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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #son

L'intérêt pédagogique de l'audio

21 Janvier 2016, 16:28pm

Publié par véronique muzeau

L'intérêt pédagogique de l'audio

Puisque c'est la semaine du son, examinons comment l'audio peut être un instrument de pédagogie, en classe, en musée, ou ailleurs.

 

Un peu de franchise pour commencer : le son est un outil délicat à manier pour transmettre et enseigner. « Les paroles s'envolent » dit le proverbe. On retient peu de ce qu'on entend. Le pédagogue Edgard Dale, dans son célèbre cône de l'apprentissage, évaluait à 20% la proportion d'un message purement auditif qui restait mémorisée au bout d'une semaine. Mais c'était en 1946, Dale lui-même préconisait de ne pas prendre ce cône au pied de la lettre, et il semble qu'aucune autre étude scientifique n'ait ensuite confirmé ce schéma.

 

Mais surtout, il n'existe pas de mémoire sensorielle à long terme. La mémoire ne fonctionne que si le message, quelle que soit sa forme, construit d'autres connexions dans votre cerveau (donc s'il interpelle votre vraie mémoire).

De ce point de vue, le son n'est pas plus efficace que l'image (notre cerveau le retient cependant un peu plus longtemps : 2,5 secondes contre ¼ de seconde pour l'image ! ).

Ou alors, il faudrait chanter le message et le mettre en musique car la mémoire musicale semble être, elle, particulièrement résistante !

 

Après cette parenthèse de neurosciences, il faut donc chercher ailleurs l'intérêt pédagogique du son, à commencer par l'école, tout naturellement.

 

 

 

Expériences en milieu scolaire

 

Les usages classiques du son en classe

 

Bien sûr, en langues vivantes, il y a longtemps que les enseignants s'appuient sur des documents sonores : CD de chanteurs ou musiciens internationaux, émissions de la BBC, contes ou livres audio en anglais, allemand, espagnol... Et certains passent à l'enregistrement de leurs propres podcasts en langues.

On pourra se reporter à ce sujet au projet podcl@ss du lycée Ambroise Paré de Laval (53), inspiré lui-même d'un autre projet, audionom@de du lycée François Mauriac de Bordeaux.

 

La direction générale de l'enseignement scolaire a d'ailleurs publié un guide pratique de la baladodiffusion en langues vivantes en 2010.

 

Les supports sonores sont également bien intégrés dans l'enseignement pour adultes du français langue étrangère.

 

Idem, en musique, on voit mal un enseignant se passer de faire écouter à ses élèves les extraits qui illustreront son cours.

 

Mais dans les autres matières, quel peut être l'intérêt du document audio ?

 

Un rapport parlementaire de 2010, dirigé par Jean-Michel Fourgous, député des Yvelines, sur l’innovation des pratiques pédagogiques par le numérique et la formation des enseignants évoque l'intérêt des outils audio dans l'éducation.

 

Il souligne que les Tice, et en particulier la baladodiffusion, offrent une démultiplication du temps de parole qui permet à l'élève de revenir sur un sujet autant de fois que nécessaire.

La répétition est pédagogique et, avec le son, on peut rejouer le cours à l'infini. (NB : Dans le rapport, le mot « baladodiffusion » est cité dans son acception essentiellement audio).

Le son prolonge la parole de l'enseignant non seulement dans le temps, mais aussi dans l'espace - hors de la classe - et renforce donc l'autonomie de l'apprenant.

Cependant, ce qui distinguait peut-être encore l'audio et la vidéo en 2010 – la facilité d'accès des outils d'écoute comme les lecteurs mp3 – n'est peut-être plus aussi vrai en 2015, quand tant d'élèves sont dotés de smartphones et donc d'un accès facile à la vidéo.

 

 

Les podcasts radio comme documents de cours

 

Pour creuser davantage cette spécificité du contenu sonore, on peut lire le rapport de Didier Guise, professeur documentaliste au lycée Schwartz de Pompey (54), sur son usage des podcasts de Radio France en lycée professionnel.

 

Il y relève les avantages et les limites de cet instrument pédagogique qu'est le média audio.

 

Les facilités du son en classe :

  • Un grand choix de contenus (radios, webradios, podcasts en ligne, réseaux sociaux sonores comme Soundcloud)

  • Un équipement et une exploitation matérielle simples (en collectif ou en autonomie)

  • Une plus grande accessibilité de l'audio par rapport à l'écrit, pour des élèves en difficulté avec la lecture, notamment les dyslexiques

  • Un support perçu comme « plus original et plus moderne » qu'un document imprimé ou même qu'un cours magistral ; un support apprécié et pratiqué puisque 85% des 13-19 ans écoutent quotidiennement la radio (étude du Conseil Supérieur de l'Audiovisuel, juin 2014)

 

Les difficultés du son en classe :

  • La nécessité d'être concentré pour écouter : pus que pour une vidéo (et encore), mais pas plus que pour une lecture

  • La nécessité d'un accompagnement et d'outils conçus par l'enseignant (fiches pédagogiques, grilles d'analyses) pour obtenir un véritable bénéfice d'apprentissage

  • Le fait que les élèves sont plutôt des auditeurs de musique, peu accoutumés à écouter des paroles

 

Il apparaît en tout cas que le document sonore est particulièrement indiqué pour travailler les compétences suivantes :

  • La prise de note

  • La synthèse

  • La mémorisation

Avec un podcast, pas de copier/coller possible ; l'élève doit donc se réapproprier le contenu écouté.

 

Les professeurs « makeurs » d'audio

 

Autre atout majeur de l'audio en milieu scolaire : passer à la création et à la production exige moins de savoir-faire technique et d'équipement que la vidéo ; d'où le succès des webradios de collèges ou lycées.

L'intérêt pédagogique de l'audio

Voici le témoignage de Frantz Glowacki, professeur de lettres, formateur audiovisuel au Clemi de Créteil (Île-de-France), et maître d'œuvre, avec le professeur documentaliste Morgane Louaisil, d'une toute jeune webradio au Collège Robert Doisneau de Dammarie-les-Lys (77).

 

 

Pourquoi avoir décidé de créer une webradio ? 

