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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #tactile

Les bricoleurs s'emparent du musée des beaux-arts de Brest

21 Septembre 2015, 17:12pm

Publié par véronique muzeau

Les bricoleurs s'emparent du musée des beaux-arts de Brest

Museomix fait des petits. Pendant les journées du patrimoine, le musée des beaux-arts de Brest s'est fait remixer par quelques médiateurs, bricoleurs et geeks avec l'aide des Petits Débrouillards.

 

Pendant les Journées du patrimoine 2015, l'association des Petits Débrouillards Bretagne a proposé au musée des beaux-arts de Brest Artemix, opération totalement inspirée de Museomix®.

Le principe était donc le même : faire travailler ensemble pendant plusieurs jours dans un musée des médiateurs, des artistes, le publics, les amis du musée, des designers, des bricoleurs.

L'objectif également similaire : réinventer le musée et proposer de nouveaux dispositifs de médiation pour mettre en valeur les collections.

 

 

 

Favoriser l'accessibilité au handicap visuel

 

Le musée a souhaité axer l'opération sur l'impression 3D afin de proposer des dispositifs tactiles pour le public non voyant : reproduire les œuvres pour que les visiteurs déficients visuels puissent les toucher. En particulier les œuvres de la sculpteur ethnographe Anna Quinquaud : le musée en possède un fond important qui plait beaucoup au public.

Les visiteurs apprécient également le dispositif et viennent voir les "Artemixeurs" à l'oeuvre.

 

Le fablab entre au musée

 

Car les Petits Débrouillards font partie du fablab de Brest « les Fabriques du Ponant » dont ils ont apporté deux imprimantes et un scanner 3 D, et d'autres outils encore.

 

 

 

Le musée geek

 

Pour le musée, l'enjeu est aussi de participer à ce mouvement des laboratoires de fabrications et de s'ouvrir aux nouvelles technologies, histoire de dépoussiérer son image.

 

Très concrètement, les objets réalisés vont aussi servir aux médiateurs du musée pour proposer à leurs visiteurs d'autres approches des œuvres. Pour une petite équipe comme celle de Brest, c'est donc une aide précieuse.

 

Pour les Petits Débrouillards, spécialistes de la médiation scientifique, l'enjeu est à la fois de faire découvrir les outils numériques et les technologies nouvelles, mais aussi de faire partager leur savoir-faire en matière de médiation : de la vulgarisation appliquée cette fois aux beaux-arts.

 

Les bricoleurs s'emparent du musée des beaux-arts de Brest
Les bricoleurs s'emparent du musée des beaux-arts de Brest

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Paroles de médiateurs culturels #3 : visites sensorielles

24 Avril 2015, 09:19am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #3 : visites sensorielles

 

 

La visite guidée d'antan disparaît, vive la visite sensorielle ! Qu'il soit accompagnateur direct des visiteurs ou concepteur en amont d'outils pour une visite autonome, le médiateur culturel aime faire appel à tous les sens des publics.

 

Témoignage d'Anaëlle Le Pann médiatrice culturelle à l'écomusée des Monts d'Arrée qui développe particulièrement les visites sensorielles.

 

 

 

Solliciter tous les sens des visiteurs

 

C'est une constante du discours des médiateurs culturels, surtout ceux qui travaillent en écomusées, la visite guidée magistrale c'est fini ; elle est « has been » « ringarde » « dépassée »... La visite accompagnée doit impliquer fortement les visiteurs. On ne se contente plus de poser des questions aux écoliers pour voir s'ils suivent, ou aux adultes pour déceler leurs bases culturelles. Non, le "must" à présent, c'est qu'ils puissent toucher, sentir et même goûter, en plus d'écouter ou de voir.

C'est pareil quand il s'agit de médiation indirecte. Dans les dispositifs de scénographie des collections permanentes ou des expositions, la tendance est au multi-sensoriel.

 

S'adresser aux multiples intelligences

 

La théorie des intelligences multiples d'Howard Gardner semble avoir conquis la médiation culturelle.

On fait ainsi appel à d'autres formes d'intelligence des visiteurs et plus seulement à l'intelligence verbale-linguistique. L'intelligence corporelle-kinesthésique est sollicitée au travers d'ateliers pratiques qui visent à faire reconstituer les gestes du passé. L'intelligence spatiale est valorisée lors d'explorations d'espaces et de manipulations de ces espaces en 3 D. La médiation scientifique n'hésite plus à soumettre des problèmes aux visiteurs et à faire fonctionner leur intelligence logico-mathématique ou naturaliste. La médiation ethnologique valorise souvent l'intelligence musicale-rythmique.

