, moulages et reconstitutions tactiles, documentaires en audiodescription, ordinateurs équipés d'un logiciel de reconnaissance vocale et animations dédiées pour les groupes autour d'expérimentations tactiles sur réservation.

 

Très accessible aussi le Musée départemental de la Céramique à Lezoux (Puy de Dôme) dont l'audioguide à déclenchement infrarouge comprend consignes de déplacement, audiodescription, informations scientifiques et s'accompagne d'une bande podotactile en relief et contrastée apposée sur le sol. On prête même des loupes à l'accueil.

 

Pour bien montrer que l'accessibilité n'est pas une question de (gros) budget, les trophées ont aussi une catégorie Tourisme et handicap – Petite structure touristique qui récompense cette année 5 hébergements ou transports touristiques accessibles aux personnes à mobilité réduite partout en France.

 

D'autres trophées pour la culture accessible

 

La catégorie Accessibilité, diversité et vivre ensemble a récompensé un autre établissement culturel, Universcience, l'établissement public du Palais de la découverte et de la cité des sciences et de l’industrie qui a conçu l'exposition temporaire interactive et multi-sensorielle Pour Tous : Mille milliards de fourmis. Itinérante, cette exposition fait escale actuellement à l'espace des sciences de Rennes jusqu'au 17 mai 2015.

 

La sélection nationale des Trophées de l'accessibilité® 2015

 

Dans la catégorie produit accessible de la sélection nationale des Trophées de l'accessibilité®, il est encourageant de constater que les 4 lauréats s'adressent tous aux usager déficients visuels, notamment au travers d'applications mobiles de signalétique audio ou vocalisation de smartphone (Audiospot, Pick Out, Kapsys).

 

Enfin, nouveauté 2015, un prix spécial Accès pour Tous à la Culture récompensera une animation ou une manifestation culturelle accessible à tous.

 

Les Trophées de l'accessibilité® seront décernés à Paris le 19 mai 2015.

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Les visites culturelles de Théo, non-voyant

19 Janvier 2015, 12:21pm

Publié par véronique muzeau

Repenser la visite et la médiation culturelles pour les rendre multisensorielles

Repenser la visite et la médiation culturelles pour les rendre multisensorielles

Nouvel entretien avec Théo, 14 ans, qui nous raconte comment il vit son handicap visuel. Cette fois, il évoque ses visites culturelles. Il apprécie particulièrement le développement des dispositifs interactifs et multi-sensoriels qui se développent de plus en plus.

 

Un coup de chapeau particulier à la Cité des Sciences

Théo a pu visiter l'exposition "la voix" en 2014 à la Cité des Sciences et de l'Industrie à La Villette et il a particulièrement apprécié l'accessibilité de cette exposition très interactive. Mais il salue aussi la qualité des espaces d'exposition permanente, très accessibles aux personnes déficientes visuelles (cartels en braille ou en caractères agrandis).

Des dispositifs de visite multi sensoriels

Les lieux de visite et sites du patrimoine, comme le château de Kerjean dans le Finistère, proposent de plus en plus de dispositifs qui font appel à d'autres sens que la vue. Dispositifs tactiles, médias audio ou parfois diffuseurs olfactifs permettent aux non-voyants et mal-voyants de participer pleinement aux visites.

Les musées encore trop peu accessibles

Théo nous a confié peu fréquenter les musées. Il déplore le manque d'interactivité des médiations proposées, mais il reconnait être peu informé des dispositifs accessibles mis en place ces dernières années dans les établissements culturels. Il reste donc un effort de communication à faire dans les musées et sites accessibles.

Ecoutez le témoignage de Théo

 

 

 

 

Pour écouter l'entretien complet avec Théo, rendez-vous sur le site de notre partenaire Radio Évasion.

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