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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #patrimoine culturel

Boulimie de patrimoine

18 Septembre 2015, 08:32am

Publié par véronique muzeau

Boulimie de patrimoine

Revoilà les Journées du patrimoine, toujours aussi dynamiques et foisonnantes. Elles font même office d'apéritif pour une autre part de patrimoine, la gastronomie, qu'on fête la semaine suivante. De quoi gaver les curieux. Trop ?

 

Elles sont de retour ! Comme chaque année, il ne fait pas de doute que les Journées Européennes du Patrimoine (JEP pour les intimes) vont faire le plein, archi plein. Les chiffres parlent d'eux-même : un nombre monumental de sites participants (17000*), des visiteurs par millions (12 millions en France*), une idée reprise dans 50 pays (mais pas tous à la même date). Et pour être certain d'en avoir encore pour les prochaines années, on a choisi pour thème de cette édition 2015 « le patrimoine du XXIe siècle, une histoire d'avenir ».

 

En tout cas, les animations sont encore légion. Au point qu'on soupire en pensant à tout ce qu'on ne pourra pas voir...

 

Indigestion de propositions

 

Et oui, c'est un peu le problème avec ces grands temps forts de la culture. Ça met en lumière, ça fait le buzz, mais concrètement c'est très frustrant.

Non, vous ne pourrez pas suivre le concert dans la maison natale de Debussy, ET le parcours d'animation autour de la COP21 au ministère des Affaires étrangères, ET la visite commentée du chantier de restauration de la façade ouest et du clocher de l'église Saint Martin de Courpière (63) ET voir l'exposition « les quartiers se racontent » à l'aéroport Guadeloupe pôle Caraïbes. Vous devrez choisir. C'est cruel mais c'est comme ça !

 

En fait, si vous soupirez c'est parce que vous êtes déjà un boulimique de patrimoine et que les JEP n'ont pas vraiment été inventées (en 1984) pour vous...

 

Des journées conçues d'abord pour les débutants du patrimoine

 

Une étude un peu ancienne (2000) montrait que la motivation des participants aux Journées était avant tout la découverte d'un univers inconnu.

 

Plusieurs profils se détachent cependant parmi les publics des Journées du patrimoine ; à savoir :

 

  • Les non-habitués, qui ne fréquentent guère le patrimoine dans l'année et qui profitent donc de cette grande communion nationale pour le faire. Quoi qu'ils visitent, ce sera pour eux exotique. Et c'est le grand mérite des JEP de leur offrir ce moment de démocratie culturelle. Ce sont eux les cibles originelles des Journées qui devaient les attirer vers le patrimoine. Mission accomplie. C'est pour les séduire eux en particulier que les organisateurs se décarcassent et montent des propositions spécifiques à l'occasion : visites théâtralisées ou jeux de piste, concerts et spectacles... Qui sait, ils y prendront peut-être goût et recommenceront avant septembre prochain ?

 

  • Les curieux de proximité, qui fréquentent un site régulièrement mais qui vont enfin pouvoir bénéficier de la présence d'un guide et d'une médiation : une petite chapelle en rase campagne, l'usine dans laquelle on travaille, le pont sur lequel on passe tous les jours, l'hôtel des impôts... Ce sont les « touristes chez eux » qui viennent aussi se réapproprier la mémoire de leur territoire. Les JEP permettent alors parfois de tester des visites guidées ou des ouvertures au public qui seront reconduites à d'autres moments de l'année.

 

  • Les dévoreurs de patrimoine, qui profitent des JEP pour accéder à un monument ou un site inaccessible la plupart du temps : coulisses de préfectures ou de la Cour des comptes, châteaux privés exceptionnellement ouverts, chantiers de fouilles archéologiques, etc. C'est pour ces derniers que les JEP ont un « goût de trop peu » ; ils verraient bien l'événement avoir lieu chaque week-end... On leur rétorquera qu'eux aussi peuvent se transformer en "touristes chez eux" et suivre les visites proposées par les offices de tourisme ou maisons du patrimoine, toute l'année ou au moins en été.                                                                Oui mais certains répondront : là, c'est gratuit ! Enfin, presque partout, c'est vrai, et c'est sans doute aussi un critère important pour les curieux désargentés.

 

La multiplication des journées liées au patrimoine

 

Bon bref, si on n'est pas rassasié par ces journées, il suffit d'attendre le week-end suivant pour en reprendre une louche grâce à un autre événement national dédié à un patrimoine bien français : la Fête de la Gastronomie ! Bien sûr, on y déguste beaucoup, mais on y visite également : des chais, des moulins à huile, des usines de torréfaction, donc souvent du patrimoine. On y apprend aussi sur les produits et leurs terroirs, les méthodes de production, de transformation, et d’accommodation. On peut y suivre des conférences et des débats, y voir des expositions. C'est aussi, bien sûr, de la culture.

 

Ensuite, il suffira de patienter un peu : Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins, Journée Internationale des Archives, Nuit des Musées, Nuit des Églises ou Journées Nationales de l'Archéologie, Journées des Métiers d'Art... Ajoutons pour ceux qui l'auraient oublié, que 2015 est l'année européenne du patrimoine industriel et technique. La France est le pays où on compte le plus d'événements liés au patrimoine culturel. Il doit bien y avoir une raison...