 

L'idée de créer une webradio avait pour nous plusieurs avantages : pédagogiquement, cela nous permet de travailler sur un média, dans le cadre de l'EMI (éducation aux médias et à l'information) qui entre dans les programmes.

Mais la radio nous apparaissait également comme un moyen de travailler de nombreuses compétences transversales intéressantes pour des élèves de troisième qui seront confrontés à leurs premiers oraux en fin d'année : travail sur le ton, la diction, la fluence de la lecture...

La radio est également un média qui permet un travail d'écriture important dans le cadre de chroniques par exemple.

Par ailleurs, ce média demande finalement peu de moyens (ce qui est un avantage non négligeable dans l'Éducation Nationale) : un enregistreur numérique à 100 €, un logiciel libre de droits comme Audacity et un site web gratuit, et on peut s'engager dans l'aventure...

 

Et pourquoi choisir ce média plutôt qu'une webTV ou un webzine?

 

J'ai souvent réalisé avec les élèves des webzines ou des blogs, ils sont assez habitués à ce type de production. La webradio était finalement un moyen de renouveler les pratiques, mais aussi un moyen d'aborder un média que les élèves connaissent peu (je parle des élèves de réseau d'éducation prioritaire) : ils connaissent généralement les grandes radios musicales (mais ils les écoutent peu) et parfois la radio que leurs parents écoutent dans la voiture. 

Quant à la WebTV, c'est un projet, mais qui demande de plus importants investissements financiers de la part de mon établissement scolaire.

 

À quoi cette webradio est-elle destinée ? 

 

Notre webradio a été initiée durant l'option DP3 en troisième : il s'agit d'une option de découverte professionnelle destinée à mieux connaître et appréhender le monde du travail, des entreprises, elle doit permettre aux élèves de découvrir des métiers variés et appartenant à des secteurs d'activité différents.

Les élèves ont 2 heures par semaine pour penser des sujets, les réaliser et les mettre en ligne.

Nous ne savons pas quelle durée de vie aura cette radio, mais nous souhaitons la pérenniser, et même symboliquement par un lieu dans le collège : à cette fin, nos élèves se sont associés avec les élèves de Segpa (section d’enseignement général et professionnel adapté) qui ont un atelier de construction et menuiserie. Les élèves vont nous réaliser un studio dans une ancienne remise que notre chef d'établissement a mise à notre disposition. 

 

Comment s'est déroulée la mise en place de la webradio ?

 

Nous réalisons cette webradio dans le cadre d'un dispositif mis en place par le Clemi dans l'académie de Créteil : les classe PEM (projet d'éducation aux médias).

Le Clemi nous propose 3 jours de formation, nous donne des heures de concertation et nous facilite les échanges avec des médias. 

Notre chef d'établissement, quant à elle, est plutôt bienveillante vis à vis de ce type de projet qui permet aux élèves d'apprendre, de s'investir et parfois de se révéler grâce à une pédagogie de projet. Elle a financé l'achat de deux enregistreurs numériques sur le budget de l'établissement.

 

Comment se passent les premières productions avec les élèves ?

 

Nous avons commencé par écouter la radio, différentes radio et différents types d'émissions. Les élèves ont peu à peu changé leur vision de ce média, ils ont compris que ce n'était pas que de la musique, ou que des informations lues...

Nous avons ensuite pris en main le matériel : les enregistreurs, le logiciel de montage, la table de mixage, Padlet, un autre outil gratuit qui permet de préparer ses sons pour un direct,...

Nous avons également travaillé sur les droits d'auteurs notamment pour la construction des jingles et des virgules sonores...

Puis, nous avons travaillé l'identité de notre radio, son nom, son logo, sa cible...

Les élèves ont eu du mal à entrer dans le projet car il se sentaient finalement mal à l'aise avec ce média qu'il connaissaient peu.

Mais peu à peu, on peut dire que la magie de la radio à opéré, les productions et les projets se multiplient.

Les élèves ont par exemple été sollicités pour faire la prise de son d'une rencontre prévue entre des rescapés des camps de concentration et les élèves de troisième. Ils ont été fiers qu'on fasse appel à eux et à leurs nouvelles compétences. 

L'une des plus belles réussites à ce jour reste la volonté d'un élève bègue de cette classe qui s'enregistre et utilise Audacity pour rendre ses chroniques audibles et compréhensibles.

 

Scannez ce Qr Code pour écouter la radio du collège Doisneau de Dammarie-les-Lys

Scannez ce Qr Code pour écouter la radio du collège Doisneau de Dammarie-les-Lys

L'audio pour découvrir le patrimoine

 

Face à l'omniprésence des images dans notre vie quotidienne, et l'omnipotence des contenus visuels dans tous les médias, que peut encore l'audio ?

Et que peut-il dans les dispositifs de découverte du patrimoine, mobiles ou fixes ?

Il peut être ce qu'il a toujours été (mais en mieux) : un média d'accompagnement. Car le contenu sonore a quelques atouts spécifiques, auxquels Tous Curieux / Histoire de son est attaché.

 

L'audio lui aussi augmente la réalité 

 

Au même titre que les images ou les textes, l'audio apporte une dimension supplémentaire à l'objet ou au site visité :

  • Une information, s'il s'agit d'un discours parlé. C'est le cas par exemple des audioguides classiques qui peuvent apporter une information complémentaire à celle des cartels et panneaux. À condition qu'ils ne reprennent pas mot pour mot les textes écrits, auquel cas leur seul intérêt est alors de permettre une accessibilité aux publics déficients visuels ou, comme à l'école, à ceux qui maîtrisent mal la lecture. C'est déjà ça, mais il y a moyen d'offrir davantage.

  • Une émotion, si les paroles écoutées sont celles d'un témoin, d'un acteur du patrimoine visité : qu'il s'agisse du conservateur du musée, de l'ornithologue attaché au parc naturel, de l'habitant du site troglodytique... dans tous les cas, la voix d'une personne impliquée transmet bien davantage que celle d'un comédien voix-off qui lit un texte dont il n'est pas l'auteur. L'authenticité du locuteur crée en effet une proximité avec l'auditeur et donc une empathie. L'émotion peut cependant naître aussi à l'écoute du (bon) comédien qui incarne un personnage fictif (crédible) quand c'est cette option de médiation qui est choisie.

