Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #musees

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en avril 2016

31 Mars 2016, 22:04pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en avril 2016

Culture et patrimoine tout public


Ce week-end encore, ce sont les journées européennes des métiers d'art #Jema2016, soit trois jours (1er, 2 et 3 avril) pour visiter les ateliers et admirer les savoir-faire des artisans d'art dans quelques 200 métiers, partout en France. Cette année, à l'occasion de ses 10 ans, la manifestation se tourne vers l'avenir et s'intéresse à l'innovation dans les métiers d'arts, innovation sociale mais aussi technique, avec les « gestes de demain ».


Du 26 avril au 14 mai, le festival Interstices parsème Caen d'installations sonores, visuelles et recompose les espaces de la ville.


 

 

Valorisation numérique des patrimoines

 

Un temps fort qui se termine ce week-end sur Twitter, la #MuseumWeek ! Les musées tweetent encore ce vendredi 1er avril leurs projets innovants via #futurMW, leurs anecdotes avec #ZoomMW samedi 2 avril et pour finir en beauté dimanche 3 avril : leurs coups de cœur #loveMV. Il s'agit d'une opération de communication mais aussi de médiation culturelle numérique.

 


Le CVT (Consortium de valorisation thématique) de l'Alliance Athéna à Meudon consacre son petit déjeuner du 6 avril 2016 au thème : patrimoine et numérique. Les porteurs de projets en SHS y rencontrent des représentants du monde socio-économique pour tisser des partenariats.


Dans le cadre de la 5ème édition de la Semaine Digitale, du mardi 5 au samedi 9 avril 2016 à Bordeaux, le 6 avril est la journée Culture et Numérique. À noter en particulier, le panorama des dernières innovations numériques dans les lieux culturels en France et dans le monde par le CLIC France, et une table ronde sur les nouvelles stratégies numériques dans le champ patrimonial


Les lundis numériques de l'Institut national d'histoire de l'art (INHA) sont consacrés au numérique éditorial, humanités numériques, et plus spécialement pour ce qui touche au domaine visuel. Chaque 2e lundi du mois à 18h une séance ouverte au public permet d'aborder ces thématiques et ces réalisations. Le 11 avril 2016, il sera question de documentation, archives et nouvelles technologies de l’information.


Le 3ème Forum CLIC Nord / Museohub 4 a lieu les 19 et 20 avril 2016 à Lille autour de trois thèmes :
. Jeunesse et numérique patrimonial
. Réalité augmentée et virtuelle
. Maquettes et numérique


 

Médiation culturelle

 

Au Québec, à Chicoutimi, a lieu ce 1er avril la 4ème journée d'études sur la médiation culturelle après une importante enquête régionale réalisée sur ce sujet. La journée portera sur les résultats de l’enquête, les pratiques et les récits d’expériences.

 

 

Tourisme culturel

 

Comment l'aménagement du territoire peut-il encourager la pratique sensible de ce territoire, notamment grâce à l'art ? C'est le thème de la rencontre organisée ce 1er avril à Marseille par les collectifs d’artistes, d’architectes et de constructeurs, du Bureau des guides du GR2013. On doit à ces derniers un plan-guide « arts et aménagement des territoires ».

 


 

Culture, handicap et numérique


Commencé en novembre 2015, le tour de France de l'accessibilité numérique de l'association Braillenet a pour but de promouvoir l'accès des nouvelles technologies de l'information et de la communication aux personnes atteintes de handicaps, notamment sensoriels. L'étape de ce 1er avril 2016 est consacrée à la culture et a lieu au Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse.


 

 

Culture sonore


Les 4 et 5 avril 2016, le colloque « Une pluralité audible ? Musiques, langues et mondes sonores en contexte urbain » de l' Université Jean-Monnet de Saint-Etienne s'intéresse à la dimension sonore des villes. Il y a les lieux dans lesquels se fabrique « de la musique », les langues qui y sont parlées, les bruits et les ambiances sonores : peut-on et doit-on tout rendre audible ?

 

Dans le cadre de son cycle « à pleine voix », Karine Le Bail, historienne, chargée de recherche au CNRS, productrice de l’émission « À pleine voix » sur France Musique propose le 5 avril 2016 une rencontre autour de la transformation de la voix (logiciels de transformation, traitement et spatialisation en temps réel de la voix).


