Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #visites interactives

Paroles de médiateurs culturels #7 : créativité !

21 Juillet 2015, 11:32am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #7 : créativité !

Sans être un créateur, le médiateur culturel doit en tout cas faire preuve de créativité. En médiation directe ou indirecte, la conception des séances et des outils de médiation demande imagination et inventivité. Quant au public, il devient lui aussi... créatif.

 

Inventer sans cesse de nouvelles médiations

 

Quand il joue les intermédiaires entre une création artistique et le public, ou entre un paysage culturel et ses visiteurs, le médiateur culturel doit tout de même créer...du sens. Il doit faire en sorte que le public entre en contact avec l'objet, le milieu, la culture qui lui est présenté(e).

C'est ainsi que le médiateur culturel est amené à concevoir des formes innovantes de visites et de découvertes.

Le médiateur doit sans cesse se renouveler car :

  • Il doit conquérir de nouveaux publics ; sa mission de démocratiser la culture l'exige (et aussi les nécessités économiques...)

  • Il doit s'adapter à la diversité des publics, rendre accessible sa structure aux personnes handicapées, intéresser les scolaires, se faire comprendre des étrangers,etc.

  • Il doit étonner pour fidéliser et faire revenir les visiteurs (nécessité économique encore...)

Elle est donc loin la visite guidée linéaire, d'une œuvre à l'autre, au musée des beaux-arts ou d'un objet à l'autre dans l'écomusée. Désormais, on vous propose presque uniquement des visites thématiques.

Dans le cas de Christophe Le Guern, médiateur de l'écomusée des Monts d'Arrée, il y a tant d'angles pour aborder le territoire et la façon dont on y vivait autrefois, que chaque visite est forcément unique. Tout dépendra des visiteurs et des interactions qu'ils souhaiteront créer.

 

 

 

Pour faire face à la potentielle variété des publics, le médiateur culturel est conduit à :

  • multiplier les niveaux de lecture, de perception et d'information,

  • diversifier les outils et les canaux de médiation,

  • s'adresser aux intelligences et aux sens multiples,

  • assouplir l'utilisation des parcours, des outils, des supports.

 

Même un dispositif de médiation numérique - donc indirecte - est d'autant plus réussi qu'il répond à ces exigences. Voilà pourquoi les applications mobiles fleurissent dans les sites culturels. On peut y mettre aussi bien une animation 3D que du son, des documents d'archives ou des projections futuristes, des visioconférences ou des jeux.

 

Donc, qu'il travaille en musée, dans un service du patrimoine, dans une bibliothèque ou dans une entreprise prestataire, le médiateur culturel est forcément un créatif !

 

Mais en la matière, il se trouve que la création est aussi du côté du public.

 

Transmission par la participation créative

 

Qu'y a-t-il derrière le mot création ? La fabrication déjà.

Depuis qu'on a compris que la médiation culturelle supposait la participation du public, on l'invite fréquemment à agir, à faire. Dans les ateliers de Christophe Le Guern, le public met clairement la main à la pâte et fabrique du pain, des crêpes « à la mode d'antan ». Ici, l'acte de « faire » permet de transmettre un savoir-faire technique. Mais l'atelier donne aussi une idée précise des contraintes quotidiennes qui pesaient sur nos aïeux.

Bien sûr, quand il s'agit d'art, la création signifie aussi « expression ». Et les médiateurs culturels encouragent également fortement cette création : les enfants sont invités à réaliser une œuvre en s'inspirant d'un artiste, ou bien ils fabriquent une maquette inspirée du patrimoine urbain.

Dans les centres de culture scientifique et technique, on peut aller jusqu'à créer son petit jeu électronique, un objet volant ou une sculpture lumineuse. Tout dépend du temps dont on dispose.

Les théories de la pédagogie nous affirment que plus l'implication de l'apprenant est forte, plus l'apprentissage est efficace. On retient 90% de ce qu'on fait selon Edgar Dale.

Et quand bien même le visiteur n'aura rien retenu de la médiation, il aura en au moins gardé...la satisfaction d'avoir créé.

 

 

Histoire de Son propose des formations à la médiation culturelle numérique.

N'hésitez pas à nous contacter.

 

Voir les commentaires

Paroles de médiateurs culturels #6 : au cœur de l'exposition

24 Juin 2015, 22:12pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #6 : au cœur de l'exposition

La médiation dans l'exposition est une évidence ; en soi, une expo est déjà un dispositif de médiation. Mais à quel moment la réflexion sur la relation au public intervient-elle ? De plus en plus en amont.

