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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #enregistrement

Didier Tallec, compositeur de paysages sonores

23 Mai 2017, 16:02pm

Publié par véronique muzeau

Un environnement sonore peut devenir la matière d'une œuvre d'art

Un environnement sonore peut devenir la matière d'une œuvre d'art

Rencontre avec Didier Tallec, musicien amoureux du son qui travaille l'environnement sonore pour en extraire des œuvres d'art.

 

Didier Tallec se présente souvent comme un artiste multimédia mais il est d'abord musicien, violoniste plus précisément.

Depuis quelques années, il travaille aussi la vidéo et ...toujours le son bien sûr ! Mais ses compositions ont évolué : peu à peu, le musicien est tombé dans la marmite du field recording, la composition de paysages sonores en tant que créations artistiques.

Contrairement à l'audio naturaliste, le field recorder ne privilégie pas forcément le "son de la nature" ; il capte aussi celui de la "culture". Ce qui pourrait apparaître comme un bruit dérangeant devient une matière, une empreinte du territoire capté, en particulier le Finistère où vit Didier.

Tout son d'un paysage est une matière à travailler.

Wire Drawing sort en vinyle en automne 2017 ; le disque vinyle est dans ce cas un support adapté car cette œuvre est composée des sons d'une usine de tréfilage, issus d'une exposition commandée par l'unité Michelin de Vannes pour ses quarante ans.

Je suis un chasseur de sons, parfois je reviens bredouille, parfois la récolte et intéressante.

À la recherche de paysages sonores, Didier Tallec explore, micro en main, les oreilles aux aguets et nichées dans un casque audio, comme un photographe se met en quête de lumière et d'image.

Puisqu'il vit à Quimper et à Penmarc'h, le compositeur a repéré ses « spots » : un coin pour les tempêtes à Saint-Guénolé, l'île de Sein pour capter le vent dans un milieu moins anthropisé, vierge de moteurs de voitures.
Toujours muni d'un enregistreur quand il voyage, il aime aussi capter les ambiances des villes européennes, comme il l'a fait récemment en recueillant l'empreinte sonore de Prague.

En général, une œuvre décrit l'unité d'un lieu, mais Didier n'exclut pas de « mixer » différents sites.

Le matériel : palette de micros, enregistreur simple, excellent casque

Le matériel est simple et pas forcément coûteux.
Le field recorder dispose d'une palette de micros car la réussite du paysage sonore dépend surtout de leur positionnement : des hydrophones pour enregistrer sous l'eau, un micro canon, un couple A/B (stéréo) et des micros de contact pour les vibrations des routes ou des ponts.
Du côté des enregistreurs, un Zoom H2 et un Edirol R 44 font parfaitement l'affaire.
Quant au casque, Didier apprécie particulièrement son Sony CD 3000.

 

Collaborations artistiques

Didier travaille aussi en collaboration avec d'autres artistes : Noémie Sprenger-Ohana, chercheuse et créatrice en musique acousmatique (destinée à l'écoute par hauts-parleurs) avec qui il propose des formations au field recording.

Récemment, c'est Pierre Charrié, designer créateur de belles surfaces sonores en bois qui a diffusé ses paysages sonores lors de Révélations la biennale internationale des métiers d'art et de la création, au Grand Palais à Paris du 4 au 8 mai 2017.

 

 

Jardins sonores

Le compositeur cultive son art sur un autre média, comme un jardin secret : ses jardins justement, l'un au centre de Quimper et l'autre à Penmarc'h en bord d'océan. Et dans ces petits univers intimes, il est aussi question d'ambiance sonore.
À terme, Didier pourrait y proposer une installation sonore permanente.

 

Dans une société entièrement dominée par l'image, les gens ne font guère attention aux sons qui les entourent.

En véritable amateur de son, Didier Tallec regrette un peu la prédominance de l'image dans notre quotidien. Peu de gens s'intéressent à la musique contemporaine. Et quand ils sont en position d'écoute, les auditeurs se préoccupent rarement de qualité sonore.

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Semaine du son, petite sélection

24 Janvier 2017, 19:03pm

Publié par véronique muzeau

Semaine du son, petite sélection

La Semaine du son retient forcément l'attention de Tous Curieux/Histoire de son... Les rendez-vous autour du sonore et de l'audio sont nombreux jusqu'au 11 février 2017. Impossible d'en dresser la liste exhaustive ; à défaut d'un tour horizon, voici une petite sélection.

