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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #festival de radio

Marie Popeck, plasticienne du son

10 Février 2016, 10:34am

Publié par véronique muzeau

Marie Popeck, plasticienne du son

L'univers du son est d'une richesse infinie quand on se plonge dedans. Voici une exploration minutieuse de l'installation d'une plasticienne de la matière sonore, Marie Popeck, rencontrée au festival Longueur d'ondes de Brest.

 

Et oui, encore une ode au son, à l'ouïe, à l'auditif dans ce blog. Inévitable quand on a fait un tour à l'excellent festival Longueur d'ondes de la radio et de l'écoute à Brest, du 4 au 7 février 2016. L'occasion pour Tous Curieux/Histoire de Son de croiser d'autres passionnés de l'audio, parfois très éloignés de notre pratique.

La particularité de ce festival est qu'on y évoque vraiment le son sous toutes ses formes : documentaire, information et actualité radiophoniques, musique, fiction, création et art sonore.

 

Allongé et en chaussettes

 

À nul autre pareil, Longueur d'ondes est un festival qu'on peut vivre allongé et en chaussettes, blotti dans une cabine tapissée de coussins, ou étalé sur une couette pour écouter, juste tendre l'oreille, voire oublier qu'on a des yeux (ça les repose !).

Le festival propose des dispositifs d'écoute teintés d'imagination et d'humour

Le festival propose des dispositifs d'écoute teintés d'imagination et d'humour

 

Bon, c'est quand même visuel parfois, comme cette installation coup de cœur : Forêt d’écouteurs en Rêve majeur.

 

 

800 écouteurs pour interroger notre rapport au son

 

 

Elle est signée Marie Popeck, une artiste de la matière sonore basée à Amiens. Elle décline cette passion au fil d'installations, films expérimentaux ou dispositifs sonores pour le théâtre et Marie aime les bruissements.

 

 

La forêt d'écouteurs en rêve majeur est une installation onirique et une œuvre qui questionne notre rapport au son.

 

Elle est constituée de 800 écouteurs suspendus à un faux plafond noir, des oreillettes surtout, quelques casques, autant de sources sonores potentielles dont une vingtaine seulement émettent réellement du son. La plupart des écouteurs sont usagés ou défectueux.

 

Le visiteur doit donc chercher les sources des faibles sons qui lui parviennent dans la forêt d'écouteurs suspendus.

L'installation interroge déjà notre rapport corporel à l'ouïe et notre position d'écoute : certains écouteurs sont placés très hauts, d'autres au ras du sol.

 

Pour Marie Popeck l'emploi d'écouteurs de récupération était indispensable pour figurer l'objet de grande consommation qu'ils sont devenus, l'oreillette de smartphone en particulier.

Ce sont des écouteurs de mauvaise qualité qui rendent peu justice au son. Et en décortiquant quelques-uns, Marie a pu constater que ce sont en effet des objets éphémères.

 

 

Un cache-cache sonore

 

L'installation est ludique, comme un cache-cache sonore, à condition d'oser entrer dans la forêt ; le public est laissé libre de s'engager dans l'installation, rien ne lui indique qu'il doit le faire.

 

Justement, voici un visiteur : il cherche, il s'engage, il fouille et porte les écouteurs à ses oreilles à la recherche des sons.

 

 

 

L'installation a déjà été exposée une dizaine de fois...mais le public réagit toujours différemment selon les circonstances. En plein air, les enfants sont plus nombreux à rencontrer l'œuvre. Eux s'emparent facilement de l'installation et incitent leurs parents à oser y entrer, à répondre à l'invitation de l'artiste.

 

 

Et quand on attrape un écouteur qui fonctionne, qu'entend-on ?

On entend un rêve, c'est l'autre sujet de prédilection de Marie Popeck.

 

 

Une écoute fragmentée et compressée

 

 

L'artiste est partie d'un rêve personnel qu'elle a raconté en 8 fragments sonores : 2 pistes voix, 2 parties électroacoustiques et 4 qui mêlent musique et bruitage. Ce sont les matières que Marie Popeck aime travailler, car elles mettent aussi en question notre culture sonore, la représentation imagée que nous avons des sons, notre visualisation de ces bruits.

