Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en février 2016

29 Janvier 2016, 11:39am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en février 2016

Ce mois-ci, Tous Curieux / Histoire de Son vous propose deux agendas : le premier pointe les rendez-vous relatifs à la médiation et au tourisme, culturels et scientifiques, numériques et multimédias, le second s'intéresse à l'accessibilité à la culture des publics déficients visuels.

 

  • Comment parler de sciences aux jeunes ? C'est le thème des rencontres Sciences et Médias qui ont lieu tous les deux ans. Le 1er février 2016, à la préfecture de Paris et d'Île de France, les représentants des différentes sociétés savantes s'interrogeront donc sur les outils médiatiques pour parler de science aux enfants et aux adolescents.

 

  • Les rencontres nationales du tourisme fluvial ont lieu les 2 et 3 février 2016 à Avignon. Si on salue l'intérêt de ce mode d'itinérance douce, on peut regretter cependant l'absence de la question culturelle dans les débats. Les rencontres s'orientent largement vers l'éco-tourisme mais semblent oublier que le rythme des croisières fluviales laisse un temps pour la culture.

 

  • Le réseau national des destinations départementales Rn2D organise une Rencontre DATAtourisme le mercredi 3 février 2016. L'idée est de créer un guichet unique de la donnée touristique en open-data. La rencontre est l'un des événements connexes au...

 

  • ...Voyage en multimédia qui revient pour la 7ème fois à Saint-Raphaël les 4 et 5 février 2016. La culture trouve toujours sa place dans ce rendez-vous qui explore toutes les déclinaisons numériques du tourisme. À noter en particulier, le barcamp du jeudi matin : « comment nous, acteurs de la culture et du tourisme pouvons-nous nous enrichir de nos expériences et mutualiser nos savoirs-faire ? ». Également, lors des ateliers du vendredi, avec ce thème : « comment le numérique apporte de la valeur à l’expérience culturelle ? » ou dans une moindre mesure, « l’immersion par le multimédia : la sensation de vivre l’expérience ».

 

  • Lyon science 2016 a lieu le 7 février 2016. C'est une journée consacrée à la vulgarisation scientifique qui met en valeur ces nouvelles formes de médiation des sciences : réseaux sociaux, blogs, youtube, FabLab et podcasts (l'un des partenaires de l’événement c'est Podcast Science).

 

  • À propos d'audio, en écho à la semaine du son, Longueur d'ondes, le festival de la radio et de l'écoute à Brest, c'est du 4 au 7 février 2016. Cet événement unique en son genre promeut en particulier la création radiophonique sous toutes ses formes et en particulier le documentaire ou l'art sonore. Cette année, l'humour radiophonique sera notamment exploré.

 

  • Les rencontres régionales des usages du numérique de la Drac Languedoc-Roussillon porteront sur la révolution numérique au service des publics et de la culture le 10 février 2016 à Montpellier. Il sera donc question de l'utilisation des outils numériques dans la création, la médiation et la transmission de la culture.

 

  • Ce même 10 février 2016, toujours à Montpellier, le musée Fabre et la licence de sciences du langage (parcours "communication, médias, médiations numériques") de l'université Paul Valéry Montpellier III proposent une conférence sur le thème de la médiation numérique au musée dans le cadre de l’exposition Senufo : art et identités en Afrique de l'Ouest au musée Fabre de Montpellier.

 

  • Audioblast festival est un « moment » de création audio en réseau originaire de Nantes. Mais la particularité de ce festival de création sonore numérique est d'utiliser le réseau comme lieu de diffusion, expérimental, drone, noise, field recordings, poésie sonore, électroniques, musiques contemporaines. Il est donc universel et il a lieu du 27 février au 1er mars 2015.
Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en février 2016

Focus sur les visites culturelles adaptées aux handicaps visuels

 

C'est un progrès sensible, les visites guidées pour les publics non voyants ou mal voyants se multiplient dans les établissements culturels. En voici quelques-unes en février 2016 dans les musées parisiens.

 

  • Le tout nouveau musée de l'Homme a bien sûr intégré les problématiques de l'accessibilité culturelle en fonction des différents handicaps. Pour le handicap visuel, le musée propose une visite sensorielle de l’exposition permanente actuelle : la Galerie de l’Homme, à découvrir en mouvements, ressentis et échanges, le 1er février 2016.