 

Données sémantiques et audio

En préambule de l'excellent festival de la radio et de l'écoute Longueur d'ondes, sur notre territoire (le Finistère), une conférence qui nous fait dresser l'oreille. Elle s'intéresse à la problématique de la recherche automatisée des données sonores. Comment repérer l'information ou la captation pertinente dans un fichier numérique audio ? Comment insérer des marqueurs dans des fichiers son pour pouvoir ensuite les classer, les répertorier, etc. Bonne question ! Éléments de réponse le 26 janvier 2017 à Brest (29) avec les chercheurs d'Orange Labs.

 

Langage des cloches

  • Thibaut Laplace, délégué pour la Meurthe-et-Moselle de la Société Française de campanologie commente les enregistrements de différentes cloches locales, pour expliquer la signification de ces sonneries du temps civil ou religieux, et les différences de sonorités d'une cloche à l'autre. Une conférence d'art et de patrimoine campanaire à suivre le 26 janvier 2017 à Villers-les-Nancy (54).
  • Un débat a lieu le 27 janvier au CNIT de La Défense (92) après la présentation des principaux résultats de l’enquête menée en 2016 auprès de différentes paroisses à travers la France sur les cloches et leur perception.
  • Le 28 janvier 2017, c'est à Toulouse (31) qu'une autre conférence vous présente les différents usages du carillon Levêque de 1877 : volées ordonnancées, angélus, Nadalet, comptines..

 

Quand le son inspire l'image

Pour une fois, on part du son et c'est lui qui va déterminer l'image... La Semaine du son est l'occasion de lancer un concours international de création d’images sur une composition sonore musicale signée Greco Casadesus et Grégory Cotti. Les vidéastes amateurs et professionnels seront invités à s'exprimer sur ce qu'ils entendent et ils auront un an pour le faire. Ce lancement, le 27 janvier 2017 à Paris, sera suivi d'une table ronde sur la relation son/image.

 

L'ouïe par la langue des signes

En plus du handicap visuel, le handicap auditif a trouvé sa place dans la semaine du son ! Ça ne s'invente pas, c'est à Sens (89) qu'on vous propose une découverte des sons par la langue des signes du 30 janvier au 3 février 2017.

 

Immersion sonore dans l'univers du bébé

On vous en a déjà parlé l'an dernier, « Prosodie » d'Émilie Mousset est une octophonie à écouter sur un tapis et des coussins, dans l'obscurité, et de préférence entouré de bambins. C'est une performance, entre pièce radiophonique et composition acousmatique, interprétée en direct. On appréciera les réactions du très jeune public interpelé par du son, et rien que du son : le babil, les rires, et petits bruits du quotidien de la très tendre enfance. Concert à suivre le 1er février 2017 à Bordeaux (33).

 

Audioguide de Strasbourg imaginé par ses habitants

« Vous êtes ici » est à écouter immobile, pour explorer la ville seulement par les oreilles, au fil des 17 points d'intérêt de Strasbourg (68) revisités par les habitants et la compagnie Le Bruit qu'ça coûte, les 3 et 4 février 2017.

 

Et la Semaine du son propose bien d'autres thèmes et événements : formations et métiers du son, urbanisme et acoustique, prévention des troubles de l'audition, biodiversité et paysages sonores, création artistique et performances audio, écoutes collectives de documentaires, portes ouvertes de studios ou de radios, ateliers pratiques, lectures à haute voix, parcours audio sensibles, productions, démonstrations et diffusions de son spatialisé, multicanal, etc.

Téléchargez le programme complet de la Semaine du son en France et en Belgique.

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L'intérêt pédagogique de l'audio

21 Janvier 2016, 16:28pm

Publié par véronique muzeau

L'intérêt pédagogique de l'audio

Puisque c'est la semaine du son, examinons comment l'audio peut être un instrument de pédagogie, en classe, en musée, ou ailleurs.

 

Un peu de franchise pour commencer : le son est un outil délicat à manier pour transmettre et enseigner. « Les paroles s'envolent » dit le proverbe. On retient peu de ce qu'on entend. Le pédagogue Edgard Dale, dans son célèbre cône de l'apprentissage, évaluait à 20% la proportion d'un message purement auditif qui restait mémorisée au bout d'une semaine. Mais c'était en 1946, Dale lui-même préconisait de ne pas prendre ce cône au pied de la lettre, et il semble qu'aucune autre étude scientifique n'ait ensuite confirmé ce schéma.

