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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #decouverte sensorielle

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en juin 2017

31 Mai 2017, 17:16pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en juin 2017

Une entrée dans l'été résolument numérique, muséale et artistique... Les professionnels de la médiation culturelle et les simples citoyens curieux seront comblés. Ceux qui doutaient de la capacité des musées à se réinventer seront rassurés.

Valorisation numérique des patrimoines

Le dernier lundi numérique de l'INHA (Institut national d'histoire de l'art), le 12 juin 2017 à Paris, est consacré à Onoma, le projet d'organisation des données du système d'information documentaire du ministère de la Culture, dans une optique de web sémantique.

 

Entre valorisation numérique des patrimoines et médiation culturelle par le web, la #MuseumWeek 2017 se déroule du 19 au 25 juin 2017. Les musées participants vont twitter chaque jour sur un mot-dièse différent, autour du « style de vie », et tous les jours sur le hashtag #WomenMW, pour valoriser leurs collections, leurs expositions temporaires, leurs bâtiments et leurs équipes.

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en juin 2017

Médiation culturelle et muséologie

Les Musées d’art et d’histoire de Genève organisent un colloque international consacré à l’avenir des musées du 1er au 2 juin 2017 à Genève. Il s'intéressera aussi bien à des problématiques culturelles et sociales, qu'architecturales et politiques. Ce colloque est organisé dans le cadre de l’exposition Musées du XXIe siècle. Visions, ambitions, défis.

 

« Penser et étudier les objets numériques » c'est le thème de la journée doctorale de l’OMNSH (Observatoire des mondes numériques en sciences humaines) le 3 juin 2017 à Paris et Montréal (Canada). On y fera le point sur les recherches en sciences humaines et sociales sur les technologies numériques, qu’il s’agisse du jeu vidéo, d’internet, des réseaux sociaux, d’objets comme les MOOCs ou les webdocumentaires, ou encore de l’usage des nouvelles technologies dans des contextes variés, et notamment la médiation culturelle.

 

Un autre colloque sur les musées du XXIe siècle a lieu du 9 au 11 juin 2017 à Paris, dans la foulée du rapport de la mission sur les musées pour le XXIe et du vote à l'Unesco d'une recommandation sur la protection et la promotion des musées. L'ICOM (International council fo museums) propose aux participants de s'interroger pendant trois jours sur la définition même de musée : publics, rôle social, valeurs, fonctions techniques, typologie, enjeux symboliques...

 

La 5ème édition de Muséohub, journée thématique consacrée aux nouveaux outils de médiation des musées, a lieu le 13 juin 2017, Plaine Images à Tourcoing. Elle aura pour thème Les guerres, de l’Antiquité à nos jours, d’ici et d’ailleurs. Au programme, une conférence introductive et deux tables rondes sur l’évolution de la muséologie militaire par le numérique, et le musée hors du musée.

 

Tous Curieux / Histoire de son aime la muséologie sensorielle et ne pouvait que mentionner dans cet agenda cette journée d'étude : « Quand la muséologie prend tout son sens : les dispositifs olfactifs au musée » ; elle a lieu le 15 juin 2017 à Paris. Les odeurs au musée, parfums et ambiances qui titillent le nez des visiteurs pour mieux les placer en immersion, il faut y penser !

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en juin 2017

La 28ème conférence annuelle d’ECSITE a lieu du 15 au 17 juin 2017 à Porto (Portugal). Les membres de ce réseau européen des musées et centres de science échangeront autour du thème, Partout la vie : sa diversité sur la planète Terre, les défis soulevés par les progrès scientifiques et techiques, les questions éthiques et sociales et le rôle des musées et centres de science pour aborder ces thématiques auprès du grand public.

 

La 18ème édition de la conférence internationale Communicating the Museum a lieu du 19 au 22 juin 2017 à Paris. Un nouveau temps fort d'échange et de réflexion pour 300 professionnels de musées, autour de la mission de médiation culturelle et d'éducation du musée, de sa fonction sociale, mais aussi de sa valorisation et de ses financements.

 

Et si vous n'avez pas assez réfléchi aux mutations muséales, il vous reste le colloque Vie des musées / Temps des publics à Paris les 21, 22 et 23 juin 2017. Lui aussi s'inscrit dans le prolongement de la mission Musées du XXIe siècle et propose à des professionnels de la culture ainsi qu’à des visiteurs avertis, de  réinterroger la place de tous les publics dans les musées. 

 

Tourisme culturel

Les départements des Yvelines et des Hauts-de-Seine souhaitent lancer ensemble une stratégie touristique innovante.
La première étape passe par un Challenge interdépartemental de l’innovation touristique : l
e hackathon tourisme Yvelines-Hauts-de-Seine du 30 juin au 2 juillet 2017. Ouvert à tous, professionnels et citoyens, ce hackathon s'articule autour de l’attractivité touristique du territoire à l’ère du digital et il vise à faciliter les rencontres et les échanges entre start-up, entreprises et acteurs touristiques locaux. Parmi les thématiques, celle du tourisme culturel met au défi les participants de « sublimer le patrimoine local ».

 

 

Culture, handicap et numérique

Au salon du pôle de l’Oeil et la lettre de la médiathèque de Toulouse (31), le 10 juin 2017, on aura la possibilité de tester le dispositif MyEye, un système constitué d’une caméra et d’un écouteur fixés à une paire de lunettes, reliés à une base accrochée à la ceinture. C'est un appareil nomade, utilisé par les personnes déficientes visuelles pour une reconnaissance et une restitution vocale de textes, visages ou produits, via une voix de synthèse de bonne qualité, avec une batterie interne, sans nécessité de connexion réseau. Inscription obligatoire pour essayer MyEye.

 

Le 19 juin 2017, c'est le 11ème forum européen de l’accessibilité numérique à la Cité des sciences à Paris. Cet événement professionnel consacré au numérique et au handicap met cette année la culture à l'honneur ! En particulier, le rôle que peuvent jouer les technologies numériques pour favoriser l'accessibilité de la culture aux publics handicapés, et leur permettre de participer pleinement à la vie culturelle. Par des conférences, ateliers et stands, le forum présentera les outils numériques accessibles mis en place dans les musées, bibliothèques, théâtres, la production audiovisuelle ou musicale.

 

Culture sonore

BZZZ ! Le son de l'électricité, c'est le nom de l'installation sonore que présente Cécile Babiole à l’Espace multimédia Gantner dans le cadre du Festival International de Musique Universitaire du 3 au 5 juin 2017 à Bourogne (90). Une sculpture sonore qui invite le spectateur à déambuler entre les sons créés et à expérimenter leurs frottements et combinaisons.

