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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #exposition

Des contenus audio au musée

21 Mars 2017, 10:29am

Publié par véronique muzeau

Des contenus audio au musée

Quand on aborde la question du son au musée, il faut aller au-delà de l'aspect technique : certes, veiller aux conditions d'écoute est un préalable, mais quid du contenu même de la scénographie sonore ?

 

Sylvain Gire (Arte radio) l'avait fait remarquer : la diffusion de son dans les musées et autres espaces publics est un enjeu fort et souvent mal pris en compte. D'où les séances d'écoute au musée mises en place par sa webradio au centre Pompidou l'an dernier. Un début pour développer la culture de l'audio dans ces lieux.

Le colloque franco-québecois, « Musée en mutation : Logiques économiques, culturelles et sociales » aborde la question parmi beaucoup d'autres : le 30 mars 2017, Judith Dehail (Université Paris-Sorbonne) intervient sur ce thème : «À contresens ? Questionner l’hégémonie du visuel au musée. Le cas des musées de musique du point de vue de leurs visiteurs». Bien sûr, il s'agit ici du cas particulier de la musique, qui est loin d'embrasser l'ensemble des matières sonores.

Cependant, petit à petit, le son dans sa globalité fait son trou dans les musées et expositions. Quand il n'est pas en soi une œuvre d'art exposée comme telle (création sonore), il est essentiellement présenté comme « agent d'ambiance » et outil d'immersion. Outre la musique, les illustrations et paysages sonores - avec idéalement la validation scientifique d'un archéologue spécialisé – investissent de plus en plus les scénographies.

 

Reste à soigner les conditions d'écoute face auxquelles les établissements culturels ne sont pas tous à égalité.

Techniquement, les solutions se multiplient : casques qui se portent au cou, douches sonores, objets parlants (gobelets, coussins), cabines et alcôves pour s'isoler, etc. Les prestataires spécialisés dans la diffusion muséographique sonore font preuve d'imagination ; il est vrai que « donner la parole » à un objet demande parfois un peu d'ingénierie.

Voilà pour le côté technique. Il est incontournable bien sûr, mais insuffisant. S'en contenter serait oublier que le son est aussi un outil de médiation culturelle et scientifique, délicat à manipuler mais doté néanmoins d'atouts séduisants. 

Faire écouter, c'est choisir  

Délicat, c'est vrai. Le son tout seul pour faire le lien avec un public, sans adjuvant écrit ou visuel : carte, infographie, schéma explicatif, inscription des noms propres... Pari risqué ! Que peut retenir le visiteur d'un discours uniquement oral ?
En fait, il y a bien un visuel : l'œuvre exposée ou l'objet de collection, et souvent aussi un cartel explicatif. Le visiteur n'est donc pas exactement seul avec ses oreilles.

Ce qu'il faut surtout bien comprendre c'est que :

le contenu audio est un outil complémentaire des autres outils de médiation. Comme la plus belle fille du monde, il ne peut donner que ce qu'il a.

Vouloir lui faire transmettre trop d'informations est une erreur. Le son ne saurait prétendre à l'exhaustivité. Le son n'est pas un cartel immatériel et encore moins un livret d'exposition audio.

C'est paradoxal, mais la recherche de qualité du contenu audio passe donc par des renoncements.
La médiation audio a ses exigences, il faut s'y plier si on prétend à la qualité (et à l'efficacité). Le son a ses spécificités de formats, d'écriture, de sélection des informations.

Il faudra donc aussi réfléchir au choix des sujets : certains sujets ou certains angles d'approche sont avant tout visuels, on doit renoncer à les mettre en son. D'autres en revanche sont plus adaptés à l'oral qu'à la vidéo (faute d'illustrations appropriées) : récit d'un souvenir, expression d'une opinion, anecdote linguistique... Il faut donc les valoriser par le son plutôt que de vouloir à tout prix les filmer !

Souplesse et intimité

La grande force de l'audio, avec laquelle un musée doit compter, c'est sa souplesse : peu gourmand en mémoire informatique, il est plus léger à stocker et à diffuser qu'une vidéo.

Le numérique permet à un contenu audio de voyager bien au-delà d'un appareil d'audioguidage et des murs d'un musée. La mobilité du son est potentiellement supérieure à celle d'une vidéo et c'est un contenu qu'on peut consulter sans danger en marchant ou en conduisant...La conception du contenu audio doit donc tenir compte de cette hypothèse d'une écoute hors les murs. D'où l'intérêt de la conception universelle d'un audioguide qui intègre par exemple quelques descriptions analytiques pour permettre l'accessibilité à un public déficient visuel...ou simplement non présent devant l'œuvre.

 

Et puis l'audio, c'est le média de l'intime. Il crée avec les visiteurs un lien particulier, voire une fidélité, au-delà du seul temps de visite. C'est particulièrement vrai pour ces musées espagnols qui ont poussé l'ambition jusqu'à créer des radios dans leurs murs ! Mais c'est réalisable facilement avec une webradio ou un réseau social sonore de type soundcloud comme Museumstag qui nous fait écouter les objets de musées allemands. C'est en outre ludique, souvent poétique, ça peut donc être viral. En outre, dans le cas des écomusées et musées de société, faire partager le son des objets d'un patrimoine relève bel et bien de la médiation.

 

Pour renforcer le lien avec ses visiteurs, il est possible de les faire parler pour les intégrer dans la médiation. Ce sera toujours plus facile que de les filmer. Le micro sait se faire discret quand la caméra et ses images suscitent réticences et complexes. On prête toujours plus volontiers sa voix que son visage.

Créativité et liberté

Ainsi en arrive-t-on à des utilisations vraiment créatives et intelligentes de l'audio au musée, comme ce qu'a fait le Moma (musée d'art moderne) de New York il y a quelques années, avec son Artobots qui réinterprétait une exposition de John Chamberlain au Guggenheim et la transformait en exposition « Transformers ».

Et son cousin le San Francisco Moma n'est pas en reste ; les contenus audio de son application mobile de visite proposent en effet :

  • des interviews et commentaires par des personnes ressources aux profils très variés pour des points de vue décalés sur les œuvres ou l'art : artistes, sportifs, auteurs...

  • de l'immersion sonore dans les univers intérieurs ou extérieurs au musée

  • des promenades dans la ville en lien avec l'architecture et l'art

  • une composante sociale avec la possibilité pour les visiteurs de synchroniser leur écoute d'une même séquence pour pouvoir échanger ensuite des impressions sur son contenu.

 

Musées français, n'hésitez pas à faire appel à Tous Curieux/Histoire de son pour, vous aussi, sortir de la préhistoire de l'audioguidage.

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en septembre 2016

30 Août 2016, 09:01am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en septembre 2016

Allez on rentre ! Pas trop brutalement cependant, avec un retour progressif des rendez-vous autour de la médiation scientifique et culturelle ou de la valorisation du patrimoine, numérique et accessible de préférence.