 

Mais surtout, il n'existe pas de mémoire sensorielle à long terme. La mémoire ne fonctionne que si le message, quelle que soit sa forme, construit d'autres connexions dans votre cerveau (donc s'il interpelle votre vraie mémoire).

De ce point de vue, le son n'est pas plus efficace que l'image (notre cerveau le retient cependant un peu plus longtemps : 2,5 secondes contre ¼ de seconde pour l'image ! ).

Ou alors, il faudrait chanter le message et le mettre en musique car la mémoire musicale semble être, elle, particulièrement résistante !

 

Après cette parenthèse de neurosciences, il faut donc chercher ailleurs l'intérêt pédagogique du son, à commencer par l'école, tout naturellement.

 

 

 

Expériences en milieu scolaire

 

Les usages classiques du son en classe

 

Bien sûr, en langues vivantes, il y a longtemps que les enseignants s'appuient sur des documents sonores : CD de chanteurs ou musiciens internationaux, émissions de la BBC, contes ou livres audio en anglais, allemand, espagnol... Et certains passent à l'enregistrement de leurs propres podcasts en langues.

On pourra se reporter à ce sujet au projet podcl@ss du lycée Ambroise Paré de Laval (53), inspiré lui-même d'un autre projet, audionom@de du lycée François Mauriac de Bordeaux.

 

La direction générale de l'enseignement scolaire a d'ailleurs publié un guide pratique de la baladodiffusion en langues vivantes en 2010.

 

Les supports sonores sont également bien intégrés dans l'enseignement pour adultes du français langue étrangère.

 

Idem, en musique, on voit mal un enseignant se passer de faire écouter à ses élèves les extraits qui illustreront son cours.

 

Mais dans les autres matières, quel peut être l'intérêt du document audio ?

 

Un rapport parlementaire de 2010, dirigé par Jean-Michel Fourgous, député des Yvelines, sur l’innovation des pratiques pédagogiques par le numérique et la formation des enseignants évoque l'intérêt des outils audio dans l'éducation.

 

Il souligne que les Tice, et en particulier la baladodiffusion, offrent une démultiplication du temps de parole qui permet à l'élève de revenir sur un sujet autant de fois que nécessaire.

La répétition est pédagogique et, avec le son, on peut rejouer le cours à l'infini. (NB : Dans le rapport, le mot « baladodiffusion » est cité dans son acception essentiellement audio).

Le son prolonge la parole de l'enseignant non seulement dans le temps, mais aussi dans l'espace - hors de la classe - et renforce donc l'autonomie de l'apprenant.

Cependant, ce qui distinguait peut-être encore l'audio et la vidéo en 2010 – la facilité d'accès des outils d'écoute comme les lecteurs mp3 – n'est peut-être plus aussi vrai en 2015, quand tant d'élèves sont dotés de smartphones et donc d'un accès facile à la vidéo.

 

 

Les podcasts radio comme documents de cours

 

Pour creuser davantage cette spécificité du contenu sonore, on peut lire le rapport de Didier Guise, professeur documentaliste au lycée Schwartz de Pompey (54), sur son usage des podcasts de Radio France en lycée professionnel.

 

Il y relève les avantages et les limites de cet instrument pédagogique qu'est le média audio.

 

Les facilités du son en classe :

  • Un grand choix de contenus (radios, webradios, podcasts en ligne, réseaux sociaux sonores comme Soundcloud)

  • Un équipement et une exploitation matérielle simples (en collectif ou en autonomie)

  • Une plus grande accessibilité de l'audio par rapport à l'écrit, pour des élèves en difficulté avec la lecture, notamment les dyslexiques

  • Un support perçu comme « plus original et plus moderne » qu'un document imprimé ou même qu'un cours magistral ; un support apprécié et pratiqué puisque 85% des 13-19 ans écoutent quotidiennement la radio (étude du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, juin 2014)

 

Les difficultés du son en classe :

  • La nécessité d'être concentré pour écouter : pus que pour une vidéo (et encore), mais pas plus que pour une lecture

  • La nécessité d'un accompagnement et d'outils conçus par l'enseignant (fiches pédagogiques, grilles d'analyses) pour obtenir un véritable bénéfice d'apprentissage

  • Le fait que les élèves sont plutôt des auditeurs de musique, peu accoutumés à écouter des paroles

 

Il apparaît en tout cas que le document sonore est particulièrement indiqué pour travailler les compétences suivantes :

  • La prise de note

  • La synthèse

  • La mémorisation

Avec un podcast, pas de copier/coller possible ; l'élève doit donc se réapproprier le contenu écouté.