  • Une sensation, surtout s'il s'agit d'une immersion sonore, reconstitution ou non du passé, captation d'ambiance, bruitage. On peut même enrichir une visite de compositions musicales inspirées par les sites ou d'extraits musicaux accordés aux objets. L'ouïe est un sens que nous devons aussi titiller. C'est alors que l'audio fait véritablement travailler l'imagination et le "cinéma intérieur" de l'auditeur !

 

Les pédagogues s'accordent sur le fait qu'on apprend d'autant mieux que les conditions de l'apprentissage sont agréables. Ajouter au contenu purement informatif, les dimensions émotionnelles et sensitives du son est donc important pour espérer capter l'attention et marquer l'auditeur.

 

On y ajoutera si possible des conditions d'écoute favorables pour éviter les distractions qui perturbent si facilement le message audio seul. En réduisant les pollutions sonores, en proposant aux auditeurs des sièges ou autres assises.

 

Spécifiquement alors, l'audio maintient le visiteur dans la contemplation du site, de l'œuvre, du bâtiment, et même, le son active cette contemplation. Le contact entre le visiteur et l'objet visité est alors préservé...mais augmenté. Et la médiation culturelle en sort renforcée.

Si l'on reprend le cahier des charges exposé par une conférencière aux dernières rencontres nationales culture & innovation, on se dit que l'audio a toute sa place dans les outils de médiation culturelle numérique.

 

Le cahier des charges exposé par une conférencière aux 7èmes rencontres nationales culture & innovation, relayées sur Twitter

Le cahier des charges exposé par une conférencière aux 7èmes rencontres nationales culture & innovation, relayées sur Twitter

  • Rencontres nationales culture et innovation du Clic

http://rnci.clicfrance.fr/

 

  • Rapport parlementaire sur le numérique appliqué à la pédagogie scolaire

http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/104000080.pdf

 

  • Dossier très complet sur l'audio dans les CDI (centres de documentation et d'information) d'établissements du secondaire

http://www.cafepedagogique.net/lemensuel/lenseignant/documentation/Pages/2008/98_CDI_Audio.aspx

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en janvier 2016

30 Décembre 2015, 17:26pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en janvier 2016

Pour une fois, on thématise cet agenda ; ce mois de janvier 2016 est à l'image des précédents débuts d'année. Pour les musées, il est marqué par le Sitem et son challenger numérique MuseumConnections. Et puis en janvier, depuis 13 ans, c'est la semaine du son !

 

Musées de plus en plus connectés

 

Le Sitem a 20 ans. Le salon international des musées, des lieux de culture et de tourisme reste le rendez-vous incontournable pour les professionnels des musées et du patrimoine culturel, et leur prestataires. Le Sitem a lieu à Paris, aux Docks, cité de l'image et du design, du 14 au 16 janvier 2016. Le salon annonce d'ores et déjà son partenariat avec d'autres rendez-vous 2016, notamment le Forum du Tourisme Numérique à Deauville en mars 2016, et Sunny Side of the Doc, le marché international du documentaire à La Rochelle en juin 2016.

 

Autour du Sitem, d'autres rendez-vous connexes s'organisent désormais, comme les 7èmes Rencontres Nationales Culture et Innovation(s) qui auront lieu le vendredi 15 janvier 2016 à la Cité des sciences. Au programme de ce forum, les dernières nouvelles de la culture à l'ère numérique, délivrées par les experts, y compris de musées étrangers. À visiter aussi, les espace de démonstrations et à suivre, la remise du 2nd Prix Patrimoine & Innovation(s).

 

Même si le Sitem a su évoluer au gré des révolutions numériques, le voici désormais talonné par un nouvel événement, né l'an dernier : MuseumConnections, salon international des innovations dans les musées, les 20 et 21 janvier 2016 au parc des expositions de la porte de Versailles. Les exposants et débats s'y intéressent aussi bien aux nouveaux modèles économiques des musées qu'aux technologies utilisées en médiation, ou aux stratégies numériques des institutions.

 

Enfin, la muséographie appliquée, innovante et un rien ludique, c'est à Rennes les 30 et 31 janvier 2016 avec une opération inspirée par Museomix : le musée recopié. Cette fois, 60 volontaires, professionnels ou amateurs, sont invités à recopier le musée des beaux-arts de Rennes. La performance participative débouchera sur une exposition en février. Pour s'inscrire, il suffit d'avoir envie d'art.

 

Arts et expressions sonores dans tous leurs états

 

Janvier est un mois privilégié pour ceux qui s'intéressent au son. La semaine du son s'y étire partout en France, et même en Belgique et en Suisse, du lundi 18 au dimanche 24 janvier 2016 à Paris, et jusqu’au dimanche 7 février ailleurs.

Cette opération, qui a déjà 13 ans, donne lieu à toutes sortes d'animations :

  • Artistiques et créatives : musique, littérature audio ou création sonore, comme ce concours organisé par l'association mixage fou.

  • Documentaires et pédagogiques, comme au festival de la radio et de l'écoute, Longueur d'ondes à Brest, du 25 janvier au 7 février 2016.

  • Acoustiques et scientifiques comme à l'IUT Bourgogne Auxerre ou à l'École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble.

  • Sanitaires et sociales, via la sensibilisation au handicap et la prévention des déficiences auditives comme dans les conservatoires de musique de Reims ou de Valence.

La semaine du son est un moment sensuel pour redécouvrir que nous avons une ouïe !

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en décembre 2015

27 Novembre 2015, 11:23am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en décembre 2015

Un peu d'avance pour cet agenda car l'approche des fêtes de fin d'année concentre les rendez-vous au début du mois de décembre. Ils s'intéressent aux arts numériques, aux musées, au tourisme culturel, au patrimoine et à l'accessibilité de la culture pour les publics handicapés.

 

 

  • « Nouvelles modalités d’appropriation et de partage au musée : les pratiques multiples de l’expérience de visite à l’époque de la culture numérique » c'est l'intitulé de la thèse de doctorat en sciences de l'information et de la communication que soutient Florence Andreacola mercredi 2 décembre 2015 à 15h00 en salle 2E01 à l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse, Campus Hannah Arendt.