 

 

Médiation culturelle et muséale

 

« Pourquoi aller au musée ? Musées et accessibilité » c'est le thème du colloque organisé le 6 septembre 2016 par la nuit des musées de Lausanne (Suisse), avec un focus sur l’accessibilité dans les musées d’art et scientifiques, et sur les différentes approches de la médiation muséale. Il faut prendre ici le mot accessibilité au sens large, de la prise en compte des handicaps à l'accueil des communautés étrangères en passant par l'intégration d'autres publics, réputés distants des musées, comme les jeunes.

 

Deux rencontres publiques les mercredis 7 et 14 septembre 2016, entre 10h et 19h, autour du thème « Qu’attendons-nous des expositions ? ». Ces rencontres s'inscrivent dans le cadre plus large de l'atelier-colloque international Versions qui se tient à la Maison Populaire de Montreuil (93) du 5 au 16 septembre. Il porte sur l’exposition, notamment dans le contexte des cultures post-digitales. Une quinzaine d'intervenants participent à deux semaines d'expérimentations in situ, démonstrations et rencontres publiques, lancées par Displays EnsadLab - Laboratoire de recherche de L'EnsAD.  

 

Le patrimoine se conjugue au futur via le numérique. Cap Digital profite de l'approche des journées européennes du patrimoine, pour proposer le 16 septembre 2016 à Paris une journée de présentation de produits et services innovants dans le domaine du patrimoine, en partenariat avec le Club Innovation et Culture France.

 

Le 28 septembre 2016 à 15h, NEMO, Network of European Museum Organisations organise un webinar gratuit et limité à 100 places pour la communauté des musées francophones ! Le thème : « La place des émotions dans les musées: le point de vue du scénographe » avec l'architecte et scénographe Lorenzo Greppi.
 

 

Culture sonore

 

Quand une commune a pour nom Aureilhan (33), on est tenté d'y organiser un événement sonore... Voici donc la troisième édition d'Aureilh'en son festival de radio à base de séances d'écoute, de rencontres, d'expositions, de concerts ou repas radiophoniques, les 10 et 11 septembre 2016.

 

La 14e édition de « City Sonic » festival international des arts sonores a lieu à Mons et à Bruxelles (Belgique) du 14 au 30 septembre 2016. 67 artistes belges et internationaux présenteront leurs créations dans différents lieux de Mons, et on pourra suivre 9 événements : concerts et performances, visites guidées, conférences et promenades d'écoute urbaine, sans oublier trois ateliers « Sonic Kids » pour initier les enfants aux arts sonores.

 

La remise des Prix Phonurgia Nova 2016 aura pour cadre la Bibliothèque Nationale de France à Paris, les 17 et 18 septembre. Ils récompensent les meilleures œuvres sonores françaises et internationales : fictions, documentaires de création, hörspiel, field recording et art acoustique.
 

L'audio n'a pas dit son dernier mot. C'est le titre de la conférence proposée le 30 septembre 2016 à Paris, par Carine Fillot, l'une des créatrices du Mouv', ex chargée de mission sur l'innovation ouverte au sein de la direction du numérique de Radio France.

 

 

Arts Numériques

 

Une journée d'étude « Les arts numériques. Visibilité et Positionnement » est proposée jeudi 15 septembre 2016 par le Labex ICCA, en partenariat avec Carrefour numérique à la Cité des Sciences à Paris. Les arts numériques sont entrés dans l'art contemporain. Mais à quelle place ? Quelle est leur reconnaissance dans les institutions publiques? Quels sont les financements pour la création artistique numérique ?

 

Mèq festival est un festival international d'art numérique en mode performance. Les installations visuelles et sonores, projections interactives, se mêlent au théâtre, à la danse, à la musique ou aux arts plastiques. À suivre du 14 au 17 septembre 2016 à Montpellier (34).

 

Les cultures électroniques et l'art numérique sont aussi les deux mamelles du festival Scopitone du 21 du 25 septembre 2016 à Nantes (44). Au menu, concerts, projections, ateliers et workshops, expositions, ciné-concerts...
C'est l'un des événements phares de la troisième édition de la
« Nantes Digital week », qui implique l'ensemble des acteurs de l'écosystème numérique nantais et propose de multiples événements ouverts à tous, entre science, technique, économie, et culture, du 15 au 25 septembre 2016.
À noter entre autres rendez-vous, la rencontre des acteurs de la culture et du numérique jeudi 22 septembre 2016 au CCO, Tour de Bretagne, avec des conférences, tables rondes et showroom sur les cultures numériques et les innovations sociales, les nouvelles dynamiques artistiques et créatives liées au numérique, la création numérique dans l'espace public. Inscriptions ouvertes dès le 5 septembre.

 

 

Culture et patrimoine tout public

 

Toujours très attendues, toujours très suivies, les journées européennes du patrimoine ont lieu les 17 et 18 septembre 2016, partout en France et ailleurs, sur le thème « patrimoine et citoyenneté ». À l'honneur, les bâtiments institutionnels célèbres comme le Panthéon ou l'Arc de Triomphe, et plus quotidiens comme les archives, écoles, mairies... Quant aux patrimoines naturels et paysagers, ils sont les cadres de l'éco-citoyenneté.

 

 

Nouvelles écritures multimédia

 

I love transmédia est l'un des rendez-vous majeurs des nouvelles écritures et expressions multimédia : création web, réalité virtuelle, narration numérique, jeux vidéos, webséries, livres interactifs sont au centre des tables rondes, performances et expositions, du 29 septembre au 2 octobre 2016 à Paris.
 

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Des expositions, balades et concours sonores pour l'été

29 Juillet 2016, 10:14am

Publié par véronique muzeau

Des expositions, balades et concours sonores pour l'été

Avant notre pause estivale, voici quelques idées pour ceux qui aiment se cultiver ou s'émerveiller en écoutant : expositions à bases de son, balades sonores ou même concours pour créateurs audio, juste pour le plaisir.

 

Concours de création sonore

Avis aux créatifs dotés d'un micro, d'un enregistreur et d'oreilles sensibles, le fameux concours d'Arte Radio, Rue89 et Hindenburg recommence cet été. Il s'agit de composer une carte postale sonore de 4 minutes maximum sur vos activités estivales. Pour le reste, la forme est totalement libre ! Vous avez jusqu'au 31 août 2016 pour participer.

Toutes les créations seront diffusées sur l'audioblog d'Arte et les gagnants profiteront notamment du logiciel Hindenburg Journalist Pro pour 1 ou 2 ans.

 

Les adeptes des « devoirs de vacances » ou ceux qui n'aiment pas le farniente peuvent carrément profiter de l'été pour participer au prix de la création documentaire du festival Longueur d'ondes de la radio et de l'écoute à Brest (Finistère). Mais ils ont jusqu'au 15 octobre 2016.