 

Les professeurs « makeurs » d'audio

 

Autre atout majeur de l'audio en milieu scolaire : passer à la création et à la production exige moins de savoir-faire technique et d'équipement que la vidéo ; d'où le succès des webradios de collèges ou lycées.

L'intérêt pédagogique de l'audio

Voici le témoignage de Frantz Glowacki, professeur de lettres, formateur audiovisuel au Clemi de Créteil (Île-de-France), et maître d'œuvre, avec le professeur documentaliste Morgane Louaisil, d'une toute jeune webradio au Collège Robert Doisneau de Dammarie-les-Lys (77).

 

 

Pourquoi avoir décidé de créer une webradio ? 

 

L'idée de créer une webradio avait pour nous plusieurs avantages : pédagogiquement, cela nous permet de travailler sur un média, dans le cadre de l'EMI (éducation aux médias et à l'information) qui entre dans les programmes.

Mais la radio nous apparaissait également comme un moyen de travailler de nombreuses compétences transversales intéressantes pour des élèves de troisième qui seront confrontés à leurs premiers oraux en fin d'année : travail sur le ton, la diction, la fluence de la lecture...

La radio est également un média qui permet un travail d'écriture important dans le cadre de chroniques par exemple.

Par ailleurs, ce média demande finalement peu de moyens (ce qui est un avantage non négligeable dans l'Éducation Nationale) : un enregistreur numérique à 100 €, un logiciel libre de droits comme Audacity et un site web gratuit, et on peut s'engager dans l'aventure...

 

Et pourquoi choisir ce média plutôt qu'une webTV ou un webzine?

 

J'ai souvent réalisé avec les élèves des webzines ou des blogs, ils sont assez habitués à ce type de production. La webradio était finalement un moyen de renouveler les pratiques, mais aussi un moyen d'aborder un média que les élèves connaissent peu (je parle des élèves de réseau d'éducation prioritaire) : ils connaissent généralement les grandes radios musicales (mais ils les écoutent peu) et parfois la radio que leurs parents écoutent dans la voiture. 

Quant à la WebTV, c'est un projet, mais qui demande de plus importants investissements financiers de la part de mon établissement scolaire.

 

À quoi cette webradio est-elle destinée ? 

 

Notre webradio a été initiée durant l'option DP3 en troisième : il s'agit d'une option de découverte professionnelle destinée à mieux connaître et appréhender le monde du travail, des entreprises, elle doit permettre aux élèves de découvrir des métiers variés et appartenant à des secteurs d'activité différents.

Les élèves ont 2 heures par semaine pour penser des sujets, les réaliser et les mettre en ligne.

Nous ne savons pas quelle durée de vie aura cette radio, mais nous souhaitons la pérenniser, et même symboliquement par un lieu dans le collège : à cette fin, nos élèves se sont associés avec les élèves de Segpa (section d’enseignement général et professionnel adapté) qui ont un atelier de construction et menuiserie. Les élèves vont nous réaliser un studio dans une ancienne remise que notre chef d'établissement a mise à notre disposition. 

 

Comment s'est déroulée la mise en place de la webradio ?

 

Nous réalisons cette webradio dans le cadre d'un dispositif mis en place par le Clemi dans l'académie de Créteil : les classe PEM (projet d'éducation aux médias).

Le Clemi nous propose 3 jours de formation, nous donne des heures de concertation et nous facilite les échanges avec des médias. 

Notre chef d'établissement, quant à elle, est plutôt bienveillante vis à vis de ce type de projet qui permet aux élèves d'apprendre, de s'investir et parfois de se révéler grâce à une pédagogie de projet. Elle a financé l'achat de deux enregistreurs numériques sur le budget de l'établissement.

 

Comment se passent les premières productions avec les élèves ?

 

Nous avons commencé par écouter la radio, différentes radio et différents types d'émissions. Les élèves ont peu à peu changé leur vision de ce média, ils ont compris que ce n'était pas que de la musique, ou que des informations lues...

Nous avons ensuite pris en main le matériel : les enregistreurs, le logiciel de montage, la table de mixage, Padlet, un autre outil gratuit qui permet de préparer ses sons pour un direct,...

Nous avons également travaillé sur les droits d'auteurs notamment pour la construction des jingles et des virgules sonores...

Puis, nous avons travaillé l'identité de notre radio, son nom, son logo, sa cible...

Les élèves ont eu du mal à entrer dans le projet car il se sentaient finalement mal à l'aise avec ce média qu'il connaissaient peu.