 

Faire participer le visiteur

 

En fait, l'aspect sensoriel n'est bien qu'une facette d'une visite plus largement participative. Tout est là. Le médiateur refuse d'être le guide magistral d'un visiteur passif qui risque de ne rien retenir de son « discours ».

Il ne cherche plus forcément à multiplier les données transmises, mais à améliorer la qualité de la transmission à ses publics.

Dans la même logique, le médiateur culturel ne s'adresse plus uniquement à l'intellect des visiteurs mais aussi à leurs émotions et sensations.

Démarche qui, au passage, permet une plus grande accessibilité des visites : on peut ainsi espérer toucher les personnes atteintes d'un handicap sensoriel voire d'un handicap mental. On peut espérer intéresser un public dénué de tout ce bagage culturel sur lequel on comptait autrefois. La médiation culturelle permet ainsi d'élargir l'accueil des publics.

 

Le médiateur, un savant en retrait

 

Les jeux sérieux qu'ils soient jeux de piste, rallyes d'observation ou de dessin, géocachings culturels, concours d'énigmes, ont fait du visiteur un acteur de sa visite.

Lors d'une médiation directe, le médiateur a désormais pour mission de présenter les outils, les ajuster aux demandes des visiteurs, lancer les débats, équilibrer la participation de chacun, aider les moins autonomes ; et bien sûr, toujours, répondre aux questions.

Pas question donc de se contenter de médiateurs « animateurs ». Ils doivent être particulièrement au fait des connaissances et des dernières découvertes de leur domaine.

Chercheur, le médiateur ? Pas encore, mais il doit être bien informé de l'état de la recherche.

En tout cas, son attitude relève désormais d'un paradoxe : plus que jamais le médiateur culturel est le « savant », mais il ne doit pas trop le montrer...

 

 

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Trophées de l'accessibilité : lauréats 2014 et candidatures 2015

22 Octobre 2014, 08:09am

Publié par véronique muzeau

Trophées de l'accessibilité : lauréats 2014 et candidatures 2015

C'est désormais une marque déposée, les Trophées de l'accessibilité ® ont plus de 4 ans et récompensent des structures ou des collectifs qui font de réels efforts pour se rendre accessibles aux personnes quel que soit leur handicap. Les lauréats 2014 ont reçu leurs récompenses en mai ; les candidatures pour l'édition 2015 sont ouvertes.

 

Les trophées distinguent plusieurs catégories au plan National, avec notamment une catégorie « Produit accessible à tous », dans laquelle l’association lilloise « Signes de Sens » a reçu cette année un prix pour son application Muséo+, qui aide les enfants de 6 à 12 ans, y compris les enfants sourds ou autistes, à découvrir les œuvres d’un musée à travers des jeux interactifs et des vidéos.

 

Le Château de Mayenne particulièrement accessible

 

Parmi les Trophées des Régions, deux catégories « Tourisme et Handicap » récompensent aussi bien le bâti (cette année des chalets éco-conçus et accessibles tous handicaps dans le Cantal) que la conception universelle de la médiation culturelle.

Ainsi, le Château de Mayenne à Mayenne (53) a reçu cette année le prix « Tourisme et Handicap » pour ses efforts de longue haleine et très complets en matière d'accessibilité. Pour la seule déficience visuelle, ce musée-château propose à la fois

  • des outils de déplacement à l'intérieur du site (clous avant les descentes d'escaliers, nez de marche contrastés, ascenseur à information vocale et touches en relief transcrites en braille, bandes blanches sur les surfaces vitrées et parcours sans obstacle),

  • des outils d'interprétation : maquettes tactiles, plan relief en braille, plaquettes avec plans thermoformés et braille, fiches de salles en gros caractères, audioguide détaillé et audiovisuel, boîtes à toucher et, nouveautés de cette année, une visite multisensorielle, une visite tactile et un parcours sonore.

 

Le Conseil de l'Europe remet aussi son Trophée de l'Accessibilité et il existe un Trophée d'honneur, remis cette année à l'association Jaccede qui milite pour l'accessibilité en général.

Les initiatives menées par les Conseils d'enfants et de jeunes ont également leur catégorie.

Quant au comité de pilotage des Trophées, il est composé d'une quinzaine d'associations, médias, représentants du bâtiment et de la délégation ministérielle à l'accessibilité.