 

Séance publique d’écoute radiophonique tous les premiers mercredis des mois pairs à 19 heures dans les bars nantais, l'apéro sonore, dernier de la saison, a lieu le 7 juin 2017 – à Pol’n, sur le thème : « Quand le son fait monter le suspense, mais on ne vous en dira pas plus. »

 

C’est sonore ici ! est un rendez-vous mensuel d’écoute collective proposé par le collectif de création sonore Micro-sillons, tous les deuxièmes dimanches du mois aux Ateliers du Vent à Rennes (35). Le rendez-vous fait découvrir des auteurs et des écritures singulières. Lors de la troisième séance le 11 juin 2017, une semaine après la marche des fiertés des Lesbiennes, Gays, Bi, Trans, Queer et Intersexes, c'est une création sonore en lien avec les questions de genre et de sexualité qui sera programmée.

 

Suite de ...SOUND & THE CITY — INTERFÉRENCES — une exploration sonore de la ville invisible : expositions / concerts / performances / rencontres / films à Bordeaux (33) jusqu'au 2 juillet 2017.

 

Culture et patrimoine tout public

Du 2 au 4 juin 2017, à Fontainebleau, le Festival d'Histoire de l'art va parcourir les facettes de cette discipline à travers plus de 350 événements ouverts à tous. Cette année, le thème est la nature, le pays invité les États-Unis.

 

Futur en Seine est un vaste festival numérique à Paris et dans toute l'Ile de France du 8 au 18 juin 2017. Il propose d'explorer le futur tel que nous le dessinent les technologies numériques ; tous les domaines sont concernés et notamment la culture et le tourisme via des conférences et surtout les expérimentations d'outils !

 

Nées en 2010, les journées nationales de l'archéologie sont presque aussi courues que celles du patrimoine ! Il faut dire que la France regorge de sites intéressants et de chercheurs ou médiateurs avides de partager leur savoir. Les 17 et 18 juin 2017, plus d'un millier d'animations sont proposées dans des musées, centres de recherche, sites de plein air ou chantiers de fouille.

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en février 2017

30 Janvier 2017, 16:40pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en février 2017

Un mois court mais dense... en particulier du côté des rendez-vous autour de l'audio.

Culture sonore

Les apéros sonores sont des séances publiques d’écoute radiophonique tous les premiers mercredis des mois pairs à 19 heures dans les bars nantais ; le prochain a donc lieu le mercredi 1er février 2017 à L’Art Scène à Nantes (44) et il portera sur « Les animaux, parce qu’ils devraient être plus nombreux. »

 

C'est parti pour le Festival Longueur d'ondes de la radio et de l'écoute à Brest (29), jusqu'au 5 février 2017. On y croise aussi bien des fortes personnalités du micro que de discrets mais efficaces documentaristes sonores ou encore les âmes des radios associatives.
Un événement en harmonie avec la Semaine du son qui propose de redécouvrir son ouïe au travers d'animations partout en France et en Belgique, parfois jusqu'à la fin du mois.

 

Ainsi, le concours de Mixage Fou vous propose de réaliser des petites œuvres en détournant sa banque sonore sur le thème de la biodiversité. C'est ouvert à tous et c'est jusqu'au 5 mars 2017.

 

Du 17 au 19 février 2017, c'est en Suisse à Bern qu'on pourra laisser traîner ses oreilles au sonOrh festival de la création sonore. Au programme : documentaires, concours, et même une pièce radiophonique érotique...

 

Tourisme culturel

Au carrefour de la culture, du tourisme et du numérique, Territoires sensibles, ce sont des journées professionnelles consacrées à la mise en récit du territoire, en particulier via des démarches artistiques innovantes. 
Ces rencontres ont lieu les 9 et 10 février 2017 à Marseille (13).

 

Valorisation des patrimoines

Archipédie est une encyclopédie numérique collaborative sur l’architecture tout juste en train de naître... et pour l'occasion une table-ronde “Enseigner l’architecture à l’ère des réseaux de savoirs et des humanités numériques” est organisée le mercredi 15 février 2017 à la Cité de l'architecture et du patrimoine (Paris).

 

« Sauve Qui Peut », c'est le nom d'un colloque consacré à la protection des biens culturels, jeudi 16 février 2017, à Dijon (21). Il y sera question des bâtiments, objets, sites archéologiques, monuments ou collections du patrimoine culturel et de leur pérennité, y compris le patrimoine de proximité. Le colloque n'oublie pas cependant le virtuel et aborde la nouvelle question des archives numériques.

 

Virtual reality, du 24 au 26 février 2017 à Paris, est le salon de la réalité virtuelle et des technologies immersives.
Une partie de l'événement est réservée aux professionnels, mais il ouvre ses portes au grand public tout le week-end et propose de tester les innovations qui pourraient réinventer notre quotidien. Tous les domaines sont concernés : santé, industrie, éducation, loisirs et bien sûr le tourisme et la culture !

 

L'UDPN est le réseau des acteurs de la numérisation du patrimoine et usagers des patrimoines numérisés : conservation, médiation, éducation, création et recherche. Il propose un séminaire itinérant dont la prochaine séance est consacrée à « La modélisation du développement d’applications "durables" pour la mise en valeur du patrimoine muséal », lundi 27 Février 2017 au Centre Pompidou, Paris.

 

Culture, handicap et accessibilité

Les Assises nationales "Droits culturels et politiques publiques", le 24 février 2017, au Sénat à Paris aborderont les questions de la participation de tous à la vie culturelle et de l'égal accès au service public de la culture, sa continuité, et son adaptabilité, en particulier pour les personnes souffrant de différents handicaps physiques, mentaux ou psychiques.

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Tourisme : la découverte en tous sens

13 Octobre 2016, 15:10pm

Publié par véronique muzeau

Textures, odeurs, bruits font aussi partie d'un univers culturel à découvrir

Textures, odeurs, bruits font aussi partie d'un univers culturel à découvrir

Conjointement à l'essor du tourisme expérientiel, la visite guidée ou la balade découverte prend du relief et de la chair. Les parcours, accompagnés d'un humain ou d'un outil numérique, se font sensoriels, immersifs, éducatifs, culturels, ludiques... Une pluralité de formes qui présente des intérêts évidents, ou des charmes plus discrets, mais néanmoins cruciaux.

 

Le « sensible », c'est ce qui est perçu par les sens, et c'est aussi un synonyme d'impressionnable et d'émotif. Tout est dit. Partout, les explorations sensibles de territoires, les visites sensorielles de monuments ou de musées se multiplient. On cherche à toucher le visiteur, à l'émouvoir, et plus seulement à le "renseigner".

C'est entendu, on en a déjà parlé dans ce blog,  la visite se fait donc immersive et ultra-accessible grâce aux nouvelles technologies. Les outils mobiles apportent des contenus multimédias (presque) en tous lieux et à tout instant.
Avec quelque matériel en plus, on se plonge encore davantage dans toutes les dimensions sensitives d'une collection ou d'un site : dimension sonore (diffusion multiple, son 3 D ou binaural), visuelle (casques et lunettes de réalité virtuelle), tactile (combinaisons à capteurs) voire olfactive, et pourquoi pas bientôt gustative...

