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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #mediation culturelle

Des contenus audio au musée

21 Mars 2017, 10:29am

Publié par véronique muzeau

Des contenus audio au musée

Quand on aborde la question du son au musée, il faut aller au-delà de l'aspect technique : certes, veiller aux conditions d'écoute est un préalable, mais quid du contenu même de la scénographie sonore ?

 

Sylvain Gire (Arte radio) l'avait fait remarquer : la diffusion de son dans les musées et autres espaces publics est un enjeu fort et souvent mal pris en compte. D'où les séances d'écoute au musée mises en place par sa webradio au centre Pompidou l'an dernier. Un début pour développer la culture de l'audio dans ces lieux.

Le colloque franco-québecois, « Musée en mutation : Logiques économiques, culturelles et sociales » aborde la question parmi beaucoup d'autres : le 30 mars 2017, Judith Dehail (Université Paris-Sorbonne) intervient sur ce thème : «À contresens ? Questionner l’hégémonie du visuel au musée. Le cas des musées de musique du point de vue de leurs visiteurs». Bien sûr, il s'agit ici du cas particulier de la musique, qui est loin d'embrasser l'ensemble des matières sonores.

Cependant, petit à petit, le son dans sa globalité fait son trou dans les musées et expositions. Quand il n'est pas en soi une œuvre d'art exposée comme telle (création sonore), il est essentiellement présenté comme « agent d'ambiance » et outil d'immersion. Outre la musique, les illustrations et paysages sonores - avec idéalement la validation scientifique d'un archéologue spécialisé – investissent de plus en plus les scénographies.

 

Reste à soigner les conditions d'écoute face auxquelles les établissements culturels ne sont pas tous à égalité.

Techniquement, les solutions se multiplient : casques qui se portent au cou, douches sonores, objets parlants (gobelets, coussins), cabines et alcôves pour s'isoler, etc. Les prestataires spécialisés dans la diffusion muséographique sonore font preuve d'imagination ; il est vrai que « donner la parole » à un objet demande parfois un peu d'ingénierie.

Voilà pour le côté technique. Il est incontournable bien sûr, mais insuffisant. S'en contenter serait oublier que le son est aussi un outil de médiation culturelle et scientifique, délicat à manipuler mais doté néanmoins d'atouts séduisants. 

Faire écouter, c'est choisir  

Délicat, c'est vrai. Le son tout seul pour faire le lien avec un public, sans adjuvant écrit ou visuel : carte, infographie, schéma explicatif, inscription des noms propres... Pari risqué ! Que peut retenir le visiteur d'un discours uniquement oral ?
En fait, il y a bien un visuel : l'œuvre exposée ou l'objet de collection, et souvent aussi un cartel explicatif. Le visiteur n'est donc pas exactement seul avec ses oreilles.

Ce qu'il faut surtout bien comprendre c'est que :

le contenu audio est un outil complémentaire des autres outils de médiation. Comme la plus belle fille du monde, il ne peut donner que ce qu'il a.

Vouloir lui faire transmettre trop d'informations est une erreur. Le son ne saurait prétendre à l'exhaustivité. Le son n'est pas un cartel immatériel et encore moins un livret d'exposition audio.

C'est paradoxal, mais la recherche de qualité du contenu audio passe donc par des renoncements.
La médiation audio a ses exigences, il faut s'y plier si on prétend à la qualité (et à l'efficacité). Le son a ses spécificités de formats, d'écriture, de sélection des informations.

Il faudra donc aussi réfléchir au choix des sujets : certains sujets ou certains angles d'approche sont avant tout visuels, on doit renoncer à les mettre en son. D'autres en revanche sont plus adaptés à l'oral qu'à la vidéo (faute d'illustrations appropriées) : récit d'un souvenir, expression d'une opinion, anecdote linguistique... Il faut donc les valoriser par le son plutôt que de vouloir à tout prix les filmer !

Souplesse et intimité

La grande force de l'audio, avec laquelle un musée doit compter, c'est sa souplesse : peu gourmand en mémoire informatique, il est plus léger à stocker et à diffuser qu'une vidéo.

Le numérique permet à un contenu audio de voyager bien au-delà d'un appareil d'audioguidage et des murs d'un musée. La mobilité du son est potentiellement supérieure à celle d'une vidéo et c'est un contenu qu'on peut consulter sans danger en marchant ou en conduisant...La conception du contenu audio doit donc tenir compte de cette hypothèse d'une écoute hors les murs. D'où l'intérêt de la conception universelle d'un audioguide qui intègre par exemple quelques descriptions analytiques pour permettre l'accessibilité à un public déficient visuel...ou simplement non présent devant l'œuvre.

 

Et puis l'audio, c'est le média de l'intime. Il crée avec les visiteurs un lien particulier, voire une fidélité, au-delà du seul temps de visite. C'est particulièrement vrai pour ces musées espagnols qui ont poussé l'ambition jusqu'à créer des radios dans leurs murs ! Mais c'est réalisable facilement avec une webradio ou un réseau social sonore de type soundcloud comme Museumstag qui nous fait écouter les objets de musées allemands. C'est en outre ludique, souvent poétique, ça peut donc être viral. En outre, dans le cas des écomusées et musées de société, faire partager le son des objets d'un patrimoine relève bel et bien de la médiation.

 

Pour renforcer le lien avec ses visiteurs, il est possible de les faire parler pour les intégrer dans la médiation. Ce sera toujours plus facile que de les filmer. Le micro sait se faire discret quand la caméra et ses images suscitent réticences et complexes. On prête toujours plus volontiers sa voix que son visage.

Créativité et liberté

Ainsi en arrive-t-on à des utilisations vraiment créatives et intelligentes de l'audio au musée, comme ce qu'a fait le Moma (musée d'art moderne) de New York il y a quelques années, avec son Artobots qui réinterprétait une exposition de John Chamberlain au Guggenheim et la transformait en exposition « Transformers ».

Et son cousin le San Francisco Moma n'est pas en reste ; les contenus audio de son application mobile de visite proposent en effet :

  • des interviews et commentaires par des personnes ressources aux profils très variés pour des points de vue décalés sur les œuvres ou l'art : artistes, sportifs, auteurs...

  • de l'immersion sonore dans les univers intérieurs ou extérieurs au musée

  • des promenades dans la ville en lien avec l'architecture et l'art

  • une composante sociale avec la possibilité pour les visiteurs de synchroniser leur écoute d'une même séquence pour pouvoir échanger ensuite des impressions sur son contenu.

 

Musées français, n'hésitez pas à faire appel à Tous Curieux/Histoire de son pour, vous aussi, sortir de la préhistoire de l'audioguidage.

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2017

27 Février 2017, 14:23pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2017

Jadis, les période pré-électorales étaient très calmes, voire figées. On dirait bien que cet attentisme appartient désormais au passé. En tout cas dans les domaines de la culture et du patrimoine. Quel effervescence, les rendez-vous bourgeonnent de partout !

 

Culture et numérique

 

Le deuxième atelier expérimental IMUalpha de l’année 2017 sera consacré aux récits dans la cartographie sensible. Le 2 mars 2017 à Lyon (69), les chercheurs de différentes disciplines vont s'interroger sur les récits urbains diffusés par les nouveaux outils. Entre autres questions : comment mutent les déplacements de savoirs traditionnels dans des espaces influencés par les nouvelles technologies et les mobilités numériques?

 

Artistes, ingénieur, scientifiques et entrepreneurs sont susceptibles d'intervenir dans le champ de l'art et des nouvelles technologies ; ils peuvent se retrouver, du 15 au 18 mars 2017, au Vertigo - Forum Art Innovation de l'Ircam à Paris. C'est à la fois un rendez-vous de présentations de prototypes et de réalisations artistiques et une plate-forme de travail dans l'esprit des FabLabs, et dans des domaines multiples : musique, art, design et architecture en lien avec les technologies numériques.

