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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Médiation du patrimoine et tourisme culturel en été 2015

30 Juin 2015, 10:26am

Publié par véronique muzeau

Médiation du patrimoine et tourisme culturel en été 2015

Si vous êtes un professionnel du tourisme ou de la culture, vous aurez peut-être l'occasion de redevenir cet été simple «visiteur ». Même si votre regard est forcément aiguisé, ne boudez pas votre plaisir !

 

Avant le départ et le mode "roue libre", il reste encore quelques rendez-vous studieux autour du patrimoine ou de la médiation culturelle numérique :

 

 

  • Deux journées d'études « Tourisme, patrimoines, banlieues, à l'ère de la métropolisation », le jeudi 2 et vendredi 3 juillet 2015, aux Archives nationales (site de Pierrefitte-sur-Seine) et dans toute l'Île-de-France. Le programme prévoit d'abord des ateliers et partages d'expérience sur la valorisation du patrimoine francilien et le développement touristique territorial. Ensuite, des circuits de visite viennent illustrer concrètement les thématiques abordées en tables rondes.

  • D'autres tables rondes, le 9 juillet 2015, cette fois à la cité du livre d'Aix en Provence.

    C'est la deuxième édition de CULTURE NUM, dans le cadre du Festival d'Aix en Provence. Quel est l'impact du numérique sur les industries culturelles, et plus spécifiquement dans le monde du spectacle vivant ? La réflexion est ouverte aux étudiants, professionnels et festivaliers.

 

Aborder l'été par le son et les oreilles

 

En mode été, Histoire de Son vous propose (forcément) des immersions auditives et sonores. En voici quelques exemples :

 

  • Du 11 au 13 juillet 2015 à Digne, Des Arts Sonnants vous propose un stage d'écoute et d'enregistrement de l'eau. De la nature à l'architecture, l'eau se fait entendre, qu'elle soit stagnante, courante, en gouttes ou en ruisseau, et son univers sonore est d'une grande richesse !

     

  • Un stage de création radio en Belgique, du 12 au 18 juillet 2015. Il est animé par deux journalistes de la RTBF qui sauront s'adapter aux souhaits des stagiaires : fiction, documentaire, reportage, travail de la voix, montage ou travail de l'interview.

     

  • L'association de promotion de l'art sonore et radiophonique Phonurgia Nova propose également plusieurs stages tout au long de l'été un peu partout en France.

     

  • Au Canada, suivez les balades en écologie sonore de l’UQAM (université du Québec à Montréal), « là où la science devient culture ». Un guide, acousticien et assistant de recherche en sciences architecturales, vous immerge dans la perception et la conception de l'environnement sonore urbain. "Ramdam urbain" est proposé les 23 juillet, 1er et 6 août 2015. Pour en savoir plus sur ces balades « entendez-vous la ville ».

     

  • Le colloque - Pour une écologie du paysage sonore organisé par l'association Désir de forêt, avec notamment des interventions/séances/animations sur l'audio naturalisme, et sur les sonorités de la forêt. Du 26 au 29 Juillet 2015 dans trois communes de Dordogne.

     

  • Tout l'été, si vous êtes du côté de notre Finistère, essayez les balades de Territoires Sonores en presqu'île de Crozon, oreilles grandes ouvertes sur la nature ou l'art, avec les voix des acteurs locaux.

    Si vous allez dans les îles (Sein, Ouessant, Molène), réécoutez au passage notre panorama sonore de la mer d'Iroise « Dans le sillage des voix d'Iroise ». À écouter sur terre ou à bord des navires de la compagnie Penn ar Bed.

    Il existe d'autres balades audio un peu partout en France, notamment au Pays Basque.

 

Enfin, les vacances sont aussi un temps propice à la création. Pourquoi ne pas participer à ce concours organisé par Arte Radio, Rue 89 et le créateur de logiciels audio Hindenburg ? Il s'agit de réaliser la carte postale sonore de votre été, tous à vos micros ! Le règlement est ici et vous avez jusqu'au 2 septembre 2015 pour livrer vos œuvres.