 

Audio en festival

Le Rewind festival pour les 30 ans de l'association Phonurgia Nova, c'est encore jusqu'au 4 août 2016 à Arles (13). On y découvre installations et photo-phonies et on y suit des temps forts :

  • la Nuit du Silence ce 30 juillet 2016 à l'écoute des murmures et des secrets de la ville, et le 1er août 2016,

  • la Nuit (sonore) de l'Année, itinérante, au fil des rencontres entre l'association et les artistes ou créateurs radiophoniques depuis 30 ans,

  • un colloque « où va la création radiophonique ? » le 4 août 2016.

En marge du festival Rewind, vous pouvez suivre jusqu'au 30 octobre 2016 les « promenades sonores à Arles », 13 narrations et fictions signées Kay Mortley, à télécharger et à découvrir en marchant dans la ville.
 

Balades et déambulations sonores

 

Tous Curieux/Histoire de son continue à produire des parcours audio documentaires, bien ancrés dans leur territoire, avec les témoignages des acteurs de ces territoires. Ainsi, vous pourrez découvrir l'île d'Ouessant (Finistère) dans la toute nouvelle application mobile du parc naturel régional d'Armorique « Vivez l'Armorique !». Vous saurez tout des moutons d'Ouessant, du phare du Stiff, et surtout de la vie insulaire, de la façon dont les habitants composent avec la rareté.

 

Les fééries nocturnes du collectif Fées d'hiver c'est un parcours nocturne artistique et poétique en vallée de Crévoux (05). L'édition 2016 propose de découvrir en déambulation nocturne 12 installations lumineuses, sonores ou visuelles. Plusieurs dates sont proposées jusqu'au 9 août 2016.

 

Un peu partout, artistes, villes d'Art et d'Histoire, sites, monuments et offices de tourisme proposent des balades sonores pour arpenter les patrimoines culturels ou naturels. Même la presse locale s'y met comme la Montagne à Châtel-Montagne (63).

 

L'abbaye de Noirlac (18) – centre culturel de rencontre - explore depuis longtemps l'univers sonore qui l'entoure. Ainsi sont nés les sons de territoires car le monde doit s'écouter autant qu'il se regarde.

 

 

Exposition du musée d'art moderne de Troyes

Exposition du musée d'art moderne de Troyes

Expositions à écouter

 

Pour ceux qui douteraient de l'intérêt du son en exposition, voici la preuve qu'il peut devenir l'objet d'attention premier du visiteur.

La nature, ce n'est pas seulement la verdure, c'est aussi toute une palette de bruits et de cris d'animaux, de bruissements végétaux... Les audio naturalistes le savent bien, eux qui captent la biodiversité sonore et l'entendent se réduire, elle aussi...
La fondation Cartier rend hommage au célèbre bio acousticien et compositeur Bernie Krause, auteur du « Grand Orchestre des animaux » ; son œuvre inspire ici d'autres artistes et créateurs sonores, exposés jusqu'au 8 janvier 2017.

 

Avec l’audio naturaliste Fernand Derousen, le parc national des Écrins vous plonge dans « le son des altitudes », une exposition immersive sur les paysages sonores de montagne : animaux, eau, vent...c'est la nature sauvage qui vous parle, accompagnée de photographies.

 

Le musée d'art moderne de Troyes propose quant à lui une exposition réflexion sur notre rapport au son. « Expérience sonore » est réalisée avec le centre d'art contemporain / Passages et imbrique création sonore, bruitisme, musique et arts plastiques, jusqu'au 21 août 2016.

 

Qui dit son, dit tôt ou tard musique. Et pourquoi pas l'électro ? Avec « Electrosound, du lab au dancefloor » l'espace fondation EDF (Paris, 6e) consacre l'une de ses expositions à l'histoire et à la composition des musiques électroniques et électroacoustiques.

 

Et puis jusqu'au 4 septembre 2016, petits et grands peuvent traverser le Brouhaharium du Vaisseau à Strasbourg (67) et produire eux-même des sons sur les machines musicales de l’artiste Michael Bradke.

 

Enfin, si vous n'aimez ni créer ni sortir ni vous promener, il reste une activité auditive idéale pour paresser en vacances : écouter un livre audio !

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en été 2016

28 Juin 2016, 17:28pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en été 2016

Allons nous vaquer tout l'été ? Ou continuer à nous former, à nous cultiver, à explorer les possibles de la médiation numérique des patrimoines ou de la science, du tourisme culturel ou de la muséologie ? À vous de piocher dans cet agenda !

 

Culture et patrimoine tout public

Les fééries nocturnes du collectif Fées d'hiver sont un parcours nocturne artistique et poétique en vallée de Crévoux (05). Cette édition 2016 propose de découvrir en déambulation nocturne 12 installations lumineuses, sonores ou visuelles. Plusieurs dates du 1er juillet au 9 août 2016.

 

Culture, handicap et numérique

Le site internet de Yanous (magazine francophone du handicap) publie depuis peu une page très détaillée sur les spectacles en audiodescription pour les personnes déficientes visuelles, en plus de son agenda de la culture accessible à tous handicaps (visites de musées ou d'expositions, festivals et animations).

 

Médiation scientifique et culturelle, pédagogie par le numérique

La première semaine de juillet est très riche en culture scientifique à Nantes (44) ! La ville accueille le Forum national de la CSTI (culture scientifique, technique et industrielle) le 5 juillet 2016 sur le thème « Publics, territoires, médiation : quelle ambition pour la C.S.T.I. ? ». En soirée, les youtubers médiateurs scientifiques seront invités à se produire en direct au cours de l'opération SOS Neurones.
Suivra la Science en partage 2.0, le 34
e congrès de l’AMCSTI du 6 au 8 juillet 2016, toujours à Nantes. Comme le suggère le titre, il sera question de l'impact du numérique sur la médiation, tant sur les modèles de coopération entre médiateurs et publics, que sur les outils.

 

Du mercredi 24 au vendredi 26 août 2016, place à l'université d'été Ludovia 2016, sur le numérique et l'éducation à Ax-les-Thermes (09). Il s'agit avant tout d'un colloque scientifique, qui s'intéresse cette année à la présence, l'attention et l'engagement en classe avec le numérique. Mais on peut y suivre aussi de nombreux ateliers, dont un sur la réalisation de podcasts, ou sur la MAO à partir de sons du quotidien.

 

Culture sonore

Qui est là ? est une rencontre sur l’effet de présence dans le son et ses usages ordinaires ou répressifs.
Christine Guillebaud, ethnomusicologue chargée de recherche au CNRS, propose un focus sur l’ingénierie sonore des espaces publics en Inde, des sonorités à base d'automates musicaux, boîtes à mantra électroniques, voix de loterie…
Au Musée du quai Branly, Paris, le 02 juillet 2016.

 

La Fondation Cartier pour l’Art contemporain (Paris, 14ème) présente une exposition inspirée du "Grand Orchestre des Animaux", de Bernie Krause, bio-acousticien, scientifique et musicien américain de renom, du 2 juillet 2016 au 8 janvier 2017. Des artistes du monde entier ont participé à cette exposition immersive en forme de méditation esthétique, à la fois sonore et visuelle, autour d’un monde animal de plus en plus menacé.