 

Le séminaire RECHERCHE, ART, PRATIQUES NUMERIQUES  #10 de l'IMéRA - Institut d’études avancées - est consacré à l'archéologie et au numérique le 15 mars 2017 à Marseille (13). Chercheurs et artistes vont pouvoir y confronter leurs points de vue et idées sur tous ces objets archéologiques, fac-similés, restitutions architecturales virtuels ou d'origine numérique.

 

Du 18 au 26 mars 2017, c'est la semaine de la langue française et de la francophonie. Pour l'occasion, le ministère de la culture met en avant son opération-concours Dis-moi dix mots. L'objectif principal de la nouvelle édition est de montrer comment le français s'adapte à des technologies et à des usages numériques en constante évolution.

 

Vers une culture 2.0 : l'avènement d'une société numérique c'est le thème d'une journée d'études organisée le 22 mars 2017 à l'Université de Poitiers, Nouvelle Aquitaine (86). Elle portera sur l'histoire, les religions et l'art face au numérique ; comment le numérique façonne les rapports entre une société et son passé.

 

Laval Virtual c'est le salon de la réalité virtuelle ou augmentée en Mayenne. Il a la bonne idée d'aborder aussi les questions de la médiation et de l'éducation par ces technologies. Le CCSTI - Musée des sciences de Laval et l’Amcsti proposent proposent deux journées de travail pour aider les novices à définir leurs besoins, leurs projets, le cahier des charges, avec un programme de conférence, table ronde, visite thématique du salon, retoursd'expérience et ateliers les 22 et 23 mars 2017 à Laval.

 

La première rencontre numérique de l'année du ministère de la culture et de la communication a lieu au Musée du Louvre à Paris les 27 et 28 mars 2017. Cette #RencNum est consacrée aux publics in situ et en ligne des équipements culturels : le point sur les usages que les uns et les autres font de l'offre proposée et surtout sur les relations qu'ils entretiennent avec ces établissements.

 

 

Médiation culturelle

 

L' OCIM (office de coopération et d'information muséales) organise une rencontre nationale intitulée « Chercheurs-publics : quelles réceptions de la rencontre ? » le 21 mars à Paris. L'an dernier, il s'agissait de se pencher sur la diversité des formations et expériences des chercheurs quant à la vulgarisation et la médiation scientifique. Cette année, c'est le point de vue des publics qui est donc examiné.

 

« Musée en mutation : logiques économiques, culturelles et sociales », c'est le sujet d'un colloque les 29 et 30 mars 2017. Il sera retransmis en visioconférence simultanément au LRPC (Trois-Rivières, Québec) et au CELSA (Paris) les 29 et 30 mars 2017. Près d'une trentaine de questions y sont abordées : évolution de la notion de patrimoine, diplomatie culturelle, question environnementale, néolibéralisme économique, tourisme de masse, numérique, hégémonie du visuel, mise en valeur de l'archéologie, marché de l'art, publics en situation de handicap...

 

Le 30 mars 2017, une journée d'études est consacrée au thème : « Des musées d’arts industriels aux collections d’arts décoratifs : les enjeux de la valorisation patrimoniale d’un passé industriel ». C'est le centre de recherches sur les économies, les sociétés, les arts et techniques (CRESAT) de l’université de Haute-Alsace qui l'organise à Mulhouse (68).

 

Et toujours en Alsace, « Le musée citoyen » est le thème des rencontres professionnelles de la Fédération des écomusées et des musées de société du 30 mars au 1er avril 2017 à Ungersheim et Strasbourg (68).

 


 

Tourisme culturel

 

Place marketing forum 2017 est le grand rendez-vous du marketing territorial les 23 et 24 mars 2017 à Lyon. Certes, le sujet dépasse la question culturelle mais elle y occupe néanmoins une place de choix comme nous vous l'expliquions dans ce blog. Et comme l'atteste la présence d'Evelyne Lehalle qui interviendra sur le tourisme culturel.

 

 

Culture sonore

 

Le 10 mars 2017, à la Gaîté Lyrique à Paris, universitaires, artistes, institutions ou média vont partager sur « La ville augmentée par le son ». Un thème particulièrement cher à Tous Curieux/Histoire de son. Il s'agit surtout de l’expérience auditive en mobilité. Souvent, elle se transpose en cartographie et invite à la déambulation, en particulier dans la ville, comprise ici comme un nouvel espace de création sonore et d’expérimentation. Mais le son invente aussi de nouvelles muséographies qui seront abordées également lors des rencontres et tables rondes. À suivre aussi des démonstrations de dispositifs de réalité augmentée audio.

 

« Les Lundis numériques de l'INHA » s'intéressent à l'archéologie du paysage sonore le 13 mars 2017 en compagnie d'une spécialiste Mylène Pardoen (Institut des sciences de l’homme, Lyon). L'auteur de la restitution de Paris au XVIIIe siècle actuellement diffusée au musée archéologique de la crypte Notre-Dame à Paris, abordera son questionnement d'archéologue-productrice. Comment faire parler les archives ? Où s’arrête l’histoire et où commence l’art ? Quelles en sont les limites : représentation simple, témoignage de la réalité, fiction pure ? Quel mode de diffusion privilégier et pour quel public ?

 

Créateurs sonores, vous avez jusqu'au 15 mars 2017 pour répondre à l'appel à projets Gulliver 2017, une aide à la création et à la production d’œuvres de fiction et documentaires audio, abondée par la SACD France et la SACD Belgique. Pour connaître les modalités d’inscription, consultez : l’appel à projets (355 Ko)


 

Culture et patrimoine tout public

 

Du 8 au 12 mars 2017 à Lyon (69), c'est le Mirage Festival où se mêlent art, innovation et cultures numériques.

 

Du 30 mars au 2 avril 2017, c'est la 4e édition du Tropisme, festival augmenté de Montpellier (34). Il conjugue culture pop et nouvelles technologies et propose immersion dans le son, l'image, la fête et la pensée ! Tout un programme...

 

Les journées européennes des métiers d'art - 11e édition – ont lieu quant à elles les 31 mars, 1er et 2 avril 2017.

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en janvier 2017

31 Décembre 2016, 14:08pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en janvier 2017

Comme tous les ans, l'année commence fort pour les professionnels des musées et leurs prestataires avec deux salons internationaux. À suivre également, des rendez-vous autour de l'accessibilité culturelle et du son.

Culture et handicap

L'accessibilité culturelle on peut la pratiquer :

  • C'est le cas du Mucem à Marseille (13) qui propose aux visiteurs déficients visuels le 7 janvier 2017 une découverte multisensorielle de l'exposition "Café In". On y humera, touchera, entendra l'histoire, la géographie, l’économie, l’environnement, la consommation, la publicité et l’esthétique du café.
  • Le handicap visuel est aussi pris en compte par la Bibliothèque nationale de France à Paris, qui propose le 12 janvier 2017 une exploration tactile de l’univers des manuscrits médiévaux.

 

L'accessibilité culturelle, on peut aussi y réfléchir. « La culture et le handicap mental » est le thème d'un colloque le 20 janvier 2017, à Bourges (18), à l'initiative des Pep18.

 

Médiation culturelle et muséographie

C'est désormais acquis, les professionnels de musées et leurs prestataires ont chaque année deux rendez-vous parisiens en janvier pour se retrouver :

  • Le SITEM, salon international des musées, des lieux de culture et de tourisme a lieu du 10 au 12 janvier 2017. Cette année, le salon ambitionne de diversifier ses visiteurs et d'attirer davantage les acteurs privés, les collectivités territoriales et l’international. Un nouvel espace ecityhelp est dédié nouveau tourisme urbain.