 

  • Le TOTEC est la conférence internationale du tourisme et des nouvelles technologies. Cette 7e édition, le 3 décembre 2015 à Paris, a pour thème «Voyager à l’ère de l’Internet des objets». On s'y penche davantage sur les technologies que sur les contenus, mais certaines innovations peuvent trouver des développements intéressants dans le tourisme culturel.

 

  • Les outils mobiles (smartphones, tablettes) deviennent des outils de création artistique et culturelle. La dimension visuelle de ces créations – la vidéo essentiellement – fait souvent oublier une aspect pourtant essentiel de ces œuvres : le son ! Le colloque international “Sons & mobiles”, les 3 et 4 décembre 2015, à Paris, s'intéresse donc au volet sonore de la création mobile.

 

 


 

  • L'association BrailleNet consacre son 22ème séminaire AccessiWeb à l'accessibilité des sites web et applications mobiles, le 4 décembre 2015 à la Cité des Sciences et de l'Industrie à Paris. Dans la culture et le tourisme aussi se pose la question du numérique pour les personnes en situation de handicap.

 

  • Pour les personnes déficientes visuelles ou non, une visite guidée par la voix et l’imaginaire de Claire Bartoli, auteure et comédienne aveugle dans les collections du Musée d'art contemporain du Val-de-Marne, le MAC VAL qui fête ses 10 ans. Rendez-vous le 5 décembre 2015 à Vitry-sur-Seine (94). Visite gratuite, ouverte à tous, handicapés visuels ou non.

 

 

  • Quelle place pour la Culture dans le monde numérique ? C'est le titre du débat organisé le mardi 8 décembre 2015 au Parlement européen à Bruxelles. Il portera en particulier sur la réforme du droit d’auteur en Europe et la régulation du monde numérique pour soutenir la création.

 

 

  • Un autre cycle, celui des conférences organisées par La Panacée en partenariat avec l'Université Paul-Valéry Montpellier III. Celle du 11 décembre 2015 a pour thème : "Installations artistiques interactives et médiation culturelle, dans le cadre de l’exposition Anatomie de l’Automate" avec Jean-François Jégo, enseignant, directeur à INREV Université Paris 8

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en novembre 2015

29 Octobre 2015, 22:39pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en novembre 2015

Un mois de novembre encore loin de l'hibernation ; il y est question de tourisme connecté, de musées et de patrimoine culturel valorisés par le numérique, et de rendez-vous festifs et créatifs autour de l'audio.

 

  • La conférence « e-tourisme 2015 » de CCM Benchmark a lieu le 4 novembre 2015 sur le thème de la mobilité. Désormais connecté, le voyageur attend de nouveaux services en ligne. Bien sûr, il sera question de l'attirer par un marketing territorial digital bien compris, de satisfaire ses besoins pratiques et logistiques, de personnaliser l'offre...Mais la conférence se demande aussi comment enrichir l'expérience des voyageurs : par la culture ?

 

  • La 21e édition du Salon international du Patrimoine culturel se tient du 5 au 8 novembre 2015 à Paris, au Carrousel du Louvre. Elle a pour thème « patrimoine et modernité » et propose des animations et conférences. À suivre en particulier, une présentation de l'application 3D Poitiers Évolution qui restitue les visages de la ville à travers les âges, réalisée avec l'Inrap et le service archéologique de Poitou-Charentes.

 

  • Un colloque Tourisme et Numérique ljeudi 5 novembre 2015 à Pleumeur-Bodou (Côtes d'Armor) haut lieu des technologies de la communication. Le colloque abordera aussi bien le tourisme et le numérique que les visites virtuelles, le géocaching, la « gamification » des visites ou la valorisation du patrimoine par la réalité augmentée et les outils immersifs

 

  • « La collecte ethnographique dans les musées de sociétés », c'est le titre d'un séminaire du MUCEM, le 6 novembre 2015. Le séminaire s'intéresse à la collecte des objets dans une perspective d'exposition. Peut-être un prochain séminaire pour aborder la collecte de l'immatériel (enregistrements de témoignages, langues, chants, pratiques culturelles ou savoirs) ?

 

  • Grand moment pour tous les innovateurs de la médiation culturelle en musée : Museomix. 

    L'opération se tient cette année sur deux week-ends consécutifs, au choix des organisateurs, entre le 6 et le 15 novembre 2015. Une dizaine de musées seront remixés en France, en Belgique, Suisse, Canada et même au Mexique par des équipes de médiateurs, artistes, bidouilleurs ou scientifiques. Le but c'est de créer dans un esprit libre et collaboratif des nouveaux dispositifs pour valoriser les collections.

 

 

  • Un atelier géant pour faire découvrir la radio : ses techniques, ses contenus. Ce sont les rencontres radiophoniques itinérantes qui ont lieu cette année du 11 au 15 novembre 2015 à Florac.

 

  • Le Musée d’Archéologie nationale – Domaine national de Saint-Germain-en-Laye propose une conférence sur Histopad, le nouvel outil numérique des collections du Domaine national de Chambord, par Luc Forlivesi, directeur des collections, conservateur général du patrimoine du Domaine national de Chambord le samedi 14 novembre 2015.

 

  • « Le musée par la scène. Le spectacle vivant au musée : pratiques, publics, médiations », c'est le thème d'un colloque international organisé par le Musée du Louvre, la BnF, l’INHA, le Musée d’Orsay, du 18 au 20 novembre 2015 à Paris.

 

  • Autre colloque organisé le 20 novembre 2015 à Rennes, sur la question : « pratiques artistiques et transmission : comment la culture numérique fait-elle évoluer les usages ?". Destiné avant tout aux personnels de l'éducation nationale et acteurs culturels, ce colloque est néanmoins ouvert à tous. S'inscrire avant le 13 novembre.

 

  • La Mobile Audio Fest c'est du 19 au 22 novembre 2015 à Aix-en-Provence et Marseille. Une quinzaine d'artistes revisitent l'écoute en mobilité. Au programme, des balades sonores, créations, histoires à entendre sur Internet ou à la radio, en ville ou chez soi.

 

  • Hearsay, International Audio Arts Festival a lieu pendant ce temps du 20 au 22 novembre 2015 à Kilfinane (Irlande). On y partage le son sous toutes ses formes : documentaire ou fiction, art sonore ou bruitage pour la radio, le cinéma ou le théâtre.