Mais attention, il ne s'agit pas seulement des technologies numériques ; la réalité augmentée n'est pas fatalement virtuelle... simplement, elle s'intéresse à tous les sens.

L'heure est à l'expérience

Et la multi-sensorialité est bien une tendance de fond depuis une dizaine d'année.
Elle touche aussi bien les structures culturelles comme les musées et centres de sciences, que les territoires (villes, sites remarquables, parcs naturels, petites cités de caractère ou autres).

Les pays d'Amérique du Nord et d'Europe du Nord suivent cette piste depuis longtemps, le Canada en particulier.

 

La France semble donc s'y mettre sérieusement. On dirait même que ça va plus vite que dans l'éducation où l'approche sensorielle de Maria Montessori reste encore confidentielle.
Les acteurs du tourisme et de la culture se voient proposer des formations aux visites animées ou sensorielles ou des journées professionnelles sur ce thème.

De petites communes et territoires enclavés sont fières d'offrir ce mode de découverte innovant.

Voilà pour le constat d'engouement ou d'intérêt. Reste à comprendre à quoi sert cette multi-sensorialité.

 

Attirer de nouveaux publics

Avec les visites « animées », on dépasse les classiques visites guidées ou visites conférences, un peu magistrales, plutôt appréciées des seniors, et on peut enfin s'adapter aux familles.

Dans un musée, la scénographie «sensorielle » permet de contextualiser sans déployer de discours savant. Même novice, le visiteur appréhende plus immédiatement une époque, un objet, un personnage par des sons, des odeurs, des couleurs, des matières à toucher, etc.

Et bien entendu, s'adresser à tous les sens du visiteur permet de pallier d'éventuels handicaps sensoriels : une découverte tactile, audio ou olfactive se révèle précieuse en cas de déficience visuelle. Ainsi, ce parcours proposé à Inzinzac-Lochrist (56) est labellisé tous handicaps.

 

Concilier enfin tourisme et culture

Comme le rappelle infatigablement Evelyne Lehalle, les professionnels des deux secteurs peuvent se retrouver sur ce terrain multiforme.
La conception d'une visite sensorielle peut faire travailler ensemble les conservateurs et médiateurs du patrimoine, les artistes, les techniciens multimédia, les prestataires de services touristiques, les scientifiques et les communicants, les collectivités ou organismes publics et les entrepreneurs de la culture, etc. Les structures et sites qui veulent développer ces parcours ont en effet rarement les compétences en interne ; ils sont obligés d'aller puiser leurs ressources hors de leur bulle.

 

Renouveler la communication et lui donner du fond

Certes, le marketing sensoriel est en plein boom et la tentation est grande de s'arrêter à la dimension plaisir et divertissement. Mais ajouter une facette sensorielle à sa communication, c'est aussi fournir une information supplémentaire. Par l'audio naturalisme (cris d'animaux), on découvre plus profondément un milieu naturel. Par l'olfaction, on augmente sa culture œnologique... On ne se contente alors plus de « consommer » un site touristique et culturel, on le comprend, on s'en imprègne !

 

Créer un attachement

Dans le cas d'un territoire, la découverte sensorielle se rapproche de la notion d'« espace vécu » du géographe Armand Frémont. Ce type de visite présente et suscite une subjectivité presque absolue, celle des habitants s'ils sont invités à exprimer, à raconter leur territoire, et celle du visiteur qui va ressentir l'espace de façon encore plus personnelle. Le lien entre habitant ou visiteur et territoire s'en trouve renforcé.

 

À votre tour !

Tout à fait dans cet esprit, quoique centrées exclusivement sur le numérique, les rencontres professionnelles « territoires sensibles » ont lieu les 9 et 10 février 2017 à la bibliothèque départementale des Bouches-du-Rhône, à Marseille, dans le cadre de Chroniques, la semaine des imaginaires numériques.

 

D'autres informations, une assistance à maîtrise d'ouvrage ou la création d'une visite sensorielle numérique ? N'hésitez pas à contacter Tous Curieux / Histoire de son

Site internet

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Compte Twitter : @HistoireDeSon

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L'intérêt pédagogique de l'audio

21 Janvier 2016, 16:28pm

Publié par véronique muzeau

L'intérêt pédagogique de l'audio

Puisque c'est la semaine du son, examinons comment l'audio peut être un instrument de pédagogie, en classe, en musée, ou ailleurs.

 

Un peu de franchise pour commencer : le son est un outil délicat à manier pour transmettre et enseigner. « Les paroles s'envolent » dit le proverbe. On retient peu de ce qu'on entend. Le pédagogue Edgard Dale, dans son célèbre cône de l'apprentissage, évaluait à 20% la proportion d'un message purement auditif qui restait mémorisée au bout d'une semaine. Mais c'était en 1946, Dale lui-même préconisait de ne pas prendre ce cône au pied de la lettre, et il semble qu'aucune autre étude scientifique n'ait ensuite confirmé ce schéma.

 

Mais surtout, il n'existe pas de mémoire sensorielle à long terme. La mémoire ne fonctionne que si le message, quelle que soit sa forme, construit d'autres connexions dans votre cerveau (donc s'il interpelle votre vraie mémoire).

De ce point de vue, le son n'est pas plus efficace que l'image (notre cerveau le retient cependant un peu plus longtemps : 2,5 secondes contre ¼ de seconde pour l'image ! ).

Ou alors, il faudrait chanter le message et le mettre en musique car la mémoire musicale semble être, elle, particulièrement résistante !

 

Après cette parenthèse de neurosciences, il faut donc chercher ailleurs l'intérêt pédagogique du son, à commencer par l'école, tout naturellement.

 

 

 

Expériences en milieu scolaire

 

Les usages classiques du son en classe

 

Bien sûr, en langues vivantes, il y a longtemps que les enseignants s'appuient sur des documents sonores : CD de chanteurs ou musiciens internationaux, émissions de la BBC, contes ou livres audio en anglais, allemand, espagnol... Et certains passent à l'enregistrement de leurs propres podcasts en langues.

On pourra se reporter à ce sujet au projet podcl@ss du lycée Ambroise Paré de Laval (53), inspiré lui-même d'un autre projet, audionom@de du lycée François Mauriac de Bordeaux.

 

La direction générale de l'enseignement scolaire a d'ailleurs publié un guide pratique de la baladodiffusion en langues vivantes en 2010.

 

Les supports sonores sont également bien intégrés dans l'enseignement pour adultes du français langue étrangère.

 

Idem, en musique, on voit mal un enseignant se passer de faire écouter à ses élèves les extraits qui illustreront son cours.

 

Mais dans les autres matières, quel peut être l'intérêt du document audio ?