  • Museumconnections rendez-vous international du business muséal, les 18 et 19 janvier 2017. Le salon met l'accent sur le modèle économique du musée au XXIe siècle : stratégie, financements, innovations, produits dérivés, marketing muséal, place du musée dans le développement touristique, internationalisation, etc.

Entretemps, le CLIC France (club innovation et culture) profite de cette double dynamique pour organiser ses 8èmes Rencontres Nationales Culture & Innovation(s), vendredi 13 janvier 2017 à Paris. Les RNCI se revendiquent comme un forum de l'innovation numérique dans les musées, lieux de science et de patrimoine.

 

Valorisation numérique des patrimoines

L’INHA (institut national d'histoire de l'art) continue ses lundis numériques consacrés aux humanités numériques, en particulier ce qui touche au domaine visuel. Le 9 janvier 2017, Emmanuelle Bermès évoquera « la stratégie numérique à la Bibliothèque nationale de France : tour d'horizon ».


Le réseau UDPN rassemble quant à lui les acteurs de la numérisation du patrimoine et usagers des patrimoines numérisés : conservation, médiation, éducation, création et recherche. Son séminaire doctoral a pour thème cette année : « Projets mis en réseau, interdisciplinarité mise en question(s) » . La séance de janvier 2017 (date, horaire et lieu à définir) sera consacrée à la « création, innovation, médiation, éducation et recherche », et sera coordonnée par Isabelle Barbéris (CERILAC/Paris 7).

 

Le #VEM – salon Voyage en multimédia - a lieu à Cannes (06) les 19 et 20 janvier 2017. Il y est question des liens entre tourisme et numérique, et le tourisme culturel y est abordé par des ateliers sur les tendances en matière de technologies et visites, sur les stratégies numériques des grands événements et festivals... Et la remise des Trophées de la Vidéo Touristique et Culturelle y récompensera les meilleures réalisations de 5 catégories différentes :

1. Grand Prix #VEM de la meilleure vidéo de destination touristique (structures ou organismes publics ayant compétence dans le domaine du tourisme)
– 2. Grand Prix #VEM de la meilleure vidéo d’influenceur « Voyage » (blogueurs)
– 3. Grand Prix #VEM de la meilleure vidéo de lieu ou événement culturel (musées, festivals…)
– 4. Grand Prix #VEM de la meilleure vidéo de voyagiste ou tour opérateur
– 5. Grand Prix #VEM de la meilleure vidéo de prestataire touristique (prestataires d'hébergement ou d’activités de loisirs...)

 

Culture sonore

La 14e édition de La Semaine du Son a lieu du lundi 23 au dimanche 29 janvier 2017 à Paris et jusqu’au dimanche 5 février partout en France. Tous Curieux / Histoire de son vous en reparlera plus en détails...

 

D'autant plus qu'a lieu chez nous à « Brest même » (Finistère) le fameux festival Longueur d'ondes de la radio et de l'écoute, du 31 janvier au 5 février 2017. Un temps fort pour tous les fans de création sonore !

 

Quant aux créateurs sonores de Belgique, ils ont jusqu'au 26 janvier 2017 pour participer à l'appel à projets semestriel du Fonds d’Aide à la création Radiophonique (FACR) chargé de promouvoir développer la création radiophonique en Communauté française.

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en novembre 2016

31 Octobre 2016, 10:58am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en novembre 2016

Est-ce l'influence de Museomix qui va vivre sa sixième édition ? La "participation" semble être le maître mot de ce mois de novembre dans le domaine des patrimoines et de la culture.

Valorisation numérique des patrimoines

La 2ème édition de la journée professionnelle Tourisme et Numérique a lieu le jeudi 3 novembre 2016 à Pleumeur-Bodou (pôle Phoenix). Elle permet aux professionnels, entreprises et collectivités d’identifier les nouvelles tendances et l’innovation appliquées au tourisme. Parmi les sujets d'intervention, l'apport des dispositifs de visite numériques sur le développement touristique.

 

Le CLIC propose le 14 novembre 2016 à Paris son 33ème atelier sur les nouvelles tendances des audioguides et des applications de visite des lieux culturels. Les interventions aborderont la question des contenus, des supports et des modèles économiques, elles associeront un musée et une entreprise sur 5 cas pratiques.

 

Le réseau IDEV (innovation et design d'expériences de visite) propose à ses adhérents un atelier design’in sur « la conception centrée utilisateur » des dispositifs numériques de visite, le 24 novembre 2016 à Nantes (44).

Médiation culturelle et muséologie

"Outils de veille, veille sur les outils", c'est le thème de journée 2016 du réseau MUST (Musées patrimoine et culturel scientifique et technique) le jeudi 3 novembre 2016 avec notamment Omer Pesquer, l'un des initiateurs de MuzeoNum.
 

En quelques années, Museomix est devenu l'événement phare de la muséologie vivante, en action : des centaines d'artistes, médiateurs, bricoleurs, scénographes, visiteurs passionnés s'associent pendant trois jours pour réinventer les musées de France mais aussi du Canada, de Belgique, d'Italie, de Suisse. L'édition 2016 (du 11 au 13 novembre, du 4 au 6 novembre pour le Canada) investit 17 lieux dans 15 villes.

 

Communicating the museums - CTM16 Québec - rassemble 300 professionnels de la culture du 15 au 19 novembre 2016 à Québec (Canada). 50 conférenciers internationaux aborderont les mutations des attentes des visiteurs, des technologies, de l’éducation et du financement, autour du thème de l'engagement et de la participation.

 

C'est décidément le sujet du moment...et celui aussi de Mediamus – Association suisse des médiateurs de musée – dont la rencontre nationale a pour thème cette année “la participation culturelle”, les 17 et 18 novembre 2016 à Fribourg (Suisse).

 

Quels médias et médiations pour représenter le mouvement, en particulier en exposition ? Vaste question que se posent les chercheurs, médiateurs et scénographes qui participent au colloque de l’Université de Bourgogne à la Maison des sciences de l’homme à Dijon (21) le 17 novembre 2016.

 

La Bibliothèque Nationale de France se met à son tour au remix ! La BNF organise son premier Hackathon les 19 et 20 novembre 2016 dans le cadre de la Semaine de l'innovation publique. « Le savoir de demain s'invente avec vous », telle est l'accroche de ces 24 heures non stop de réinvention du partage des données publiques et d'imagination de la bibliothèque du futur. Pour participer, l'inscription est obligatoire et gratuite. Le public est convié à venir assister gratuitement aux présentations des projets, à tester les outils numériques de la BnF et les « trouvailles » de Gallicanautes, ou à écouter à un concert à partir de partitions disponibles sur le site. On pourra aussi suivre le hackathon à distance via les réseaux sociaux de la bibliothèque.

 

Deux jours de colloque : « la muséologie scientifique, toute une histoire ! » pour commémorer un double anniversaire : les 30 ans de la Cité des sciences et les 80 ans du Palais de la Découverte à Paris (75) :
- Jeudi 24 novembre de 9h30 à 20h au Palais de la découverte
- Vendredi 25 novembre de 9h30 à 19h à la Cité des sciences et de l'industrie

 

 

Et en parallèle, les 24 et 25 novembre 2016, un autre colloque à Angoulême (16) s'interroge sur les mises en récits et en image de la science. « Telling Science, drawing Science » s'intéresse aux expériences, recherches, pratiques de narrations de la science pour l’éducation, la médiation et la communication scientifiques, voire dans d'autres contextes plus inattendus.