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Paroles de médiateurs culturels #6 : au cœur de l'exposition

24 Juin 2015, 22:12pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #6 : au cœur de l'exposition

La médiation dans l'exposition est une évidence ; en soi, une expo est déjà un dispositif de médiation. Mais à quel moment la réflexion sur la relation au public intervient-elle ? De plus en plus en amont.

 

Il en va des expositions comme des collections permanentes. Pour les musées d'art, de sciences et techniques ou de société, pour les écomusées comme pour les centres d'interprétation, la question est la même : que veut dire exposer ?

On dévoile, certes, on met en relief, une partie d'une collection restée dans l'ombre. On met en scène un nouvel angle d'approche. On attire l'attention, comme en collection permanente. Mais, dans le cas d'une exposition, par définition temporaire, on doit le faire avec encore plus de vigueur puisque ça ne dure pas. Comment capter le public ? Et surtout, comment le toucher, le convaincre, le séduire, voire le faire revenir ? La question de la médiation culturelle est bien là, celle du rapport aux publics, comme toujours.

 

Mais si les organisateurs d'exposition se soucient de médiation, la question est aussi : quand s'en inquiètent-ils ? Dès le début de la conception de l'exposition ou une fois qu'ils ont rassemblé toutes les pièces qu'ils veulent exposer ?

Voici une réponse, rassurante et encourageante pour les médiateurs culturels, celle d'Anne Dupont, co-directrice de l'écomusée des Monts d'Arrée et chargée d'édition pour l'EPPC Chemins du Patrimoine en Finistère.

Le médiateur culturel intervient désormais en amont des expositions.

 

 

Les mots ont donc changé, fini le « guide » qui dirige un public passif au fil de l'expo. Le fait d'intégrer le médiateur ou le chargé de médiation dès la conception de l'exposition permet au public d'interagir avec ce qu'il voit et d'être acteur de sa visite.

 

Après la question du « quand » concevoir la médiation d'une exposition ? Revenons sur le comment …

Vous pouvez bien sûr réécouter les enregistrements des trois éditions du colloque « ce qu'exposer veut dire » organisé chaque année par l'INP (institut national du patrimoine). La médiation est au centre de certaines interventions des conférenciers.

 

Qui sont les publics des expositions ?

 

On s'interroge forcément sur le public pour lequel on conçoit une exposition, puisque c'est la raison d'être de la médiation.

Voici une réponse intéressante de Martine Thomas-Bourgneuf, muséographe et muséologue indépendante, dans son article " Pour qui conçoit-on une exposition ? "
publié dans La fabrique du musée de sciences et société par la documentation française en 2011.

Je ne réponds pas à une attente ou à une demande des futurs visiteurs. Je ne crois absolument pas qu’il y ait des attentes des publics. (….) S’il y a une demande des visiteurs qui soit cernable et cernée par des études, c’est celle d’être surpris.

Martine Thomas-Bourgneuf

Quant à la notion de « grand public » Martine Thomas-Bourgneuf la juge trop floue et indéfinie. Et surtout, cette notion répond à une logique de demande (assurer la fréquentation), alors que l'exposition culturelle doit selon elle se situer dans une logique d'offre. L'exposition, c'est une proposition, un point de vue, qui ne fera pas forcément consensus qui trouvera « son » public, le sien uniquement.

Chez tous les concepteurs de contenus d’exposition, qu’ils soient muséographes, scientifiques, ou conservateurs (…) de la subjectivité est à l’oeuvre, faite de convictions, de passions, de sensibilité etc. - ce qui n’empêche pas le sérieux scientifique.

Martine Thomas-Bourgneuf

 « individualiser » la médiation pour de multiples publics

 

Pour néanmoins élargir l'accès à la culture et s'adapter à la potentielle diversité des publics, Martine Thomas-Bourgneuf pose quelques principes de base :

  • multiplier les niveaux de lecture, de perception et d'information

  • diversifier les outils et les canaux de médiation (donc les intervenants)

  • s'adresser aux intelligences multiples et à tous les sens

  • privilégier la souplesse d'utilisation des parcours, des outils, des supports

  • ménager des rythmes et des pauses

La question de la médiation dans l'exposition est donc bel et bien prise en compte, et de mieux en mieux.