 

Un rapport parlementaire de 2010, dirigé par Jean-Michel Fourgous, député des Yvelines, sur l’innovation des pratiques pédagogiques par le numérique et la formation des enseignants évoque l'intérêt des outils audio dans l'éducation.

 

Il souligne que les Tice, et en particulier la baladodiffusion, offrent une démultiplication du temps de parole qui permet à l'élève de revenir sur un sujet autant de fois que nécessaire.

La répétition est pédagogique et, avec le son, on peut rejouer le cours à l'infini. (NB : Dans le rapport, le mot « baladodiffusion » est cité dans son acception essentiellement audio).

Le son prolonge la parole de l'enseignant non seulement dans le temps, mais aussi dans l'espace - hors de la classe - et renforce donc l'autonomie de l'apprenant.

Cependant, ce qui distinguait peut-être encore l'audio et la vidéo en 2010 – la facilité d'accès des outils d'écoute comme les lecteurs mp3 – n'est peut-être plus aussi vrai en 2015, quand tant d'élèves sont dotés de smartphones et donc d'un accès facile à la vidéo.

 

 

Les podcasts radio comme documents de cours

 

Pour creuser davantage cette spécificité du contenu sonore, on peut lire le rapport de Didier Guise, professeur documentaliste au lycée Schwartz de Pompey (54), sur son usage des podcasts de Radio France en lycée professionnel.

 

Il y relève les avantages et les limites de cet instrument pédagogique qu'est le média audio.

 

Les facilités du son en classe :

  • Un grand choix de contenus (radios, webradios, podcasts en ligne, réseaux sociaux sonores comme Soundcloud)

  • Un équipement et une exploitation matérielle simples (en collectif ou en autonomie)

  • Une plus grande accessibilité de l'audio par rapport à l'écrit, pour des élèves en difficulté avec la lecture, notamment les dyslexiques

  • Un support perçu comme « plus original et plus moderne » qu'un document imprimé ou même qu'un cours magistral ; un support apprécié et pratiqué puisque 85% des 13-19 ans écoutent quotidiennement la radio (étude du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, juin 2014)

 

Les difficultés du son en classe :

  • La nécessité d'être concentré pour écouter : pus que pour une vidéo (et encore), mais pas plus que pour une lecture

  • La nécessité d'un accompagnement et d'outils conçus par l'enseignant (fiches pédagogiques, grilles d'analyses) pour obtenir un véritable bénéfice d'apprentissage

  • Le fait que les élèves sont plutôt des auditeurs de musique, peu accoutumés à écouter des paroles

 

Il apparaît en tout cas que le document sonore est particulièrement indiqué pour travailler les compétences suivantes :

  • La prise de note

  • La synthèse

  • La mémorisation

Avec un podcast, pas de copier/coller possible ; l'élève doit donc se réapproprier le contenu écouté.

 

Les professeurs « makeurs » d'audio

 

Autre atout majeur de l'audio en milieu scolaire : passer à la création et à la production exige moins de savoir-faire technique et d'équipement que la vidéo ; d'où le succès des webradios de collèges ou lycées.

L'intérêt pédagogique de l'audio

Voici le témoignage de Frantz Glowacki, professeur de lettres, formateur audiovisuel au Clemi de Créteil (Île-de-France), et maître d'œuvre, avec le professeur documentaliste Morgane Louaisil, d'une toute jeune webradio au Collège Robert Doisneau de Dammarie-les-Lys (77).

 

 

Pourquoi avoir décidé de créer une webradio ? 

 

L'idée de créer une webradio avait pour nous plusieurs avantages : pédagogiquement, cela nous permet de travailler sur un média, dans le cadre de l'EMI (éducation aux médias et à l'information) qui entre dans les programmes.

Mais la radio nous apparaissait également comme un moyen de travailler de nombreuses compétences transversales intéressantes pour des élèves de troisième qui seront confrontés à leurs premiers oraux en fin d'année : travail sur le ton, la diction, la fluence de la lecture...

La radio est également un média qui permet un travail d'écriture important dans le cadre de chroniques par exemple.

Par ailleurs, ce média demande finalement peu de moyens (ce qui est un avantage non négligeable dans l'Éducation Nationale) : un enregistreur numérique à 100 €, un logiciel libre de droits comme Audacity et un site web gratuit, et on peut s'engager dans l'aventure...

 

Et pourquoi choisir ce média plutôt qu'une webTV ou un webzine?

 

J'ai souvent réalisé avec les élèves des webzines ou des blogs, ils sont assez habitués à ce type de production. La webradio était finalement un moyen de renouveler les pratiques, mais aussi un moyen d'aborder un média que les élèves connaissent peu (je parle des élèves de réseau d'éducation prioritaire) : ils connaissent généralement les grandes radios musicales (mais ils les écoutent peu) et parfois la radio que leurs parents écoutent dans la voiture. 

Quant à la WebTV, c'est un projet, mais qui demande de plus importants investissements financiers de la part de mon établissement scolaire.

 

À quoi cette webradio est-elle destinée ? 

 

Notre webradio a été initiée durant l'option DP3 en troisième : il s'agit d'une option de découverte professionnelle destinée à mieux connaître et appréhender le monde du travail, des entreprises, elle doit permettre aux élèves de découvrir des métiers variés et appartenant à des secteurs d'activité différents.

Les élèves ont 2 heures par semaine pour penser des sujets, les réaliser et les mettre en ligne.

Nous ne savons pas quelle durée de vie aura cette radio, mais nous souhaitons la pérenniser, et même symboliquement par un lieu dans le collège : à cette fin, nos élèves se sont associés avec les élèves de Segpa (section d’enseignement général et professionnel adapté) qui ont un atelier de construction et menuiserie. Les élèves vont nous réaliser un studio dans une ancienne remise que notre chef d'établissement a mise à notre disposition. 

 

Comment s'est déroulée la mise en place de la webradio ?

 

Nous réalisons cette webradio dans le cadre d'un dispositif mis en place par le Clemi dans l'académie de Créteil : les classe PEM (projet d'éducation aux médias).

Le Clemi nous propose 3 jours de formation, nous donne des heures de concertation et nous facilite les échanges avec des médias. 

Notre chef d'établissement, quant à elle, est plutôt bienveillante vis à vis de ce type de projet qui permet aux élèves d'apprendre, de s'investir et parfois de se révéler grâce à une pédagogie de projet. Elle a financé l'achat de deux enregistreurs numériques sur le budget de l'établissement.

 

Comment se passent les premières productions avec les élèves ?

 

Nous avons commencé par écouter la radio, différentes radio et différents types d'émissions. Les élèves ont peu à peu changé leur vision de ce média, ils ont compris que ce n'était pas que de la musique, ou que des informations lues...

Nous avons ensuite pris en main le matériel : les enregistreurs, le logiciel de montage, la table de mixage, Padlet, un autre outil gratuit qui permet de préparer ses sons pour un direct,...