 

Le séminaire Espace-son, Approche interdisciplinaire des milieux sonores reçoit le lundi 11 avril 2016 à l'Université Paris Ouest la Défense, Steven Feld, « Etre à l’écoute des manières d’entendre : une acoustémologie en Papouasie Nouvelle Guinée »


 

Le 20 avril à Rennes, on pourra suivre la restitution d'un atelier de création sonore proposé par Flora Bruneteau à une vingtaine d'étudiants de septembre 2015 à mars 2016. Ils ont créé une cartographie sonore du quartier Villejean et découvert le travail d’artistes sonores Philippe Morvan, Pauline Boyer, Benjamin Le Baron... 7 lieux cartographiés : la bibliothèque de Villejean, l'église Saint-Luc, la piscine de Villejean, le marché de Villejean, la dalle Kennedy de jour et de nuit et enfin, le parc du Berry.

 

Les 30 et 1er avril 2016 en Grande-Bretagne et au-delà, c'est la 3ème édition du Soundcamp. 24 heures d'écoute du monde en streaming, au fil des micros des différents preneurs de son.
 

 

 

Nouvelles écritures multimédia

 

Au PULP Festival (de la Ferme du Buisson en complicité avec Arte) les 8,9 et 10 avril 2016 : entre autres propositions Phallaina, en visite sonorisée grandeur nature, en smartphone ou en tablette mais aussi Billy the Kid I love you, un spectacle qui lie dessin, film et musique en live ou encore Richard III, avec des procédés numériques novateurs.


 

On explore aussi beaucoup les nouvelles écritures au Learn Do Share – Paris puisque l'événement est précisément consacré au storytelling, aux narrations créatives, expériences immersives, installations interactives... les 9, 11 et 12 avril 2016.

 

Voir les commentaires

Quand le musée se fait promenade

14 Mars 2016, 22:02pm

Publié par véronique muzeau

Quand le musée se fait promenade

Au fond, pour faire un musée, il faut une collection et de la médiation. Le numérique élargit l'espace et rend la médiation culturelle itinérante, accessible et évolutive, jusqu'à transformer le musée en promenade.

 

 

Un seul musée s'est officiellement baptisé musée-promenade, celui de Marly, en référence au parc qui entoure le château et invite en effet à déambuler.

Pourtant, l'appellation pourrait convenir à bien d'autres sites culturels.

Les outils numériques font peu à peu tomber les murs des musées : à l'intérieur, ils en décloisonnent les services, amenés à échanger pour mieux communiquer, notamment sur les réseaux sociaux. Et ils créent avec l'extérieur ce qu'Yves-Armel Martin appelle une pervasivité, une interaction inévitable entre le musée et son environnement.

On peut désormais faire découvrir une « collection » en dehors d'un bâtiment : dans les rues d'une ville, au bord d'une rivière urbaine, voire en pleine nature.

 

Car la notion de collection s'élargit.

Évidemment, quand il s'agit d'œuvres d'art ou d'objets archéologiques, on est souvent bien obligé de protéger la collection dans un lieu fermé. Quoi que...

Prenez les gargouilles d'une cathédrale ou les sculptures qui ornent les bâtiments historiques, elles sont accessibles en plein air et peu menacées de vol.

Tout comme les sculptures monumentales contemporaines de la Vallée des saints (22), du musée de la sculpture en plein air du jardin Tino Rossi à Paris ou encore du musée-jardin consacré au sculpteur Antoine Bourdelle.

Difficile de voler une sculpture en effet.

 

L'art contemporain s'épanouit à ciel ouvert grâce au numérique

 

 

Idem pour les fresques murales, œuvres artistiques présentées aussi dans les musées en plein air comme l'original musée urbain Tony Garnier à Lyon.

On voit depuis peu des parcours « street art », comme à Paris ou Brest, émerger grâce aux cartes interactives, de type Google maps ou Open Street Map.

 

Outre les fresques murales et les graffitis, l'art contemporain expose ses architectures ou installations, comme celles d'Estuaire, parcours pérenne issu d'une biennale d'art contemporain à Nantes.

 

Les musées « classiques » ont conscience de leur fermeture et certains, comme le musée Lorrain, cherchent désormais à élargir leur espace et à s'intégrer dans un plus vaste projet urbain

 

Le musée Lorrain connecté avec son environnement urbain

Du fait de la richesse de leurs contenus, et parce que le taux d'équipement des publics explose, les outils numériques permettent cette médiation culturelle, indissociable du concept de musée.

Et grâce à ces dispositifs -justement mobiles - il devient possible de créer une muséographie dans tout type d'espace, pourvu qu'une médiation culturelle numérique vienne donner sens et cohérence à ce qui est présenté.

 

Collection naturaliste dans son élément

 

La notion de collection est aussi, depuis longtemps, appliquée aux éléments naturels remarquables.