 

*chiffres du Ministère de la Culture et de la Communication

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Accueil touristique et qualité culturelle

7 Septembre 2015, 15:42pm

Publié par véronique muzeau

Accueil touristique et qualité culturelle

On entend bien quelques cocoricos sporadiques sur la richesse de notre culture ; d'autres sur le développement économique qui lui est lié. Est-on sur la voie d'une véritable intégration de la culture à la politique touristique française ?

 

Dans la torpeur de l'été ou presque (le 2 juillet 2015), deux parlementaires ont déposé un rapport sur l’évaluation de la politique d’accueil touristique de la France. On y trouve 25 propositions très concrètes pour améliorer cet accueil. Le tourisme culturel y a sa place, encore modeste cependant. Ça frémit pourrait-on dire.

 

Il y a notamment cette proposition numéro 22 : « adapter les monuments et musées publics accueillant plus de 500 000 visiteurs par an aux attentes des touristes ». Mais elle consiste surtout à améliorer billetterie, horaires d'ouverture et jour de fermeture. Les rapporteurs proposent la mise en place de médiateurs, par exemple des jeunes en mission de service civique ou en emploi d'avenir. Mais on s'interroge alors : quelle qualité de médiation pourra-t-on en attendre ? De quelle formation bénéficieront ces jeunes ?

 

Quant aux autres outils de médiation du XXIe siècle, les outils numériques, ils sont bien évoqués en proposition numéro 23. Il s'agirait d'utiliser ces outils pour mieux évaluer les flux et diversifier l’offre touristique. Diversifier l'offre, qu'est-ce que ça signifie au juste ?

Le rapport cite l'exemple de l’application HAPI (histoires et anecdotes du patrimoine d’Île-de-France), que la SNCF présente comme « votre guide touristique personnel ». La géolocalisation permet d'alerter les touristes sur leur smartphone pour leur faire des suggestions de visites en fonction de leurs centres d'intérêt. Le tout est teinté de médiation par le biais des anecdotes historiques de l’historien et journaliste Franck Ferrand. C'est très proche de l'application Le Val de Loire vu du train à laquelle contribue Histoire de Son par des interviews de personnes ressources.

 

 

On pourrait ajouter qu'un outil de médiation numérique de qualité peut aiguiller les visiteurs vers des sites moins connus et soulager les plus saturés ; c'est d'ailleurs pour éviter la surfréquentation de certains sites naturels fragiles que l'Office National des Forêts propose dans son application mobile la forêt de Fontainebleau des circuits de découverte naturalistes ou historiques hors des sentiers battus.

 

La médiation culturelle comme expérience réussie

Et justement la proposition numéro 24 du rapport parlementaire évoque Fontainebleau, mais côté château (« reproduire la formule qui fait le succès de Fontainebleau auprès des visiteurs étrangers » ). Le château de Fontainebleau est devenu le 4e le plus visité de France grâce à ses efforts tous azimuts et malgré une desserte compliquée (pas de gare à proximité). Les rapporteurs évoquent entre autres recettes de ce succès : les efforts de médiation. À la bonne heure ! Et le rapport d'évoquer aussi l'impact des événements culturels pour attirer les touristes vers les sites patrimoniaux plus en retrait. Bref, la culture est un moteur.

 

 

Des séjours qui ont du sens

Car si se préoccuper de transport, d'hébergement, de restauration, de signalétique, de gestion des files d'attente et de sourire des hôtesses est important, ça relève du « comment on visite un pays ». Si on se penche sur le « pourquoi on visite un pays », c'est alors qu'on s'intéresse au fond : certains viennent pour les paysages fabuleux et fort variés de l'hexagone, d'autres pour déguster nos plats légendaires, d'autres encore pour les fêtes et festivals... et c'est là qu'on entre dans le vif du sujet. Beaucoup viennent pour la culture. Surtout ceux qui viennent de loin. Et c'est ça qui les ravit le plus !

Sorties et offre culturelle, diversité de l'offre culturelle, musées, monuments et expositions sont les 5 points qui arrivent en tête des motifs de satisfaction des visiteurs d'île de France en 2014 (source CRT Paris Île-de-France). Plus de 93 % des touristes de la région parisienne sont satisfaits de ces aspects de leur séjour. Ils le sont nettement moins de l'accès et des transports, du rapport qualité-prix de l'hôtellerie-restauration ou de l'accueil des habitants.

Selon le mémento du tourisme 2014 de la DGE, le tourisme culturel est la 2e activité des visiteurs étrangers en France après les loisirs et l'agrément. Plus de 35% de ces visiteurs s'adonnent aux visites culturelles, bien avant le shopping qui n'en concerne que 20%.

Musées, spectacles et autres activités culturelles sont l'un des secteurs d'activité du tourisme dont le nombre d'emplois a le plus progressé ces dernières années : + 3% entre 2011 et 2012 (Source : Acoss). Avec un peu plus de 22 000 salariés dans ce secteur, il reste cependant des marges de progression.

 

À la lecture de ce rapport, on se dit donc que, oui, ça frémit du côté d'une politique touristique à base de culture. Il faudrait pourtant insister davantage. Le tourisme en France n'est toujours pas rattaché au ministère de la culture. Evelyne Lehalle, spécialiste du tourisme culturel, faisait remarquer dans son blog qu'en Italie en revanche, c'est le cas. Le patrimoine culturel de la France vaut pourtant bien celui de l'Italie, non ?