 

Comment valoriser ce patrimoine scientifique et technique ? Quels sont les questions et les propositions des entreprises et des universités sur ce sujet ? Une journée d'études pour y réfléchir le 28 novembre 2016 à l'espace culture de l'université de Lille (59).

Tourisme culturel

La 22e édition du salon du patrimoine culturel a lieu le 3 novembre 2016 au carrousel du Louvre à Paris (75). On y attend 340 exposants français et étrangers spécialistes de la restauration et de la sauvegarde du patrimoine, matériel ou immatériel.

Nouvelle écritures multimédia

« Littératies du XXIe siècle, sens dessus dessous » : joli titre pour le colloque de l'Agence nationale de recherche sur la translittératie les 7 et 8 novembre 2016 à la Cité des Sciences et de l'Industrie (75). L'objet du colloque navigue entre communication, information et info-documentation, au carrefour de l'éducation aux médias et de la médiation numérique. Il intéressera les professionnels de l’éducation, de la culture, de la jeunesse et du numérique.

Culture sonore

Les Rencontres Bandits-mages ont lieu à Bourges (18) du31 octobre au 13 novembre 2016, dans le prolongement du Festival Bandits-mages. C'est un moment de création collective pour les artistes multi-médias. On a repéré cet atelier son DIFFÉRENCE(S) ET RÉPÉTITION(S) – en trois actes, du 7 au 10 novembre 2016.

 

Au festival Gamer'z des arts multimédia, à Aix-en-Provence du 4 au 13 novembre 2016, on pourra s'adonner à des manipulations sonores avec des ateliers « scratche ta K7 » l’artiste Tapetronic – Alexis Malbert qui vous apprend à détourner et recycler des cassettes audio et des baladeurs pour en faire de nouveaux instruments de musique. On pourra aussi découvrir New Atlantis (La Nouvelle Atlantide) de Locus Sonus, univers virtuel partagé en ligne dédié à l’expérimentation et à la création sonore.

 

La biennale Offroad de Rennes (35) est un programme de parcours thématiques qui permet de relier les associations, collectifs d'artistes, structures et acteurs culturels de 5 quartiers de la ville. Dans ce cadre, le troisième rendez-vous est une balade sonore dans le quartier Nord avec Luc Larmor et les étudiants de l’EESAB, samedi 5 novembre 2016.

 

Il y a aussi des performances sonores comme cet « émincé d'oreilles » aux Rencontres Oscura des arts vivants alliés au numérique, du 4 au 25 novembre 2016
à Ganges
(30).

Et toujours à la Fondation Cartier pour l'art contemporain à Paris, cette exposition d'une vingtaine d'artistes ou de chercheurs inspirés par le travail du compositeur et bio acousticien Bernie Krause « Le Grand Orchestre des animaux » jusqu'au 8 janvier 2017.

 

N'hésitez pas nous signaler d'autres événements si nous en avons oublié... Rendez-vous sur le site internet de Tous Curieux/Histoire de son.

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La médiation culturelle par le Mooc

14 Septembre 2016, 14:26pm

Publié par véronique muzeau

La médiation culturelle par le Mooc

 

Les Mooc - massive open online courses – ou formations en ligne ouvertes à tous, se multiplient dans tous les domaines, notamment la culture. Ils sont potentiellement de bons outils de médiation indirecte. Potentiellement.

 

Une curieuse s'était inscrite récemment à un cours en ligne sur une thématique qui la passionnait a priori, que nous tairons par égard pour les producteurs du Mooc, une équipe universitaire.
La curieuse avait un bon niveau d'études supérieures et quelques bases dans différents domaines relatifs à ce thème ; disons une bonne culture générale qu'elle ne demandait qu'à consolider grâce à ce Mooc.
Très enthousiaste, elle attendait de pied ferme les cours en ligne dispensés via la plateforme Fun (France université numérique) sur laquelle elle avait déjà suivi d'autres Mooc avec plaisir et sérieux !
En outre, la formation s'annonçait riche, forte d'un large balayage des différents aspects de la question et d'une pléthore d'enseignants.

Las ! Le Mooc s'est révélé si ardu, si technique, et si peu pédagogique que la curieuse a rapidement lâché l'affaire... avec regret, mais aussi un soupçon de colère lié à cette désagréable impression de « tromperie sur la marchandise ».
La curieuse s'attendait à un grand moment de vulgarisation scientifique et culturelle. Elle a eu droit à un cours parfaitement adapté à des étudiants chevronnés en la matière, désireux de réviser leurs partiels...mais inaccessible à un public non spécialiste, même un peu familier du sujet.

Reste à analyser – à froid – cette déception.
Dans le fond, l'univers des Mooc, en grandissant, se révèle aussi diversifié que l'est déjà le monde de l'éducation. Même s'il y avait au départ l'idée d'enseigner à la  « masse », le ciblage a fini par faire irruption aussi dans la formation numérique. Il est normal après tout qu'il existe des Mooc de spécialisation à côté des Mooc d'initiation.

D'accord, mais à plusieurs conditions

Annoncer la couleur 

Dans tous les cas, l'avertissement ou le préambule du cours doit exposer clairement les pré-requis et les objectifs de la formation. On peut très bien concevoir un Mooc destiné à un niveau Bac + 2 dans une discipline, ou qui nécessite un travail personnel de 5 heures par jour. Encore faut-il clairement l'annoncer pour permettre aux « simples curieux » de passer leur chemin...

Penser l'ingénierie pédagogique en fonction du média

Un doute peut cependant s'emparer de l'élève dérouté : et si cet effet décrochage n'était pas voulu par les concepteurs du Mooc ? Si ces enseignants, sans doute très capables face à leurs étudiants, pensaient réellement être accessibles à un large public ?
Alors le problème est ailleurs ; il vient de la réflexion didactique de l'équipe des formateurs.
Les vidéos proposées duraient une dizaine de minutes, c'est un format courant en Mooc. Mais souhaiter transmettre dans cette courte durée la même quantité d'informations qu'en une heure de cours, c'est une erreur fatale.

Rappelons-le, une nouvelle fois, la vidéo (ou l'audio) n'est pas tout à fait un mode de transmission interactif. Contrairement au cours « en présentiel », le module audiovisuel ne permet pas de communication non-verbale entre le formateur et le formé. Pas de visages circonspects qui trahiraient l'incompréhension de l'élève, pas de main levée pour poser immédiatement une question sur un point obscur.
Les concepteurs du Mooc ont tout simplement oublié des éléments indispensables de la didactique vidéo : répétition et reformulation. Un contenu très dense, débité rapidement dans le temps imparti se révéle finalement très indigeste, même agrémenté de cartes et d'images …

Apprendre à s'exprimer devant la caméra

Une autre faille : l'écriture. Visiblement, les enseignants n'avaient pas été sensibilisés aux particularités de l'écriture audiovisuelle. Phrases interminables et enchâssements le disputaient aux termes techniques non définis, aux tournures alambiquées, etc

Enfin, la caméra, c'est un peu paralysant, convenons-en ; tout le monde n'est pas naturellement à l'aise face à son œil impavide et cruel. Lire un texte sur un prompteur en promenant son regard sur le côté nuit gravement à l'attractivité de la séquence. Une formation de base à l'expression devant une caméra aurait été la bienvenue. À défaut, il aurait fallu un intervieweur pour encourager l'enseignant et favoriser un ton plus naturel. Les seules séquences attractives du Mooc raté étaient d'ailleurs celles réalisées sous formes d'interview.