 

Il en va des expositions comme des collections permanentes. Pour les musées d'art, de sciences et techniques ou de société, pour les écomusées comme pour les centres d'interprétation, la question est la même : que veut dire exposer ?

On dévoile, certes, on met en relief, une partie d'une collection restée dans l'ombre. On met en scène un nouvel angle d'approche. On attire l'attention, comme en collection permanente. Mais, dans le cas d'une exposition, par définition temporaire, on doit le faire avec encore plus de vigueur puisque ça ne dure pas. Comment capter le public ? Et surtout, comment le toucher, le convaincre, le séduire, voire le faire revenir ? La question de la médiation culturelle est bien là, celle du rapport aux publics, comme toujours.

 

Mais si les organisateurs d'exposition se soucient de médiation, la question est aussi : quand s'en inquiètent-ils ? Dès le début de la conception de l'exposition ou une fois qu'ils ont rassemblé toutes les pièces qu'ils veulent exposer ?

Voici une réponse, rassurante et encourageante pour les médiateurs culturels, celle d'Anne Dupont, co-directrice de l'écomusée des Monts d'Arrée et chargée d'édition pour l'EPPC Chemins du Patrimoine en Finistère.

Le médiateur culturel intervient désormais en amont des expositions.

 

 

Les mots ont donc changé, fini le « guide » qui dirige un public passif au fil de l'expo. Le fait d'intégrer le médiateur ou le chargé de médiation dès la conception de l'exposition permet au public d'interagir avec ce qu'il voit et d'être acteur de sa visite.

 

Après la question du « quand » concevoir la médiation d'une exposition ? Revenons sur le comment …

Vous pouvez bien sûr réécouter les enregistrements des trois éditions du colloque « ce qu'exposer veut dire » organisé chaque année par l'INP (institut national du patrimoine). La médiation est au centre de certaines interventions des conférenciers.

 

Qui sont les publics des expositions ?

 

On s'interroge forcément sur le public pour lequel on conçoit une exposition, puisque c'est la raison d'être de la médiation.

Voici une réponse intéressante de Martine Thomas-Bourgneuf, muséographe et muséologue indépendante, dans son article " Pour qui conçoit-on une exposition ? "
publié dans La fabrique du musée de sciences et société par la documentation française en 2011.

Je ne réponds pas à une attente ou à une demande des futurs visiteurs. Je ne crois absolument pas qu’il y ait des attentes des publics. (….) S’il y a une demande des visiteurs qui soit cernable et cernée par des études, c’est celle d’être surpris.

Martine Thomas-Bourgneuf

Quant à la notion de « grand public » Martine Thomas-Bourgneuf la juge trop floue et indéfinie. Et surtout, cette notion répond à une logique de demande (assurer la fréquentation), alors que l'exposition culturelle doit selon elle se situer dans une logique d'offre. L'exposition, c'est une proposition, un point de vue, qui ne fera pas forcément consensus qui trouvera « son » public, le sien uniquement.

Chez tous les concepteurs de contenus d’exposition, qu’ils soient muséographes, scientifiques, ou conservateurs (…) de la subjectivité est à l’oeuvre, faite de convictions, de passions, de sensibilité etc. - ce qui n’empêche pas le sérieux scientifique.

Martine Thomas-Bourgneuf

 « individualiser » la médiation pour de multiples publics

 

Pour néanmoins élargir l'accès à la culture et s'adapter à la potentielle diversité des publics, Martine Thomas-Bourgneuf pose quelques principes de base :

  • multiplier les niveaux de lecture, de perception et d'information

  • diversifier les outils et les canaux de médiation (donc les intervenants)

  • s'adresser aux intelligences multiples et à tous les sens

  • privilégier la souplesse d'utilisation des parcours, des outils, des supports

  • ménager des rythmes et des pauses

La question de la médiation dans l'exposition est donc bel et bien prise en compte, et de mieux en mieux.

Quant à la médiation par l'exposition, en voici un bel exemple pour terminer : l'atelier « commissaire d'expo toi-même » du Zinc, le centre de création « arts et cultures numériques » de la Friche la Belle de Mai à Marseille. Les enfants ont réalisé des œuvres tout au long de l'année, et découvrent au cours de l'atelier les métiers impliqués dans la création d'une exposition. Ils passent ensuite à la pratique et montent leur expo. Parmi les métiers découverts par les enfants dans ces ateliers, celui de commissaire d’exposition, de scénographe, de chargé de la communication, de régisseur et...de médiateur

 

Pour en savoir plus :

« Pour qui conçoit-on une exposition ? » de Martine Thomas-Bourgneuf, La fabrique du musée de sciences et société, la documentation française, collection « Musées-Mondes », dirigée par Jacqueline Eidelmann, février 2011Télécharger

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2015.