 

Un tout nouveau festival de son vient consacrer à Arles (13) les 30 ans de collaboration entre l'association Phonurgia Nova et la ville. Rewind propose pendant un mois expositions, spectacles et installations sonores, séances d'écoute, séminaires et conférences, et même un colloque sur les radios libres. Du 5 juillet au 4 août 2016.

 

En exposition dans le cadre des Tombées de la nuit à Rennes (35), Public Juke box est une sculpture publique et acoustique qui permet aux citoyens d’écouter des enregistrements sonores. À vivre les 16 et 17 juillet 2016.

 

Trois jours pour bâtir une utopie sonore du 26 au 28 août 2016 à la Cour des Aulnays (49), entre Nantes, Rennes et Angers, c'est l'idée du summer camp organisé par Le Bruitagène et quelques autres amateurs de son. Tous les créateurs sonores sont conviés, pourvu qu'ils soient idéalistes !

 

Envie d'un stage de field recording, de création ou de fiction sonore ? Une multitude de formules sont référencées dans l'agenda spécialisé de Syntone, le site d'actualité et critique de l'art radiophonique.

 

Muséologie

Tous les 3 ans, les professionnels de musée du monde entier se réunissent lors de la Conférence générale de l’ICOM pour discuter des tendances et des évolutions du secteur. Cette année, c'est du 3 au 9 juillet 2016 à Milan (Italie).
Le thème du symposium est un peu glaçant : « le musée prédateur » ! C'est en fait un regard critique sur la façon dont les musées ont constitué leurs collections, à coup d'expéditions voire de réquisitions, souvent sur fond de colonialisme...pas toujours reluisant en effet, et il est bon d'examiner en face ce passé pour imaginer un futur plus constructif.
Parallèlement, le comité italien de l’ICOM propose de réfléchir à un thème cher à la muséologie italienne : le rapport entre musées et paysages culturels. Il s'agit de penser le musée comme
centre d’interprétation pour son territoire et sa communauté, comme diffuseur de la connaissance du patrimoine culturel présent dans et hors les murs, comme contributeur du paysage culturel qui l'entoure.

 

Quels musées voulons-nous demain ? C'est la question que se pose le congrès annuel de l’Association des musées suisses (AMS) à Zürich, les 25 et 26 août 2016, autour de trois problématiques majeures : contenus et publics, contexte social et modèles financiers, formes de travail et organisation.

 

Sans oublier, de vous mettre en vacances et de tout arrêter !

 

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Marie Popeck, plasticienne du son

10 Février 2016, 10:34am

Publié par véronique muzeau

Marie Popeck, plasticienne du son

L'univers du son est d'une richesse infinie quand on se plonge dedans. Voici une exploration minutieuse de l'installation d'une plasticienne de la matière sonore, Marie Popeck, rencontrée au festival Longueur d'ondes de Brest.

 

Et oui, encore une ode au son, à l'ouïe, à l'auditif dans ce blog. Inévitable quand on a fait un tour à l'excellent festival Longueur d'ondes de la radio et de l'écoute à Brest, du 4 au 7 février 2016. L'occasion pour Tous Curieux/Histoire de Son de croiser d'autres passionnés de l'audio, parfois très éloignés de notre pratique.

La particularité de ce festival est qu'on y évoque vraiment le son sous toutes ses formes : documentaire, information et actualité radiophoniques, musique, fiction, création et art sonore.

 

Allongé et en chaussettes

 

À nul autre pareil, Longueur d'ondes est un festival qu'on peut vivre allongé et en chaussettes, blotti dans une cabine tapissée de coussins, ou étalé sur une couette pour écouter, juste tendre l'oreille, voire oublier qu'on a des yeux (ça les repose !).

Le festival propose des dispositifs d'écoute teintés d'imagination et d'humour

Le festival propose des dispositifs d'écoute teintés d'imagination et d'humour

 

Bon, c'est quand même visuel parfois, comme cette installation coup de cœur : Forêt d’écouteurs en Rêve majeur.

 

 

800 écouteurs pour interroger notre rapport au son

 

 

Elle est signée Marie Popeck, une artiste de la matière sonore basée à Amiens. Elle décline cette passion au fil d'installations, films expérimentaux ou dispositifs sonores pour le théâtre et Marie aime les bruissements.

 

 

La forêt d'écouteurs en rêve majeur est une installation onirique et une œuvre qui questionne notre rapport au son.

 

Elle est constituée de 800 écouteurs suspendus à un faux plafond noir, des oreillettes surtout, quelques casques, autant de sources sonores potentielles dont une vingtaine seulement émettent réellement du son. La plupart des écouteurs sont usagés ou défectueux.

 

Le visiteur doit donc chercher les sources des faibles sons qui lui parviennent dans la forêt d'écouteurs suspendus.

L'installation interroge déjà notre rapport corporel à l'ouïe et notre position d'écoute : certains écouteurs sont placés très hauts, d'autres au ras du sol.

 

Pour Marie Popeck l'emploi d'écouteurs de récupération était indispensable pour figurer l'objet de grande consommation qu'ils sont devenus, l'oreillette de smartphone en particulier.

Ce sont des écouteurs de mauvaise qualité qui rendent peu justice au son. Et en décortiquant quelques-uns, Marie a pu constater que ce sont en effet des objets éphémères.

 

 

Un cache-cache sonore

 

L'installation est ludique, comme un cache-cache sonore, à condition d'oser entrer dans la forêt ; le public est laissé libre de s'engager dans l'installation, rien ne lui indique qu'il doit le faire.

 

Justement, voici un visiteur : il cherche, il s'engage, il fouille et porte les écouteurs à ses oreilles à la recherche des sons.

 

 

 

L'installation a déjà été exposée une dizaine de fois...mais le public réagit toujours différemment selon les circonstances. En plein air, les enfants sont plus nombreux à rencontrer l'œuvre. Eux s'emparent facilement de l'installation et incitent leurs parents à oser y entrer, à répondre à l'invitation de l'artiste.

 

 

Et quand on attrape un écouteur qui fonctionne, qu'entend-on ?

On entend un rêve, c'est l'autre sujet de prédilection de Marie Popeck.

 

 

Une écoute fragmentée et compressée

 

 

L'artiste est partie d'un rêve personnel qu'elle a raconté en 8 fragments sonores : 2 pistes voix, 2 parties électroacoustiques et 4 qui mêlent musique et bruitage. Ce sont les matières que Marie Popeck aime travailler, car elles mettent aussi en question notre culture sonore, la représentation imagée que nous avons des sons, notre visualisation de ces bruits.

Car Marie Popeck travaille aussi les images, elle réalise des films expérimentaux.

 

 

La Forêt d'écouteurs en rêve majeur aborde aussi notre rapport au format sonore : le son numérique est généralement compressé (en mp3), les supports n'offrent pas toujours une qualité d'écoute très riche, et seules certaines fréquences sonores parviennent à nos oreilles.