Terminons positivement, par un bon contre exemple. Les Mooc de Rue89, qui sont des modèles du genre pour l'enseignement des pratiques médiatiques, mobilisent à la fois un scénariste pédagogique, des journalistes, un graphiste, un vidéaste, un commercial, et des intervenants extérieurs. Avec l'appui de Christine Vaufrey, directrice de Mooc&Cie, et notamment conceptrice d'un Mooc de médiation culturelle sur l'Impressionnisme. Elle a toujours insisté sur la nécessité de croiser ces visions et ces compétences.
Le Mooc efficace n'est pas seulement un contenu savant. C'est un contenu pensé, c'est un travail formel.

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L'archéologie du métal, par la pratique

13 Juillet 2016, 09:31am

Publié par véronique muzeau

L'archéologie du métal, par la pratique

À Locronan (29), les journées nationales d'archéologie 2016 étaient consacrées à la paléo-métallurgie. C'est la passion de la jeune association Ar seizh metal (les 7 métaux en breton) soutenue ici par le Conseil départemental du Finistère. Archéologues artisans et animateurs-médiateurs ont fait découvrir très concrètement au public la métallurgie à travers les âges. Échos sonores.

 

En médiation culturelle, rien ne vaut la démonstration. Quant à la recherche archéologique, elle a de plus en plus recours à l'expérimentation pour vérifier ses hypothèses.

Voilà pourquoi la place de Locronan fourmille de dispositifs qui semblent tout droit surgis du passé ce 18 juin 2016.

Extraire le métal de la roche

Youen Daniel de l'Addes (association d’aide au développement économique et social) des Monts d'Arrée est animateur ; il nous fait découvrir la base de l'extraction du minerai de fer et de sa transformation en métal dans un bas-fourneau.

Il a récupéré dans la nature un minerai de fer et l'a passé au simple feu ; il a pu ainsi le réduire en poudre grossière qui sera versée dans son bas-fourneau.
Ce four en briques réfractaires et cimenté à l'argile est à usage unique. Après l'extraction du minerai, il est détruit lors de la récupération du métal.

L'opération de réduction du minerai de fer (séparation de la silice et du métal) prend plusieurs heures.

Le métal obtenu peut être de qualité variable. S'il est chargé en carbone, il s'agit d'acier, apprécié pour sa dureté mais plus fragile que le fer.

 

Les résidus de l'opération sont les scories : de la roche fondue dont on a extrait le minerai de fer, essentiellement de la silice. On en trouve un peu partout en Bretagne, elles témoignent d'une activité métallurgique ancienne.

L'archéologie du métal, par la pratique

Voici donc à peu près à la technique qu'utilisaient les hommes de l'âge du fer, donc dès 700 avant Jésus-Christ. Sauf qu'ils n'utilisaient pas de soufflet mais la ventilation naturelle, en plaçant le bas-fourneau dans un endroit exposé au vent.

 

Fondre le métal pour le façonner

Avançons un peu dans le temps, cette fois au Moyen Âge, en compagnie de Simon Pellequer, forgeron, et Jérôme Colivet, potier, tous deux également archéologues. Ils s'intéressent à la métallurgie de l'âge du bronze au Moyen Âge. Ici, ils travaillent autour d'un four de fusion, destiné à fondre le métal, en l'occurrence du laiton, pour lui donner forme.

Ce four était en usage dès le XIIe siècle en Allemagne, il apparaît couramment au XVe. On en a trouvé un dans un ancien atelier de bronzier à Paris.

Ce type de four permettait de fabriquer du laiton, alliage de zinc et de cuivre, utilisé en ornementation et bijouterie. Il servait aussi à travailler l'or et l'argent.

 

Retrouvez l'intégralité du reportage sur le site internet de notre partenaire Radio Évasion.

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en été 2016

28 Juin 2016, 17:28pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en été 2016

Allons nous vaquer tout l'été ? Ou continuer à nous former, à nous cultiver, à explorer les possibles de la médiation numérique des patrimoines ou de la science, du tourisme culturel ou de la muséologie ? À vous de piocher dans cet agenda !

 

Culture et patrimoine tout public

Les fééries nocturnes du collectif Fées d'hiver sont un parcours nocturne artistique et poétique en vallée de Crévoux (05). Cette édition 2016 propose de découvrir en déambulation nocturne 12 installations lumineuses, sonores ou visuelles. Plusieurs dates du 1er juillet au 9 août 2016.

 

Culture, handicap et numérique

Le site internet de Yanous (magazine francophone du handicap) publie depuis peu une page très détaillée sur les spectacles en audiodescription pour les personnes déficientes visuelles, en plus de son agenda de la culture accessible à tous handicaps (visites de musées ou d'expositions, festivals et animations).

 

Médiation scientifique et culturelle, pédagogie par le numérique

La première semaine de juillet est très riche en culture scientifique à Nantes (44) ! La ville accueille le Forum national de la CSTI (culture scientifique, technique et industrielle) le 5 juillet 2016 sur le thème « Publics, territoires, médiation : quelle ambition pour la C.S.T.I. ? ». En soirée, les youtubers médiateurs scientifiques seront invités à se produire en direct au cours de l'opération SOS Neurones.
Suivra la Science en partage 2.0, le 34
e congrès de l’AMCSTI du 6 au 8 juillet 2016, toujours à Nantes. Comme le suggère le titre, il sera question de l'impact du numérique sur la médiation, tant sur les modèles de coopération entre médiateurs et publics, que sur les outils.

 

Du mercredi 24 au vendredi 26 août 2016, place à l'université d'été Ludovia 2016, sur le numérique et l'éducation à Ax-les-Thermes (09). Il s'agit avant tout d'un colloque scientifique, qui s'intéresse cette année à la présence, l'attention et l'engagement en classe avec le numérique. Mais on peut y suivre aussi de nombreux ateliers, dont un sur la réalisation de podcasts, ou sur la MAO à partir de sons du quotidien.

 

Culture sonore

Qui est là ? est une rencontre sur l’effet de présence dans le son et ses usages ordinaires ou répressifs.
Christine Guillebaud, ethnomusicologue chargée de recherche au CNRS, propose un focus sur l’ingénierie sonore des espaces publics en Inde, des sonorités à base d'automates musicaux, boîtes à mantra électroniques, voix de loterie…
Au Musée du quai Branly, Paris, le 02 juillet 2016.

 

La Fondation Cartier pour l’Art contemporain (Paris, 14ème) présente une exposition inspirée du "Grand Orchestre des Animaux", de Bernie Krause, bio-acousticien, scientifique et musicien américain de renom, du 2 juillet 2016 au 8 janvier 2017. Des artistes du monde entier ont participé à cette exposition immersive en forme de méditation esthétique, à la fois sonore et visuelle, autour d’un monde animal de plus en plus menacé.

 

Un tout nouveau festival de son vient consacrer à Arles (13) les 30 ans de collaboration entre l'association Phonurgia Nova et la ville. Rewind propose pendant un mois expositions, spectacles et installations sonores, séances d'écoute, séminaires et conférences, et même un colloque sur les radios libres. Du 5 juillet au 4 août 2016.

 

En exposition dans le cadre des Tombées de la nuit à Rennes (35), Public Juke box est une sculpture publique et acoustique qui permet aux citoyens d’écouter des enregistrements sonores. À vivre les 16 et 17 juillet 2016.

 

Trois jours pour bâtir une utopie sonore du 26 au 28 août 2016 à la Cour des Aulnays (49), entre Nantes, Rennes et Angers, c'est l'idée du summer camp organisé par Le Bruitagène et quelques autres amateurs de son. Tous les créateurs sonores sont conviés, pourvu qu'ils soient idéalistes !

 

Envie d'un stage de field recording, de création ou de fiction sonore ? Une multitude de formules sont référencées dans l'agenda spécialisé de Syntone, le site d'actualité et critique de l'art radiophonique.