Nous avons également travaillé sur les droits d'auteurs notamment pour la construction des jingles et des virgules sonores...

Puis, nous avons travaillé l'identité de notre radio, son nom, son logo, sa cible...

Les élèves ont eu du mal à entrer dans le projet car il se sentaient finalement mal à l'aise avec ce média qu'il connaissaient peu.

Mais peu à peu, on peut dire que la magie de la radio à opéré, les productions et les projets se multiplient.

Les élèves ont par exemple été sollicités pour faire la prise de son d'une rencontre prévue entre des rescapés des camps de concentration et les élèves de troisième. Ils ont été fiers qu'on fasse appel à eux et à leurs nouvelles compétences. 

L'une des plus belles réussites à ce jour reste la volonté d'un élève bègue de cette classe qui s'enregistre et utilise Audacity pour rendre ses chroniques audibles et compréhensibles.

 

Scannez ce Qr Code pour écouter la radio du collège Doisneau de Dammarie-les-Lys

Scannez ce Qr Code pour écouter la radio du collège Doisneau de Dammarie-les-Lys

L'audio pour découvrir le patrimoine

 

Face à l'omniprésence des images dans notre vie quotidienne, et l'omnipotence des contenus visuels dans tous les médias, que peut encore l'audio ?

Et que peut-il dans les dispositifs de découverte du patrimoine, mobiles ou fixes ?

Il peut être ce qu'il a toujours été (mais en mieux) : un média d'accompagnement. Car le contenu sonore a quelques atouts spécifiques, auxquels Tous Curieux / Histoire de son est attaché.

 

L'audio lui aussi augmente la réalité 

 

Au même titre que les images ou les textes, l'audio apporte une dimension supplémentaire à l'objet ou au site visité :

  • Une information, s'il s'agit d'un discours parlé. C'est le cas par exemple des audioguides classiques qui peuvent apporter une information complémentaire à celle des cartels et panneaux. À condition qu'ils ne reprennent pas mot pour mot les textes écrits, auquel cas leur seul intérêt est alors de permettre une accessibilité aux publics déficients visuels ou, comme à l'école, à ceux qui maîtrisent mal la lecture. C'est déjà ça, mais il y a moyen d'offrir davantage.

  • Une émotion, si les paroles écoutées sont celles d'un témoin, d'un acteur du patrimoine visité : qu'il s'agisse du conservateur du musée, de l'ornithologue attaché au parc naturel, de l'habitant du site troglodytique... dans tous les cas, la voix d'une personne impliquée transmet bien davantage que celle d'un comédien voix-off qui lit un texte dont il n'est pas l'auteur. L'authenticité du locuteur crée en effet une proximité avec l'auditeur et donc une empathie. L'émotion peut cependant naître aussi à l'écoute du (bon) comédien qui incarne un personnage fictif (crédible) quand c'est cette option de médiation qui est choisie.

  • Une sensation, surtout s'il s'agit d'une immersion sonore, reconstitution ou non du passé, captation d'ambiance, bruitage. On peut même enrichir une visite de compositions musicales inspirées par les sites ou d'extraits musicaux accordés aux objets. L'ouïe est un sens que nous devons aussi titiller. C'est alors que l'audio fait véritablement travailler l'imagination et le "cinéma intérieur" de l'auditeur !

 

Les pédagogues s'accordent sur le fait qu'on apprend d'autant mieux que les conditions de l'apprentissage sont agréables. Ajouter au contenu purement informatif, les dimensions émotionnelles et sensitives du son est donc important pour espérer capter l'attention et marquer l'auditeur.

 

On y ajoutera si possible des conditions d'écoute favorables pour éviter les distractions qui perturbent si facilement le message audio seul. En réduisant les pollutions sonores, en proposant aux auditeurs des sièges ou autres assises.

 

Spécifiquement alors, l'audio maintient le visiteur dans la contemplation du site, de l'œuvre, du bâtiment, et même, le son active cette contemplation. Le contact entre le visiteur et l'objet visité est alors préservé...mais augmenté. Et la médiation culturelle en sort renforcée.

Si l'on reprend le cahier des charges exposé par une conférencière aux dernières rencontres nationales culture & innovation, on se dit que l'audio a toute sa place dans les outils de médiation culturelle numérique.

 

Le cahier des charges exposé par une conférencière aux 7èmes rencontres nationales culture & innovation, relayées sur Twitter

Le cahier des charges exposé par une conférencière aux 7èmes rencontres nationales culture & innovation, relayées sur Twitter

  • Rencontres nationales culture et innovation du Clic

http://rnci.clicfrance.fr/

 

  • Rapport parlementaire sur le numérique appliqué à la pédagogie scolaire

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/104000080.pdf

 

  • Dossier très complet sur l'audio dans les CDI (centres de documentation et d'information) d'établissements du secondaire

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/documentation/Pages/2008/98_CDI_Audio.aspx

 

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Regain d'affection pour le son

8 Janvier 2016, 15:32pm

Publié par véronique muzeau

2016, année de nos oreilles ?

2016, année de nos oreilles ?

 

 

À l'approche de la semaine du son, on en revient à notre marotte : l'audio. Il semble que l'ouïe redevienne un sens qui compte. Le son, c'est si bon !

 

Nous sommes tellement rivés à nos écrans que nous en oublions parfois que nous avons d'abord commencé par entendre, avant même de « voir le jour ». Un centre de procréation médicalement assistée espagnol vient de s'en souvenir et lance le Babypod. C'est un tampon musical pour femme enceinte : à introduire dans le vagin pour faire écouter de la musique au bébé !

 

Au-delà de l'insolite, le son a toujours compté dans notre vie d'humains, grâce à la musique, qui continue à passer d'abord par nos conduits auditifs, malgré l'invention du clip vidéo.

Mais on constatait ces dernières années un essoufflement – ou plutôt un étouffement ? - de l'attention portée au son.

D'aucuns ont souligné la responsabilité de la révolution numérique : sur Internet, un contenu vidéo ou photo est bien plus viral que l'audio. Les récents déboires de Soundcloud sont venus confirmer la difficulté d'être un réseau social sonore.

Certes, mais cependant, il paraît que l'audio connaît de beaux succès sur le web : les entreprises seraient de plus en plus nombreuses à recourir aux podcasts pour leur communication et leur marketing digital. L'intérêt majeur des séquences audio serait de permettre aux auditeurs (surtout aux auditrices d'ailleurs) de rester connectés tout en échappant à l'écran (vous voyez d'ici la séance de repassage, casque aux oreilles). Si le monde économique s'y met, on est sauvés.

 

 

 

Le succès grandissant de la Semaine du son

 

Et puis, il y a donc cette Semaine du son, bon pied bonne oreille depuis 2004, avec chaque année davantage de participants.