 

  • Le Cnam (centre national des arts et métiers) poursuit son séminaire de recherche sur le « Patrimoine contemporain : Science, Technique, Culture & Société » au Musée des arts et métiers. Le 25 novembre 2015, la journée d'étude portera sur les expériences, lieux d'exposition et la réception du patrimoine scientifique et contemporain en Europe.

 

  • Un peu de prospective avec l’AFEST (association francophone des experts et scientifiques du tourisme) qui organise le 25 novembre 2015 un forum sur « le tourisme des Années 2030 » à Paris.

 

  • Les 28 et 29 novembre 2015 Brest participe au Science Hack Day comme d'autres villes dans le monde entier. C'est un événement participatif qui propose à tous les amateurs de sciences et techniques de construire un prototype pour « améliorer la ville », avec l'aide de multiples partenaires : médiateurs scientifiques, Fablab, universités et écoles supérieures, technopole et cantine numérique, centre d'art contemporain, médias...

 

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Paroles de médiateurs culturels #9 : didactique

20 Octobre 2015, 11:08am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #9 : didactique

Comment transmettre ? C'est une des premières questions que doit se poser le médiateur culturel, quelle que soit sa posture : pédagogue ou communicant.

 

Certes, l'objet du savoir – sciences, art, sciences humaines - est important. C'est pourquoi certains médiateurs sont, sinon des chercheurs, au moins de bons enquêteurs.

Mais une fois ce savoir en tête, le médiateur doit encore tout mettre en œuvre pour que les publics s'en emparent.

 

Aujourd'hui, c'est un médiateur scientifique, Antony Auffret, qui témoigne de son expérience. Il est coordinateur du Département Virtuel et de l'innovation de l'association Les Petits Débrouillards à Brest. Pour lui la médiation c'est avant tout de l'ingénierie de la transmission du savoir.

 

 

Antony nous parle donc pédagogie et didactique (comment enseigner) mais aussi épistémologie (quelle connaissance transmettre ?). Pour lui, le médiateur culturel et scientifique est en quelque sorte un enseignant, hors les murs de l'école, et exempté du programme contraignant de l'Éducation Nationale.

 

Indéniablement, Antony profite d'une plus large liberté dans les méthodes. Avec un peu d'imagination et pas forcément de gros moyens, les Petits Débrouillards réalisent en effet des dispositifs de médiation très efficaces, pour des expositions ou des ateliers. Cette ingénierie de l'apprentissage ludique s'applique donc en médiation directe ou indirecte.

Et elle doit être d'autant plus réussie que le médiateur culturel ne peut profiter de la légitimité de l'enseignant intronisé par l'institution scolaire. L'école garde encore de l'autorité, même si elle est contestée. Le médiateur de musée ou de toute autre structure vit différemment son rapport au(x) public(s). Il doit convaincre avec d'autres atouts. Et cette liberté d'utiliser des outils pédagogiques ludiques ou peu conventionnels peut être un atout.

 

Pas de doute, chez les Petits Débrouillards, la médiation est bien perçue comme une forme d'enseignement. Mais est-ce le cas pour tous les médiateurs culturels ? Pas forcément.

 

Approche par la communication

 

On l'a déjà souligné, le métier de médiateur reste récent et il est donc encore protéiforme.

Il suffit d'examiner les programmes de formation des médiateurs culturels pour constater la diversité des approches.

Pour certains, comme le master « Médiations de la culture et des patrimoines » de l'université d'Avignon, la formation est avant tout orientée vers la communication voire le marketing. Le programme détaillé met l'accent sur les pratiques professionnelles appliquées (conception de scénarios, organisation et stratégie) qui seront sans doute l'occasion d'aborder néanmoins les questions didactiques « par la bande ».

 

Médiation et éducation : partenariat

 

Pour d'autres, l'approche éducative est prioritaire et débouche sur un master comme celui de l'université de Cergy Pontoise « Pratiques et ingénierie de la formation - Médiation culturelle : concevoir des projets éducatifs et culturels en partenariat ». Le programme commence logiquement par un module sur les institutions de l'éducation, puisque l'objectif du master est d'en faire des partenaires naturels. Ensuite, on passe aux théories de l'apprentissage via une séquence de psychologie du développement de l'enfant et de l'adolescent ; puis la pédagogie, pour « prendre en compte la diversité des jeunes publics et leurs spécificités » ou s'adapter « aux enfants en difficulté et en situation de handicap ». Et enfin, le module didactique permet à l'étudiant de passer à la pratique d'un enseignement artistique et culturel à l'école et au collège.

 

Pragmatisme contre snobisme

 

Y a-t-il une « bonne » approche de la médiation culturelle et scientifique ? Est-il plus légitime de la voir comme une œuvre de communication approfondie ou comme un art de l'enseignement décalé ? Nous nous garderons prudemment de répondre.

De même, évitons de rejeter d'avance des méthodes ou des outils sous prétexte qu'ils ne sont pas passés par une institution et semblent « sortis de nulle part ».

Sur le terrain heureusement, les médiateurs culturels font surtout preuve de pragmatisme. Il faut voir comme un avantage leurs multiples influences et les différents courants de formation dont ils sont issus. Qu'ils viennent de l'enseignement, de l'animation, de la communication ou de métiers approchants comme le journalisme, s'ils ont cette chance de pouvoir mêler leurs pratiques sur le terrain, encourageons-les !

Entre les méthodes pédagogiques estampillées comme telles et les techniques d'animation construites au gré des expériences, pourquoi hiérarchiser ? Les institutions culturelles et scientifiques doivent se donner la liberté de tout tester.

 

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en octobre 2015

30 Septembre 2015, 13:22pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en octobre 2015

Le numérique, ce sont bien sûr des technologies, mais aussi de nouvelles écritures pour la médiation culturelle et touristique du patrimoine : le transmédia notamment. Et parmi les médias, reste toujours le son, incontournable ! Surtout quand il facilite l'accès à la culture des personnes déficientes visuelles. Il est question d'un peu tout ça en ce mois d'octobre.

 

 

  • Du 1er au 4 octobre 2015, I love transmédia, festival de création numérique, s'installe à la Gaîté lyrique et enchaîne les tables rondes. Entre autres thématiques : la réalité virtuelle, le son binaural, la réinvention de la fiction, le livre interactif...