Car Marie Popeck travaille aussi les images, elle réalise des films expérimentaux.

 

 

La Forêt d'écouteurs en rêve majeur aborde aussi notre rapport au format sonore : le son numérique est généralement compressé (en mp3), les supports n'offrent pas toujours une qualité d'écoute très riche, et seules certaines fréquences sonores parviennent à nos oreilles.

 

Et qui dit « format » dit aussi durée, temporalité ; notre écoute se fragmente, elle est éclatée, ce que Marie Popeck a voulu souligner.

 

 

 

Pour comprendre davantage la démarche de Marie Popeck, il faut découvrir aussi le parcours de l'artiste et sa progression dans l'univers du son.

 

 

Comme beaucoup, la créatrice est venue au son par la musique (accordéon et piano), puis les rave party et leurs hauts-parleurs. Elle s'est intéressée alors aux musiques électroacoustiques et électroniques, et a même pratiqué le chant...mais avec des goûts trop éclectiques pour poser véritablement sa créativité.

C'est finalement l'image qui l'a aiguillée, via les cours de cinéma expérimental : le travail des canadiens Norman McLaren, Maurice Blackburn autour de l'audiovision et la non synchronicité son/image.

Elle s'est ensuite penchée vers Pierre Schaeffer, l'objet sonore et la radio.

Elle a poursuivi ses recherches et découvert John Cage, grâce à Vincent Ciciliato.

Elle est passée aux prises de son, en autodidacte.

Puis a suivi une formation à la MAO (musique assistée par ordinateur) pour acquérir quelques bases techniques.

Enfin, un cours de psycho-acoustique musicale, au sein d'un master recherche et pratique artistique, a décuplé son imagination créatrice.

 

 

 

 

Rendre le son plus palpable

https://myspace.com/mariepopeck

Marie Popeck ne fait que commencer son exploration de la matière sonore et du rêve.

La Forêt d'écouteurs en rêve majeur s'incrit d'ailleurs dans une série plus vaste, les Scénarêves, ou la reconstitution du rêve par le son. Elle a commencé avec une œuvre vidéo en pellicule grattée et se prolongera par un spectacle de rue.

Marie a aussi créé un dispositif sonore pour le théâtre en octophonie (huit pistes d'écoutes) avec hauts-parleurs piézoélectriques.

Elle projette également de rendre le son plus visible dans le milieu du cinéma. Elle prépare donc un film pour, dit-elle, « rendre le son plus palpable ».

 

 

 

Terminons par une autre vibration ressentie lors du festival Longueur d'ondes. Elle est pour la Prosodie d'Émilie Mousset, délicieuse octophonie qui nous replonge dans la prime enfance, dans l'univers sonore du bébé, des babillages aux bruits de bouche, en passant par la boite à musique. Et c'est justement de musicalité du langage qu'il est question, la définition même de la prosodie. Comme artiste du son, Émilie Mousset est bel et bien une compositrice.

 

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La saison du son et de la radio

26 Janvier 2015, 09:05am

Publié par véronique muzeau

Une manifestation pour redonner toute sa place au son

Une manifestation pour redonner toute sa place au son

La Semaine du Son a commencé et dure jusqu'au 8 février 2015 partout en France. L'une de ses déclinaisons majeures est le festival de la radio et de l'écoute Longueur d'ondes à Brest (Finistère). À Paris, l'opération se terminera par le salon Le radio à Paris.

 

LE FESTIVAL DE LA RADIO ET DE L'ÉCOUTE À BREST

Du 27 janvier au 1er février, le Festival de la radio et de l'écoute Longueur d'ondes, à Brest vivra sa 12e édition, comme la Semaine du Son qui a lieu partout en France.

Longueur d'Ondes s'intéresse avant tout au contenu, au programme, et surtout à ce que le son peut transporter comme émotions, comme culture, comme sensations...