Au départ, elle durait 4 jours, se concentrait dans 6 lieux parisiens, avec un budget modeste, autour de 60 000 €.

En 2015, la « semaine » en a duré trois (21 jours), elle s'est traduite par 200 événements dans 80 villes, et la valorisation de sa seule campagne médias est estimée à 3 millions d'euros. Le son est donc un thème mobilisateur. Il faut dire que cette opération a eu la bonne idée de ratisser large et de s'intéresser aux « enjeux sociétaux du sonore ». On y aborde le sujet aussi bien sous l'angle de la culture que de la santé et de l'environnement, de l'industrie et de l'économie, sans oublier la pédagogie.

 

C'est l'occasion de constater que :

 

  • Le son inspire toujours l'art

Il est même particulièrement vivant et ludique à l'ère numérique. Les musiciens et concepteurs d'art sonore disposent en effet de tout un panel d'outils informatiques pour créer des musiques interactives à base de captations sonores d'ambiances humaines ou de sons naturels. D'autres font chanter de vieux objets ou des plantes.

 

  • La pollution sonore est prise en compte

Les nuisances sonores de notre environnement commencent (enfin) à préoccuper les élus, urbanistes et par extension les industriels. Une récente étude évalue à 10 000 le nombre de morts liés au bruit chaque année en Europe. Les idées pour atténuer le brouhaha des cantines, pour utiliser des matériaux à faible résonance acoustique, pour disperser des murs végétaux en ville, pour optimiser le design sonore des objets, fleurissent. La ville de Quimper vient même d'annoncer la création d'une jardin sonore l'an prochain pour faire entendre aux citadins les doux bruissements des feuillages et des fleurs dans le vent.

 

  • L'audition devient un problème de santé publique

Les dégâts opérés par les concerts amplifiés depuis les années 1960 ou les baladeurs des années 80 commencent à se faire sentir dans les oreilles d'une population qui perd son audition. Les audioprothésistes en récoltent les fruits. Le bon point, c'est que la prévention s'est accentuée, même si elle reste très insuffisante.

 

  • L'audio retrouve ses lettres de noblesse dans l'univers de la culture et de l'éducation

Les jeux vidéo sont désormais sonorisés et bruités avec autant de soin que les films de cinéma, il en existe même un uniquement sonore – a blind legend – adapté au handicap visuel.

Les contenus des audioguides sont moins standardisés qu'autrefois (Histoire de Son milite pour leur qualité).

Les radios et webradios deviennent un véritable outil de pédagogie en milieu scolaire ou dans les centres culturels.

L'édition des livres audio affiche un réel potentiel de croissance.

Les sons deviennent un patrimoine qu'on s'efforce de sauvegarder.

Le son s'installe confortablement dans la muséographie : les scénographies des musées intègrent désormais régulièrement contenus et immersions sonores, dans le cadre d'une médiation multisensorielle.

L'exigence d'accessibilité pour la déficience visuelle favorise les versions audio de spectacles ou contenus culturels.

 

  • La musique soigne

On reconnaît enfin ses vertus au-delà de son intérêt esthétique et la musicothérapie se fraye un vrai chemin dans la panoplie des soins, en particulier aux malades psychiques.

 

 

Tandis que nos yeux saturent de lumière (bleue), nous redécouvrons avec joie que nous avons des oreilles et qu'elles sont précieuses.

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en janvier 2016

30 Décembre 2015, 17:26pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en janvier 2016

Pour une fois, on thématise cet agenda ; ce mois de janvier 2016 est à l'image des précédents débuts d'année. Pour les musées, il est marqué par le Sitem et son challenger numérique MuseumConnections. Et puis en janvier, depuis 13 ans, c'est la semaine du son !

 

Musées de plus en plus connectés

 

Le Sitem a 20 ans. Le salon international des musées, des lieux de culture et de tourisme reste le rendez-vous incontournable pour les professionnels des musées et du patrimoine culturel, et leur prestataires. Le Sitem a lieu à Paris, aux Docks, cité de l'image et du design, du 14 au 16 janvier 2016. Le salon annonce d'ores et déjà son partenariat avec d'autres rendez-vous 2016, notamment le Forum du Tourisme Numérique à Deauville en mars 2016, et Sunny Side of the Doc, le marché international du documentaire à La Rochelle en juin 2016.

 

Autour du Sitem, d'autres rendez-vous connexes s'organisent désormais, comme les 7èmes Rencontres Nationales Culture et Innovation(s) qui auront lieu le vendredi 15 janvier 2016 à la Cité des sciences. Au programme de ce forum, les dernières nouvelles de la culture à l'ère numérique, délivrées par les experts, y compris de musées étrangers. À visiter aussi, les espace de démonstrations et à suivre, la remise du 2nd Prix Patrimoine & Innovation(s).

 

Même si le Sitem a su évoluer au gré des révolutions numériques, le voici désormais talonné par un nouvel événement, né l'an dernier : MuseumConnections, salon international des innovations dans les musées, les 20 et 21 janvier 2016 au parc des expositions de la porte de Versailles. Les exposants et débats s'y intéressent aussi bien aux nouveaux modèles économiques des musées qu'aux technologies utilisées en médiation, ou aux stratégies numériques des institutions.

 

Enfin, la muséographie appliquée, innovante et un rien ludique, c'est à Rennes les 30 et 31 janvier 2016 avec une opération inspirée par Museomix : le musée recopié. Cette fois, 60 volontaires, professionnels ou amateurs, sont invités à recopier le musée des beaux-arts de Rennes. La performance participative débouchera sur une exposition en février. Pour s'inscrire, il suffit d'avoir envie d'art.

 

Arts et expressions sonores dans tous leurs états

 

Janvier est un mois privilégié pour ceux qui s'intéressent au son. La semaine du son s'y étire partout en France, et même en Belgique et en Suisse, du lundi 18 au dimanche 24 janvier 2016 à Paris, et jusqu’au dimanche 7 février ailleurs.

Cette opération, qui a déjà 13 ans, donne lieu à toutes sortes d'animations :

  • Artistiques et créatives : musique, littérature audio ou création sonore, comme ce concours organisé par l'association mixage fou.

  • Documentaires et pédagogiques, comme au festival de la radio et de l'écoute, Longueur d'ondes à Brest, du 25 janvier au 7 février 2016.

  • Acoustiques et scientifiques comme à l'IUT Bourgogne Auxerre ou à l'École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble.

  • Sanitaires et sociales, via la sensibilisation au handicap et la prévention des déficiences auditives comme dans les conservatoires de musique de Reims ou de Valence.

La semaine du son est un moment sensuel pour redécouvrir que nous avons une ouïe !

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Dans l'ambiance sonore des musées

14 Juillet 2015, 17:45pm

Publié par véronique muzeau

Dans l'ambiance sonore des musées

Dans la mouvance des paysages sonores, des parcours urbains d'écoute, des captations de sons de la nature, les musées se font entendre à leur tour !