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2014.

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2013. 

Voir les commentaires

Les musées peinent encore à séduire les adolescents

19 Mai 2015, 16:59pm

Publié par véronique muzeau

Les adolescents ont une vision dépassée des musées

Les adolescents ont une vision dépassée des musées

Les adolescents perçoivent une image très figée et très restreinte des musées malgré la diversité des établissements et tous leurs efforts de médiation culturelle envers le public jeune.

 

Les chevelures argentées ont-elle dominé la nuit des musées ? La nuit a-t-elle été trop calme et pas assez folle ? Les statistiques nous le diront peut-être dans quelques temps.

En attendant, France Culture a relancé le débat avec sa très bonne enquête multimédia sur les médiations des musées à destination des jeunes.

 

L'âge de choisir ses sorties

 

Le problème c'est déjà que le terme « jeune » est un peu trop large. Entre les enfants de maternelle et les adolescents au seuil de la majorité, c'est le grand écart.

Partons du principe que les plus petits n'ont pas encore l'autonomie de leurs sorties. Concentrons nous sur ce public qu'on dit « difficile » voire « rebelle » : les adolescents. Disons les 14-18 ans. Un âge auquel on affirme ses goûts pour finalement gérer seul ses loisirs et pratiques culturelles.

 

L'importance de l'éducation

 

Les adolescents sont donc assez grands pour choisir d'aller ou pas au musée...quoi que ! Le reportage de France Culture donne la parole à une sociologue, Sylvie Octobre, qui insiste bien sur le poids de la transmission familiale et des pratiques éducatives inscrites dans la petite enfance. La scolarité reste souvent la seule occasion d'aller au musée. Les vacances en sont une autre car les touristes ont davantage tendance à découvrir les musées lointains qu'à passer les portes des musées proches de chez eux. Mais les vacances ne sont pas à la portée de tous.

Les musées ont donc beaucoup travaillé leur accueil des publics scolaires pour concevoir des visites inoubliables. Ils espère ainsi voir les écoliers revenir dans leurs murs, même quand ils auront grandi.

 

L'enquête de France Culture a fait ressurgir un reportage plus ancien (avril 2012) visible sur Francetv education. Certes, depuis 3 ans, les choses ont bougé dans les musées. Cependant, en 2012, la médiation avait déjà beaucoup inventé et dépoussiéré. Pourtant, on est frappé par les idées reçues et clichés émis par ces lycéens de seconde. Ils viennent pourtant d'un établissement parisien et on peut supposer qu'ils sont donc plutôt favorisés socialement et culturellement.

 

Une perception erronée des musées

 

Premier point saillant : dans l'idée de ces jeunes, le musée est un musée des beaux-arts. Le « Louvre, Orsay » sont les seuls cités. Quid des autres pans de la culture ? Des musées de société ou écomusées, des musées de civilisation, des musées plus thématiques ou des établissements de sciences et techniques ? Peut-être ne sont-ils pas identifiés comme musées... et c'est vrai que, souvent, ils en refusent l'appellation préférant celle d' « espace » ou de « centre de découverte ». Sans doute pour s'éloigner du côté « conservateur ».

 

Second point, les adolescents interviewés ne sont pas spontanément attirés par le musée : « ma mère m'a un peu obligée », « j'irais pas toute seule », « ça m'intéresse pas trop » « je peux comprendre que ça n'intéresse pas trop les jeunes de mon âge », « on préfère voir des choses sur internet », « si on n'est pas intéressé, on va vite se lasser », « avec des guides, c'est un peu lent » … Il y a comme une méconnaissance du renouveau de la médiation culturelle muséale.

De même, Théo, 14 ans, que nous avions interviewé récemment dans ce blog, nous confiait son ignorance des nouvelles propositions interactives et participatives des musées.

 

En filigrane, on perçoit dans les yeux de ces jeunes l'image d'un musée figé, voire compassé et réservé aux adultes : « tous les adultes ont l'air intéressé...je pense que ça vient avec l'âge ».

Or, cette dernière impression peut être rédhibitoire à l'âge où on aspire à partager avant tout avec ses pairs. Cette interaction presque exclusive avec les gens de son âge, c'est l'une des spécificités dont doit tenir compte la médiation culturelle adaptée aux adolescents.

