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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2016

26 Février 2016, 17:28pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2016

Ça sent le renouveau printanier pour l'art numérique : plusieurs festivals et événements sont programmés en ce mois de mars 2016.

La création sonore nous promet aussi quelques beaux rendez-vous et la médiation culturelle numérique n'est pas en reste.

 

 

L'art en mode numérique

 

 

  • Art, innovation et numérique sont les trois mamelles du Mirage Festival qui a lieu du 2 au 6 mars 2016 à Lyon. Son volet « Open Creative Forum » se joue en mode collaboratif.

 

  • Comment les anthropologues, réalisateurs, plasticiens, ingénieurs pensent-ils et interprètent-ils le monde numérique ? Installations et débats pour tenter de répondre à cette vaste question aux Anthropologies Numériques organisées par Le Cube à Issy-les-Moulineaux (92) du 10 au 12 mars 2016.

 

  • Le festival « Croisements numériques », du 16 au 30 mars 2016 à Saint-Nazaire (44), s'interroge sur les rapports entre nos corps et les nouvelles technologies de l'information et de la communication, au travers d'expositions, animations, ateliers, rencontres. conférences, spectacles et d'une journée professionnelle.

 

  • Même s'il est surtout consacré aux arts visuels, comme son nom l'indique, « Vidéoformes » se veut un festival pluridisciplinaire, ouvert à toutes les créations numériques, du 17 mars au 2 avril 2016 à Clermont-Ferrand (63).

 

  • Festival augmenté, « Tropisme » mêle installations expositions et spectacles qui font la part belle à la création digitale, du 23 mars au 8 avril 2016 à Montpellier.

 

 

La création sonore

 

  • Concerts, création sonore et poésie sonore sont diffusés par le réseau pendant l'Audioblast Festival #4, du 27 février 1er mars 2016.

 

  • Un laboratoire sonore d'expérimentation en poésie et art, c'est ainsi que se définit la performance FabrikaVoxa à suivre le 3 mars 2016 à l'espace multimédia Gantner de Bourogne (90).

 

  • « Lieux perdus » est un concert immersif à écouter en son 3D au casque, interprété par Le balcon, avec la mise en scène sonore de Benjamin Lazar, le 5 mars 2016 à Compiègne (60).

 

  • Une exposition destinée aux plus jeunes qui mêle arts plastiques et sonores, c'est le « Jardin Sonore » proposé par le Quartier, centre d'art contemporain de Quimper (29) du 5 au 27 mars 2016.

 

  • Et un p'tit quatre-heures

 

 

  • La Journée Territoires du documentaire sonore, est organisée le 18 mars 2016 à Paris, par l’Ina et l’ Addor (association pour le développement du documentaire radiophonique et de la création sonore). Une occasion pour les documentaristes radio de toutes générations d'échanger sur leur expérience les évolutions les plus récentes liées au numérique. Des séances d’écoute sont aussi prévues.

 

  • Espace-son est un séminaire international qui permet une approche interdisciplinaire des milieux sonores. Il a lieu du 21 au 25 mars 2016 à l'Université Paris 8, en partenariat avec la Semaine des arts.

 

 

 

La médiation culturelle numérique

 

  • Entre création artistique et médiation culturelle, le Musée national Jean Jacques Henner (Paris) propose à ses visiteurs de créer leurs propres œuvres numériques à partir d’éléments de tableaux de l’artiste, le 1er mars 2016, dans le cadre de ses nocturnes.

 

  • Gazouillez musées ! Devenu un véritable temps fort de la communication et de la médiation culturelle des musées, la #MuseumWeek a lieu du 28 mars au 4 avril 2016 sur le réseau social Twitter. Retrouvez les 7 thèmes et les 7 hashtags ici.

 

 

 

Le tourisme culturel et numérique

 

 

  • Un workshop est consacré à l'œnotourisme et au numérique à Bourges les 22 et 23 mars 2016. Des tables rondes et des débats permettront de dresser un état des lieux et de confronter les points de vue des différents acteurs du tourisme du vin en Berry. L'idée est de proposer ensuite de nouvelles expériences aux visiteurs : applications numériques à destination touristique, technologies 3D etc.

 

  • Les technologies virtuelles appliquées au tourisme culturel et au patrimoine seront notamment au programme du « Laval Virtual » le forum des technologies immersives, du 23 au 27 mars 2016 à Laval.

 

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Marie Popeck, plasticienne du son

10 Février 2016, 10:34am

Publié par véronique muzeau

Marie Popeck, plasticienne du son

L'univers du son est d'une richesse infinie quand on se plonge dedans. Voici une exploration minutieuse de l'installation d'une plasticienne de la matière sonore, Marie Popeck, rencontrée au festival Longueur d'ondes de Brest.

 

Et oui, encore une ode au son, à l'ouïe, à l'auditif dans ce blog. Inévitable quand on a fait un tour à l'excellent festival Longueur d'ondes de la radio et de l'écoute à Brest, du 4 au 7 février 2016. L'occasion pour Tous Curieux/Histoire de Son de croiser d'autres passionnés de l'audio, parfois très éloignés de notre pratique.

La particularité de ce festival est qu'on y évoque vraiment le son sous toutes ses formes : documentaire, information et actualité radiophoniques, musique, fiction, création et art sonore.

 

Allongé et en chaussettes

 

À nul autre pareil, Longueur d'ondes est un festival qu'on peut vivre allongé et en chaussettes, blotti dans une cabine tapissée de coussins, ou étalé sur une couette pour écouter, juste tendre l'oreille, voire oublier qu'on a des yeux (ça les repose !).