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Paroles de médiateurs culturels #1

10 Avril 2015, 10:43am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #1

Histoire de Son vous propose en ce printemps un feuilleton sonore consacré à la médiation culturelle. Pour explorer ce riche métier, encore jeune et en pleine évolution, donnons la parole à ceux qui l'exercent.

 

Un écomusée de la vie rurale

 

Cécile est éducatrice à l'environnement et médiatrice culturelle à l'écomusée de Saint-Dégan à Brech (Morbihan).

L' écomusée est constitué de plusieurs bâtiments dont deux anciennes fermes des XVIIe et XIXe siècles, couvertes d'un toit de chaume en paille de seigle.

L'idée est donc de montrer l'évolution de l'habitat, des modes de vie à travers les objets, l'organisation spatiale des bâtiments, les faits et gestes des humains de l'époque, etc.

L'écomusée est représentatif du territoire du pays d'Auray et de son passé agricole. Un habitat et un tissu économique constitué de fermes de polyculture-élevage ; on cultivait plusieurs céréales et pour différents usages. Ainsi, le seigle était cultivé à la fois pour l'alimentation et pour le chaume des toitures. De même, les paysans élevaient plusieurs espèces d'animaux comme les vaches, cochons et chevaux de trait.

 

 

 

 

Comment captiver les écoliers

 

Cécile est chargé du volet scolaire de la médiation culturelle du musée, en particulier auprès des élèves de primaire ; son travail comprend donc une mission d'accueil des classes, de présentation du site. Mais sa mission d'éducatrice est d'éveiller l'intérêt des enfants. Elle le fait en comparant leur quotidien et la vie rurale d'autrefois.

 

Pour Cécile, la médiation culturelle est un mélange de transmission, valorisation et vulgarisation des collections, des objets, mais aussi des savoir-faire.

 

Les outils de médiation : visites participatives

 

En vertu d'un principe pédagogique de base qui est qu'on apprend mieux quand on fait, Cécile propose souvent davantage que des visites guidées classiques. Bien souvent, ses visites comprennent aussi une dimension sensorielle. Et les écoliers peuvent aussi découvrir l'écomusée via des jeux de piste et des énigmes. L'idée est de susciter l'observation personnelle pour permettre aux enfants de s'approprier les lieux voire des objets qu'il s'agit de retrouver.

Les enfants peuvent aussi véritablement « faire » en participant aux ateliers de fabrication du pain ou de vannerie que propose l'écomusée. Cette fois la médiation culturelle porte sur un patrimoine immatériel : savoir-faire et pratiques quotidiennes.

 

De la médiation à la sensibilisation à l'environnement

 

L'écomusée de Saint-Degan comprend également un vaste domaine : parc, verger, etc. L'idéal pour proposer aussi aux enfants des activités en extérieur. En tant qu'éducatrice à l'environnement, Cécile replace les enfants dans un environnement végétal et elle cherche ainsi à leur faire comprendre le lien que l'homme peut avoir avec la nature. En parlant des pratiques paysannes du passé, on peut rapprocher les enfants d'aujourd'hui de la nature pour mieux la préserver.

 

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Les métiers d'art et la médiation culturelle

27 Mars 2015, 12:24pm

Publié par véronique muzeau

Dans l'atelier de Patrick Blanchard, sculpteur ornemaniste à Enghien-les-Bains

Dans l'atelier de Patrick Blanchard, sculpteur ornemaniste à Enghien-les-Bains

 

 

Ce sont les journées des métiers d'art du 27 au 29 mars 2015. Faire découvrir ces savoir-faire c'est aussi de la médiation culturelle car il s'agit bien souvent de patrimoine culturel.

 

Les 9e Journées Européennes des Métiers d'Art ( #JEMA2015) ont lieu ce dernier week-end de mars. Le programme de cette manifestation européenne se compose essentiellement de visites d'ateliers d'artisans d'art, d'expositions et de circuits thématiques.

 

Le passé et l'avenir se conjuguent

 

Bien sûr, l'événement met en lumière des métiers de haute technicité. Le thème de cette année, « territoires de l'innovation », est sans équivoque : ce sont aussi des métiers d'avenir et les JEMA ont pour but d'inciter les jeunes à s'orienter vers ces professions. D'ailleurs, les centres de formation proposent des démonstrations, ateliers d'initiation ou portes-ouvertes ; parfois sur des chantiers de restauration qu'ils ont menés.

Incidemment, il s'agit aussi d'inciter le public à acheter les objets d'artisanat d'art ou à s'offrir les services de ces artisans spécialisés qui ont pourtant souvent du mal à vivre de leur travail. C'est du « made in France » et le mot « territoires » est aussi intéressant : faire vivre les métiers d'art, c'est consommer local !

 

Patrimoine immatériel et matériel

 

Mais il s'agit aussi de comprendre des techniques parfois ancestrales qu'emploient ces métiers. C'est donc une découverte de patrimoine immatériel. Ou matériel, quand l'artisan restaure un objet ou un bâtiment historique : mobilier ancien, faïences, reliures, statues, instruments de musique, bijoux, toitures en chaume, etc.