Mais peu à peu, on peut dire que la magie de la radio à opéré, les productions et les projets se multiplient.

Les élèves ont par exemple été sollicités pour faire la prise de son d'une rencontre prévue entre des rescapés des camps de concentration et les élèves de troisième. Ils ont été fiers qu'on fasse appel à eux et à leurs nouvelles compétences. 

L'une des plus belles réussites à ce jour reste la volonté d'un élève bègue de cette classe qui s'enregistre et utilise Audacity pour rendre ses chroniques audibles et compréhensibles.

 

Scannez ce Qr Code pour écouter la radio du collège Doisneau de Dammarie-les-Lys

Scannez ce Qr Code pour écouter la radio du collège Doisneau de Dammarie-les-Lys

L'audio pour découvrir le patrimoine

 

Face à l'omniprésence des images dans notre vie quotidienne, et l'omnipotence des contenus visuels dans tous les médias, que peut encore l'audio ?

Et que peut-il dans les dispositifs de découverte du patrimoine, mobiles ou fixes ?

Il peut être ce qu'il a toujours été (mais en mieux) : un média d'accompagnement. Car le contenu sonore a quelques atouts spécifiques, auxquels Tous Curieux / Histoire de son est attaché.

 

L'audio lui aussi augmente la réalité 

 

Au même titre que les images ou les textes, l'audio apporte une dimension supplémentaire à l'objet ou au site visité :

  • Une information, s'il s'agit d'un discours parlé. C'est le cas par exemple des audioguides classiques qui peuvent apporter une information complémentaire à celle des cartels et panneaux. À condition qu'ils ne reprennent pas mot pour mot les textes écrits, auquel cas leur seul intérêt est alors de permettre une accessibilité aux publics déficients visuels ou, comme à l'école, à ceux qui maîtrisent mal la lecture. C'est déjà ça, mais il y a moyen d'offrir davantage.

  • Une émotion, si les paroles écoutées sont celles d'un témoin, d'un acteur du patrimoine visité : qu'il s'agisse du conservateur du musée, de l'ornithologue attaché au parc naturel, de l'habitant du site troglodytique... dans tous les cas, la voix d'une personne impliquée transmet bien davantage que celle d'un comédien voix-off qui lit un texte dont il n'est pas l'auteur. L'authenticité du locuteur crée en effet une proximité avec l'auditeur et donc une empathie. L'émotion peut cependant naître aussi à l'écoute du (bon) comédien qui incarne un personnage fictif (crédible) quand c'est cette option de médiation qui est choisie.

  • Une sensation, surtout s'il s'agit d'une immersion sonore, reconstitution ou non du passé, captation d'ambiance, bruitage. On peut même enrichir une visite de compositions musicales inspirées par les sites ou d'extraits musicaux accordés aux objets. L'ouïe est un sens que nous devons aussi titiller. C'est alors que l'audio fait véritablement travailler l'imagination et le "cinéma intérieur" de l'auditeur !

 

Les pédagogues s'accordent sur le fait qu'on apprend d'autant mieux que les conditions de l'apprentissage sont agréables. Ajouter au contenu purement informatif, les dimensions émotionnelles et sensitives du son est donc important pour espérer capter l'attention et marquer l'auditeur.

 

On y ajoutera si possible des conditions d'écoute favorables pour éviter les distractions qui perturbent si facilement le message audio seul. En réduisant les pollutions sonores, en proposant aux auditeurs des sièges ou autres assises.

 

Spécifiquement alors, l'audio maintient le visiteur dans la contemplation du site, de l'œuvre, du bâtiment, et même, le son active cette contemplation. Le contact entre le visiteur et l'objet visité est alors préservé...mais augmenté. Et la médiation culturelle en sort renforcée.

Si l'on reprend le cahier des charges exposé par une conférencière aux dernières rencontres nationales culture & innovation, on se dit que l'audio a toute sa place dans les outils de médiation culturelle numérique.

 

Le cahier des charges exposé par une conférencière aux 7èmes rencontres nationales culture & innovation, relayées sur Twitter

Le cahier des charges exposé par une conférencière aux 7èmes rencontres nationales culture & innovation, relayées sur Twitter

  • Rencontres nationales culture et innovation du Clic

http://rnci.clicfrance.fr/

 

  • Rapport parlementaire sur le numérique appliqué à la pédagogie scolaire

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/104000080.pdf

 

  • Dossier très complet sur l'audio dans les CDI (centres de documentation et d'information) d'établissements du secondaire

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/documentation/Pages/2008/98_CDI_Audio.aspx

 

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Regain d'affection pour le son

8 Janvier 2016, 15:32pm

Publié par véronique muzeau

2016, année de nos oreilles ?

