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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en octobre 2015

30 Septembre 2015, 13:22pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en octobre 2015

Le numérique, ce sont bien sûr des technologies, mais aussi de nouvelles écritures pour la médiation culturelle et touristique du patrimoine : le transmédia notamment. Et parmi les médias, reste toujours le son, incontournable ! Surtout quand il facilite l'accès à la culture des personnes déficientes visuelles. Il est question d'un peu tout ça en ce mois d'octobre.

 

 

  • Du 1er au 4 octobre 2015, I love transmédia, festival de création numérique, s'installe à la Gaîté lyrique et enchaîne les tables rondes. Entre autres thématiques : la réalité virtuelle, le son binaural, la réinvention de la fiction, le livre interactif...

     

  • Le projet européen Europeana Sounds a pour objectif la collecte et la préservation du patrimoine sonore européen. Sa première conférence internationale sur « le futur des sons historiques » a lieu le vendredi 2 octobre 2015 à Paris, à la Bibliothèque nationale de France.

     

  • Quand la recherche rencontre les musées, médiation culturelle et handicap, c'est le thème de la journée professionnelle organisée le 2 octobre 2015 au Palais des Beaux Arts de Lille.

     

  • Le festival de géographie de Saint-Dié-des-Vosges, du 2 au 4 octobre 2015, explore cette année les « territoires de l'imaginaire ». À noter dans le programme : un atelier numérique sur une cartographie sonore de Casablanca, ou les « marches augmentées, un atelier de cartographie sensible » ou une lecture phonographique qui fait la part aux sons réels ou rêvés suscités par cette écriture. Quant à l'ambiance musicale du festival, elle résonnera au son du didgeridoo puisque c'est l'Australie le pays invité d'honneur cette année.

     

  • Dans le cadre du séminaire sur le patrimoine contemporain : Science, Technique, Culture & Société, la rencontre du 6 Octobre 2015 portera sur « La transmission, valorisation et utilisation du patrimoine scientifique et technique contemporain », au Musée des arts et métiers.

     

  • Le Congrès national des Stations Vertes a lieu du 7 au 9 octobre 2015 à Niederbronn-les-Bains (Bas-Rhin). Le label d'écotourisme rassemble quelques 600 communes. Le numérique fera partie des thématiques des formations proposées aux participants : écotourisme et site internet, animateur numérique de territoire...

     

  • Les premières journées professionnelles « Numérique et lieux de diffusion de l’art contemporain », auront lieu les 8 et 9 octobre 2015, à Strasbourg, au musée d’art moderne et contemporain. Partage d'expérience et échanges de méthodologies ou d'idées sont au programme.

     

  • Voici la 5ème édition du rendez-vous « Médiation & numérique dans les équipements culturels » organisé par le Ministère de la culture et de la communication. Il a lieu à la Maison des arts de Créteil, les 13 et 14 octobre 2015. On y revient sur les expériences des uns et des autres, on y examine des outils, on y découvre des projets de MOOC, d'applications mobiles, de plateformes internet, etc. Le réseau professionnel Muzeonum y interviendra sur la transition numérique des musées.
     

  • Cultur@lia 2015 est un forum international destiné aux professionnels des industries culturelles et créatives qui a lieu du 14 au 16 octobre 2015 à Mons (Belgique) – Capitale européenne de la culture. Les professionnels des TIC y participent aussi en liaison avec la thématique de Mons 2015 – « Where technology meets culture ».

     

  • Les 25es Rencontres CNRS Jeunes “Sciences et Citoyens” ont lieu les 16, 17 et 18 octobre 2015 au Palais des Congrès du Futuroscope de Poitiers. 450 jeunes de 18 à 25 ans vont y échanger avec les chercheurs sur des sujets très variés. Vous pourrez écouter les ateliers sur la wikiradio du CNRS.

     

  • Les Rencontres Nationales du eTourisme institutionnel fêtent leurs 11 ans cette année. Elles ont lieu les 21 et 22 octobre 2015 à Pau. Elles rassemblent plus de 800 personnes et accompagnent les professionnels du tourisme dans l'évolution de leurs métiers face aux nouvelles technologies et au numérique.
     

  • Les 24, 25, 26 octobre 2015 c'est la Mobile Audio Fest, un festival de créations sonores nomades. La mobilité audio se décline en balades sonores, applications à télécharger et à écouter n'importe où, notamment à Aix et Marseille où a lieu cette fête des arts sonores.