En ce sens, les Journées des métiers d'art sont un acte de médiation culturelle.

Histoire de Son a réalisé ce type de médiation dans l'audio guide de la Collégiale Saint Martin de Montmorency (94) en donnant la parole à une restauratrice de vitraux et à un sculpteur ornemaniste. Car les artisans d'art qui oeuvrent dans la restauration patrimoniale sont aussi de véritables savants en histoire de l'art. On découvre ainsi comment travaillait l'atelier qui a réalisé au XVIe siècle les stalles de la collégiale, ou les évolutions des techniques du vitrail à la Renaissance. Les objets eux-mêmes, les symboles qu'ils arborent, nous parlent du passé et sont des témoins de l'Histoire religieuse, diplomatique, économique...

 

Un public curieux d'artisanat historique

 

Et le public est friand de ce type de manifestation. Certes, la beauté et l'émotion esthétique sont les atouts majeurs de l'artisanat d'art. Mais la découverte et l'apprentissage font aussi partie des motivations des visiteurs, comme pendant les journées du patrimoine. En témoigne le succès du chantier de Guédelon où la construction d'un château fort avec les techniques du Moyen-âge est l'occasion d'expliquer l'ouvrage du forgeron, du cordier, du menuisier ou du tailleur de pierre, la fabrication des tuiles ou des bardeaux (tuiles de bois), la teinture des tissus. On fait un peu de physique chimie en passant et on s'émerveille !

 

  • Journées européennes des métiers d'art, du 27 au 29 mars 2015, dans toute l'Europe

http://www.journeesdesmetiersdart.fr/

 

  • Collégiale Saint Martin de Montmorency

http://www.montmorency-tourisme.fr/Visite-audioguidee-de-la

 

  • Château de Guédelon

http://www.guedelon.fr/

 

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Des trains pour la culture (2)

21 Novembre 2014, 11:01am

Publié par véronique muzeau

Une application mobile qui vous explique le paysage traversé par le train

Une application mobile qui vous explique le paysage traversé par le train

Les trains et les gares sont des lieux culturels comme les autres. Aux expositions ou événements culturels dans les gares s'ajoutent la valorisation du patrimoine liée à l'histoire ferroviaire et enfin, grâce au nomadisme numérique, l'offre culturelle à bord des trains.

 

On peut même enrichir la culture scientifique et culturelle grâce au train, plus exactement à la faveur de la construction d'une ligne de TGV, comme celle qui voit le jour entre Le Mans et Rennes.

 

Travaux ferroviaires et archéologie

 

Sur les 214 kilomètres de la Ligne à Grande Vitesse Bretagne - Pays de la Loire et ses quelque 2 200 hectares d’emprise foncière, l’Institut national de recherches archéologiques (INRAP) a mené plus de 20 000 jours de prospections, fouilles et études. Avec à la clef, des découvertes sur une longue période puisque les archéologues sont remontés jusqu'à Neandertal et ses bivouacs en vallée de la Sarthe. Ces découvertes sont partagées avec le public au travers d'un ouvrage Sur les rails de l’histoire. Découvertes archéologiques le long du tracé de la Ligne à grande vitesse Bretagne – Pays de la Loire, sous la direction de Michel Baillieu et Pierre Chevet, éditions de la Reinette, 2013.

Sur les rails de l'histoire est aussi le titre d'une exposition archéologique itinérante, qui fait halte à l'Hôtel de la Région Bretagne jusqu'au 19 décembre 2014, après un passage à la préfecture de la Sarthe au Mans, puis au musée archéologique départemental de Jublains en Mayenne.

 

La SNCF anime ses gares

 

La branche de la SNCF Gares et connexions organise quant à elle des événements culturels dans les gares, et parfois dans les trains : habillage de 6 gares avec des photographies des Rencontres d'Arles entre juillet et septembre, restauration d'éléments anciens du patrimoine ferroviaire comme les colonnes en fonte XIXe de la gare de Strasbourg, visite de la Tour de l'Horloge à la gare de Lyon (Paris) ou exposition de trains mythiques comme l'Orient Express et sa machine à vapeur pendant les journées du patrimoine.

En ce moment, des expositions en gare de Poitiers jusqu'au 10 décembre à l'occasion du Poitiers Film Festival.

Régulièrement, des concerts animent la gare Saint Lazare.

Gare et Connexions soutient même un appel au financement participatif (crowdfunding) pour la restauration des tableaux en céramique de la gare de Tours, via Ulule.fr

 

L'interprétation du paysage vu du train

 

La gare de Tours est justement l'une des étapes clefs de l'application mobile le Val de Loire vu du train, co-réalisée par Histoire de Son (pour les contenus audio) : l'application vous explique le paysage vu du train, autrement dit ce patrimoine mondial UNESCO qu'est le Val de Loire : le fleuve, son milieu naturel, l'action humaine sur les paysages, l'histoire des villages ligériens, le troglodytisme ou l'art de tailler le tuffeau, sans oublier les vignobles du Val de Loire ou même la centrale nucléaire de Chinon. Et pour interpréter le paysage, des interviews de géographes, architectes, historiens, conservateurs ou guides, et des acteurs économiques comme un maraîcher d'Anjou ou un représentant de la profession viticole …L'application est toujours en cours d'enrichissement, elle sera terminée en 2015 et couvrira tout le trajet d'Orléans à Nantes.