Ainsi, le Géoparc de Digne-les-Bains se présente lui aussi comme un « musée promenade » et le numérique vient valoriser la collection du site, qui mêle en l'occurrence géologie, histoire, enthomologie et art contemporain.

Géoparc de Digne les Bains

L'environnement comme patrimoine

 

Que dire enfin des collections plus immatérielles et plus récemment reconnues comme telles, celles de l'ethnologie ?

Elles intègrent à la fois des objets (du quotidien souvent) et des « modes de vie » : types d'habitats, savoir-faire artisanaux, agricoles ou autres, langues, chants ou musiques régionaux, etc

Il est alors indispensable de présenter au visiteur tout un cadre, tout un espace de vie, en incluant souvent un paysage et un élément naturel, comme une rivière.

 

Ainsi, le musée de la batellerie de Saint Jean de Losne s'est agrandi en plein air pour promener ses visiteurs « sur les pas des mariniers ».

Pour valoriser un patrimoine rural ou artisanal, il existe plusieurs musées de plein air dans lesquels le visiteur circule d'un bâtiment à un autre, d'un potager à un moulin, d'un pressoir à un kanndi (lavoir à lin).

Ainsi, le moulin de Kerouat à Commana (écomusée des Monts d'Arrée), qui vous promène dans une petite vallée au fil d'activités proto-industrielles liées à la force du courant, ou bien le musée de plein air de Villeneuve d’Ascq.

Le musée des maisons comtoises est sans doute le plus célèbre et il joue à plein la carte des outils numériques avec « Time » visite virtuelle à suivre sur tablette ou smartphone et qui a la bonne idée d'être accessible tous handicaps sensoriels.

 

 

Évidemment, la « collection » peut prendre la forme d'un lieu de mémoire, quand il s'agit d'Histoire. Le « musée en plein air » présente alors aux visiteurs le théâtre des événements : c'est le cas du mémorial de Verdun et de son parcours, d'une fortification à l'autre, en passant par le champ de bataille.

 

Là encore, l'outil numérique permet une véritable interprétation du site et du paysage, en toute autonomie pour le visiteur, en toute saison, et d'un coût raisonnable pour la collectivité.

 

Pour une petite commune qui a vu naître ou vivre un peintre célèbre mais qui n'a pas les moyens d'ouvrir un musée en bonne et dûe forme, un outil numérique peut tout à fait

  • convoquer virtuellement les œuvres du peintre,

  • inviter le visiteur à déambuler sur les lieux réels qui ont inspiré l'artiste,

un peu à la manière de ce que fait Gardanne avec son circuit au fil des reproductions sur toiles grand format de Cézanne.

Voir les commentaires

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2016

26 Février 2016, 17:28pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2016

Ça sent le renouveau printanier pour l'art numérique : plusieurs festivals et événements sont programmés en ce mois de mars 2016.

La création sonore nous promet aussi quelques beaux rendez-vous et la médiation culturelle numérique n'est pas en reste.

 

 

L'art en mode numérique

 

 

  • Art, innovation et numérique sont les trois mamelles du Mirage Festival qui a lieu du 2 au 6 mars 2016 à Lyon. Son volet « Open Creative Forum » se joue en mode collaboratif.

 

  • Comment les anthropologues, réalisateurs, plasticiens, ingénieurs pensent-ils et interprètent-ils le monde numérique ? Installations et débats pour tenter de répondre à cette vaste question aux Anthropologies Numériques organisées par Le Cube à Issy-les-Moulineaux (92) du 10 au 12 mars 2016.

 

  • Le festival « Croisements numériques », du 16 au 30 mars 2016 à Saint-Nazaire (44), s'interroge sur les rapports entre nos corps et les nouvelles technologies de l'information et de la communication, au travers d'expositions, animations, ateliers, rencontres. conférences, spectacles et d'une journée professionnelle.

 

  • Même s'il est surtout consacré aux arts visuels, comme son nom l'indique, « Vidéoformes » se veut un festival pluridisciplinaire, ouvert à toutes les créations numériques, du 17 mars au 2 avril 2016 à Clermont-Ferrand (63).

 

  • Festival augmenté, « Tropisme » mêle installations expositions et spectacles qui font la part belle à la création digitale, du 23 mars au 8 avril 2016 à Montpellier.

 

 

La création sonore

 

  • Concerts, création sonore et poésie sonore sont diffusés par le réseau pendant l'Audioblast Festival #4, du 27 février 1er mars 2016.

 

  • Un laboratoire sonore d'expérimentation en poésie et art, c'est ainsi que se définit la performance FabrikaVoxa à suivre le 3 mars 2016 à l'espace multimédia Gantner de Bourogne (90).