2016, année de nos oreilles ?

 

 

À l'approche de la semaine du son, on en revient à notre marotte : l'audio. Il semble que l'ouïe redevienne un sens qui compte. Le son, c'est si bon !

 

Nous sommes tellement rivés à nos écrans que nous en oublions parfois que nous avons d'abord commencé par entendre, avant même de « voir le jour ». Un centre de procréation médicalement assistée espagnol vient de s'en souvenir et lance le Babypod. C'est un tampon musical pour femme enceinte : à introduire dans le vagin pour faire écouter de la musique au bébé !

 

Au-delà de l'insolite, le son a toujours compté dans notre vie d'humains, grâce à la musique, qui continue à passer d'abord par nos conduits auditifs, malgré l'invention du clip vidéo.

Mais on constatait ces dernières années un essoufflement – ou plutôt un étouffement ? - de l'attention portée au son.

D'aucuns ont souligné la responsabilité de la révolution numérique : sur Internet, un contenu vidéo ou photo est bien plus viral que l'audio. Les récents déboires de Soundcloud sont venus confirmer la difficulté d'être un réseau social sonore.

Certes, mais cependant, il paraît que l'audio connaît de beaux succès sur le web : les entreprises seraient de plus en plus nombreuses à recourir aux podcasts pour leur communication et leur marketing digital. L'intérêt majeur des séquences audio serait de permettre aux auditeurs (surtout aux auditrices d'ailleurs) de rester connectés tout en échappant à l'écran (vous voyez d'ici la séance de repassage, casque aux oreilles). Si le monde économique s'y met, on est sauvés.

 

 

 

Le succès grandissant de la Semaine du son

 

Et puis, il y a donc cette Semaine du son, bon pied bonne oreille depuis 2004, avec chaque année davantage de participants.

Au départ, elle durait 4 jours, se concentrait dans 6 lieux parisiens, avec un budget modeste, autour de 60 000 €.

En 2015, la « semaine » en a duré trois (21 jours), elle s'est traduite par 200 événements dans 80 villes, et la valorisation de sa seule campagne médias est estimée à 3 millions d'euros. Le son est donc un thème mobilisateur. Il faut dire que cette opération a eu la bonne idée de ratisser large et de s'intéresser aux « enjeux sociétaux du sonore ». On y aborde le sujet aussi bien sous l'angle de la culture que de la santé et de l'environnement, de l'industrie et de l'économie, sans oublier la pédagogie.

 

C'est l'occasion de constater que :

 

  • Le son inspire toujours l'art

Il est même particulièrement vivant et ludique à l'ère numérique. Les musiciens et concepteurs d'art sonore disposent en effet de tout un panel d'outils informatiques pour créer des musiques interactives à base de captations sonores d'ambiances humaines ou de sons naturels. D'autres font chanter de vieux objets ou des plantes.

 

  • La pollution sonore est prise en compte

Les nuisances sonores de notre environnement commencent (enfin) à préoccuper les élus, urbanistes et par extension les industriels. Une récente étude évalue à 10 000 le nombre de morts liés au bruit chaque année en Europe. Les idées pour atténuer le brouhaha des cantines, pour utiliser des matériaux à faible résonance acoustique, pour disperser des murs végétaux en ville, pour optimiser le design sonore des objets, fleurissent. La ville de Quimper vient même d'annoncer la création d'une jardin sonore l'an prochain pour faire entendre aux citadins les doux bruissements des feuillages et des fleurs dans le vent.

 

  • L'audition devient un problème de santé publique

Les dégâts opérés par les concerts amplifiés depuis les années 1960 ou les baladeurs des années 80 commencent à se faire sentir dans les oreilles d'une population qui perd son audition. Les audioprothésistes en récoltent les fruits. Le bon point, c'est que la prévention s'est accentuée, même si elle reste très insuffisante.

 

  • L'audio retrouve ses lettres de noblesse dans l'univers de la culture et de l'éducation

Les jeux vidéo sont désormais sonorisés et bruités avec autant de soin que les films de cinéma, il en existe même un uniquement sonore – a blind legend – adapté au handicap visuel.

Les contenus des audioguides sont moins standardisés qu'autrefois (Histoire de Son milite pour leur qualité).

Les radios et webradios deviennent un véritable outil de pédagogie en milieu scolaire ou dans les centres culturels.