Voilà pourquoi la programmation du festival est essentiellement composée de débats, d'entretiens, de séances d'écoute, d'émissions en direct, d'ateliers ...voire de concerts ou de spectacles qui mettent en valeur le son.

 

Création et art sonore

À découvrir entre autres singularités, la « chaire de dramaturgie sonore au théâtre » de l'université de Québec à Chicoutimi ...si, si, ça existe !

Vous pourrez aussi expérimenter un dispositif interactif de création sonore en live baptisé « mouture graine de sons ».

Le son comme matière de création, c'est aussi une « exposiSON » dans laquelle plusieurs tableaux du Musée des Beaux-Arts de Brest sont mis en sons,

un ciné-concert,

des créations sonores et musicales,

une réalisation en multi-canal 5.1 et au passage la rencontre avec un compositeur de musique électroacoustique...

les élèves du conservatoire de Brest vont aussi donner un concert électroacoustique.

 

À voir également, un film documentaire sur la réalisation des fictions sonores de France Culture; les écoliers brestois pourront suivre en direct une réalisation sur l'espionnage : « les oreilles rouges » de Stéphane Michaka.

Le jeune public pourra même participer à l'enregistrement d'une fiction radio qui sera diffusée sur la webradio Oufipo, née du festival.

Et même les tout-petits de 1 à 3 ans pourront dresser l'oreille dans la « cabane à sons ».

Le festival Longueur d'ondes c'est d'ailleurs aussi un volet scolaire les 29 et 30 janvier.

Les plus grands peuvent aussi apprendre avec cette master class proposé par l'INA : « drones à l'écoute », par Benoît Labourdette, qui est cinéaste et passionné des technologies numériques.

 

La radio comme instrument politique

Vous pourrez donc voir une pièce de théâtre Hate radio sur le rôle de la radio des Mille Collines dans le génocide au Rwanda ...c'est sur la scène du Quartz et ce sera suivi d'un débat.

La radio politique c'est aussi la lutte citoyenne pour la renaissance de Radio Mont aiguille en Isère,

ou encore, bien sûr, des documentaires sonores à écouter ; des documentaristes à rencontrer...

À suivre également, l'analyse de l'année politique par le journaliste Hubert Huertas de Médiapart ou une table ronde sur les écoutes policières et militaires ...

 

Quelques grandes figures radiophoniques

Au festival Longueur d'Ondes ...on peut aussi rencontrer des « personnages » de la radio :

-Des animateurs ou des journalistes célèbres qui témoignent comme Jacques Pradel, Alain Finkielkraut ou Xavier Delaporte qui reviendra sur la chronique numérique de France Culture « ce qui nous arrive sur la toile ».

-Des conteurs ou des poètes qui donnent de la voix.

-Des techniciens du son comme Gilles Davidas, l'un des réalisateurs les plus chevronnés de Radio France.

-D'autres acteurs de la radio comme Andrew Orr, l'un des fondateurs de Radio Nova.

 

Ici et là, pendant ces 5 jours à l'occasion de Longueur d'ondes, Brest est parsemée d'émissions radio ou de dispositifs d'écoute, dans des librairies, centres d'arts, musées, à la fac ou au cinéma.

 

LA SEMAINE DU SON PARTOUT EN FRANCE

 

Ce n'est pas un hasard, c'est la Semaine du Son partout en France jusqu'au 8 février 2015. Cette semaine a pour ambition de nous faire comprendre les enjeux sociétaux du son. La Semaine abord donc aussi bien la forme que le contenu du son, la culture qui s'y attache, que la qualité de notre environnement sonore, les problématiques de bruit et de pollution sonore.

 

Le son comme bruit ou la pollution sonore

Ainsi à Bordeaux le 2 février 2015, la SACEM Université vous propose un atelier Comment bien sonoriser et insonoriser votre établissement ?