 

  • Le Palais de la découverte se laisse toucher : plans en relief, mais aussi éléments architecturaux et statues, pour une visite consacrée à l'histoire et à l'architecture du palais le 2 février 2016.

 

  • Art visuel par excellence, la bande-dessinée devient accessible aux aveugles et mal-voyants par cette visite de l’exposition Claire Bretécher, à la Bibliothèque publique d’information du Centre Pompidou, le 4 février 2016. La visite adaptée a été conçue avec le concours et les conseils du Pôle Accessibilité de l’association Valentin Haüy. Il est possible de profiter de cet espace et des dispositifs d’accessibilité en dehors des visites adaptées.

 

  • Le Centre Pompidou propose également le 6 février 2016 une visite "Ecouter voir" dans les collections modernes du Musée, réservée aux visiteurs aveugles et malvoyants et à leurs accompagnateurs.

 

 

Retrouvez d'autres visites culturelles accessibles dans le magazine francophone du handicap Yanous.

 

Voir les commentaires

L'intérêt pédagogique de l'audio

21 Janvier 2016, 16:28pm

Publié par véronique muzeau

L'intérêt pédagogique de l'audio

Puisque c'est la semaine du son, examinons comment l'audio peut être un instrument de pédagogie, en classe, en musée, ou ailleurs.

 

Un peu de franchise pour commencer : le son est un outil délicat à manier pour transmettre et enseigner. « Les paroles s'envolent » dit le proverbe. On retient peu de ce qu'on entend. Le pédagogue Edgard Dale, dans son célèbre cône de l'apprentissage, évaluait à 20% la proportion d'un message purement auditif qui restait mémorisée au bout d'une semaine. Mais c'était en 1946, Dale lui-même préconisait de ne pas prendre ce cône au pied de la lettre, et il semble qu'aucune autre étude scientifique n'ait ensuite confirmé ce schéma.

 

Mais surtout, il n'existe pas de mémoire sensorielle à long terme. La mémoire ne fonctionne que si le message, quelle que soit sa forme, construit d'autres connexions dans votre cerveau (donc s'il interpelle votre vraie mémoire).

De ce point de vue, le son n'est pas plus efficace que l'image (notre cerveau le retient cependant un peu plus longtemps : 2,5 secondes contre ¼ de seconde pour l'image ! ).

Ou alors, il faudrait chanter le message et le mettre en musique car la mémoire musicale semble être, elle, particulièrement résistante !

 

Après cette parenthèse de neurosciences, il faut donc chercher ailleurs l'intérêt pédagogique du son, à commencer par l'école, tout naturellement.

 

 

 

Expériences en milieu scolaire

 

Les usages classiques du son en classe

 

Bien sûr, en langues vivantes, il y a longtemps que les enseignants s'appuient sur des documents sonores : CD de chanteurs ou musiciens internationaux, émissions de la BBC, contes ou livres audio en anglais, allemand, espagnol... Et certains passent à l'enregistrement de leurs propres podcasts en langues.

On pourra se reporter à ce sujet au projet podcl@ss du lycée Ambroise Paré de Laval (53), inspiré lui-même d'un autre projet, audionom@de du lycée François Mauriac de Bordeaux.

 

La direction générale de l'enseignement scolaire a d'ailleurs publié un guide pratique de la baladodiffusion en langues vivantes en 2010.

 

Les supports sonores sont également bien intégrés dans l'enseignement pour adultes du français langue étrangère.

 

Idem, en musique, on voit mal un enseignant se passer de faire écouter à ses élèves les extraits qui illustreront son cours.

 

Mais dans les autres matières, quel peut être l'intérêt du document audio ?

 

Un rapport parlementaire de 2010, dirigé par Jean-Michel Fourgous, député des Yvelines, sur l’innovation des pratiques pédagogiques par le numérique et la formation des enseignants évoque l'intérêt des outils audio dans l'éducation.

 

Il souligne que les Tice, et en particulier la baladodiffusion, offrent une démultiplication du temps de parole qui permet à l'élève de revenir sur un sujet autant de fois que nécessaire.