La conférence « Adolescents, loisirs et dispositifs de médiation culturelle » de l'Institut National de la Jeunesse et de l'Éducation Populaire (INJEP), en avril 2014, ajoutait d'autres données : une sortie ostensible de l'enfance, la préférence pour un encadrement invisible et des stéréotypes de genre très marqués.

 

 

Alors que faire ?

 

Elargir le champ de la culture

 

Une fois pour toute, il faudrait en finir avec les discours officiels et institutionnels qui limitent la culture à l'art. Que les jeunes qui n'ont pas la fibre artistique puissent être rassurés : oui l'économie c'est aussi de la culture, de même que le numérique ou encore l'écologie, la biologie, l'ethnologie. Chacun doit pouvoir trouver musée à son pied. À cet égard, les expositions thématiques de la Cité des Sciences et de l'Industrie ont largement réussi leur mission, et séduit les adolescents.

Bref, il faut décloisonner ! Pourquoi un musée des beaux-arts s'interdiraient-ils une réflexion sur des sujets de société ou d'actualité explorés à travers ses collections ? C'est une expérience encore trop rare...mais qui pourrait attirer les adolescents ?

 

 

Médiation participative et ciblée

 

Des événements, une actualité comme la nuit des musées, ou des concours de selfies permettent aux visiteurs d'être actifs. On lutte alors contre l'image statique du tableau accroché au mur. Les événements permettent aussi aux adolescents une participation en « bande » voire un échange sur les réseaux sociaux, donc un échange entre pairs.

 

De même, les ateliers créatifs peuvent être un bon moyen d'attirer les adolescents, pourvu qu'ils soient ciblés sur les 14-18 ans, bien distingués des ateliers 10-13 ans, eux-mêmes séparés des ateliers « enfants » ou « familles ».

 

Sortir de l'impératif éducatif : admettre que s'amuser est un droit et qu'on ne doit pas forcément apprendre. On peut fréquenter un musée juste pour le plaisir des yeux ou juste pour commenter les œuvres entre potes et bien rigoler.

 

Des outils sexy comme les nombreux dispositifs de réalité augmentée, jeux vidéos de visite et autres parcours multimédia sont donc appropriés à cette vision ludique du musée. D'autant plus que les ados maîtrisent et apprécient smartphones et tablettes.

 

 

Des humains pour transmettre de la passion

 

Sylvie Octobre précise cependant que tous ces dispositifs multimédia ne sauraient suffire à conquérir un public adolescent.

De même que les jeunes élèves, aussi rebelles soient-ils, suivront avec respect un enseignant passionné, ils peuvent suivre le « guide » ou le médiateur si son enthousiasme est contagieux. Histoire de Son, qui fait parler les acteurs des territoires, des sites ou des établissements culturels, ne dira pas le contraire.

Voir les commentaires

Les visites culturelles de Théo, non-voyant

19 Janvier 2015, 12:21pm

Publié par véronique muzeau

Repenser la visite et la médiation culturelles pour les rendre multisensorielles

Repenser la visite et la médiation culturelles pour les rendre multisensorielles

Nouvel entretien avec Théo, 14 ans, qui nous raconte comment il vit son handicap visuel. Cette fois, il évoque ses visites culturelles. Il apprécie particulièrement le développement des dispositifs interactifs et multi-sensoriels qui se développent de plus en plus.

 

Un coup de chapeau particulier à la Cité des Sciences

Théo a pu visiter l'exposition "la voix" en 2014 à la Cité des Sciences et de l'Industrie à La Villette et il a particulièrement apprécié l'accessibilité de cette exposition très interactive. Mais il salue aussi la qualité des espaces d'exposition permanente, très accessibles aux personnes déficientes visuelles (cartels en braille ou en caractères agrandis).

Des dispositifs de visite multi sensoriels

Les lieux de visite et sites du patrimoine, comme le château de Kerjean dans le Finistère, proposent de plus en plus de dispositifs qui font appel à d'autres sens que la vue. Dispositifs tactiles, médias audio ou parfois diffuseurs olfactifs permettent aux non-voyants et mal-voyants de participer pleinement aux visites.

Les musées encore trop peu accessibles

Théo nous a confié peu fréquenter les musées. Il déplore le manque d'interactivité des médiations proposées, mais il reconnait être peu informé des dispositifs accessibles mis en place ces dernières années dans les établissements culturels. Il reste donc un effort de communication à faire dans les musées et sites accessibles.

Ecoutez le témoignage de Théo

 

 

 

 

Pour écouter l'entretien complet avec Théo, rendez-vous sur le site de notre partenaire Radio Évasion.

Voir les commentaires