 

Et qui dit « format » dit aussi durée, temporalité ; notre écoute se fragmente, elle est éclatée, ce que Marie Popeck a voulu souligner.

 

 

 

Pour comprendre davantage la démarche de Marie Popeck, il faut découvrir aussi le parcours de l'artiste et sa progression dans l'univers du son.

 

 

Comme beaucoup, la créatrice est venue au son par la musique (accordéon et piano), puis les rave party et leurs hauts-parleurs. Elle s'est intéressée alors aux musiques électroacoustiques et électroniques, et a même pratiqué le chant...mais avec des goûts trop éclectiques pour poser véritablement sa créativité.

C'est finalement l'image qui l'a aiguillée, via les cours de cinéma expérimental : le travail des canadiens Norman McLaren, Maurice Blackburn autour de l'audiovision et la non synchronicité son/image.

Elle s'est ensuite penchée vers Pierre Schaeffer, l'objet sonore et la radio.

Elle a poursuivi ses recherches et découvert John Cage, grâce à Vincent Ciciliato.

Elle est passée aux prises de son, en autodidacte.

Puis a suivi une formation à la MAO (musique assistée par ordinateur) pour acquérir quelques bases techniques.

Enfin, un cours de psycho-acoustique musicale, au sein d'un master recherche et pratique artistique, a décuplé son imagination créatrice.

 

 

 

 

Rendre le son plus palpable

https://myspace.com/mariepopeck

Marie Popeck ne fait que commencer son exploration de la matière sonore et du rêve.

La Forêt d'écouteurs en rêve majeur s'incrit d'ailleurs dans une série plus vaste, les Scénarêves, ou la reconstitution du rêve par le son. Elle a commencé avec une œuvre vidéo en pellicule grattée et se prolongera par un spectacle de rue.

Marie a aussi créé un dispositif sonore pour le théâtre en octophonie (huit pistes d'écoutes) avec hauts-parleurs piézoélectriques.

Elle projette également de rendre le son plus visible dans le milieu du cinéma. Elle prépare donc un film pour, dit-elle, « rendre le son plus palpable ».

 

 

 

Terminons par une autre vibration ressentie lors du festival Longueur d'ondes. Elle est pour la Prosodie d'Émilie Mousset, délicieuse octophonie qui nous replonge dans la prime enfance, dans l'univers sonore du bébé, des babillages aux bruits de bouche, en passant par la boite à musique. Et c'est justement de musicalité du langage qu'il est question, la définition même de la prosodie. Comme artiste du son, Émilie Mousset est bel et bien une compositrice.

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en février 2016

29 Janvier 2016, 11:39am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en février 2016

Ce mois-ci, Tous Curieux / Histoire de Son vous propose deux agendas : le premier pointe les rendez-vous relatifs à la médiation et au tourisme, culturels et scientifiques, numériques et multimédias, le second s'intéresse à l'accessibilité à la culture des publics déficients visuels.

 

  • Comment parler de sciences aux jeunes ? C'est le thème des rencontres Sciences et Médias qui ont lieu tous les deux ans. Le 1er février 2016, à la préfecture de Paris et d'Île de France, les représentants des différentes sociétés savantes s'interrogeront donc sur les outils médiatiques pour parler de science aux enfants et aux adolescents.

 

  • Les rencontres nationales du tourisme fluvial ont lieu les 2 et 3 février 2016 à Avignon. Si on salue l'intérêt de ce mode d'itinérance douce, on peut regretter cependant l'absence de la question culturelle dans les débats. Les rencontres s'orientent largement vers l'éco-tourisme mais semblent oublier que le rythme des croisières fluviales laisse un temps pour la culture.

 

  • Le réseau national des destinations départementales Rn2D organise une Rencontre DATAtourisme le mercredi 3 février 2016. L'idée est de créer un guichet unique de la donnée touristique en open-data. La rencontre est l'un des événements connexes au...

 

  • ...Voyage en multimédia qui revient pour la 7ème fois à Saint-Raphaël les 4 et 5 février 2016. La culture trouve toujours sa place dans ce rendez-vous qui explore toutes les déclinaisons numériques du tourisme. À noter en particulier, le barcamp du jeudi matin : « comment nous, acteurs de la culture et du tourisme pouvons-nous nous enrichir de nos expériences et mutualiser nos savoirs-faire ? ». Également, lors des ateliers du vendredi, avec ce thème : « comment le numérique apporte de la valeur à l’expérience culturelle ? » ou dans une moindre mesure, « l’immersion par le multimédia : la sensation de vivre l’expérience ».

 

  • Lyon science 2016 a lieu le 7 février 2016. C'est une journée consacrée à la vulgarisation scientifique qui met en valeur ces nouvelles formes de médiation des sciences : réseaux sociaux, blogs, youtube, FabLab et podcasts (l'un des partenaires de l’événement c'est Podcast Science).

 

  • À propos d'audio, en écho à la semaine du son, Longueur d'ondes, le festival de la radio et de l'écoute à Brest, c'est du 4 au 7 février 2016. Cet événement unique en son genre promeut en particulier la création radiophonique sous toutes ses formes et en particulier le documentaire ou l'art sonore. Cette année, l'humour radiophonique sera notamment exploré.

 

  • Les rencontres régionales des usages du numérique de la Drac Languedoc-Roussillon porteront sur la révolution numérique au service des publics et de la culture le 10 février 2016 à Montpellier. Il sera donc question de l'utilisation des outils numériques dans la création, la médiation et la transmission de la culture.

 

  • Ce même 10 février 2016, toujours à Montpellier, le musée Fabre et la licence de sciences du langage (parcours "communication, médias, médiations numériques") de l'université Paul Valéry Montpellier III proposent une conférence sur le thème de la médiation numérique au musée dans le cadre de l’exposition Senufo : art et identités en Afrique de l'Ouest au musée Fabre de Montpellier.

 

  • Audioblast festival est un « moment » de création audio en réseau originaire de Nantes. Mais la particularité de ce festival de création sonore numérique est d'utiliser le réseau comme lieu de diffusion, expérimental, drone, noise, field recordings, poésie sonore, électroniques, musiques contemporaines. Il est donc universel et il a lieu du 27 février au 1er mars 2015.
Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en février 2016

Focus sur les visites culturelles adaptées aux handicaps visuels

 

C'est un progrès sensible, les visites guidées pour les publics non voyants ou mal voyants se multiplient dans les établissements culturels. En voici quelques-unes en février 2016 dans les musées parisiens.

 

  • Le tout nouveau musée de l'Homme a bien sûr intégré les problématiques de l'accessibilité culturelle en fonction des différents handicaps. Pour le handicap visuel, le musée propose une visite sensorielle de l’exposition permanente actuelle : la Galerie de l’Homme, à découvrir en mouvements, ressentis et échanges, le 1er février 2016.

 

  • Le Palais de la découverte se laisse toucher : plans en relief, mais aussi éléments architecturaux et statues, pour une visite consacrée à l'histoire et à l'architecture du palais le 2 février 2016.