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La collégiale de Montmorency vous parle

6 Mai 2014, 08:22am

Publié par véronique muzeau

Les vitraux expliqués par une historienne et une vitrailliste

Les vitraux expliqués par une historienne et une vitrailliste

La collégiale Saint Martin de Montmorency (Val d'Oise) a plusieurs atouts. En particulier son histoire, liée à la maison des Montmorency, une famille très proche du pouvoir royal dès ses débuts et dont cette collégiale était au départ la nécropole privée. À voir aussi, les vitraux du XVIe siècle, remarquablement conservés. Et le style de cet édifice, à la croisée du gothique flamboyant et du style Renaissance.

Histoire de Son a réalisé pour l'office de tourisme de Montmorency une visite audio qui fait intervenir des historiens, mais aussi des artisans d'art : une vitrailliste pour commenter les techniques de vitrail, un sculpteur ornemaniste et un ébéniste pour décrire les 40 stalles du 16e siècle.

A noter également, deux séquences de description tactile destinées aux visiteurs déficients visuels et à tous ceux qui souhaitent...voir autrement l'art et l'architecture sacrés !

 

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Déficience visuelle : quelle accessibilité numérique ?

28 Mars 2014, 12:10pm

Publié par véronique muzeau

les écrans tactiles ne le sont pas... pour un aveugle

les écrans tactiles ne le sont pas... pour un aveugle

Lundi 31 mars a lieu le 8ème Forum européen de l'accessibilité numérique à la Cité des Sciences à Paris

Professionnels et représentants d' associations vont plancher sur le thème : "l'utilisateur handicapé au coeur de l'#accessibilité numérique".

 

Les nouvelles technologies ont certes bien amélioré le quotidien de nombreuses personnes handicapées mais elles représentent parfois une difficulté supplémentaire pour les usagers qui souffrent d'un handicap sensoriel, en particulier la déficience visuelle. Pour ce public, il est d'abord très important que les sites internet ou sites mobiles soient ergonomiques, simples à utiliser... ce qui profitera à tous les utilisateurs ! C'est le principe même de la conception universelle.

Ensuite, il faut proposer des outils supplémentaires qui rendent accessible le contenu des sites : l'audio en particulier et pas seulement des voix de synthèse !

Écoutez le témoignage de Bruno Quellec, responsable du service accessibilité de l'association Clair-Obscur, IPIDV (institut pour l'intégration des déficients visuels) nous parler de l'accessibilité numérique pour les non-voyants. Il est lui-même aveugle.

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Patrimoine naturel : pensons géologie

12 Mars 2014, 12:05pm

Publié par véronique muzeau

Le paysage est d'abord le fruit de la géologie

Le paysage est d'abord le fruit de la géologie

Le patrimoine naturel n'est pas seulement constitué de végétal et d'animal ; les roches, les minéraux, les sols, les fossiles en font également partie même s'ils sont souvent les « parents pauvres » de l'action naturaliste.

 

Les quelques 300 réserves naturelles en France, nationales ou régionales, ont souvent eu pour origine la préservation d'une espèce vivante. C'est pourtant avant tout le sol qui dessine un paysage, favorise une végétation et donc conditionne la faune. Les réserves prioritairement géologiques sont encore très peu nombreuses en France comparativement à l'ensemble des réserves naturelles. L'inventaire du patrimoine géologique n'a commencé qu'en 2007. Et pourtant, les sols, les reliefs, sont eux aussi toujours en mouvement. En quelque sorte, ils participent de l'évolution. Beaucoup de #minéraux ont d'ailleurs une origine biologique !

La beauté des formations géologiques

En outre, on pourrait ajouter à l'intérêt scientifique des cailloux, tourbières et autres formations, leur intérêt esthétique. Un plissement, un galet de granit, une falaise calcaire, c'est beau non ? De plus en plus de touristes ou d'opérateurs touristiques l'ont compris. Les guides grand public, les visites, excursions, séjours consacrés à la géologie se multiplient. Les communes, pays touristiques, parcs naturels prennent des mesures de protection et valorisation de leurs géotopes et géosites.

Valorisation accessible aux déficients visuels

Les formations géologiques offrent en outre un intérêt spécifique : le tactile.On peut souvent toucher les objets géologiques. Associer une description tactile d'une roche, d'une paroi, d'un sol à une description audio de conception universelle - donc intéressante pour tous - permet de créer des outils de valorisation accessibles aux visiteurs déficients visuels.

Pour en avoir plus sur le patrimoine géologique et le géotourisme, écoutez cette émission réalisée par Histoire de Son sur Radio Evasion avec Max Jonin, président de la Société Géologique et Minéralogique Bretonne, un de ces fameux « scientifiques médiateurs » dont nous vous parlions...

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