     

  • Le projet européen Europeana Sounds a pour objectif la collecte et la préservation du patrimoine sonore européen. Sa première conférence internationale sur « le futur des sons historiques » a lieu le vendredi 2 octobre 2015 à Paris, à la Bibliothèque nationale de France.

     

  • Quand la recherche rencontre les musées, médiation culturelle et handicap, c'est le thème de la journée professionnelle organisée le 2 octobre 2015 au Palais des Beaux Arts de Lille.

     

  • Le festival de géographie de Saint-Dié-des-Vosges, du 2 au 4 octobre 2015, explore cette année les « territoires de l'imaginaire ». À noter dans le programme : un atelier numérique sur une cartographie sonore de Casablanca, ou les « marches augmentées, un atelier de cartographie sensible » ou une lecture phonographique qui fait la part aux sons réels ou rêvés suscités par cette écriture. Quant à l'ambiance musicale du festival, elle résonnera au son du didgeridoo puisque c'est l'Australie le pays invité d'honneur cette année.

     

  • Dans le cadre du séminaire sur le patrimoine contemporain : Science, Technique, Culture & Société, la rencontre du 6 Octobre 2015 portera sur « La transmission, valorisation et utilisation du patrimoine scientifique et technique contemporain », au Musée des arts et métiers.

     

  • Le Congrès national des Stations Vertes a lieu du 7 au 9 octobre 2015 à Niederbronn-les-Bains (Bas-Rhin). Le label d'écotourisme rassemble quelques 600 communes. Le numérique fera partie des thématiques des formations proposées aux participants : écotourisme et site internet, animateur numérique de territoire...

     

  • Les premières journées professionnelles « Numérique et lieux de diffusion de l’art contemporain », auront lieu les 8 et 9 octobre 2015, à Strasbourg, au musée d’art moderne et contemporain. Partage d'expérience et échanges de méthodologies ou d'idées sont au programme.

     

  • Voici la 5ème édition du rendez-vous « Médiation & numérique dans les équipements culturels » organisé par le Ministère de la culture et de la communication. Il a lieu à la Maison des arts de Créteil, les 13 et 14 octobre 2015. On y revient sur les expériences des uns et des autres, on y examine des outils, on y découvre des projets de MOOC, d'applications mobiles, de plateformes internet, etc. Le réseau professionnel Muzeonum y interviendra sur la transition numérique des musées.
     

  • Cultur@lia 2015 est un forum international destiné aux professionnels des industries culturelles et créatives qui a lieu du 14 au 16 octobre 2015 à Mons (Belgique) – Capitale européenne de la culture. Les professionnels des TIC y participent aussi en liaison avec la thématique de Mons 2015 – « Where technology meets culture ».

     

  • Les 25es Rencontres CNRS Jeunes “Sciences et Citoyens” ont lieu les 16, 17 et 18 octobre 2015 au Palais des Congrès du Futuroscope de Poitiers. 450 jeunes de 18 à 25 ans vont y échanger avec les chercheurs sur des sujets très variés. Vous pourrez écouter les ateliers sur la wikiradio du CNRS.

     

  • Les Rencontres Nationales du eTourisme institutionnel fêtent leurs 11 ans cette année. Elles ont lieu les 21 et 22 octobre 2015 à Pau. Elles rassemblent plus de 800 personnes et accompagnent les professionnels du tourisme dans l'évolution de leurs métiers face aux nouvelles technologies et au numérique.
     

  • Les 24, 25, 26 octobre 2015 c'est la Mobile Audio Fest, un festival de créations sonores nomades. La mobilité audio se décline en balades sonores, applications à télécharger et à écouter n'importe où, notamment à Aix et Marseille où a lieu cette fête des arts sonores.

     

  • De l'importance du son dans l'espace très spécifique que sont les lieux de culte : églises, temples, synagogues, mosquées... L'expérience sensible auditive, la réverbération des chants religieux, l'intelligibilité des paroles, le lien entre acoustique et architecture...autant de questions abordées dans ce colloque « Worship soundspaces » en langue anglaise, satellite de la 9ème Conférence Internationale « Auditorium Acoustics 2015 », du jeudi 29 octobre au samedi 31 octobre 2015 à Paris.

     

  • Enfin, les auteurs de fictions radio humoristiques ont jusqu’au 1er novembre 2015 pour envoyer leurs œuvres au festival Longueur d'ondes qui aura lieu en février 2015 à Brest. Il s'agit du prix SACD qui sera remis lors de cette 13e édition du Festival de la radio et de l’écoute.

     

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Paroles de médiateurs culturels #5 : patrimoine immatériel

9 Juin 2015, 16:14pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #5 : patrimoine immatériel

Par définition, le patrimoine culturel immatériel (PCI) ne propose pas de support physique pour accrocher les sens du public. Pourtant, depuis que l'Unesco en a fait un objet de protection, son importance est reconnue. Les médiateurs culturels s'approprient donc le PCI.

 

L'ennui, c'est que le patrimoine immatériel est potentiellement aussi vaste que l'humanité.

Comment définir ses limites ?

Qu'est-ce qui fait patrimoine ?

Et quand bien même on a pu déterminer ce qui est patrimoine culturel immatériel, comment le valorise-t-on auprès des publics ?

 

Le rôle des musées de société

 

Ce sont des questions que se posent notamment les médiateurs d'écomusées et de musées de société.

Ils se frottent sans cesse à l'immatériel : langues, musiques, chants, paysages, savoir-faire et techniques, pratiques rituelles, ludiques ou artistiques .... tout ce qui caractérise le territoire où s'inscrit l'écomusée.

 

Lena Boisard-Le Coat est étudiante en ethnologie, et actuellement chargée de projet à l'écomusée des Monts d'Arrée.

Elle travaille sur un projet original : la création d'un spectacle en langue bretonne, créé à partir des collectages réalisés auprès des habitants du territoire sur le thème du potager et son évolution depuis les années cinquante en centre Finistère.

C'est donc une forme particulière de médiation culturelle.