 

Muséologie

Tous les 3 ans, les professionnels de musée du monde entier se réunissent lors de la Conférence générale de l’ICOM pour discuter des tendances et des évolutions du secteur. Cette année, c'est du 3 au 9 juillet 2016 à Milan (Italie).
Le thème du symposium est un peu glaçant : « le musée prédateur » ! C'est en fait un regard critique sur la façon dont les musées ont constitué leurs collections, à coup d'expéditions voire de réquisitions, souvent sur fond de colonialisme...pas toujours reluisant en effet, et il est bon d'examiner en face ce passé pour imaginer un futur plus constructif.
Parallèlement, le comité italien de l’ICOM propose de réfléchir à un thème cher à la muséologie italienne : le rapport entre musées et paysages culturels. Il s'agit de penser le musée comme
centre d’interprétation pour son territoire et sa communauté, comme diffuseur de la connaissance du patrimoine culturel présent dans et hors les murs, comme contributeur du paysage culturel qui l'entoure.

 

Quels musées voulons-nous demain ? C'est la question que se pose le congrès annuel de l’Association des musées suisses (AMS) à Zürich, les 25 et 26 août 2016, autour de trois problématiques majeures : contenus et publics, contexte social et modèles financiers, formes de travail et organisation.

 

Sans oublier, de vous mettre en vacances et de tout arrêter !

 

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Les associations popularisent l'archéologie

10 Juin 2016, 09:52am

Publié par véronique muzeau

Des journées de l'archéologie 2016 très démonstratives à Locronan

Des journées de l'archéologie 2016 très démonstratives à Locronan

À l'approche des journées nationales de l'archéologie 2016, intéressons-nous à ces associations, de plus en plus nombreuses et très actives, qui facilitent grandement la médiation et la découverte archéologique auprès du grand public.

 

On dirait un foisonnement, comme à la fin des années 1970, quand sont nées toutes ces associations de patrimoine dédiées en priorité à la sauvegarde de bâtiments ou de sites.
Elles sont légion en France, la fédération patrimoine environnement revendique plus de 3500 associations adhérentes dans ce domaine !

Depuis le début des années 2000, la thématique archéologique semble avoir le vent en poupe.
Et les associations qui la portent se montrent très innovantes en matière d'actions et d'événements à destination du grand public, bien loin des sociétés savantes de la fin du XIXe siècle qui se limitaient presque exclusivement aux chercheurs et scientifiques.

 

Dans le Finistère, nous avons quelques beaux exemples de ces associations d'un nouveau style.

Dans la famille « troupes de reconstitution », Letavia est spécialisée dans le Haut Moyen Âge (ou l'Antiquité tardive) en Bretagne. Ses bénévoles passionnés replongent le public dans ces temps « obscurs », en tout cas méconnus, en reconstituant au plus près les ateliers, habitats, vêtements, repas, objets et gestes du quotidien de l'époque.

Plus transversale, la compagnie Dagorlad est autant un club de sport qu'une association de chercheurs consacrés aux arts martiaux historiques. Ses membres effectuent eux-mêmes des recherches documentaires très pointues pour reconstituer les techniques et postures de combat ou l'équipement et l'armement des époques anciennes dans toute l'Europe, jusqu'aux vikings.

 

Une véritable démarche scientifique de recherche

 

C'est surtout leur souci de véracité et de recherche qui donne toute sa crédibilité à la démarche de ces associations.

Elles comptent d'ailleurs parfois des professionnels de la recherche scientifique, et singulièrement de l'archéologie, en leur sein. 

Ainsi Les Mémoires du Kreizh Breizh, association qui valorise le passé du centre Bretagne compte deux archéologues parmi ses quatre salariés. L'association revendique d'ailleurs deux activités : la médiation et la recherche.

Côté médiation, elle sera l'un des fers de lance des Journées Nationales d'Archéologie dans la région, en proposant trois conférences le samedi sur les fouilles et les découvertes archéologiques locales, et un circuit balade le dimanche à la découverte des voies antiques autour de Carhaix.

 

Et les archéologues font donc appel à ces associations pour la pratique de l'archéologie expérimentale. Il s'agit souvent de faire reconstituer un geste technique, la fabrication d'un objet, pour en comprendre le fonctionnement ou valider une hypothèse.
Le chantier de reconstitution du château fort de Guédelon en est un exemple emblématique à grande échelle, mais les associations ont leur part aussi !
Notamment parce qu'elles comptent parmi leurs membres de véritables artisans-chercheurs, passionnés par leurs techniques et par l'histoire.
Ainsi Benjamin Simao, luthier « antique » de l'association Letavia travaille aussi régulièrement avec des musées en archéologie expérimentale musicale.

Des propositions de médiation culturelle innovantes

 

Une autre toute jeune association du Finistère spécialisée dans la paléo-métallurgie en Armorique, Ar Seizh metal, s'apprête à pratiquer ce type de « recherche en situation » à l'occasion des JNA, à Locronan.
Comptant parmi ses membres des artisans d'art passionnés d'histoire, l'association proposera au public d'assister à des
démonstrations de métallurgie de l'âge du Bronze.

S'y ajoutent des conférences d'archéologues à propos de l'exploitation et du travail du métal à cette période (-2000/-800) en Armorique, et sur les liens avec les Cornouailles britanniques dans le domaine de la métallurgie de l'étain (un des composants du bronze).
L'association créée en décembre 2015 lance également un financement participatif pour éditer un livret multimédia sur l'histoire du métal en Bretagne, associé à une application mobile, il proposera un contenu augmenté en vidéos.

 

Les 17, 18 et 19 janvier 2016, ce sont des dizaines d'associations qui vous proposent des découvertes de sites fouillés et des reconstitutions expérimentales en tout genre : fabrication et lancer de flèches du paléolithique, charpente navale du XVIIe, festins préhistoriques, gaulois, byzantins ou dégustation mérovingienne, artisanat antique, tissage de lin ou mouture de grain néolithique, combat romain, frappe de monnaie, réduction du fer gallo-romaine, initiations aux techniques de recherche en carpologie ou céramologie... sans oublier les spectacles et les rallyes archéologiques, ou les ateliers destinés aux enfants qui susciteront peut-être des vocations d'archéologues.

 

Il s'agit là de médiation directe mais les associations jouent également un rôle important toute l'année en médiation indirecte. Tous Curieux / Histoire de son fait régulièrement appel à ces personnes ressources passionnantes pour les contenus numériques de visite, audio ou vidéo, et elle les en remercie !

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en juin 2016

31 Mai 2016, 09:20am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en juin 2016

 

 

Dernier coup de collier avant l'été ; et apparemment, on ne s'est pas tout dit dans l'univers de la muséographie ou de la médiation numérique, du patrimoine augmenté et accessible, du tourisme – oui mais – culturel. Pas trop fatigués ?

 

Culture et patrimoine tout public

 

Les Bains numériques d'Enghien-les-Bains (95), c'est du 1er au 5 juin 2016.
Pour sa 9ème édition, le festival propose à ses visiteurs une traversée dans les mondes voisins de l’art et des sciences à l'occasion du 350ème anniversaire de l’Académie des Sciences. Dans toute la ville, les lieux sont revisités au gré des visions et imaginaires artistiques et scientifiques.

 

Du 3 au 5 juin 2016, revoici le festival d'histoire de l'art de Fontainebleau (77), carrefour des publics et des savoirs, pour amateurs et professionnels, cette année autour du rire et de l'art, avec comme pays invité : l'Espagne.
Au programme, des conférences, débats, projections, visites guidées et pour les professionnels, deux rencontres sur les métiers de l'histoire de l'art, qui n'oublient ni la médiation, ni le numérique.