 

C'est à l'occasion de la journée internationale des musées (en mai) qu'un nouvel hashtag a été lancé, #Museumsound.

En France, le Mucem a participé à l'opération et enregistré une minute de son par jour dans divers endroits du musée, pendant une semaine du 11 au 18 mai 2015.

On a pu entendre par exemple l'installation d'une exposition :

 

Mais le #MuseumSound peut vivre toute l'année, via les réseaux sociaux via Soundcloud notamment.

 

Derrière cette idée, plusieurs possibilités s'offrent aux musées et centres de culture scientifique et technique :

 

Restituer des ambiances muséales, y compris le travail en coulisse,

comme l'a fait ici Histoire de Son lors d'un travail au Musée des beaux-arts de Quimper :

 

 

Garder le souvenir sonore d'un événement

Ici l'inauguration de l'exposition Alexandre Séon présentée tout l'été 2015 au Musée des beaux-arts de Quimper :

 

 

Faire entendre les objets d'un musée

 

 

Faire écouter les cris des animaux présentés dans les museums d'histoire naturelle

 

 

Diffuser le patrimoine sonore (chants et musiques, archives radiophoniques) des écomusées et musées de société

 

 

Partager des extraits de son audioguide

 

 

 

 

Mais les usages sont aussi nombreux que le permettra l'imagination des conservateurs ou médiateurs.

Entre documentaire, art sonore, collectage de patrimoine immatériel ou promotion sensorielle, l'enregistrement audio ouvre un vaste champ des possibles.

Certains, comme le Musée Eugène Delacroix diffusent des annonces audio de leurs futures manifestations via Bobler, une application mobile sociale audio.

Les musées seraient aussi bien inspirés de recueillir les impressions orales de leurs visiteurs comme l'a fait cet étudiant en histoire de l'art dans son site pointculture. Certains visiteurs pourraient s'avérer prescripteurs et pourquoi pas médiateurs culturels ?

Alors, montons le son au musée !

 

 

 

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Paroles de médiateurs culturels #3 : visites sensorielles

24 Avril 2015, 09:19am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #3 : visites sensorielles

 

 

La visite guidée d'antan disparaît, vive la visite sensorielle ! Qu'il soit accompagnateur direct des visiteurs ou concepteur en amont d'outils pour une visite autonome, le médiateur culturel aime faire appel à tous les sens des publics.

 

Témoignage d'Anaëlle Le Pann médiatrice culturelle à l'écomusée des Monts d'Arrée qui développe particulièrement les visites sensorielles.

 

 

 

Solliciter tous les sens des visiteurs

 

C'est une constante du discours des médiateurs culturels, surtout ceux qui travaillent en écomusées, la visite guidée magistrale c'est fini ; elle est « has been » « ringarde » « dépassée »... La visite accompagnée doit impliquer fortement les visiteurs. On ne se contente plus de poser des questions aux écoliers pour voir s'ils suivent, ou aux adultes pour déceler leurs bases culturelles. Non, le "must" à présent, c'est qu'ils puissent toucher, sentir et même goûter, en plus d'écouter ou de voir.

C'est pareil quand il s'agit de médiation indirecte. Dans les dispositifs de scénographie des collections permanentes ou des expositions, la tendance est au multi-sensoriel.

 

S'adresser aux multiples intelligences

 

La théorie des intelligences multiples d'Howard Gardner semble avoir conquis la médiation culturelle.

On fait ainsi appel à d'autres formes d'intelligence des visiteurs et plus seulement à l'intelligence verbale-linguistique. L'intelligence corporelle-kinesthésique est sollicitée au travers d'ateliers pratiques qui visent à faire reconstituer les gestes du passé. L'intelligence spatiale est valorisée lors d'explorations d'espaces et de manipulations de ces espaces en 3 D. La médiation scientifique n'hésite plus à soumettre des problèmes aux visiteurs et à faire fonctionner leur intelligence logico-mathématique ou naturaliste. La médiation ethnologique valorise souvent l'intelligence musicale-rythmique.

 

Faire participer le visiteur

 

En fait, l'aspect sensoriel n'est bien qu'une facette d'une visite plus largement participative. Tout est là. Le médiateur refuse d'être le guide magistral d'un visiteur passif qui risque de ne rien retenir de son « discours ».

Il ne cherche plus forcément à multiplier les données transmises, mais à améliorer la qualité de la transmission à ses publics.

Dans la même logique, le médiateur culturel ne s'adresse plus uniquement à l'intellect des visiteurs mais aussi à leurs émotions et sensations.

Démarche qui, au passage, permet une plus grande accessibilité des visites : on peut ainsi espérer toucher les personnes atteintes d'un handicap sensoriel voire d'un handicap mental. On peut espérer intéresser un public dénué de tout ce bagage culturel sur lequel on comptait autrefois. La médiation culturelle permet ainsi d'élargir l'accueil des publics.

 

Le médiateur, un savant en retrait

 

Les jeux sérieux qu'ils soient jeux de piste, rallyes d'observation ou de dessin, géocachings culturels, concours d'énigmes, ont fait du visiteur un acteur de sa visite.

Lors d'une médiation directe, le médiateur a désormais pour mission de présenter les outils, les ajuster aux demandes des visiteurs, lancer les débats, équilibrer la participation de chacun, aider les moins autonomes ; et bien sûr, toujours, répondre aux questions.

Pas question donc de se contenter de médiateurs « animateurs ». Ils doivent être particulièrement au fait des connaissances et des dernières découvertes de leur domaine.

Chercheur, le médiateur ? Pas encore, mais il doit être bien informé de l'état de la recherche.

En tout cas, son attitude relève désormais d'un paradoxe : plus que jamais le médiateur culturel est le « savant », mais il ne doit pas trop le montrer...

 

 

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Paroles de médiateurs culturels #2 : au jardin

17 Avril 2015, 15:03pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #2 : au jardin

La médiation culturelle descend au jardin. Lieux humains donc lieux de culture par excellence, les jardins et les parcs ont beaucoup à nous apprendre sur nous-mêmes.

 

Le jardin devenu support de culture

 

Depuis longtemps, parcs et jardins se transforment en lieux de culture dès le retour des beaux jours. Les kiosques à musique accueillent ensembles et orchestres, les théâtres de verdure s'emplissent de comédiens et de spectateurs venus savourer une pièce au clair de lune. Les conteurs promènent leurs auditeurs de bosquets en massifs au fil de leurs histoires.

Mais alors, le jardin n'est qu'un écrin, un simple réceptacle.

 

Plus récemment, il est devenu en soi un support de culture.

Déjà, c'est un coin de nature façonné par l'homme. Le jardin est culturel, comme peut l'être un paysage.