La répétition est pédagogique et, avec le son, on peut rejouer le cours à l'infini. (NB : Dans le rapport, le mot « baladodiffusion » est cité dans son acception essentiellement audio).

Le son prolonge la parole de l'enseignant non seulement dans le temps, mais aussi dans l'espace - hors de la classe - et renforce donc l'autonomie de l'apprenant.

Cependant, ce qui distinguait peut-être encore l'audio et la vidéo en 2010 – la facilité d'accès des outils d'écoute comme les lecteurs mp3 – n'est peut-être plus aussi vrai en 2015, quand tant d'élèves sont dotés de smartphones et donc d'un accès facile à la vidéo.

 

 

Les podcasts radio comme documents de cours

 

Pour creuser davantage cette spécificité du contenu sonore, on peut lire le rapport de Didier Guise, professeur documentaliste au lycée Schwartz de Pompey (54), sur son usage des podcasts de Radio France en lycée professionnel.

 

Il y relève les avantages et les limites de cet instrument pédagogique qu'est le média audio.

 

Les facilités du son en classe :

  • Un grand choix de contenus (radios, webradios, podcasts en ligne, réseaux sociaux sonores comme Soundcloud)

  • Un équipement et une exploitation matérielle simples (en collectif ou en autonomie)

  • Une plus grande accessibilité de l'audio par rapport à l'écrit, pour des élèves en difficulté avec la lecture, notamment les dyslexiques

  • Un support perçu comme « plus original et plus moderne » qu'un document imprimé ou même qu'un cours magistral ; un support apprécié et pratiqué puisque 85% des 13-19 ans écoutent quotidiennement la radio (étude du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, juin 2014)

 

Les difficultés du son en classe :

  • La nécessité d'être concentré pour écouter : pus que pour une vidéo (et encore), mais pas plus que pour une lecture

  • La nécessité d'un accompagnement et d'outils conçus par l'enseignant (fiches pédagogiques, grilles d'analyses) pour obtenir un véritable bénéfice d'apprentissage

  • Le fait que les élèves sont plutôt des auditeurs de musique, peu accoutumés à écouter des paroles

 

Il apparaît en tout cas que le document sonore est particulièrement indiqué pour travailler les compétences suivantes :

  • La prise de note

  • La synthèse

  • La mémorisation

Avec un podcast, pas de copier/coller possible ; l'élève doit donc se réapproprier le contenu écouté.

 

Les professeurs « makeurs » d'audio

 

Autre atout majeur de l'audio en milieu scolaire : passer à la création et à la production exige moins de savoir-faire technique et d'équipement que la vidéo ; d'où le succès des webradios de collèges ou lycées.

L'intérêt pédagogique de l'audio

Voici le témoignage de Frantz Glowacki, professeur de lettres, formateur audiovisuel au Clemi de Créteil (Île-de-France), et maître d'œuvre, avec le professeur documentaliste Morgane Louaisil, d'une toute jeune webradio au Collège Robert Doisneau de Dammarie-les-Lys (77).

 

 

Pourquoi avoir décidé de créer une webradio ? 

 

L'idée de créer une webradio avait pour nous plusieurs avantages : pédagogiquement, cela nous permet de travailler sur un média, dans le cadre de l'EMI (éducation aux médias et à l'information) qui entre dans les programmes.

Mais la radio nous apparaissait également comme un moyen de travailler de nombreuses compétences transversales intéressantes pour des élèves de troisième qui seront confrontés à leurs premiers oraux en fin d'année : travail sur le ton, la diction, la fluence de la lecture...

La radio est également un média qui permet un travail d'écriture important dans le cadre de chroniques par exemple.

Par ailleurs, ce média demande finalement peu de moyens (ce qui est un avantage non négligeable dans l'Éducation Nationale) : un enregistreur numérique à 100 €, un logiciel libre de droits comme Audacity et un site web gratuit, et on peut s'engager dans l'aventure...

 

Et pourquoi choisir ce média plutôt qu'une webTV ou un webzine?

 

J'ai souvent réalisé avec les élèves des webzines ou des blogs, ils sont assez habitués à ce type de production. La webradio était finalement un moyen de renouveler les pratiques, mais aussi un moyen d'aborder un média que les élèves connaissent peu (je parle des élèves de réseau d'éducation prioritaire) : ils connaissent généralement les grandes radios musicales (mais ils les écoutent peu) et parfois la radio que leurs parents écoutent dans la voiture. 