 

Ce n'est qu'un début. On inventera sûrement de nouveaux moyens de transformer le déplacement ferroviaire en voyage culturel.

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Un autre tourisme est possible

13 Novembre 2014, 16:36pm

Publié par véronique muzeau

Le tourisme réussi c'est d'abord l'expérience inoubliable

Le tourisme réussi c'est d'abord l'expérience inoubliable

Ce n'est pas au « premier pays touristique du monde » - la France - qu'on va donner des leçons de tourisme... Et pourtant si ! Le CESE, conseil économique social et environnemental préconise de « repenser le tourisme ». La proximité, la diversification des formes de tourisme et l'ancrage dans les territoires devraient être les axes du tourisme de demain.

 

Du tourisme de masse au tourisme durable

 

Le tourisme en France reste un tourisme « de masse », concentré sur un cinquième du territoire hexagonal alors que les 80% restants ont sans doute des atouts à faire valoir.

Concentré également dans le temps (de juillet à septembre), ce tourisme n'est guère durable : il génère surcharge, surpopulation et surconsommation sur une petite portion du territoire. Il exclut aussi une partie de la population française elle-même. D'où les maîtres-mots pour le nouveau tourisme que le CESE appelle de ses voeux : durable et social.

 

Spécificités et inventivité

 

Pour éparpiller les visiteurs et rendre les vacances plus accessibles, le Conseil préconise une offre plus diversifiée, plus innovante aussi. Les territoires ont des atouts variés, ils doivent pouvoir se distinguer les uns des autres pour étonner les vacanciers. Alors que le CESE souligne la multiplicité des acteurs du tourisme (le fameux « mille-feuille » des Offices, Syndicats, Pays, Agences), on s'étonne en effet que l'offre soit si standardisée. Il faut dire que ces nombreux acteurs collaborent encore assez mal, souligne le Conseil. La concurrence fait rage pour une petite part de gâteau, alors qu'il reste l'essentiel du gâteau à se partager... L'imagination ferait-elle défaut aux acteurs du tourisme ? Ou bien les bonnes idées circuleraient-elles peu ?

 

Proximité et participation

 

En tourisme aussi on peut promouvoir les circuits courts. Une distance moindre réduit les déplacements, donc leur coût et les pollutions qu'ils génèrent. Le temps de tourisme s'en trouve aussi allongé. C'est donc plus durable et plus social. Il ne reste plus au territoire qu'à séduire ses voisins, voire ses propres résidents. Et surtout à conquérir ceux parmi eux qui ne sont pas encore touristes !

Le CESE préconise donc un tourisme accessible à tous, mieux réparti, diversifié, plus proche de la nature et des habitants. Presque une révolution, mais on devrait pouvoir y arriver !

 

Et cette vision c'est bon pour le tourisme culturel.

Certes, le touriste durable appréciera le calme verdoyant d'une campagne hors des sentiers battus. Il s'éclatera physiquement dans des forêts sauvages ou sur des rivières méconnues. Certes, il goûtera certainement la gastronomie locale restée authentique, et il aimera dormir chez les gens du cru.

Mais gageons que le touriste durable aura aussi soif de découverte et donc de culture !

 

Élargissement du champ de la culture

 

Dans son article sur la participation des publics au musée, Sébastien Magro, expert en nouvelles muséographies, évoque nos 250 écomusées et musées de société. Il rappelle au passage que la notion de patrimoine ou d'objet de culture s'est bien élargie depuis les années 1970.

Au delà des oeuvres d'art ou des vestiges archéologie, tout (ou presque) peut être sujet d'étonnement, d'apprentissage et d'émotion : les communautés humaines, leurs pratiques, leur vécu, leurs souvenirs. L'ethnologie est passée par là. Et nous ajouterons le milieu naturel : faune, flore, géologie, géographie. L'écologie a bien poussé.

 

Les outils d'un tourisme accessible et disséminé

 

Les outils numériques permettent depuis quelques années (seulement) de concevoir une transmission et une découverte sans bâtiments, sans même un personnel d'accueil (c'est parfois regrettable) ; on crée ici des « musées promenades » en plein air, on propose là des parcours ou des itinéraires d'interprétation.

Nul besoin désormais d'avoir un arc de triomphe à l'entrée de la ville, ni de bâtir à grand frais un musée. Il suffit en somme de donner du sens à son territoire, quel qu'il soit.

Enfin, il suffit... La mise en valeur d'un patrimoine, son interprétation et sa mise en scène ne s'improvisent pas, bien sûr. La construction des outils numériques de visite est affaire de professionnels y compris leur contenu ! Et le « fait maison » n'est guère souhaitable pour résister à la concurrence des autres territoires. Adapter son discours aux différents médias numériques, interviewer des personnes ressources, connaître les ressorts de la médiation numérique, rendre cette médiation accessible à des visiteurs handicapés, voilà qui suppose un savoir-faire.

 

Mais si la mise en valeur des mille et un trésors culturels ou naturels de la France est réussie, nul doute qu'on pourra répartir les visiteurs dans l'espace et le temps. Nul doute qu'on aura aussi "créé" un supplément de tourisme en qualité et en quantité. Nul doute qu'on inventera un nouveau tourisme plus seulement limité au « bronzage idiot » sur quelques centimètres carrés de serviette.