Le festival propose des dispositifs d'écoute teintés d'imagination et d'humour

Le festival propose des dispositifs d'écoute teintés d'imagination et d'humour

 

Bon, c'est quand même visuel parfois, comme cette installation coup de cœur : Forêt d’écouteurs en Rêve majeur.

 

 

800 écouteurs pour interroger notre rapport au son

 

 

Elle est signée Marie Popeck, une artiste de la matière sonore basée à Amiens. Elle décline cette passion au fil d'installations, films expérimentaux ou dispositifs sonores pour le théâtre et Marie aime les bruissements.

 

 

La forêt d'écouteurs en rêve majeur est une installation onirique et une œuvre qui questionne notre rapport au son.

 

Elle est constituée de 800 écouteurs suspendus à un faux plafond noir, des oreillettes surtout, quelques casques, autant de sources sonores potentielles dont une vingtaine seulement émettent réellement du son. La plupart des écouteurs sont usagés ou défectueux.

 

Le visiteur doit donc chercher les sources des faibles sons qui lui parviennent dans la forêt d'écouteurs suspendus.

L'installation interroge déjà notre rapport corporel à l'ouïe et notre position d'écoute : certains écouteurs sont placés très hauts, d'autres au ras du sol.

 

Pour Marie Popeck l'emploi d'écouteurs de récupération était indispensable pour figurer l'objet de grande consommation qu'ils sont devenus, l'oreillette de smartphone en particulier.

Ce sont des écouteurs de mauvaise qualité qui rendent peu justice au son. Et en décortiquant quelques-uns, Marie a pu constater que ce sont en effet des objets éphémères.

 

 

Un cache-cache sonore

 

L'installation est ludique, comme un cache-cache sonore, à condition d'oser entrer dans la forêt ; le public est laissé libre de s'engager dans l'installation, rien ne lui indique qu'il doit le faire.

 

Justement, voici un visiteur : il cherche, il s'engage, il fouille et porte les écouteurs à ses oreilles à la recherche des sons.

 

 

 

L'installation a déjà été exposée une dizaine de fois...mais le public réagit toujours différemment selon les circonstances. En plein air, les enfants sont plus nombreux à rencontrer l'œuvre. Eux s'emparent facilement de l'installation et incitent leurs parents à oser y entrer, à répondre à l'invitation de l'artiste.

 

 

Et quand on attrape un écouteur qui fonctionne, qu'entend-on ?

On entend un rêve, c'est l'autre sujet de prédilection de Marie Popeck.

 

 

Une écoute fragmentée et compressée

 

 

L'artiste est partie d'un rêve personnel qu'elle a raconté en 8 fragments sonores : 2 pistes voix, 2 parties électroacoustiques et 4 qui mêlent musique et bruitage. Ce sont les matières que Marie Popeck aime travailler, car elles mettent aussi en question notre culture sonore, la représentation imagée que nous avons des sons, notre visualisation de ces bruits.

Car Marie Popeck travaille aussi les images, elle réalise des films expérimentaux.

 

 

La Forêt d'écouteurs en rêve majeur aborde aussi notre rapport au format sonore : le son numérique est généralement compressé (en mp3), les supports n'offrent pas toujours une qualité d'écoute très riche, et seules certaines fréquences sonores parviennent à nos oreilles.

 

Et qui dit « format » dit aussi durée, temporalité ; notre écoute se fragmente, elle est éclatée, ce que Marie Popeck a voulu souligner.

 

 

 

Pour comprendre davantage la démarche de Marie Popeck, il faut découvrir aussi le parcours de l'artiste et sa progression dans l'univers du son.

 

 

Comme beaucoup, la créatrice est venue au son par la musique (accordéon et piano), puis les rave party et leurs hauts-parleurs. Elle s'est intéressée alors aux musiques électroacoustiques et électroniques, et a même pratiqué le chant...mais avec des goûts trop éclectiques pour poser véritablement sa créativité.

C'est finalement l'image qui l'a aiguillée, via les cours de cinéma expérimental : le travail des canadiens Norman McLaren, Maurice Blackburn autour de l'audiovision et la non synchronicité son/image.

Elle s'est ensuite penchée vers Pierre Schaeffer, l'objet sonore et la radio.

Elle a poursuivi ses recherches et découvert John Cage, grâce à Vincent Ciciliato.

Elle est passée aux prises de son, en autodidacte.

Puis a suivi une formation à la MAO (musique assistée par ordinateur) pour acquérir quelques bases techniques.

Enfin, un cours de psycho-acoustique musicale, au sein d'un master recherche et pratique artistique, a décuplé son imagination créatrice.

 

 

 

 

Rendre le son plus palpable

https://myspace.com/mariepopeck

Marie Popeck ne fait que commencer son exploration de la matière sonore et du rêve.

La Forêt d'écouteurs en rêve majeur s'incrit d'ailleurs dans une série plus vaste, les Scénarêves, ou la reconstitution du rêve par le son. Elle a commencé avec une œuvre vidéo en pellicule grattée et se prolongera par un spectacle de rue.

Marie a aussi créé un dispositif sonore pour le théâtre en octophonie (huit pistes d'écoutes) avec hauts-parleurs piézoélectriques.

Elle projette également de rendre le son plus visible dans le milieu du cinéma. Elle prépare donc un film pour, dit-elle, « rendre le son plus palpable ».

 

 

 

Terminons par une autre vibration ressentie lors du festival Longueur d'ondes. Elle est pour la Prosodie d'Émilie Mousset, délicieuse octophonie qui nous replonge dans la prime enfance, dans l'univers sonore du bébé, des babillages aux bruits de bouche, en passant par la boite à musique. Et c'est justement de musicalité du langage qu'il est question, la définition même de la prosodie. Comme artiste du son, Émilie Mousset est bel et bien une compositrice.

 

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