 

  • Art visuel par excellence, la bande-dessinée devient accessible aux aveugles et mal-voyants par cette visite de l’exposition Claire Bretécher, à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, le 4 février 2016. La visite adaptée a été conçue avec le concours et les conseils du Pôle Accessibilité de l’association Valentin Haüy. Il est possible de profiter de cet espace et des dispositifs d’accessibilité en dehors des visites adaptées.

 

  • Le Centre Pompidou propose également le 6 février 2016 une visite "Ecouter voir" dans les collections modernes du Musée, réservée aux visiteurs aveugles et malvoyants et à leurs accompagnateurs.

 

 

Retrouvez d'autres visites culturelles accessibles dans le magazine francophone du handicap Yanous.

 

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Où vous emmène Histoire de Son cet été ?

29 Juillet 2015, 14:29pm

Publié par véronique muzeau

Où vous emmène Histoire de Son cet été ?

Le métier d'Histoire de Son, c'est de valoriser les patrimoines touristiques et culturels par le multimédia. Donc vous croiserez peut-être quelques-unes de nos réalisations pendant vos vacances.

 

Exposition Séon à Quimper

 

Avec un brin de chauvinisme, nous commencerons par le Finistère, où vous pouvez découvrir en particulier cet été l'exposition que le musée des beaux-arts de Quimper consacre à Alexandre Séon. Ce peintre symboliste séduit car, s'il aime représenter l'invisible et le monde des idées, il reste néanmoins attaché à la nature. Il a notamment puisé son inspiration sur l'île bretonne de Bréhat. Jean-David Jumeau-Lafond, le spécialiste de Séon a répondu à nos questions dans la vidéo réalisée pour l'exposition par Histoire de Son et Digitale Production.

 

Le château du Taureau, perle Vauban de la Manche

 

Toujours près de chez nous, le château du Taureau se dresse au milieu de la baie de Morlaix, tel un « vaisseau de pierre ». On s'y rend en bateau et, sur place, la visite est libre la plupart du temps. Mais si vous avez téléchargé l'audioguide avant de partir (pas de réseau pour télécharger sur place), vous pourrez découvrir les secrets de la forteresse au travers d'interviews variées : un historien des forteresses Vauban de l'Atlantique, une historienne de Morlaix, des responsables d'associations du patrimoine local comme le musée maritime de Carantec ou Au fil du Queffleuth et de la Penzé, un spécialiste des oiseaux de la baie et même Patrice Pellerin, l'auteur de la BD l'Épervier qui a pris le château pour décor.

 

Scénographie d'une exposition sonore

 

En matière de scénographie audio, découvrez aussi notre travail pour l'exposition sonore de l'écomusée des Monts d'Arrée. « Écoute donc ! Parcours de femmes » vous retrace l'histoire de ce territoire rural depuis les années 1950, racontée par ses habitantes. C'est le résultat d'un collectage de témoignages enregistrés par les médiateurs et bénévoles de l'écomusée. Ces derniers ont d'ailleurs suivi une de nos formations.

 

Musée Saint-Raymond, Toulouse

Musée Saint-Raymond, Toulouse

Audiodescriptions pour le handicap visuel

 

Histoire de Son participe également à la mise en accessibilité des lieux de tourisme et de culture comme l'écomusée de Plouguerneau. L'audiodescription de la vidéo de présentation de ce musée des goémoniers et de l'algue est destinée aux visiteurs déficients visuels.

 

Pour les personnes souffrant de handicap visuel, le musée des Antiques Saint-Raymond de Toulouse a fait appel à nous. Un audioguide spécifique permet au visiteur non-voyant une découverte audio et tactile de certaines pièces du musée.

 

Également de conception universelle, l'audioguide du musée Georges Borias d'Uzès (Gard) vous permettra d'entendre la conservatrice en personne vous expliquer la préhistoire et l'histoire de la région, les origines des fameuses céramiques, la famille Gide...

 

Deux séquences d'audiodescription tactile figurent également dans l'audioguide de la collégiale Saint-Martin de Montmorency (Val d'Oise). Maître verrier, sculpteur ornemaniste, historiens vous décryptent les richesses de cette vaste chapelle funéraire des Montmorency, notamment de remarquables vitraux du XVIe siècle.

La forêt de Fontainebleau se raconte

 

En plein air et à deux pas de Paris, la forêt de Fontainebleau est un immense terrain de jeu, de sport, mais aussi de culture grâce à l'Office National des Forêts. Son application mobile « La forêt de Fontainebleau » propose de nombreux parcours : narrations, immersions et ...découvertes ! Histoire de Son a réalisé les contenus audio des sentiers naturalistes et sylvicoles. Il s'agit avant tout d'interviews de scientifques, de forestiers et d'historiens.

 

Le Val de Loire vu du train

 

Si vous passez vos vacances en Val de Loire, préférez le train ! Ne serait-ce que pour essayer l'application mobile Le Val de Loire vu du train proposée par Mission Val de Loire. À bord du TER Angers-Blois l'application commente le paysage : géographie, hydrographie, mais aussi occupation humaine, châteaux, habitats troglodytiques... Histoire de Son a interviewé une quinzaine de spécialistes pour réaliser les contenus audio de cette application, et ce n'est pas terminé !

 

Le sentier de la Drôle de Guerre en Suisse d'Alsace

 

Un peu plus à l'est, si vous ne connaissez pas la Suisse d'Alsace, venez parcourir ses douces montagnes boisées et découvrir son patrimoine militaire et historique. À Wangenbourg-Engenthal, deux tout nouveaux sentiers d'interprétation vous racontent la singulière parenthèse vécue par la commune entre septembre 1939 et mai 1940. La 5e armée du Général Bourret y stationnait. Un certain colonel De Gaulle y a passé quelques mois. L'audioguide du sentier vous permet d'entendre les récits des habitants d'hier et d'aujourd'hui.

 

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Paroles de médiateurs culturels #6 : au cœur de l'exposition

24 Juin 2015, 22:12pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #6 : au cœur de l'exposition

La médiation dans l'exposition est une évidence ; en soi, une expo est déjà un dispositif de médiation. Mais à quel moment la réflexion sur la relation au public intervient-elle ? De plus en plus en amont.

 

Il en va des expositions comme des collections permanentes. Pour les musées d'art, de sciences et techniques ou de société, pour les écomusées comme pour les centres d'interprétation, la question est la même : que veut dire exposer ?

On dévoile, certes, on met en relief, une partie d'une collection restée dans l'ombre. On met en scène un nouvel angle d'approche. On attire l'attention, comme en collection permanente. Mais, dans le cas d'une exposition, par définition temporaire, on doit le faire avec encore plus de vigueur puisque ça ne dure pas. Comment capter le public ? Et surtout, comment le toucher, le convaincre, le séduire, voire le faire revenir ? La question de la médiation culturelle est bien là, celle du rapport aux publics, comme toujours.