     

  • De l'importance du son dans l'espace très spécifique que sont les lieux de culte : églises, temples, synagogues, mosquées... L'expérience sensible auditive, la réverbération des chants religieux, l'intelligibilité des paroles, le lien entre acoustique et architecture...autant de questions abordées dans ce colloque « Worship soundspaces » en langue anglaise, satellite de la 9ème Conférence Internationale « Auditorium Acoustics 2015 », du jeudi 29 octobre au samedi 31 octobre 2015 à Paris.

     

  • Enfin, les auteurs de fictions radio humoristiques ont jusqu’au 1er novembre 2015 pour envoyer leurs œuvres au festival Longueur d'ondes qui aura lieu en février 2015 à Brest. Il s'agit du prix SACD qui sera remis lors de cette 13e édition du Festival de la radio et de l’écoute.

     

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Les bricoleurs s'emparent du musée des beaux-arts de Brest

21 Septembre 2015, 17:12pm

Publié par véronique muzeau

Les bricoleurs s'emparent du musée des beaux-arts de Brest

Museomix fait des petits. Pendant les journées du patrimoine, le musée des beaux-arts de Brest s'est fait remixer par quelques médiateurs, bricoleurs et geeks avec l'aide des Petits Débrouillards.

 

Pendant les Journées du patrimoine 2015, l'association des Petits Débrouillards Bretagne a proposé au musée des beaux-arts de Brest Artemix, opération totalement inspirée de Museomix®.

Le principe était donc le même : faire travailler ensemble pendant plusieurs jours dans un musée des médiateurs, des artistes, le publics, les amis du musée, des designers, des bricoleurs.

L'objectif également similaire : réinventer le musée et proposer de nouveaux dispositifs de médiation pour mettre en valeur les collections.

 

 

 

Favoriser l'accessibilité au handicap visuel

 

Le musée a souhaité axer l'opération sur l'impression 3D afin de proposer des dispositifs tactiles pour le public non voyant : reproduire les œuvres pour que les visiteurs déficients visuels puissent les toucher. En particulier les œuvres de la sculpteur ethnographe Anna Quinquaud : le musée en possède un fond important qui plait beaucoup au public.

Les visiteurs apprécient également le dispositif et viennent voir les "Artemixeurs" à l'oeuvre.

 

Le fablab entre au musée

 

Car les Petits Débrouillards font partie du fablab de Brest « les Fabriques du Ponant » dont ils ont apporté deux imprimantes et un scanner 3 D, et d'autres outils encore.

 

 

 

Le musée geek

 

Pour le musée, l'enjeu est aussi de participer à ce mouvement des laboratoires de fabrications et de s'ouvrir aux nouvelles technologies, histoire de dépoussiérer son image.

 

Très concrètement, les objets réalisés vont aussi servir aux médiateurs du musée pour proposer à leurs visiteurs d'autres approches des œuvres. Pour une petite équipe comme celle de Brest, c'est donc une aide précieuse.

 

Pour les Petits Débrouillards, spécialistes de la médiation scientifique, l'enjeu est à la fois de faire découvrir les outils numériques et les technologies nouvelles, mais aussi de faire partager leur savoir-faire en matière de médiation : de la vulgarisation appliquée cette fois aux beaux-arts.

 

Les bricoleurs s'emparent du musée des beaux-arts de Brest
Les bricoleurs s'emparent du musée des beaux-arts de Brest

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Boulimie de patrimoine

18 Septembre 2015, 08:32am

Publié par véronique muzeau

Boulimie de patrimoine

Revoilà les Journées du patrimoine, toujours aussi dynamiques et foisonnantes. Elles font même office d'apéritif pour une autre part de patrimoine, la gastronomie, qu'on fête la semaine suivante. De quoi gaver les curieux. Trop ?

 

Elles sont de retour ! Comme chaque année, il ne fait pas de doute que les Journées Européennes du Patrimoine (JEP pour les intimes) vont faire le plein, archi plein. Les chiffres parlent d'eux-même : un nombre monumental de sites participants (17000*), des visiteurs par millions (12 millions en France*), une idée reprise dans 50 pays (mais pas tous à la même date). Et pour être certain d'en avoir encore pour les prochaines années, on a choisi pour thème de cette édition 2015 « le patrimoine du XXIe siècle, une histoire d'avenir ».

 

En tout cas, les animations sont encore légion. Au point qu'on soupire en pensant à tout ce qu'on ne pourra pas voir...

 

Indigestion de propositions

 

Et oui, c'est un peu le problème avec ces grands temps forts de la culture. Ça met en lumière, ça fait le buzz, mais concrètement c'est très frustrant.