De toute façon, aurons-nous le choix ?

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Médiation du patrimoine, tourisme culturel et accessible en novembre

31 Octobre 2014, 17:25pm

Publié par véronique muzeau

Médiation du patrimoine, tourisme culturel et accessible en novembre

Pas encore d'hibernation en vue pour les adeptes du tourisme culturel et accessible et de ses déclinaisons numériques. Un temps fort approche : Museomix ! Mais il y aura d'autres rendez-vous en ce mois de novembre 2014.

 

Le 5 novembre : comment les médias numériques sont-ils utilisés dans les arts de la scène? Avec Eli Commins.

Le 12 novembre : imaginer une logique d’innovation dans des institutions patrimoniales dédiées à la conservation.

Le 19 novembre : qui sont les publics de la médiation numérique?

Le 26 novembre : Marion Boutellier viendra parler de la médiation numérique du musée Fabre

 

  • Plus orientées politique touristique, les conférences de l'IREST ont lieu aussi tous les mercredis à l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne ; celle du 5 novembre a pour thème « le tourisme alternatif dans le 93» avec Michael DUARTE, Chef de projet Développement Touristique, Comité Départemental du tourisme de Seine-Saint-Denis, 

 

  • Education artistique et culturelle & numérique, c'est le thème d'une Rencontre Numérique proposée par le Ministère de la culture et de la communication et le Ministère de l'agriculture, de l'agroalimentaire et de la forêt en partenariat avec l'Espace Mendès France de Poitiers le 5 Novembre

 

  • L’Inventaire général du patrimoine culturel depuis 1794...c'est le thème d'un colloque qui se tournera vers le passé pour mieux envisager l'avenir : prospective et perspective européenne au menu les 5, 6 et 7 novembre 2014 à Paris

 

  • Pour ceux qui s'intéressent à la dimension physique et matérielle du patrimoine culturel : rénovation, entretien, transmission des savoir-faire, la 20e édition du Salon International du Patrimoine Culturel a lieu du 6 au 9 novembre 2014 au Carrousel du Louvre à Paris.

 

  • Le réseau MUST au service des acteurs « Musées, Patrimoine et Culture Scientifiques, Techniques et Industriels » organise une journée professionnelle, le 6 novembre au Musée des arts et métiers à Paris.

 

  • L'Association Patrimoine des Hautes-Pyrénées, organise, le 7 novembre prochain, sa Journée des Acteurs du Patrimoine 2014 avec pour thème "Patrimoines, Tourisme et Nouvelles Technologies : Enjeux, perspectives, nouvelles formes artistiques et numériques de valorisation" à Madiran.

 

  • La 8ème édition de la Semaine Economique de la Méditerranée se déroulera du mercredi 5 au samedi 8 novembre 2014 à Marseille. Elle aura comme thème central : « Le tourisme, vecteur de développement économique en Méditerranée ».

 

  • C'est le moment de remixer le musée !

C'est Museomix : un millier de médiateurs, bricoleurs, hackeurs, bidouilleurs, conservateurs, animateurs, artistes vont bourdonner dans 7 musées de par le monde (à Montréal, Arles, Lille, Genève ou encore en Grande Bretagne) pour les réinventer pendant trois jours très créatifs les 7, 8 et 9 novembre.

 

 

  • 2 DAYS UP! Des rencontres dédiées aux professionnels de la culture scientifique et technique (chargés de projet, médiateurs scientifiques, concepteurs,…), mais aussi aux chercheurs, doctorants, acteurs de l’éducation, du numérique, entreprises et acteurs industriels les 13 et 14 novembre à Nantes. Ateliers

 

 

 

  • À Oullins (69), le festival À nous de voir, de science et cinéma propose pendant 10 jours, du 20 au 30 novembre, des rencontres entre scientifiques, réalisateurs et publics et diffuse des films de science, avec comme objectif de replacer les questions scientifiques dans l’espace public.

 

  • L’archéologie à la rencontre des publics est le thème du colloque organisé du 26 au 27 novembre à l’Institut national du patrimoine, à Paris. On y parlera des publics face à leur passé, de leur appropriation du patrimoine archéologique, de la conciliation entre protection et exposition, des nouveaux outils de médiation et de l'émotion en archéologie.

 

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Collectivités : valoriser le patrimoine touristique de son territoire

9 Octobre 2014, 12:44pm

Publié par véronique muzeau

Quel patrimoine valoriser et avec quels outils ?

Quel patrimoine valoriser et avec quels outils ?

Les collectivités qui souhaitent valoriser leur patrimoine à des fins touristiques sont légion dans notre pays qui regorge de monuments, curiosités, vestiges du passé. Toutes ne savent pas forcément par quoi commencer.

 

Analyser son territoire

 

Le problème, c'est même parfois le « quoi ? » : que valoriser exactement ? En clair, qu'est-ce qui fait l'originalité du territoire, sa singularité, par rapport aux autres ? Qu'est-ce qui étonnera et enthousiasmera les visiteurs ?

Les habitants (et les élus) du territoire en question n'ont pas toujours le recul pour répondre à cette question ; ils sont tout simplement « habitués » à côtoyer quelque merveille naturelle ou quelque curiosité culturelle qu'ils ne voient plus comme telle.