Quant à la WebTV, c'est un projet, mais qui demande de plus importants investissements financiers de la part de mon établissement scolaire.

 

À quoi cette webradio est-elle destinée ? 

 

Notre webradio a été initiée durant l'option DP3 en troisième : il s'agit d'une option de découverte professionnelle destinée à mieux connaître et appréhender le monde du travail, des entreprises, elle doit permettre aux élèves de découvrir des métiers variés et appartenant à des secteurs d'activité différents.

Les élèves ont 2 heures par semaine pour penser des sujets, les réaliser et les mettre en ligne.

Nous ne savons pas quelle durée de vie aura cette radio, mais nous souhaitons la pérenniser, et même symboliquement par un lieu dans le collège : à cette fin, nos élèves se sont associés avec les élèves de Segpa (section d’enseignement général et professionnel adapté) qui ont un atelier de construction et menuiserie. Les élèves vont nous réaliser un studio dans une ancienne remise que notre chef d'établissement a mise à notre disposition. 

 

Comment s'est déroulée la mise en place de la webradio ?

 

Nous réalisons cette webradio dans le cadre d'un dispositif mis en place par le Clemi dans l'académie de Créteil : les classe PEM (projet d'éducation aux médias).

Le Clemi nous propose 3 jours de formation, nous donne des heures de concertation et nous facilite les échanges avec des médias. 

Notre chef d'établissement, quant à elle, est plutôt bienveillante vis à vis de ce type de projet qui permet aux élèves d'apprendre, de s'investir et parfois de se révéler grâce à une pédagogie de projet. Elle a financé l'achat de deux enregistreurs numériques sur le budget de l'établissement.

 

Comment se passent les premières productions avec les élèves ?

 

Nous avons commencé par écouter la radio, différentes radio et différents types d'émissions. Les élèves ont peu à peu changé leur vision de ce média, ils ont compris que ce n'était pas que de la musique, ou que des informations lues...

Nous avons ensuite pris en main le matériel : les enregistreurs, le logiciel de montage, la table de mixage, Padlet, un autre outil gratuit qui permet de préparer ses sons pour un direct,...

Nous avons également travaillé sur les droits d'auteurs notamment pour la construction des jingles et des virgules sonores...

Puis, nous avons travaillé l'identité de notre radio, son nom, son logo, sa cible...

Les élèves ont eu du mal à entrer dans le projet car il se sentaient finalement mal à l'aise avec ce média qu'il connaissaient peu.

Mais peu à peu, on peut dire que la magie de la radio à opéré, les productions et les projets se multiplient.

Les élèves ont par exemple été sollicités pour faire la prise de son d'une rencontre prévue entre des rescapés des camps de concentration et les élèves de troisième. Ils ont été fiers qu'on fasse appel à eux et à leurs nouvelles compétences. 

L'une des plus belles réussites à ce jour reste la volonté d'un élève bègue de cette classe qui s'enregistre et utilise Audacity pour rendre ses chroniques audibles et compréhensibles.

 

Scannez ce Qr Code pour écouter la radio du collège Doisneau de Dammarie-les-Lys

Scannez ce Qr Code pour écouter la radio du collège Doisneau de Dammarie-les-Lys

L'audio pour découvrir le patrimoine

 

Face à l'omniprésence des images dans notre vie quotidienne, et l'omnipotence des contenus visuels dans tous les médias, que peut encore l'audio ?

Et que peut-il dans les dispositifs de découverte du patrimoine, mobiles ou fixes ?

Il peut être ce qu'il a toujours été (mais en mieux) : un média d'accompagnement. Car le contenu sonore a quelques atouts spécifiques, auxquels Tous Curieux / Histoire de son est attaché.

 

L'audio lui aussi augmente la réalité 

 

Au même titre que les images ou les textes, l'audio apporte une dimension supplémentaire à l'objet ou au site visité :

  • Une information, s'il s'agit d'un discours parlé. C'est le cas par exemple des audioguides classiques qui peuvent apporter une information complémentaire à celle des cartels et panneaux. À condition qu'ils ne reprennent pas mot pour mot les textes écrits, auquel cas leur seul intérêt est alors de permettre une accessibilité aux publics déficients visuels ou, comme à l'école, à ceux qui maîtrisent mal la lecture. C'est déjà ça, mais il y a moyen d'offrir davantage.