Voilà pour le confort. Mais la semaine aborde aussi la prévention des risques auditifs, par des concerts Peace and Lobe, ou d'autre moyens, comme cette exposition « Encore plus fort » pour sensibiliser aux risques auditifs liés aux musiques amplifiée au Conservatoire Marcel Landowski de Troyes.

 

La dimension sensorielle du son

Certaines manifestations de la Semaine touchent à la dimension sensorielle du son avec Le banquet de l’ouïe qui mêle exploration des sens auditif et gustatif, dimanche 8 février 2015, à Brumath (67). Michelle Schneider est au fourneau et le naturaliste sonore Fernand Deroussen aux micros et c'est une idée de la compagnie Le bruit qu'ça coûte. La compagnie propose d'autres événements en Alsace notamment du théâtre musical avec « l'homme qui plantait des arbres ».

Le handicap auditif

Le film La famille Bélier qui aborde avec humour et émotion la surdité mais aussi la culture sourde et sa langue des signes est l'occasion d'un débat proposé par la Mutualité Française à Nîmes, le 31 janvier 2015.

 

La dimension artistique du son

Le son en interaction avec d'autres expressions artistiques

jusqu'au 31 janvier 2015, la bibliothèque d’Olivet (Loiret) vous propose de découvrir Alsos de Scenocosme. Une exposition, ou plutôt une installation originale qui mêle lumière et son. Les spectateurs, munis de lampes-torches, déambulent dans l’espace de la clairière. A l’intérieur, ils éclairent les fleurs fluorescentes dispersées dans les branchages. Leurs pistils abritent des capteurs de lumière et chaque fleur diffuse alors des sonorités variées. Le son est fonction des intensités lumineuses reçues par les fleurs.

 

Le son comme art musical

Bien sûr, c'est la base, et la semaine du son propose de multiples ateliers de création musicale.

Vous pouvez aussi vous rendre dans le Morbihan à Plougoumelen où on vous propose un « voyage enchanté au fil du temps », autrement dit, un concert en forme d'exploration de la voix chantée, depuis le chant grégorien jusqu’aux comédies musicales. C'est un ténor italien qui propose ce concert pédagogique et participatif ; il est accompagné d'une pianiste, percussionniste et compositrice.

 

Le son comme art en soi

Place aux créations et installations sonores comme celle de Tommy Lawson sur la ville, le paysage sonore urbain, à écouter à Bastia,

ou au Sonorama de la compagnie Ouïe Dire à découvrir à Albi (Tarn).

 

La dimension culturelle du son

Que sont nos sons familiers ? Que nous apprend l'audio ?

C'est ce thème qu'abordent les différentes balades sonores, notamment les lectures de paysages proposées dans plusieurs régions,

ou les projections de documentaires sur le son comme « « pianomania », le portrait d'un accordeur de piano à la médiathèque d'Aubagne(13) le 28 janvier 2015.

 

La semaine du son, c'est aussi dans les Côtes d'Armor où il existe un Centre de Découverte du Son à Cavan qui vous propose une soiré d'écoute des sons du territoire avec écoute de programmes sonores de territoires, informations et discussions autour de ces observatoires.

 

Le son comme argument de vente

Et oui, il existe des designers sonores qui peaufinent avec soin le « bruit » de votre cafetière, des voitures électriques trop silencieuses, ou des « chips » que vous croquez …

Vous pourrez découvrir ce métier à la médiathèque Verlaine de Metz ou à l'école supérieure des Beaux-Arts du Mans.

 

La Semaine du Son est aussi l'occasion de proposer des visites de studios, ateliers radio, portes-ouvertes de magasins hi-fi, démonstrations de mixage audio et ateliers acoustiques pour comprendre la physique du son.

 

LE SALON DE LA RADIO À PARIS

 

Enfin, du 8 au 10 février 2015, c'est le salon de la radio à Paris. Cette fois, il s'agit bien de promouvoir la radio comme secteur économique avec des stands pour découvrir les différentes stations en vue ou les derniers matériels ou logiciels de production et de diffusion, les prestataires, studios, producteurs indépendants, ou organismes de formation à la radio.

 

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