Ou bien, ils n'ont pas perçu que leurs pratiques agricoles locales, que leur géologie ou la forme de leurs maisons étaient uniques et exotiques vues de l'extérieur.

Ou encore, ils connaissent le potentiel d'idées originales que couve leur territoire et ils souhaiteraient faire remonter ces idées et les confronter, mais ils n'ont pas les outils pour le faire.

Bref, un regard externe est souvent indispensable avant toute valorisation touristique. C'est ce qu'on appelle la médiation territoriale. Elle s'appliquait au départ aux projets d'urbanisme, mais elle se révèle tout à fait adaptée aux projets de valorisation touristique.

 

Connaître les outils de valorisation

 

Second problème, le « comment » : quels sont les outils pour valoriser le territoire et comment les mettre en œuvre ? Même un simple sentier d'interprétation avec signalétique peut être totalement raté. Si les textes des panneaux sont abscons ou leur vocabulaire trop technique, si le graphisme est illisible (pensez aux visiteurs déficients visuels ! ), si les points d'intérêt manquent...d'intérêt, si les ressources documentaires sont insuffisantes, si l'ergonomie du parcours est discutable (trop long pour les familles, trop accidenté pour les personnes à mobilité réduite, etc.).

Et que dire des outils numériques de valorisation touristique ? Les applications mobiles et autres dispositifs multimédias peuvent parfois briller de mille feux à première vue, mais « bugger » à la première utilisation ou avoir totalement délaissé le contenu (un bel emballage sans cadeau à l'intérieur). Nous connaissons des applications mobiles dont les documents photos sont dénués de légende, d'autres dont les documents audio sont des sons téléphoniques ultra compressés lus par un stagiaire...

Le visiteur pourra alors au mieux s'extasier devant la prouesse technique d'une application mobile, mais il quittera le territoire sans avoir rien découvert ni appris de ce territoire, et sans savoir au juste ce qui pourrait le retenir ou le faire revenir !

En matière de valorisation multimédia, deux types de savoir-faire sont indispensables pour réussir :

  • la technique de développement informatique, pour déterminer les outils pertinents en fonction des usages, des ressources documentaires, des points d'intérêt, des contraintes de connexion...,

  • la technique de médiation culturelle et scientifique, pour savoir adapter le discours au support, à la cible, aux ressources et pour produire un discours à la fois compréhensible et agréable à suivre. Car non, l'écriture audiovisuelle ne s'improvise pas. Non, il ne suffit pas de prendre quelques photos et de lire une notice d'encyclopédie enregistrée avec un dictaphone pour réaliser un contenu satisfaisant.

La médiation culturelle et scientifique audiovisuelle est un métier et la qualité des contenus dépend d'un réel savoir-faire, tout comme l'ergonomie et la fluidité d'une application mobile dépendent d'une compétence informatique.

 

Les élus et décideurs des collectivités qui souhaitent valoriser leur patrimoine ont en fait tout intérêt à suivre des formations sur ces questions. Ne serait-ce que pour réussir les appels d'offre qu'ils lanceront pour la réalisation de leurs outils de valorisation. Trop souvent, ces appels d'offre oublient les ingrédients indispensables à la réussite des projets.

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Journées à thème et médiation culturelle

26 Septembre 2014, 13:36pm

Publié par véronique muzeau

Journées à thème et médiation culturelle

Les journées thématiques, qu’elles soient nationales, européennes ou mondiales, se sont multipliées ces dernières années. Leur intérêt est souvent d’être des temps forts de la médiation culturelle ou scientifique auprès du grand public.


On les regarde avec un brin d’ironie, comme des “marronniers” aptes à occuper les médias quand l’actualité est creuse. Il est vrai que peu de journées de l’année échappent désormais à ces “célébrations” presque rituelles. Certains jours cumulent trois thèmes !

Elles ont plus ou moins de succès : entre les Journées Européennes du Patrimoine qui attirent 12 millions de visiteurs en France, ou la plus confidentielle Journée Mondiale de Normalisation (le 14 octobre), l’écart est abyssal.

Leur multiplication peut aussi nuire à la cause qu’elles défendent : est-il bien raisonnable d’avoir une journée mondiale pour la vue le 10 octobre (OMS) et une journée nationale des aveugles et mal voyants le 4 octobre (journée d’ailleurs peu suivie par les associations concernées) ?


Un accès aux médias grand public


L’objectif des journées (ou des semaines, voire des mois) est avant tout d’accéder aux médias grand public et donc de communiquer.

Le plus souvent, il s’agit d’interpeller les consciences, d’alerter sur une question grave (violence, problème sanitaire ou social, risque environnemental). Ainsi, la journée mondiale du tourisme le 27 septembre a pour but de faire comprendre l’importance du tourisme sous ses aspects tant économiques que culturels ou sociaux. Il s’agit aussi de prôner un tourisme durable. Cette année, le thème en est “tourisme et développement communautaire”.


Rencontrer les acteurs scientifiques et culturels


Mais quand leur thème est culturel, les journées deviennent des temps forts de médiation culturelle ou scientifique. Et si ont tend à les rebaptiser rapidement “fête de”, c'est bien parce que c'est gai! Ainsi, la fête de la science s’est bien étendue pour durer désormais du 26 septembre au 19 octobre, et c’est une formidable occasion pour nouer le dialogue science et société au travers de nuits européennes des chercheurs” ou autres animations et conférences pendant lesquelles les savants viennent se raconter et expliquer leurs recherches au tout public.