Non, vous ne pourrez pas suivre le concert dans la maison natale de Debussy, ET le parcours d'animation autour de la COP21 au ministère des Affaires étrangères, ET la visite commentée du chantier de restauration de la façade ouest et du clocher de l'église Saint Martin de Courpière (63) ET voir l'exposition « les quartiers se racontent » à l'aéroport Guadeloupe pôle Caraïbes. Vous devrez choisir. C'est cruel mais c'est comme ça !

 

En fait, si vous soupirez c'est parce que vous êtes déjà un boulimique de patrimoine et que les JEP n'ont pas vraiment été inventées (en 1984) pour vous...

 

Des journées conçues d'abord pour les débutants du patrimoine

 

Une étude un peu ancienne (2000) montrait que la motivation des participants aux Journées était avant tout la découverte d'un univers inconnu.

 

Plusieurs profils se détachent cependant parmi les publics des Journées du patrimoine ; à savoir :

 

  • Les non-habitués, qui ne fréquentent guère le patrimoine dans l'année et qui profitent donc de cette grande communion nationale pour le faire. Quoi qu'ils visitent, ce sera pour eux exotique. Et c'est le grand mérite des JEP de leur offrir ce moment de démocratie culturelle. Ce sont eux les cibles originelles des Journées qui devaient les attirer vers le patrimoine. Mission accomplie. C'est pour les séduire eux en particulier que les organisateurs se décarcassent et montent des propositions spécifiques à l'occasion : visites théâtralisées ou jeux de piste, concerts et spectacles... Qui sait, ils y prendront peut-être goût et recommenceront avant septembre prochain ?

 

  • Les curieux de proximité, qui fréquentent un site régulièrement mais qui vont enfin pouvoir bénéficier de la présence d'un guide et d'une médiation : une petite chapelle en rase campagne, l'usine dans laquelle on travaille, le pont sur lequel on passe tous les jours, l'hôtel des impôts... Ce sont les « touristes chez eux » qui viennent aussi se réapproprier la mémoire de leur territoire. Les JEP permettent alors parfois de tester des visites guidées ou des ouvertures au public qui seront reconduites à d'autres moments de l'année.

 

  • Les dévoreurs de patrimoine, qui profitent des JEP pour accéder à un monument ou un site inaccessible la plupart du temps : coulisses de préfectures ou de la Cour des comptes, châteaux privés exceptionnellement ouverts, chantiers de fouilles archéologiques, etc. C'est pour ces derniers que les JEP ont un « goût de trop peu » ; ils verraient bien l'événement avoir lieu chaque week-end... On leur rétorquera qu'eux aussi peuvent se transformer en "touristes chez eux" et suivre les visites proposées par les offices de tourisme ou maisons du patrimoine, toute l'année ou au moins en été.                                                                Oui mais certains répondront : là, c'est gratuit ! Enfin, presque partout, c'est vrai, et c'est sans doute aussi un critère important pour les curieux désargentés.

 

La multiplication des journées liées au patrimoine

 

Bon bref, si on n'est pas rassasié par ces journées, il suffit d'attendre le week-end suivant pour en reprendre une louche grâce à un autre événement national dédié à un patrimoine bien français : la Fête de la Gastronomie ! Bien sûr, on y déguste beaucoup, mais on y visite également : des chais, des moulins à huile, des usines de torréfaction, donc souvent du patrimoine. On y apprend aussi sur les produits et leurs terroirs, les méthodes de production, de transformation, et d’accommodation. On peut y suivre des conférences et des débats, y voir des expositions. C'est aussi, bien sûr, de la culture.

 

Ensuite, il suffira de patienter un peu : Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins, Journée Internationale des Archives, Nuit des Musées, Nuit des Églises ou Journées Nationales de l'Archéologie, Journées des Métiers d'Art... Ajoutons pour ceux qui l'auraient oublié, que 2015 est l'année européenne du patrimoine industriel et technique. La France est le pays où on compte le plus d'événements liés au patrimoine culturel. Il doit bien y avoir une raison...

 

*chiffres du Ministère de la Culture et de la Communication

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Accueil touristique et qualité culturelle

7 Septembre 2015, 15:42pm

Publié par véronique muzeau

Accueil touristique et qualité culturelle

On entend bien quelques cocoricos sporadiques sur la richesse de notre culture ; d'autres sur le développement économique qui lui est lié. Est-on sur la voie d'une véritable intégration de la culture à la politique touristique française ?

 

Dans la torpeur de l'été ou presque (le 2 juillet 2015), deux parlementaires ont déposé un rapport sur l’évaluation de la politique d’accueil touristique de la France. On y trouve 25 propositions très concrètes pour améliorer cet accueil. Le tourisme culturel y a sa place, encore modeste cependant. Ça frémit pourrait-on dire.