 

C'est tout public et très geek, Futur en Seine est le rendez-vous de l'innovation, du 9 au 19 juin 2016, à Paris et en Ile-de-France. Très numérique, forcément !
Bien sûr, la culture y a sa part : vous pourrez donc tester des dispositifs de réalité augmentée appliquée au patrimoine ou des installations acoustiques de pointe, et découvrir des œuvres d'art numérique. On suit des conférences, on vit des expériences, et il y a même des ateliers pour enfants.
À suivre en particulier le premier week-end «patrimoine(s) en immersion», les 11 et 12 juin 2016 au Musées des Arts et Métiers.

 

Les 18 et 19 juin 2016, ce sont les journées du patrimoine de pays et des moulins. Discret, cet événement est cependant l'occasion de découvrir quelques pépites architecturales deci delà et cette année en particulier, les métiers et savoir-faire du patrimoine.

 

 

Culture sonore

 

Du 2 au 4 juin 2016 à Bruxelles (Belgique), le festival VariaSons laisse parler la création radiophonique et sonore. Un vrai régal pour les oreilles sensibles.
« Nous sommes tous des sons de la nuit », c'est le joli titre de la nuit de la radio proposée par la Scam et la SACD pendant 6 heures pour clore ce festival.

 

Le 5 juin 2016 à 18h, sur la péniche Adélaïde (Paris), un cinquième dimanche d'Écoutilles avec « Fragments hackés d'un futur qui résiste », prix fiction radio 2014 de la SGDL. Un beau menu pour un apéro sonore servi par l'Addor (association pour le développement du documentaire radiophonique).

 

Le cycle « À pleine voix » proposé par Karine Le Bail, historienne, chercheuse et productrice de l’émission éponyme sur France Musique se termine le 21 juin 2016, avec une séance sur les nouveaux dispositifs de sonorisation de la voix au théâtre et dans la musique classique, à la Bnf (Paris).

 

 

Médiation culturelle et muséologie

 

Une rencontre internationale pour les professionnels des musées et leurs prestataires entrepreneurs culturels, c'est We Are Museums qui a lieu cette année les 6 et 7 juin 2016 à Bucarest (Roumanie) au Musée National d'Art Contemporain.

 

Les chercheurs aident les musées à définir et réussir leur politique de médiation culturelle numérique. C'est en tout cas l'idée de la journée d'étude UDPN - Usages Des Patrimoines Numérisés – le 22 juin 2016 à Nantes. Trois tables rondes permettront aux participants venus de l'université ou des institutions, mais aussi des professionnels de la conception numérique muséale, d'échanger sur les applications mobiles et autres technologies numériques existantes. Il s'agira surtout d'évaluer ces dispositifs dans le but d'en assurer la qualité et la pérennité.

 

Un symposium de muséologie sur le thème "Exprimer les silences, révéler l’invisible au musée" a lieu le 23 juin 2016, à l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse (83). Chercheurs en muséologie et professionnels en muséographie vont débattre en particulier de 2 questions :

- Comment traiter au musée des questions sociétales « vives » dont les enjeux de la science et du numérique.

- Comment montrer le disparu, le sacré ou l’invisible par le média exposition grâce à des technologies, des médiations innovantes ou des formes d’écritures.
Pour s'
inscrire à cette journée symposium.museo@gmail.com

 

 

Valorisation numérique des patrimoines

 

Le réseau IDEV (innovation et design d'expériences de visite) porté par l'abbaye de Fontevraud organise le 9 juin 2016 à Saint-Nazaire (44) une journée de travail sur les nouvelles pratiques collaboratives associant les publics. Parmi les intervenants, Florence Andreacola abordera « La participation au musée face aux promesses du numériques : quelques cas et pistes de réflexion ».

 

Le 9 juin 2016, dans le cadre du séminaire organisé à l'INHA (Paris) sur les technologies de l'information et de la communication (TIC) et l’art, une séance de travail pour découvrir le traitement des données en masse avec OpenRefine.

 

La sixième rencontre "Médiation & numérique dans les équipements culturels", dans le cadre des Rencontres Numériques, a lieu les 13 & 14 juin 2016 aux Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine (93). Les Archives nationales présenteront donc leurs projets numériques et leurs actions éducatives. Suivront une session sur l'étude des publics et un focus sur la nouvelle école de médiation scientifique d'Universciences.
Ensuite, plusieurs tables rondes au choix : handicap et accessibilité, nouveaux dispositifs numériques, publics et territoires, Fablabs dans les équipements culturels, etc.

 

Les journées de l’Anact (association nationale pour l'archéologie des collectivités territoriales) ont lieu les 23 et 24 juin 2016 à Clermont-Ferrand (63). Les échanges s'étendent au-delà du champ de l’archéologie pour investir ceux des territoires, des patrimoines et de l’action culturelle.
Dans la séquence dédiée à l
archéologie territoriale à destination de ses publics, il sera question en particulier du patrimoine archéologique à l’heure du numérique, des nouvelles formes de médiation pour de nouveaux habitus et de mettre en valeur et rendre accessible les nouveaux patrimoines.

 

 

Nouvelles écritures multimédia

 

Le Lab Emergence est un programme de résidence franco-canadien consacré aux formes émergentes et innovantes d’écritures. Après un appel à projets, les auteurs ou scénaristes traditionnels et les professionnels de l’écriture interactive et multiplateforme explorent ensemble les nouvelles formes de narration du 5 au 11 juin 2016 au Banff Centre, dans les rocheuses canadiennes.

 

Les nouvelles formes de narrations participatives et digitales sont aussi représentées dans l'espace innovation et le Sunny Lab du Sunny Side of the Doc, marché international du documentaire, à La Rochelle (17), du 20 au 23 juin 2016.


Tourisme culturel

 

« L'éducation aux voyages : sensibilisations, apprentissages et productions touristiques », c'est le thème du colloque international AsTRES, du 20 juin au 22 juin 2016, à Quimper (29) au pôle universitaire qui regroupe toutes les formations en tourisme.
Chercheurs en sciences de l’éducation, sport, géographie, histoire, sociologie, anthropologie, ethnologie, économie, sciences de la communication, environnement, etc, se penchent sur les liens entre tourisme et éducation.

 

Les 23 et 24 juin 2016, les académies du tourisme numérique d'Aix-les-Bains (73) s'interrogent : peut-on réinjecter l'humain dans le digital ?
L'experte en tourisme culturel Evelyne Lehalle interviendra sur le dialogue entre habitants et touristes.

 

Quelle place la culture et le patrimoine tiennent-ils dans les motivations et le contenu des séjours touristiques ? Éléments de réponse au séminaire Nouvelles tendances de consommation touristique & tourisme en ligne, du 27 juin 2016 à Paris, organisé par le cabinet Raffour interactif.

 

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La démocratisation de la culture

16 Mai 2016, 15:56pm

Publié par véronique muzeau

La démocratisation de la culture

Entretien

 

 

En France, depuis la création du ministère de la culture en 1958, la notion de culture est très souvent limitée au domaine des arts. Pour Gilbert Le Guillou qui a œuvré pendant 40 ans dans l'éducation populaire, cette vision a aussi éloigné la culture du peuple, et vice versa.

 

 

Gilbert Le Guillou a animé et dirigé des maisons pour tous et autres structures de l'éducation populaire dans les Alpes et en Bretagne pendant 40 ans. Il vient d'un milieu ouvrier et a donc bénéficié personnellement de cette éducation populaire. Cependant, fort de son expérience et de son analyse du milieu culturel, il constate que la culture en France s'est institutionnalisée et éloignée du peuple.