 

Découverte sensorielle de la science et de la culture


La jeune fête de la gastronomie (typiquement française) propose plus de 9000 événements du 26 au 28 septembre. Bien sûr, il y a un objectif commercial, celui d’inciter les visiteurs à s’offrir quelques douceurs en boutique ou dans les restaurants. C’est d’ailleurs le Ministère de l’Economie qui porte la manifestation. Mais nombre de propositions relèvent aussi de la culture gastronomique et donc de la médiation culturelle : des conférences (avec ou sans dégustations) permettront de découvrir aussi bien l’agroforesterie que la fabrication du vin en Gaule, sans oublier la gastronomie moléculaire ou le patrimoine culinaire de Bourgogne.


Si ces journées permettent au grand public de comprendre que la chimie, l’histoire ou la sociologie sont amusantes et excitantes quand elles passent par le prisme de l’humain, de sa cuisine ou de ses réalisations architecturales, alors vivent les journées !

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Les webdocs pour la médiation culturelle du patrimoine

13 Septembre 2014, 12:35pm

Publié par véronique muzeau

Les webdocs pour la médiation culturelle du patrimoine

Le webdoc ou web documentaire, est devenu un genre journalistique à part entière. De nombreux sujets d'actualité sociale, politique, économique sont ainsi traités sous cette forme multimédia. Mais le webdoc peut aussi être un bon outil de médiation culturelle et scientifique. Pourtant, les musées et lieux de patrimoine en font encore rarement usage.

 

Qu'est-ce qu'un webdoc ?

 

C'est en fait un sujet

dont on a traité des angles multiples

à l'aide de différents médias. Dans l'idéal, le webdoc propose le média le plus approprié à chaque angle :

-le son pour un récit de mémoire, l'exposé d'un point de vue, un sujet musical ou linguistique,

-la vidéo pour un sujet qui nécessite d'être à la fois montré et expliqué (processus de création ou de fabrication, analyse d'un mouvement, restitution d'une ambiance),

-le texte écrit pour les informations précises : noms, dates, définitions et informations pratiques,

-les photos, dessins, infographies pour un visuel fixe (plan, détail d'un tableau, schéma explicatif, manuscrit).

 

Bref, le webdoc si on veut, c'est la médiation totale ! Différents langages, différents niveaux de lecture, différents sens sollicités, et tout le monde peut y trouver son compte !

 

Faire entrer le webdoc sur les site internet des musées

 

Pourtant, l'utilisation du webdoc comme outil de médiation n'est guère usité par les musées ou les lieux de patrimoine (culturel ou naturel). Bien souvent, les sites internet de ces structures distillent leur offre « rich média » dans différentes pages ou proposent en vrac des « multimédia », quand ils ne se contentent pas de quelques photos ou d'une simple vidéo qui remplit alors plus une fonction de communication que de médiation.

 

Utiliser le webdoc en scénographie

 

Dans la scénographie, le webdoc reste également rare alors qu'il peut sortir du web pour intégrer les murs des musées ou centres d'interprétation. On trouve souvent sur les bornes multimédia des « serious games » (quizz ou puzzles pédagogiques) ou des visites en 3 D simples. Un webdoc y aurait sa place car il permettrait de proposer au visiteur des contenus complémentaires s'il souhaite approfondir.

Le webdoc est en effet l'outil interactif par excellence puisque le visiteur peut choisir son cheminement dans le documentaire, sélectionner les informations, les scénarios possibles, comme autrefois, les bons vieux « livres dont vous êtes le héros ». Et en matière de pédagogie, qui dit interactivité dit appropriation des connaissances par l'utilisateur. Voilà pourquoi le webdoc est un bon outil de médiation culturelle et scientifique puisqu'il transmet du savoir et qu'il explique.

 

Quelques exemples de webdocs de médiation culturelle et scientifique

 

Certains se mettent donc au webdoc de patrimoine avec bonheur. Pionnière en la matière, la région Aquitaine et son site culturesconnectees, branché depuis longtemps déjà sur la formule webdoc. Le Conseil Général du Puy de Dôme y a pensé aussi pour valoriser la chaîne des Puys.

On dégustera également le plus récent herbier 2.0 du Muséum National d'Histoire Naturelle qui permet d'explorer ses collections botaniques mais aussi ses coulisses.

 

Réaliser son webdoc

 

Il existe des outils pour réaliser un webdoc ; ce sont des plateformes – gratuites ou non - utilisées par les journalistes, donc pourquoi pas par les médiateurs ?

Les prestataires créateurs de contenus (comme Histoire de Son) sont là pour réaliser tout ce qui ne peut être fourni en interne : vidéo, audio, photo, infographies, animations 3 D, jeux, etc.

Reste une exigence de taille pour réaliser un bon webdoc : une histoire ! Le webdoc suppose une narration, donc une mûre réflexion sur ce qu'on veut transmettre et comment. Pour aboutir à un web documentaire cohérent et qualitatif, la réflexion doit être menée conjointement par les médiateurs du site et les prestataires créateurs de contenus.

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