 

Il y a notamment cette proposition numéro 22 : « adapter les monuments et musées publics accueillant plus de 500 000 visiteurs par an aux attentes des touristes ». Mais elle consiste surtout à améliorer billetterie, horaires d'ouverture et jour de fermeture. Les rapporteurs proposent la mise en place de médiateurs, par exemple des jeunes en mission de service civique ou en emploi d'avenir. Mais on s'interroge alors : quelle qualité de médiation pourra-t-on en attendre ? De quelle formation bénéficieront ces jeunes ?

 

Quant aux autres outils de médiation du XXIe siècle, les outils numériques, ils sont bien évoqués en proposition numéro 23. Il s'agirait d'utiliser ces outils pour mieux évaluer les flux et diversifier l’offre touristique. Diversifier l'offre, qu'est-ce que ça signifie au juste ?

Le rapport cite l'exemple de l’application HAPI (histoires et anecdotes du patrimoine d’Île-de-France), que la SNCF présente comme « votre guide touristique personnel ». La géolocalisation permet d'alerter les touristes sur leur smartphone pour leur faire des suggestions de visites en fonction de leurs centres d'intérêt. Le tout est teinté de médiation par le biais des anecdotes historiques de l’historien et journaliste Franck Ferrand. C'est très proche de l'application Le Val de Loire vu du train à laquelle contribue Histoire de Son par des interviews de personnes ressources.

 

 

On pourrait ajouter qu'un outil de médiation numérique de qualité peut aiguiller les visiteurs vers des sites moins connus et soulager les plus saturés ; c'est d'ailleurs pour éviter la surfréquentation de certains sites naturels fragiles que l'Office National des Forêts propose dans son application mobile la forêt de Fontainebleau des circuits de découverte naturalistes ou historiques hors des sentiers battus.

 

La médiation culturelle comme expérience réussie

Et justement la proposition numéro 24 du rapport parlementaire évoque Fontainebleau, mais côté château (« reproduire la formule qui fait le succès de Fontainebleau auprès des visiteurs étrangers » ). Le château de Fontainebleau est devenu le 4e le plus visité de France grâce à ses efforts tous azimuts et malgré une desserte compliquée (pas de gare à proximité). Les rapporteurs évoquent entre autres recettes de ce succès : les efforts de médiation. À la bonne heure ! Et le rapport d'évoquer aussi l'impact des événements culturels pour attirer les touristes vers les sites patrimoniaux plus en retrait. Bref, la culture est un moteur.

 

 

Des séjours qui ont du sens

Car si se préoccuper de transport, d'hébergement, de restauration, de signalétique, de gestion des files d'attente et de sourire des hôtesses est important, ça relève du « comment on visite un pays ». Si on se penche sur le « pourquoi on visite un pays », c'est alors qu'on s'intéresse au fond : certains viennent pour les paysages fabuleux et fort variés de l'hexagone, d'autres pour déguster nos plats légendaires, d'autres encore pour les fêtes et festivals... et c'est là qu'on entre dans le vif du sujet. Beaucoup viennent pour la culture. Surtout ceux qui viennent de loin. Et c'est ça qui les ravit le plus !

Sorties et offre culturelle, diversité de l'offre culturelle, musées, monuments et expositions sont les 5 points qui arrivent en tête des motifs de satisfaction des visiteurs d'île de France en 2014 (source CRT Paris Île-de-France). Plus de 93 % des touristes de la région parisienne sont satisfaits de ces aspects de leur séjour. Ils le sont nettement moins de l'accès et des transports, du rapport qualité-prix de l'hôtellerie-restauration ou de l'accueil des habitants.

Selon le mémento du tourisme 2014 de la DGE, le tourisme culturel est la 2e activité des visiteurs étrangers en France après les loisirs et l'agrément. Plus de 35% de ces visiteurs s'adonnent aux visites culturelles, bien avant le shopping qui n'en concerne que 20%.

Musées, spectacles et autres activités culturelles sont l'un des secteurs d'activité du tourisme dont le nombre d'emplois a le plus progressé ces dernières années : + 3% entre 2011 et 2012 (Source : Acoss). Avec un peu plus de 22 000 salariés dans ce secteur, il reste cependant des marges de progression.

 

À la lecture de ce rapport, on se dit donc que, oui, ça frémit du côté d'une politique touristique à base de culture. Il faudrait pourtant insister davantage. Le tourisme en France n'est toujours pas rattaché au ministère de la culture. Evelyne Lehalle, spécialiste du tourisme culturel, faisait remarquer dans son blog qu'en Italie en revanche, c'est le cas. Le patrimoine culturel de la France vaut pourtant bien celui de l'Italie, non ?

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