Il est aussi l'objet d'attentions particulières, avec souvent des prétentions esthétiques, parfois des visées artistiques, ou bien des objectifs médicinaux ou alimentaires. Qu'il soit parc floral, jardinet d'agrément, potager, le jardin est comme une bibliothèque végétale, à condition que la médiation sache nous aider à lire ses ouvrages.

Mais l'endroit lui-même est propice à la transmission : le jardin peut parler à tout public. Nous avons tous un jardin quelque part dans notre vie. Le jardin nous est familier.

Par ses multiples dimensions sensorielles, il est plus accessible que bien d'autres lieux. On y respire les odeurs, on y entend les chants d'oiseaux, bruissements du vent dans les feuilles ou craquements, on y touche les écorces...

 

 

Anaïs Löhmann a fait des études d'architecture du paysage. En service civique à l'écomusée des Monts d'Arrée, elle découvre le potentiel du jardin comme lieu de médiation culturelle.

 

De l'art au jardin à l'art du jardin

 

Dans le domaine artistique par exemple, on est passé de l'exposition d'oeuvres d'art dans les parcs, aux installations artistiques étroitement connectées avec le jardin. Le festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire est l'événement emblématique de ce glissement. Dans le parc du château de Chaumont, les œuvres s'inspirent du jardin ou sont des jardins. Ce ne sont pas seulement des œuvres posées dans un joli décor avec lequel elles ne dialogueraient pas.

 

Entretemps, le land art est venu d'Amérique : un art contemporain qui utilise lui aussi la nature comme environnement et comme ressource. La pratique du land art est désormais un outil de médiation culturelle, à la fois comme expression artistique mais aussi pour interroger le rapport de l'homme à la nature.

 

La science au jardin

 

Manifestation ancienne du jardin « documentaire », le parc botanique affiche lui aussi une ambition culturelle : conserver des espèces, faire avancer la science et transmettre au grand public le savoir végétal. Les jardins botaniques sont toujours appréciés des amateurs de beauté et des passionnés des plantes. Ils deviennent des lieux innovants de médiation culturelle scientifique. Ainsi en est-il du Labotanique que les Petits Débrouillards ont réalisé dans la grande serre du domaine de Trévarez à Saint-Goazec (Finistère). C'est une exposition interactive permanente centrée sur les trois espèces reines du domaine : camélias, rhododendrons et hortensias. Elle fait la part belle aux expériences et au jeu et les outils de médiation sont très variés, numériques ou pas.

 

Le jardin ethnologique

 

Autant le parc assouvit d'abord un besoin de beauté, autant le jardin a bien souvent aussi un but pratique.

Au Moyen Âge, le jardin des abbayes ou des châteaux était avant tout médicinal et potager.

L' EPCC (établissement public de coopération culturelle) Chemin du Patrimoine en Finistère a totalement recréé le jardin de l'ancienne Abbaye du Relecq pour en faire un espace d'interprétation sur l'usage alimentaire des plantes de l'époque médiévale à nos jours.

De même, l'Ancienne abbaye de Landevennec s'appuie sur son jardin d'archéologie et d'histoire pour illustrer concrètement la vie monastique au temps de Charlemagne.

Au musée de l'école rurale de Trégarvan, le jardin de l'instituteur est un élément à part entière de la scénographie. Sous la IIIe République, l'enseignant l'utilisait à la fois comme outil pédagogique et comme garde-manger.

Enfin, l'écomusée des Monts d'Arrée reconstitue, après une véritable enquête de terrain, le jardin typique de son territoire dans les années 1950. Jardin vivrier, essentiellement potager, il illustre les mutations profondes d'une Bretagne qui passe alors de l'agriculture paysanne à un modèle agricole intensif et industriel.

Plusieurs de ces propositions finistériennes sont rassemblées dans l'opération « jardins insolites en Finistère » dont le leitmotiv est bel et bien « une terre de culture et de patrimoine ».

 

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Paroles de médiateurs culturels #1

10 Avril 2015, 10:43am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #1

Histoire de Son vous propose en ce printemps un feuilleton sonore consacré à la médiation culturelle. Pour explorer ce riche métier, encore jeune et en pleine évolution, donnons la parole à ceux qui l'exercent.

 

Un écomusée de la vie rurale

 

Cécile est éducatrice à l'environnement et médiatrice culturelle à l'écomusée de Saint-Dégan à Brech (Morbihan).

L' écomusée est constitué de plusieurs bâtiments dont deux anciennes fermes des XVIIe et XIXe siècles, couvertes d'un toit de chaume en paille de seigle.

L'idée est donc de montrer l'évolution de l'habitat, des modes de vie à travers les objets, l'organisation spatiale des bâtiments, les faits et gestes des humains de l'époque, etc.

L'écomusée est représentatif du territoire du pays d'Auray et de son passé agricole. Un habitat et un tissu économique constitué de fermes de polyculture-élevage ; on cultivait plusieurs céréales et pour différents usages. Ainsi, le seigle était cultivé à la fois pour l'alimentation et pour le chaume des toitures. De même, les paysans élevaient plusieurs espèces d'animaux comme les vaches, cochons et chevaux de trait.

 

 

 

 

Comment captiver les écoliers

 

Cécile est chargé du volet scolaire de la médiation culturelle du musée, en particulier auprès des élèves de primaire ; son travail comprend donc une mission d'accueil des classes, de présentation du site. Mais sa mission d'éducatrice est d'éveiller l'intérêt des enfants. Elle le fait en comparant leur quotidien et la vie rurale d'autrefois.

 

Pour Cécile, la médiation culturelle est un mélange de transmission, valorisation et vulgarisation des collections, des objets, mais aussi des savoir-faire.

 

Les outils de médiation : visites participatives

 

En vertu d'un principe pédagogique de base qui est qu'on apprend mieux quand on fait, Cécile propose souvent davantage que des visites guidées classiques. Bien souvent, ses visites comprennent aussi une dimension sensorielle. Et les écoliers peuvent aussi découvrir l'écomusée via des jeux de piste et des énigmes. L'idée est de susciter l'observation personnelle pour permettre aux enfants de s'approprier les lieux voire des objets qu'il s'agit de retrouver.

Les enfants peuvent aussi véritablement « faire » en participant aux ateliers de fabrication du pain ou de vannerie que propose l'écomusée. Cette fois la médiation culturelle porte sur un patrimoine immatériel : savoir-faire et pratiques quotidiennes.

 

De la médiation à la sensibilisation à l'environnement

 

L'écomusée de Saint-Degan comprend également un vaste domaine : parc, verger, etc. L'idéal pour proposer aussi aux enfants des activités en extérieur. En tant qu'éducatrice à l'environnement, Cécile replace les enfants dans un environnement végétal et elle cherche ainsi à leur faire comprendre le lien que l'homme peut avoir avec la nature. En parlant des pratiques paysannes du passé, on peut rapprocher les enfants d'aujourd'hui de la nature pour mieux la préserver.

 

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