 

Mais si les organisateurs d'exposition se soucient de médiation, la question est aussi : quand s'en inquiètent-ils ? Dès le début de la conception de l'exposition ou une fois qu'ils ont rassemblé toutes les pièces qu'ils veulent exposer ?

Voici une réponse, rassurante et encourageante pour les médiateurs culturels, celle d'Anne Dupont, co-directrice de l'écomusée des Monts d'Arrée et chargée d'édition pour l'EPPC Chemins du Patrimoine en Finistère.

Le médiateur culturel intervient désormais en amont des expositions.

 

 

Les mots ont donc changé, fini le « guide » qui dirige un public passif au fil de l'expo. Le fait d'intégrer le médiateur ou le chargé de médiation dès la conception de l'exposition permet au public d'interagir avec ce qu'il voit et d'être acteur de sa visite.

 

Après la question du « quand » concevoir la médiation d'une exposition ? Revenons sur le comment …

Vous pouvez bien sûr réécouter les enregistrements des trois éditions du colloque « ce qu'exposer veut dire » organisé chaque année par l'INP (institut national du patrimoine). La médiation est au centre de certaines interventions des conférenciers.

 

Qui sont les publics des expositions ?

 

On s'interroge forcément sur le public pour lequel on conçoit une exposition, puisque c'est la raison d'être de la médiation.

Voici une réponse intéressante de Martine Thomas-Bourgneuf, muséographe et muséologue indépendante, dans son article " Pour qui conçoit-on une exposition ? "
publié dans La fabrique du musée de sciences et société par la documentation française en 2011.

Je ne réponds pas à une attente ou à une demande des futurs visiteurs. Je ne crois absolument pas qu’il y ait des attentes des publics. (….) S’il y a une demande des visiteurs qui soit cernable et cernée par des études, c’est celle d’être surpris.

Martine Thomas-Bourgneuf

Quant à la notion de « grand public » Martine Thomas-Bourgneuf la juge trop floue et indéfinie. Et surtout, cette notion répond à une logique de demande (assurer la fréquentation), alors que l'exposition culturelle doit selon elle se situer dans une logique d'offre. L'exposition, c'est une proposition, un point de vue, qui ne fera pas forcément consensus qui trouvera « son » public, le sien uniquement.

Chez tous les concepteurs de contenus d’exposition, qu’ils soient muséographes, scientifiques, ou conservateurs (…) de la subjectivité est à l’oeuvre, faite de convictions, de passions, de sensibilité etc. - ce qui n’empêche pas le sérieux scientifique.

Martine Thomas-Bourgneuf

 « individualiser » la médiation pour de multiples publics

 

Pour néanmoins élargir l'accès à la culture et s'adapter à la potentielle diversité des publics, Martine Thomas-Bourgneuf pose quelques principes de base :

  • multiplier les niveaux de lecture, de perception et d'information

  • diversifier les outils et les canaux de médiation (donc les intervenants)

  • s'adresser aux intelligences multiples et à tous les sens

  • privilégier la souplesse d'utilisation des parcours, des outils, des supports

  • ménager des rythmes et des pauses

La question de la médiation dans l'exposition est donc bel et bien prise en compte, et de mieux en mieux.

Quant à la médiation par l'exposition, en voici un bel exemple pour terminer : l'atelier « commissaire d'expo toi-même » du Zinc, le centre de création « arts et cultures numériques » de la Friche la Belle de Mai à Marseille. Les enfants ont réalisé des œuvres tout au long de l'année, et découvrent au cours de l'atelier les métiers impliqués dans la création d'une exposition. Ils passent ensuite à la pratique et montent leur expo. Parmi les métiers découverts par les enfants dans ces ateliers, celui de commissaire d’exposition, de scénographe, de chargé de la communication, de régisseur et...de médiateur

 

Pour en savoir plus :

« Pour qui conçoit-on une exposition ? » de Martine Thomas-Bourgneuf, La fabrique du musée de sciences et société, la documentation française, collection « Musées-Mondes », dirigée par Jacqueline Eidelmann, février 2011Télécharger

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2015.

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2014.

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2013. 

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Paroles de médiateurs culturels #5 : patrimoine immatériel

9 Juin 2015, 16:14pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #5 : patrimoine immatériel

Par définition, le patrimoine culturel immatériel (PCI) ne propose pas de support physique pour accrocher les sens du public. Pourtant, depuis que l'Unesco en a fait un objet de protection, son importance est reconnue. Les médiateurs culturels s'approprient donc le PCI.

 

L'ennui, c'est que le patrimoine immatériel est potentiellement aussi vaste que l'humanité.

Comment définir ses limites ?

Qu'est-ce qui fait patrimoine ?

Et quand bien même on a pu déterminer ce qui est patrimoine culturel immatériel, comment le valorise-t-on auprès des publics ?

 

Le rôle des musées de société

 

Ce sont des questions que se posent notamment les médiateurs d'écomusées et de musées de société.

Ils se frottent sans cesse à l'immatériel : langues, musiques, chants, paysages, savoir-faire et techniques, pratiques rituelles, ludiques ou artistiques .... tout ce qui caractérise le territoire où s'inscrit l'écomusée.

 

Lena Boisard-Le Coat est étudiante en ethnologie, et actuellement chargée de projet à l'écomusée des Monts d'Arrée.

Elle travaille sur un projet original : la création d'un spectacle en langue bretonne, créé à partir des collectages réalisés auprès des habitants du territoire sur le thème du potager et son évolution depuis les années cinquante en centre Finistère.

C'est donc une forme particulière de médiation culturelle.

 

 

 

Patrimoine immatériel, société vivante

 

Ce que Lena Boisard-Le Coat aime dans le patrimoine culturel immatériel, c'est qu'il est vivant, en perpétuelle évolution. En dépit des tentatives de transformation en folklore, notamment en Bretagne, ce patrimoine immatériel bouge, s'adapte ou disparaît. S'il a pu rester, il est le miroir mouvant - et émouvant - d'une société à une époque donnée.

 

Notion récente, médiation innovante

 

Le PCI est aussi une notion récente puisque l'Unesco l'a formalisée en 2003. C'est donc un champ d'innovation pour la médiation culturelle : expositions sonores, reconstitutions grandeur nature, dispositifs numériques mobiles, récits transmédia, spectacle vivant, tout peut être imaginé ! Tout reste à inventer.

 

Réflexion sur nos traces humaines

 

Qu'est-ce qu'une médiation réussie du patrimoine culturel immatériel pour Lena ?

Celle qui inciter le public à l'interrogation, à la réflexion sur l'identité du territoire visité ou sur sa propre identité s'il est lui-même habitant de ce territoire.

 

Parce qu'il n'est pas un objet qui résiste au temps, parce qu'il a besoin de l'humain pour être transmis, le patrimoine immatériel oblige à une appropriation.

Et qui se l'approprie le transforme déjà en le passant par son tamis personnel.

Le médiateur lui-même est concerné.