 

Malraux, personnage clé

 

D'où vient la conception actuelle de la culture en France ?

 

Gilbert Le Guillou :

En 1958, les seuls pays qui possèdent un ministère de la culture sont des dictatures. La révolution culturelle de Mao n'a pas encore eu lieu mais démontrera par la suite le danger de « décréter » ce qui fait culture.

 

En France, cependant, Charles de Gaulle fraîchement élu président de la République tient à faire entrer André Malraux dans son gouvernement. Ce dernier aurait rêvé des affaires étrangères mais il est jugé trop peu diplomate pour ce ministère.
Pour faire rayonner la France dans le monde, Malraux finit par accepter l'idée d'un ministère de la culture. Son conseiller Pierre Moinot en a quant à lui une idée précise : le ministère de la culture doit réunir le portefeuille des arts et lettres et des structures d'éducation populaire, y compris municipales.

Mais ce regroupement ne se fera pas. Les réticences à la têtes du réseau d'éducation populaire sont trop fortes, qu'elles viennent de Michel Durafour, inventeur des maires adjoints à la culture, ou de Maurice Herzog, secrétaire d'état à la jeunesse et aux sports.

 

Emile Biasini trouve la solution. Puisqu'on ne peut fusionner arts, lettres et éducation populaire, on aura :

  • la diffusion et la création artistiques au ministère de la culture,

  • la pratique amateur populaire et la formation... ailleurs, notamment au secrétariat d'État à la jeunesse et aux sports .

 

Malraux peut alors mettre en œuvre sa conception de la culture, axée sur l'image d'une « cathédrale » : il faut exposer les œuvres et, par leur rayonnement, elles éclaireront les consciences. Le peuple devient alors un public, celui des « maisons de la culture » qui elles deviendront en 1991 les « scènes nationales ».

 

Ouverture culturelle mais fermeture sociale

 

Quelles ont été les conséquences de cette conception de la culture ?

GLG :

Il faut bien se rendre à l'évidence, la contemplation des œuvres, ça ne suffit pas pour s'éduquer.

Le peuple boude ces lieux culturels, en tout cas les classes sociales les plus modestes ne viennent guère y élever leur conscience. Les chiffres des pratiques culturelles des Français régulièrement rapportés par la Documentation Française le montrent bien.
La mixité sociale des publics des scènes nationales, centres d'arts ou conservatoires reste une chimère.
Seuls les musées et monuments semblent attirer un public plus diversifié socialement.

Pourquoi cette fermeture sociale des lieux de culture ?

 

La qualité de l'offre culturelle n'est pas en cause. Elle est même plutôt ouverte et multiple. Mais le public peu familier de ces structures lui associe encore trop de codes ou de savoir-être. On se pose encore la question de « comment s'habiller pour aller au théâtre ». La fréquentation majoritaire par des classes moyennes supérieures renforce sans doute les barrières mentales et la fermeture sociale.

Et la création des médiateurs culturels dans les années 1980 n'aura pas réussi à ouvrir socialement ces lieux de culture, si ce n'est par le biais de l'école.

 

L'entre soi

 

La culture s'est institutionnalisée dans des équipements qui structurent toutes les villes, et dans des lieux où la classe supérieure se retrouve « entre soi ».
Comme les collectivités territoriales ont repris la politique étatique ; la distinction – au sens de Bourdieu - s'est donc opérée partout.

Et en tranformant le peuple en public, les acteurs culturels ont perdu la volonté d'éduquer vraiment.

 

Médias à l'unisson

 

Dans les médias bien sûr, pas de remise en cause de cette conception élitiste et restreinte de la culture.

Par exemple, les modes de management, ce sont aussi des phénomènes culturels ; mais les médias rangent ça dans les « questions de société » et quand ils évoquent la culture ce n'est qu'au travers des agendas de spectacles ou d'expositions.

L'alibi économique

 

Il est cependant un cas dans lequel on envisage la culture différemment, c'est quand on réalise qu'elle est un secteur économique.

 

GLG :

On a alors inventé l'expression assez terrible d' « industrie culturelle ».
La culture devient alors un enjeu économique, elle participe de l'image de marque d'une collectivité et dope le tourisme.
Mais on ne s'interroge pas davantage sur le fond.
Au contraire, on dilue la culture dans une notion plus vague où les loisirs viennent jeter le trouble.

 

L'inefficacité politique

 
La culture est-elle un rempart contre les extrémismes et les obscurantismes ?

 

GLG :

Dès 1958, droite et gauche ont convergé vers l'idée que l'éducation et la culture élèvent la conscience citoyenne et freinent les extrémismes politiques.
Pourtant, c'est loin d'être toujours vrai : après tout, les cadres du régime de Vichy ou ceux du Front National ne sont pas incultes. Ils sont avocats, professeurs d'université ou énarques...

 

 

Extension du domaine de la culture

 
En quoi réduire la culture aux arts est-il un problème démocratique ?

 

GLG :

À force de réduire la culture aux arts et de concevoir la culture comme une « présentation » à un public, on a confisqué la culture au peuple et on a laissé tomber l'éducation populaire.

Tout ce qui relève des pratiques populaires, et tout ce qui touche à des domaines non artistiques a été exclu des politiques culturelles en France.
Même quand on s'intéresse à la culture populaire, c'est uniquement appliqué au domaine artistique : rap, street art, graff...

 

Or, si on prend la définition sociologique de la culture, c'est à la fois :

  • ce qui fait unité à l'échelle d'un groupe "ce qui est commun à un groupe d'individus" et "ce qui le soude",

  • ce qui fait diversité à l'échelle du monde : c'est ce qui distingue les groupes d'hommes (puisque ce n'est pas la race).

Il faut donc reconnaître que la langue, l'histoire, les sciences et techniques, les modèles économiques relèvent du domaine culturel, car il est question aussi de traditions, de croyances, de valeurs et de modes de vie.

Dans le fond, qu'est-ce qu'un phénomène culturel ?

GLG :

C'est un phénomène qui change profondément les façons de vivre du groupe.

Or, d'où vient le principal changement de notre société ces dernières années ?

Et bien d'internet ! Voilà un phénomène culturel d'importance.

Alors que si on se pose la même question dans le domaine des arts, on ne trouvera rien de cette ampleur … on peut le regretter (ou pas) mais c'est un fait.

Comment alors rendre la culture au peuple ?

GLG :

Mon propos n'est pas destiné à nier l'importance des artistes et de la création artistique, mais il faut vraiment se poser la question de l'institutionnalisation des structures, du financement de la culture et du fonctionnement des structures.

Par exemple, les Fablabs dans lesquels des gens viennent s'initier aux logiciels libres ou à l'informatique, c'est de la culture. Et leur public est bien différent de celui des théâtres. Il faudrait donc que ce type d'opération et de lieux entre dans le champ de la politique culturelle.

Idem pour les pratiques artistiques, il en existe une foultitude qui se font hors des institutions mais qui ne bénéficient d'aucun soutien, ou alors très occasionnellement, quand elles œuvrent sur une thématique à la mode.

Et surtout, il faut penser la culture de façon plus globale, diffuser la culture politique, historique ou économique.
Songez qu'à la Libération, il a existé un ministère de l'éducation politique ! Il était destiné à entretenir en permanence le débat démocratique et à construire cette notion de culture commune. Son existence a été de courte durée.

 

Propos reccueillis par Tous Curieux/Histoire de son

Sur le même sujet, pour comprendre en profondeur - et dans la bonne humeur - le point de vue de Gilbert Le Guillou.

Franck Lepage de la Scop Le Pavé, dans sa conférence gesticulée Inculture(s) "l'Éducation Populaire, Monsieur, ils n'en ont pas voulu"

 

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