  • Une émotion, si les paroles écoutées sont celles d'un témoin, d'un acteur du patrimoine visité : qu'il s'agisse du conservateur du musée, de l'ornithologue attaché au parc naturel, de l'habitant du site troglodytique... dans tous les cas, la voix d'une personne impliquée transmet bien davantage que celle d'un comédien voix-off qui lit un texte dont il n'est pas l'auteur. L'authenticité du locuteur crée en effet une proximité avec l'auditeur et donc une empathie. L'émotion peut cependant naître aussi à l'écoute du (bon) comédien qui incarne un personnage fictif (crédible) quand c'est cette option de médiation qui est choisie.

  • Une sensation, surtout s'il s'agit d'une immersion sonore, reconstitution ou non du passé, captation d'ambiance, bruitage. On peut même enrichir une visite de compositions musicales inspirées par les sites ou d'extraits musicaux accordés aux objets. L'ouïe est un sens que nous devons aussi titiller. C'est alors que l'audio fait véritablement travailler l'imagination et le "cinéma intérieur" de l'auditeur !

 

Les pédagogues s'accordent sur le fait qu'on apprend d'autant mieux que les conditions de l'apprentissage sont agréables. Ajouter au contenu purement informatif, les dimensions émotionnelles et sensitives du son est donc important pour espérer capter l'attention et marquer l'auditeur.

 

On y ajoutera si possible des conditions d'écoute favorables pour éviter les distractions qui perturbent si facilement le message audio seul. En réduisant les pollutions sonores, en proposant aux auditeurs des sièges ou autres assises.

 

Spécifiquement alors, l'audio maintient le visiteur dans la contemplation du site, de l'œuvre, du bâtiment, et même, le son active cette contemplation. Le contact entre le visiteur et l'objet visité est alors préservé...mais augmenté. Et la médiation culturelle en sort renforcée.

Si l'on reprend le cahier des charges exposé par une conférencière aux dernières rencontres nationales culture & innovation, on se dit que l'audio a toute sa place dans les outils de médiation culturelle numérique.

 

Le cahier des charges exposé par une conférencière aux 7èmes rencontres nationales culture & innovation, relayées sur Twitter

Le cahier des charges exposé par une conférencière aux 7èmes rencontres nationales culture & innovation, relayées sur Twitter

  • Rencontres nationales culture et innovation du Clic

http://rnci.clicfrance.fr/

 

  • Rapport parlementaire sur le numérique appliqué à la pédagogie scolaire

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/104000080.pdf

 

  • Dossier très complet sur l'audio dans les CDI (centres de documentation et d'information) d'établissements du secondaire

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/documentation/Pages/2008/98_CDI_Audio.aspx

 

Voir les commentaires

Regain d'affection pour le son

8 Janvier 2016, 15:32pm

Publié par véronique muzeau

2016, année de nos oreilles ?

2016, année de nos oreilles ?

 

 

À l'approche de la semaine du son, on en revient à notre marotte : l'audio. Il semble que l'ouïe redevienne un sens qui compte. Le son, c'est si bon !

 

Nous sommes tellement rivés à nos écrans que nous en oublions parfois que nous avons d'abord commencé par entendre, avant même de « voir le jour ». Un centre de procréation médicalement assistée espagnol vient de s'en souvenir et lance le Babypod. C'est un tampon musical pour femme enceinte : à introduire dans le vagin pour faire écouter de la musique au bébé !

 

Au-delà de l'insolite, le son a toujours compté dans notre vie d'humains, grâce à la musique, qui continue à passer d'abord par nos conduits auditifs, malgré l'invention du clip vidéo.

Mais on constatait ces dernières années un essoufflement – ou plutôt un étouffement ? - de l'attention portée au son.

D'aucuns ont souligné la responsabilité de la révolution numérique : sur Internet, un contenu vidéo ou photo est bien plus viral que l'audio. Les récents déboires de Soundcloud sont venus confirmer la difficulté d'être un réseau social sonore.