 

 

 

Patrimoine immatériel, société vivante

 

Ce que Lena Boisard-Le Coat aime dans le patrimoine culturel immatériel, c'est qu'il est vivant, en perpétuelle évolution. En dépit des tentatives de transformation en folklore, notamment en Bretagne, ce patrimoine immatériel bouge, s'adapte ou disparaît. S'il a pu rester, il est le miroir mouvant - et émouvant - d'une société à une époque donnée.

 

Notion récente, médiation innovante

 

Le PCI est aussi une notion récente puisque l'Unesco l'a formalisée en 2003. C'est donc un champ d'innovation pour la médiation culturelle : expositions sonores, reconstitutions grandeur nature, dispositifs numériques mobiles, récits transmédia, spectacle vivant, tout peut être imaginé ! Tout reste à inventer.

 

Réflexion sur nos traces humaines

 

Qu'est-ce qu'une médiation réussie du patrimoine culturel immatériel pour Lena ?

Celle qui inciter le public à l'interrogation, à la réflexion sur l'identité du territoire visité ou sur sa propre identité s'il est lui-même habitant de ce territoire.

 

Parce qu'il n'est pas un objet qui résiste au temps, parce qu'il a besoin de l'humain pour être transmis, le patrimoine immatériel oblige à une appropriation.

Et qui se l'approprie le transforme déjà en le passant par son tamis personnel.

Le médiateur lui-même est concerné.

 

Pour aller plus loin

 

 

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Paroles de médiateurs culturels #2 : au jardin

17 Avril 2015, 15:03pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #2 : au jardin

La médiation culturelle descend au jardin. Lieux humains donc lieux de culture par excellence, les jardins et les parcs ont beaucoup à nous apprendre sur nous-mêmes.

 

Le jardin devenu support de culture

 

Depuis longtemps, parcs et jardins se transforment en lieux de culture dès le retour des beaux jours. Les kiosques à musique accueillent ensembles et orchestres, les théâtres de verdure s'emplissent de comédiens et de spectateurs venus savourer une pièce au clair de lune. Les conteurs promènent leurs auditeurs de bosquets en massifs au fil de leurs histoires.

Mais alors, le jardin n'est qu'un écrin, un simple réceptacle.

 

Plus récemment, il est devenu en soi un support de culture.

Déjà, c'est un coin de nature façonné par l'homme. Le jardin est culturel, comme peut l'être un paysage.

Il est aussi l'objet d'attentions particulières, avec souvent des prétentions esthétiques, parfois des visées artistiques, ou bien des objectifs médicinaux ou alimentaires. Qu'il soit parc floral, jardinet d'agrément, potager, le jardin est comme une bibliothèque végétale, à condition que la médiation sache nous aider à lire ses ouvrages.

Mais l'endroit lui-même est propice à la transmission : le jardin peut parler à tout public. Nous avons tous un jardin quelque part dans notre vie. Le jardin nous est familier.

Par ses multiples dimensions sensorielles, il est plus accessible que bien d'autres lieux. On y respire les odeurs, on y entend les chants d'oiseaux, bruissements du vent dans les feuilles ou craquements, on y touche les écorces...

 

 

Anaïs Löhmann a fait des études d'architecture du paysage. En service civique à l'écomusée des Monts d'Arrée, elle découvre le potentiel du jardin comme lieu de médiation culturelle.

 

De l'art au jardin à l'art du jardin

 

Dans le domaine artistique par exemple, on est passé de l'exposition d'oeuvres d'art dans les parcs, aux installations artistiques étroitement connectées avec le jardin. Le festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire est l'événement emblématique de ce glissement. Dans le parc du château de Chaumont, les œuvres s'inspirent du jardin ou sont des jardins. Ce ne sont pas seulement des œuvres posées dans un joli décor avec lequel elles ne dialogueraient pas.

 

Entretemps, le land art est venu d'Amérique : un art contemporain qui utilise lui aussi la nature comme environnement et comme ressource. La pratique du land art est désormais un outil de médiation culturelle, à la fois comme expression artistique mais aussi pour interroger le rapport de l'homme à la nature.

 

La science au jardin

 

Manifestation ancienne du jardin « documentaire », le parc botanique affiche lui aussi une ambition culturelle : conserver des espèces, faire avancer la science et transmettre au grand public le savoir végétal. Les jardins botaniques sont toujours appréciés des amateurs de beauté et des passionnés des plantes. Ils deviennent des lieux innovants de médiation culturelle scientifique. Ainsi en est-il du Labotanique que les Petits Débrouillards ont réalisé dans la grande serre du domaine de Trévarez à Saint-Goazec (Finistère). C'est une exposition interactive permanente centrée sur les trois espèces reines du domaine : camélias, rhododendrons et hortensias. Elle fait la part belle aux expériences et au jeu et les outils de médiation sont très variés, numériques ou pas.

 

Le jardin ethnologique

 

Autant le parc assouvit d'abord un besoin de beauté, autant le jardin a bien souvent aussi un but pratique.

Au Moyen Âge, le jardin des abbayes ou des châteaux était avant tout médicinal et potager.

L' EPCC (établissement public de coopération culturelle) Chemin du Patrimoine en Finistère a totalement recréé le jardin de l'ancienne Abbaye du Relecq pour en faire un espace d'interprétation sur l'usage alimentaire des plantes de l'époque médiévale à nos jours.

De même, l'Ancienne abbaye de Landevennec s'appuie sur son jardin d'archéologie et d'histoire pour illustrer concrètement la vie monastique au temps de Charlemagne.

Au musée de l'école rurale de Trégarvan, le jardin de l'instituteur est un élément à part entière de la scénographie. Sous la IIIe République, l'enseignant l'utilisait à la fois comme outil pédagogique et comme garde-manger.

Enfin, l'écomusée des Monts d'Arrée reconstitue, après une véritable enquête de terrain, le jardin typique de son territoire dans les années 1950. Jardin vivrier, essentiellement potager, il illustre les mutations profondes d'une Bretagne qui passe alors de l'agriculture paysanne à un modèle agricole intensif et industriel.

Plusieurs de ces propositions finistériennes sont rassemblées dans l'opération « jardins insolites en Finistère » dont le leitmotiv est bel et bien « une terre de culture et de patrimoine ».