 

Pour aller plus loin

 

 

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Les musées peinent encore à séduire les adolescents

19 Mai 2015, 16:59pm

Publié par véronique muzeau

Les adolescents ont une vision dépassée des musées

Les adolescents ont une vision dépassée des musées

Les adolescents perçoivent une image très figée et très restreinte des musées malgré la diversité des établissements et tous leurs efforts de médiation culturelle envers le public jeune.

 

Les chevelures argentées ont-elle dominé la nuit des musées ? La nuit a-t-elle été trop calme et pas assez folle ? Les statistiques nous le diront peut-être dans quelques temps.

En attendant, France Culture a relancé le débat avec sa très bonne enquête multimédia sur les médiations des musées à destination des jeunes.

 

L'âge de choisir ses sorties

 

Le problème c'est déjà que le terme « jeune » est un peu trop large. Entre les enfants de maternelle et les adolescents au seuil de la majorité, c'est le grand écart.

Partons du principe que les plus petits n'ont pas encore l'autonomie de leurs sorties. Concentrons nous sur ce public qu'on dit « difficile » voire « rebelle » : les adolescents. Disons les 14-18 ans. Un âge auquel on affirme ses goûts pour finalement gérer seul ses loisirs et pratiques culturelles.

 

L'importance de l'éducation

 

Les adolescents sont donc assez grands pour choisir d'aller ou pas au musée...quoi que ! Le reportage de France Culture donne la parole à une sociologue, Sylvie Octobre, qui insiste bien sur le poids de la transmission familiale et des pratiques éducatives inscrites dans la petite enfance. La scolarité reste souvent la seule occasion d'aller au musée. Les vacances en sont une autre car les touristes ont davantage tendance à découvrir les musées lointains qu'à passer les portes des musées proches de chez eux. Mais les vacances ne sont pas à la portée de tous.

Les musées ont donc beaucoup travaillé leur accueil des publics scolaires pour concevoir des visites inoubliables. Ils espère ainsi voir les écoliers revenir dans leurs murs, même quand ils auront grandi.

 

L'enquête de France Culture a fait ressurgir un reportage plus ancien (avril 2012) visible sur Francetv education. Certes, depuis 3 ans, les choses ont bougé dans les musées. Cependant, en 2012, la médiation avait déjà beaucoup inventé et dépoussiéré. Pourtant, on est frappé par les idées reçues et clichés émis par ces lycéens de seconde. Ils viennent pourtant d'un établissement parisien et on peut supposer qu'ils sont donc plutôt favorisés socialement et culturellement.

 

Une perception erronée des musées

 

Premier point saillant : dans l'idée de ces jeunes, le musée est un musée des beaux-arts. Le « Louvre, Orsay » sont les seuls cités. Quid des autres pans de la culture ? Des musées de société ou écomusées, des musées de civilisation, des musées plus thématiques ou des établissements de sciences et techniques ? Peut-être ne sont-ils pas identifiés comme musées... et c'est vrai que, souvent, ils en refusent l'appellation préférant celle d' « espace » ou de « centre de découverte ». Sans doute pour s'éloigner du côté « conservateur ».

 

Second point, les adolescents interviewés ne sont pas spontanément attirés par le musée : « ma mère m'a un peu obligée », « j'irais pas toute seule », « ça m'intéresse pas trop » « je peux comprendre que ça n'intéresse pas trop les jeunes de mon âge », « on préfère voir des choses sur internet », « si on n'est pas intéressé, on va vite se lasser », « avec des guides, c'est un peu lent » … Il y a comme une méconnaissance du renouveau de la médiation culturelle muséale.

De même, Théo, 14 ans, que nous avions interviewé récemment dans ce blog, nous confiait son ignorance des nouvelles propositions interactives et participatives des musées.

 

En filigrane, on perçoit dans les yeux de ces jeunes l'image d'un musée figé, voire compassé et réservé aux adultes : « tous les adultes ont l'air intéressé...je pense que ça vient avec l'âge ».

Or, cette dernière impression peut être rédhibitoire à l'âge où on aspire à partager avant tout avec ses pairs. Cette interaction presque exclusive avec les gens de son âge, c'est l'une des spécificités dont doit tenir compte la médiation culturelle adaptée aux adolescents.

La conférence « Adolescents, loisirs et dispositifs de médiation culturelle » de l'Institut National de la Jeunesse et de l'Éducation Populaire (INJEP), en avril 2014, ajoutait d'autres données : une sortie ostensible de l'enfance, la préférence pour un encadrement invisible et des stéréotypes de genre très marqués.

 

 

Alors que faire ?

 

Elargir le champ de la culture

 

Une fois pour toute, il faudrait en finir avec les discours officiels et institutionnels qui limitent la culture à l'art. Que les jeunes qui n'ont pas la fibre artistique puissent être rassurés : oui l'économie c'est aussi de la culture, de même que le numérique ou encore l'écologie, la biologie, l'ethnologie. Chacun doit pouvoir trouver musée à son pied. À cet égard, les expositions thématiques de la Cité des Sciences et de l'Industrie ont largement réussi leur mission, et séduit les adolescents.

Bref, il faut décloisonner ! Pourquoi un musée des beaux-arts s'interdiraient-ils une réflexion sur des sujets de société ou d'actualité explorés à travers ses collections ? C'est une expérience encore trop rare...mais qui pourrait attirer les adolescents ?

 

 

Médiation participative et ciblée

 

Des événements, une actualité comme la nuit des musées, ou des concours de selfies permettent aux visiteurs d'être actifs. On lutte alors contre l'image statique du tableau accroché au mur. Les événements permettent aussi aux adolescents une participation en « bande » voire un échange sur les réseaux sociaux, donc un échange entre pairs.

 

De même, les ateliers créatifs peuvent être un bon moyen d'attirer les adolescents, pourvu qu'ils soient ciblés sur les 14-18 ans, bien distingués des ateliers 10-13 ans, eux-mêmes séparés des ateliers « enfants » ou « familles ».

 

Sortir de l'impératif éducatif : admettre que s'amuser est un droit et qu'on ne doit pas forcément apprendre. On peut fréquenter un musée juste pour le plaisir des yeux ou juste pour commenter les œuvres entre potes et bien rigoler.

 

Des outils sexy comme les nombreux dispositifs de réalité augmentée, jeux vidéos de visite et autres parcours multimédia sont donc appropriés à cette vision ludique du musée. D'autant plus que les ados maîtrisent et apprécient smartphones et tablettes.

 

 

Des humains pour transmettre de la passion

 

Sylvie Octobre précise cependant que tous ces dispositifs multimédia ne sauraient suffire à conquérir un public adolescent.

De même que les jeunes élèves, aussi rebelles soient-ils, suivront avec respect un enseignant passionné, ils peuvent suivre le « guide » ou le médiateur si son enthousiasme est contagieux. Histoire de Son, qui fait parler les acteurs des territoires, des sites ou des établissements culturels, ne dira pas le contraire.

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