L'édition des livres audio affiche un réel potentiel de croissance.

Les sons deviennent un patrimoine qu'on s'efforce de sauvegarder.

Le son s'installe confortablement dans la muséographie : les scénographies des musées intègrent désormais régulièrement contenus et immersions sonores, dans le cadre d'une médiation multisensorielle.

L'exigence d'accessibilité pour la déficience visuelle favorise les versions audio de spectacles ou contenus culturels.

 

  • La musique soigne

On reconnaît enfin ses vertus au-delà de son intérêt esthétique et la musicothérapie se fraye un vrai chemin dans la panoplie des soins, en particulier aux malades psychiques.

 

 

Tandis que nos yeux saturent de lumière (bleue), nous redécouvrons avec joie que nous avons des oreilles et qu'elles sont précieuses.

 

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Dans l'ambiance sonore des musées

14 Juillet 2015, 17:45pm

Publié par véronique muzeau

Dans l'ambiance sonore des musées

Dans la mouvance des paysages sonores, des parcours urbains d'écoute, des captations de sons de la nature, les musées se font entendre à leur tour !

 

C'est à l'occasion de la journée internationale des musées (en mai) qu'un nouvel hashtag a été lancé, #Museumsound.

En France, le Mucem a participé à l'opération et enregistré une minute de son par jour dans divers endroits du musée, pendant une semaine du 11 au 18 mai 2015.

On a pu entendre par exemple l'installation d'une exposition :

 

Mais le #MuseumSound peut vivre toute l'année, via les réseaux sociaux via Soundcloud notamment.

 

Derrière cette idée, plusieurs possibilités s'offrent aux musées et centres de culture scientifique et technique :

 

Restituer des ambiances muséales, y compris le travail en coulisse,

comme l'a fait ici Histoire de Son lors d'un travail au Musée des beaux-arts de Quimper :

 

 

Garder le souvenir sonore d'un événement

Ici l'inauguration de l'exposition Alexandre Séon présentée tout l'été 2015 au Musée des beaux-arts de Quimper :

 

 

Faire entendre les objets d'un musée

 

 

Faire écouter les cris des animaux présentés dans les museums d'histoire naturelle

 

 

Diffuser le patrimoine sonore (chants et musiques, archives radiophoniques) des écomusées et musées de société

 

 

Partager des extraits de son audioguide

 

 

 

 

Mais les usages sont aussi nombreux que le permettra l'imagination des conservateurs ou médiateurs.

Entre documentaire, art sonore, collectage de patrimoine immatériel ou promotion sensorielle, l'enregistrement audio ouvre un vaste champ des possibles.

Certains, comme le Musée Eugène Delacroix diffusent des annonces audio de leurs futures manifestations via Bobler, une application mobile sociale audio.

Les musées seraient aussi bien inspirés de recueillir les impressions orales de leurs visiteurs comme l'a fait cet étudiant en histoire de l'art dans son site pointculture. Certains visiteurs pourraient s'avérer prescripteurs et pourquoi pas médiateurs culturels ?

Alors, montons le son au musée !

 

 

 

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Un peu d'écoute culturelle sur le net (3)

11 Juillet 2014, 19:09pm

Publié par véronique muzeau

Il n'y a pas que des videos sur internet, il y a aussi de l'audio...pour se cultiver !

Il n'y a pas que des videos sur internet, il y a aussi de l'audio...pour se cultiver !

Comme chaque été, Histoire de Son vous invite à enrichir votre temps libre en écoutant des contenus audio de médiation culturelle et scientifique sur internet. Il s'agit aussi bien de webradios que de podcasts d'émissions ou d'audio conférences.

 

La wikiradio du cnrs

Les sons proposés par le CNRS sont de qualité et accessibles au grand public mais les formats sont longs : il faut compter au minimum une heure d'écoute (rarement moins) et jusqu' à 4 heures !

 

Les entretiens enregistrés du magazine Pour la science

La revue scientifique propose des podcasts de ses entretiens avec les scientifiques qui nous parlent aussi bien de leurs sujets de recherche que de leurs parcours personnels, mais certains manquent trop de pédagogie pour être accessibles à tous.

 

Canal Académie

Autrement dit le portail de l'Institut de France qui comprend une radio qu'on peut écouter en direct (pas toujours facile si on prend une conférence en cours de route).

Attention, pour réécouter une ancienne émission dans son intégralité, il faut être membre du club (23 € par an).

 

Les audio-conférences de l'archéoclub de l'école du Louvre ...