 

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Médiation du patrimoine, tourisme culturel et accessible en janvier

3 Janvier 2015, 12:53pm

Publié par véronique muzeau

Agenda des rendez-vous tourisme, médiation et audio, culturels, numériques et accessibles

Agenda des rendez-vous tourisme, médiation et audio, culturels, numériques et accessibles

Une année toute fraiche et on repart du bon pied (mais doucement) sur les chemins de la médiation culturelle et scientifique, de la valorisation du patrimoine, du tourisme culturel, numériques et accessibles. Bon voyage et belles découvertes en 2015 !

 

  • « Réinventer l’alliance sciences sociétés. Un impératif démocratique » : l'objectif est ambitieux pour ce colloque forum organisé par des laboratoires de recherche, associations et instituts publics du 7 au 9 janvier 2015 à Paris. L'intérêt de cette rencontre c'est son double point de vue : il ne s'agira plus seulement de se pencher sur ce que les sciences apportent à la société. L'idée est aussi d'examiner ce que les citoyens, associations, syndicats, collectivités territoriales, entreprises apportent à la production de connaissances et ce qu’ils en attendent.

 

 

  • Les conférences de l'IREST ont lieu aussi tous les mercredis à l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne ; le mercredi 21 Janvier 2015, Alice JUDE, Experte indépendante viendra parler « Politique européenne du tourisme, enjeux pour les acteurs publics et privés»

 

  • La 20e édition du salon du cadeau culturel et touristique Museum Expressions a lieu les 21 et 22 janvier 2015 à Paris. Le salon rassemble fabricants, artisans, éditeurs et designers d'objets dérivés du patrimoine culturel et artistique. Les professionnels des musées et du patrimoine peuvent également y trouver des conseils pour organiser la boutique de leur établissement. Le salon est aussi l'occasion d'ateliers de démonstration des savoir-faire dans ce domaine.

  • En parallèle, Museum Expressions crée un nouvel événement MuseumConnections qui se traduit par une série de conférences sur les innovations dans les musées les 21 et 22 janvier 2015 à Paris. Au menu des discussions : stratégie digitale, de marque et des publics, d'évaluation, de financement participatif, de boutique et espace de restauration des musées, d'impression 3D, et occasion de tester les GoogleGlass, une installation Beacon et l'OcculusRift, etc

     

 

  • Les Rencontres Innovation & Tourisme, le 26 janvier 2015 à Lyon. Une journée proposé par Rhône Alpes tourisme autour de l'innovation par les usages ou comment concevoir une nouvelle expérience de visite ou de séjour avec l'aide des publics.

 

  • Pour ceux qui pensent que le son est un instrument de culture, voici comme chaque année le festival de la radio et de l'écoute Longueur d'ondes à Brest. Réalisateurs de fictions sonores, producteurs de documentaires audio, créateurs et artistes sonores, journalistes et animateurs radio vous attendent du 27 janvier au 1er février 2015.

 

  • La 19ème édition du Salon International du tourisme de Rennes a lieu du 30 janvier au 1er février 2015. Il est surtout question de loisirs, d'hébergements et d'organisation dans la « plus grande agence de voyage de Bretagne », mais on notera quelques incursions du côté du tourisme culturel, grâce aux conférences proposées tout au long du salon.

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Mais pourquoi a-t-on besoin du son?

17 Octobre 2014, 09:17am

Publié par véronique muzeau

Un seul son vous manque, et tout est dépeuplé.

Un seul son vous manque, et tout est dépeuplé.

Le son est tellement naturel que nous avons tendance à oublier qu'il est à la fois un canal de transmission et d'apprentissage et un élément de notre culture. C'est quand le son est absent qu'on se rend compte qu'il nous manque. Mais pourquoi donc ?

 

Parce que nous avons cinq sens, en tout cas ceux qui ont la chance de ne pas souffrir d'un handicap sensoriel.

Essayez de vous rappeler la dernière fois que vous avez regardé une vidéo muette depuis votre mobile, tablette ou ordinateur ? N'étiez-vous pas soudain distrait par la recherche fébrile de la petite icône du haut-parleur ? Et perturbé si cette icône restait introuvable ?

Nous sommes ainsi faits. Le son fait partie de notre expérience permanente. Notre univers quotidien est sonore, même si le son se transforme trop souvent en bruit indésirable ou en pollution sonore. En tout cas, dès qu'un écran s'anime, dès que la vie apparaît même en fac-similé, nous nous demandons : « qu'as-tu à nous dire image en mouvement ? ».

Or, la multiplication des médias, le multimédia et le transmédia ont aussi multiplié les occasions d'être exposé à ces images animées.

 

Le problème, c'est que les apporteurs de visuel n'ont pas forcément les clefs du discours audio : quel message ? Quel langage ? Quelle diction ?

 

Mais quel genre d'accompagnement audio ?

 

Et quand on ne sait pas, on se contente :

-de garder le silence (ça vaut mieux souvent)

-ou de faire de mauvais choix comme celui d'une musique parfois désagréable et en tout cas non signifiante.

C'est oublier que le son apporte une dimension supplémentaire à un message.

Certes, nous ne retenons en moyenne que 20% de ce que nous entendons, 30% de ce que nous voyons. Mais quand nous voyons et entendons un message, alors nous en retenons plus de la moitié !

Ces chiffres varient bien sûr selon les profils d'apprenants ; les « auditifs » seront désavantagés si le son est absent d'une médiation culturelle et scientifique.

 

Le son complémentaire de l'image ou du message écrit

 

Donc, si l'image est un message, elle nécessite sans doute un commentaire, une médiation dirait-on, et il existe des professionnels comme Histoire de Son pour le faire.

Le but est alors de produire du son qui ait du sens, qui interprète, qui construise, qui transmette, qui complète l'image, en captant les échos sensibles du monde : des paroles d'acteurs humains bien sûr, les souvenirs qui font frémir les voix, mais aussi les sons du travail, de la nature ou de la culture. On voit le fendeur d'ardoise, il faut aussi l'entendre, et percevoir le choc du maillet sur le ciseau.

Une anecdote amusante rapportée par Slate.fr pour terminer : le Times diffuse dans sa salle de rédaction le bruit des machines à écrire d'autrefois. Il paraît que ça stimule la productivité des journalistes.

Le son fait partie de notre culture, bien plus que nous le pensons.

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