Certes, mais cependant, il paraît que l'audio connaît de beaux succès sur le web : les entreprises seraient de plus en plus nombreuses à recourir aux podcasts pour leur communication et leur marketing digital. L'intérêt majeur des séquences audio serait de permettre aux auditeurs (surtout aux auditrices d'ailleurs) de rester connectés tout en échappant à l'écran (vous voyez d'ici la séance de repassage, casque aux oreilles). Si le monde économique s'y met, on est sauvés.

 

 

 

Le succès grandissant de la Semaine du son

 

Et puis, il y a donc cette Semaine du son, bon pied bonne oreille depuis 2004, avec chaque année davantage de participants.

Au départ, elle durait 4 jours, se concentrait dans 6 lieux parisiens, avec un budget modeste, autour de 60 000 €.

En 2015, la « semaine » en a duré trois (21 jours), elle s'est traduite par 200 événements dans 80 villes, et la valorisation de sa seule campagne médias est estimée à 3 millions d'euros. Le son est donc un thème mobilisateur. Il faut dire que cette opération a eu la bonne idée de ratisser large et de s'intéresser aux « enjeux sociétaux du sonore ». On y aborde le sujet aussi bien sous l'angle de la culture que de la santé et de l'environnement, de l'industrie et de l'économie, sans oublier la pédagogie.

 

C'est l'occasion de constater que :

 

  • Le son inspire toujours l'art

Il est même particulièrement vivant et ludique à l'ère numérique. Les musiciens et concepteurs d'art sonore disposent en effet de tout un panel d'outils informatiques pour créer des musiques interactives à base de captations sonores d'ambiances humaines ou de sons naturels. D'autres font chanter de vieux objets ou des plantes.

 

  • La pollution sonore est prise en compte

Les nuisances sonores de notre environnement commencent (enfin) à préoccuper les élus, urbanistes et par extension les industriels. Une récente étude évalue à 10 000 le nombre de morts liés au bruit chaque année en Europe. Les idées pour atténuer le brouhaha des cantines, pour utiliser des matériaux à faible résonance acoustique, pour disperser des murs végétaux en ville, pour optimiser le design sonore des objets, fleurissent. La ville de Quimper vient même d'annoncer la création d'une jardin sonore l'an prochain pour faire entendre aux citadins les doux bruissements des feuillages et des fleurs dans le vent.

 

  • L'audition devient un problème de santé publique

Les dégâts opérés par les concerts amplifiés depuis les années 1960 ou les baladeurs des années 80 commencent à se faire sentir dans les oreilles d'une population qui perd son audition. Les audioprothésistes en récoltent les fruits. Le bon point, c'est que la prévention s'est accentuée, même si elle reste très insuffisante.

 

  • L'audio retrouve ses lettres de noblesse dans l'univers de la culture et de l'éducation

Les jeux vidéo sont désormais sonorisés et bruités avec autant de soin que les films de cinéma, il en existe même un uniquement sonore – a blind legend – adapté au handicap visuel.

Les contenus des audioguides sont moins standardisés qu'autrefois (Histoire de Son milite pour leur qualité).

Les radios et webradios deviennent un véritable outil de pédagogie en milieu scolaire ou dans les centres culturels.

L'édition des livres audio affiche un réel potentiel de croissance.

Les sons deviennent un patrimoine qu'on s'efforce de sauvegarder.

Le son s'installe confortablement dans la muséographie : les scénographies des musées intègrent désormais régulièrement contenus et immersions sonores, dans le cadre d'une médiation multisensorielle.

L'exigence d'accessibilité pour la déficience visuelle favorise les versions audio de spectacles ou contenus culturels.

 

  • La musique soigne

On reconnaît enfin ses vertus au-delà de son intérêt esthétique et la musicothérapie se fraye un vrai chemin dans la panoplie des soins, en particulier aux malades psychiques.

 

 

Tandis que nos yeux saturent de lumière (bleue), nous redécouvrons avec joie que nous avons des oreilles et qu'elles sont précieuses.

 

Si vous aimez le son

Suivez-nous sur Twitter

Suivez aussi :

Syntone, le magazine de l'actualité et de la critique radiophonique

Sonore-visuel, histoire et actualité des arts sonores et audiovisuels

Desartsonnants, des paysages sonores à portée d'oreille

Voir les commentaires