Des conférences sur la préhistoire et l'antiquité à écouter en ligne (pas de téléchargement).

 

...ou celles du comité d'histoire de la ville de Paris

12 conférences grand public sur l'histoire de Paris au Moyen-âge : histoire urbaine et architecturale, religieuse, sociale ou politique.

 

Les livres audio gratuits de l'association Des Livres à Lire et à Entendre

Une association loi 1901 qui a pour objet de faciliter l’accès de tous et en particulier des non-voyants et malvoyants aux joies de la littérature. Sa bibliothèque à télécharger en ligne est bien fournie et notamment de livres d'histoire, d'art ou de philosophie.

 

Et vous pouvez aussi retrouver les sites de contenus audio qu'on vous préconisait l'an dernier ! Ici aussi...

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Les femmes des Monts d'Arrée se racontent

20 Mai 2014, 09:12am

Publié par véronique muzeau

Exposition à écouter à l'écomusée des Monts d'Arrée

Exposition à écouter à l'écomusée des Monts d'Arrée

La matière de cette exposition est humaine et sonore...

L'écomusée des Monts d'Arrée s'intéresse à ce qu'ont vécu et ce que vivent les femmes de ce territoire du centre Finistère.

Travail, religion, rapports hommes-femmes, école, éducation des enfants, une trentaine de femmes de 25 à 90 ans racontent, souvent avec humour, leur quotidien, leur ressenti, l'histoire de ce coin de Bretagne un peu reculé. Les plus âgées évoquent l'arrivée de l'électricité mais aussi l'obtention du précieux permis de conduire, véritable outil d'émancipation féminine.

ethnologie à base de témoignages sonores

Par ce qu'elles disent, mais aussi par leurs accents et leurs voix, ces femmes deviennent elles-mêmes du patrimoine local !

Les témoignages audio ont été recueillis par l'association des amis de l'écomusée et montés par l'équipe de l'écomusée.

Histoire de Son a contribué à la scénographie sonore de l'exposition.

Une exposition à voir à l'Écomusée des Monts d'Arrée, site du Moulin de Kerouat à Commana, jusqu'au 31 octobre.

Amélie Garrot-Hascoët, chargée des recherches et des expositions de l'écomusée, nous en dit plus :

 

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La semaine du son : oui à l'ouïe !

4 Février 2014, 11:55am

Publié par véronique muzeau

Le son donne vie aux images et c'est finalement lui qui impose le sens

Le son donne vie aux images et c'est finalement lui qui impose le sens

Il suffit de regarder une vidéo muette pour réaliser à quel point le son est fondamental dans notre vie ! Et c'est bien sûr la conviction d' Histoire de Son...

Création sonore, ateliers techniques, séances d'écoute, prévention des nuisances et des troubles de l'audition, la semaine du son nous propose de reprendre conscience d'un sens si évident qu'on l'oublie : l'ouïe !

 

Le son comme art

Forcément, il y a cette semaine de nombreux concerts et spectacles sonores mais aussi de nombreuses installations, performances ou parcours audio, un atelier de dessins sonores à Poitiers, un homme sonore (human beat box) à Angers, et même un « banquet de l'ouïe » à Brumath (Alsace) qui mêle dégustation savoureuse et paysage sonore. L'image s'en mêle souvent car les artistes du son sont aussi vidéastes....

 

Le son comme technique

Beaucoup de conférences sur la physique du son ou des ateliers pour découvrir les dernières nouveautés en matière de synthèse vocale, de diffusion, d'enregistrement, de logiciels de montage, mixage ou traitement de son, des visites de studio ou des portes-ouvertes de magasins de Hifi.

 

Le son comme jeu

Des jeux d'écoute, ateliers ludiques autour du bruitage ou de la création sonore, des quizz sonores.

 

Le son comme sensation

Le son est une vibration : on vous propose un massage sonore à Saou dans la Drôme ou une conférence sur ce que le bébé entend avant sa naissance au Mans.

 

Le son comme support culturel

Des balades sonores et des écoutes de documentaires sonores ou d'archives du patrimoine oral.

 

Le son comme outil marketing

Avec cette conférence sur la communication sonore des marques et des entreprises (Auxerre).

 

Le son comme élément de notre environnement

Et là, ça va des séances d'écoute des bruits de la ville in situ, aux interventions scolaires de prévention des risques auditifs (Alençon) en passant par les conférences sur l'acoustique dans l'architecture (Grenoble) ou la présentation de prothèses auditives !

 

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