Quant à la médiation par l'exposition, en voici un bel exemple pour terminer : l'atelier « commissaire d'expo toi-même » du Zinc, le centre de création « arts et cultures numériques » de la Friche la Belle de Mai à Marseille. Les enfants ont réalisé des œuvres tout au long de l'année, et découvrent au cours de l'atelier les métiers impliqués dans la création d'une exposition. Ils passent ensuite à la pratique et montent leur expo. Parmi les métiers découverts par les enfants dans ces ateliers, celui de commissaire d’exposition, de scénographe, de chargé de la communication, de régisseur et...de médiateur

 

Pour en savoir plus :

« Pour qui conçoit-on une exposition ? » de Martine Thomas-Bourgneuf, La fabrique du musée de sciences et société, la documentation française, collection « Musées-Mondes », dirigée par Jacqueline Eidelmann, février 2011Télécharger

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2015.

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2014.

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2013. 

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Paroles de médiateurs culturels #5 : patrimoine immatériel

9 Juin 2015, 16:14pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #5 : patrimoine immatériel

Par définition, le patrimoine culturel immatériel (PCI) ne propose pas de support physique pour accrocher les sens du public. Pourtant, depuis que l'Unesco en a fait un objet de protection, son importance est reconnue. Les médiateurs culturels s'approprient donc le PCI.

 

L'ennui, c'est que le patrimoine immatériel est potentiellement aussi vaste que l'humanité.

Comment définir ses limites ?

Qu'est-ce qui fait patrimoine ?

Et quand bien même on a pu déterminer ce qui est patrimoine culturel immatériel, comment le valorise-t-on auprès des publics ?

 

Le rôle des musées de société

 

Ce sont des questions que se posent notamment les médiateurs d'écomusées et de musées de société.

Ils se frottent sans cesse à l'immatériel : langues, musiques, chants, paysages, savoir-faire et techniques, pratiques rituelles, ludiques ou artistiques .... tout ce qui caractérise le territoire où s'inscrit l'écomusée.

 

Lena Boisard-Le Coat est étudiante en ethnologie, et actuellement chargée de projet à l'écomusée des Monts d'Arrée.

Elle travaille sur un projet original : la création d'un spectacle en langue bretonne, créé à partir des collectages réalisés auprès des habitants du territoire sur le thème du potager et son évolution depuis les années cinquante en centre Finistère.

C'est donc une forme particulière de médiation culturelle.

 

 

 

Patrimoine immatériel, société vivante

 

Ce que Lena Boisard-Le Coat aime dans le patrimoine culturel immatériel, c'est qu'il est vivant, en perpétuelle évolution. En dépit des tentatives de transformation en folklore, notamment en Bretagne, ce patrimoine immatériel bouge, s'adapte ou disparaît. S'il a pu rester, il est le miroir mouvant - et émouvant - d'une société à une époque donnée.

 

Notion récente, médiation innovante

 

Le PCI est aussi une notion récente puisque l'Unesco l'a formalisée en 2003. C'est donc un champ d'innovation pour la médiation culturelle : expositions sonores, reconstitutions grandeur nature, dispositifs numériques mobiles, récits transmédia, spectacle vivant, tout peut être imaginé ! Tout reste à inventer.

 

Réflexion sur nos traces humaines

 

Qu'est-ce qu'une médiation réussie du patrimoine culturel immatériel pour Lena ?

Celle qui inciter le public à l'interrogation, à la réflexion sur l'identité du territoire visité ou sur sa propre identité s'il est lui-même habitant de ce territoire.

 

Parce qu'il n'est pas un objet qui résiste au temps, parce qu'il a besoin de l'humain pour être transmis, le patrimoine immatériel oblige à une appropriation.

Et qui se l'approprie le transforme déjà en le passant par son tamis personnel.

Le médiateur lui-même est concerné.

 

Pour aller plus loin

 

 

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