 

  • « Lieux perdus » est un concert immersif à écouter en son 3D au casque, interprété par Le balcon, avec la mise en scène sonore de Benjamin Lazar, le 5 mars 2016 à Compiègne (60).

 

  • Une exposition destinée aux plus jeunes qui mêle arts plastiques et sonores, c'est le « Jardin Sonore » proposé par le Quartier, centre d'art contemporain de Quimper (29) du 5 au 27 mars 2016.

 

  • Et un p'tit quatre-heures

 

 

  • La Journée Territoires du documentaire sonore, est organisée le 18 mars 2016 à Paris, par l’Ina et l’ Addor (association pour le développement du documentaire radiophonique et de la création sonore). Une occasion pour les documentaristes radio de toutes générations d'échanger sur leur expérience les évolutions les plus récentes liées au numérique. Des séances d’écoute sont aussi prévues.

 

  • Espace-son est un séminaire international qui permet une approche interdisciplinaire des milieux sonores. Il a lieu du 21 au 25 mars 2016 à l'Université Paris 8, en partenariat avec la Semaine des arts.

 

 

 

La médiation culturelle numérique

 

  • Entre création artistique et médiation culturelle, le Musée national Jean Jacques Henner (Paris) propose à ses visiteurs de créer leurs propres œuvres numériques à partir d’éléments de tableaux de l’artiste, le 1er mars 2016, dans le cadre de ses nocturnes.

 

  • Gazouillez musées ! Devenu un véritable temps fort de la communication et de la médiation culturelle des musées, la #MuseumWeek a lieu du 28 mars au 4 avril 2016 sur le réseau social Twitter. Retrouvez les 7 thèmes et les 7 hashtags ici.

 

 

 

Le tourisme culturel et numérique

 

 

  • Un workshop est consacré à l'œnotourisme et au numérique à Bourges les 22 et 23 mars 2016. Des tables rondes et des débats permettront de dresser un état des lieux et de confronter les points de vue des différents acteurs du tourisme du vin en Berry. L'idée est de proposer ensuite de nouvelles expériences aux visiteurs : applications numériques à destination touristique, technologies 3D etc.

 

  • Les technologies virtuelles appliquées au tourisme culturel et au patrimoine seront notamment au programme du « Laval Virtual » le forum des technologies immersives, du 23 au 27 mars 2016 à Laval.

 

Voir les commentaires

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en janvier 2016

30 Décembre 2015, 17:26pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en janvier 2016

Pour une fois, on thématise cet agenda ; ce mois de janvier 2016 est à l'image des précédents débuts d'année. Pour les musées, il est marqué par le Sitem et son challenger numérique MuseumConnections. Et puis en janvier, depuis 13 ans, c'est la semaine du son !

 

Musées de plus en plus connectés

 

Le Sitem a 20 ans. Le salon international des musées, des lieux de culture et de tourisme reste le rendez-vous incontournable pour les professionnels des musées et du patrimoine culturel, et leur prestataires. Le Sitem a lieu à Paris, aux Docks, cité de l'image et du design, du 14 au 16 janvier 2016. Le salon annonce d'ores et déjà son partenariat avec d'autres rendez-vous 2016, notamment le Forum du Tourisme Numérique à Deauville en mars 2016, et Sunny Side of the Doc, le marché international du documentaire à La Rochelle en juin 2016.

 

Autour du Sitem, d'autres rendez-vous connexes s'organisent désormais, comme les 7èmes Rencontres Nationales Culture et Innovation(s) qui auront lieu le vendredi 15 janvier 2016 à la Cité des sciences. Au programme de ce forum, les dernières nouvelles de la culture à l'ère numérique, délivrées par les experts, y compris de musées étrangers. À visiter aussi, les espace de démonstrations et à suivre, la remise du 2nd Prix Patrimoine & Innovation(s).

 

Même si le Sitem a su évoluer au gré des révolutions numériques, le voici désormais talonné par un nouvel événement, né l'an dernier : MuseumConnections, salon international des innovations dans les musées, les 20 et 21 janvier 2016 au parc des expositions de la porte de Versailles. Les exposants et débats s'y intéressent aussi bien aux nouveaux modèles économiques des musées qu'aux technologies utilisées en médiation, ou aux stratégies numériques des institutions.

 

Enfin, la muséographie appliquée, innovante et un rien ludique, c'est à Rennes les 30 et 31 janvier 2016 avec une opération inspirée par Museomix : le musée recopié. Cette fois, 60 volontaires, professionnels ou amateurs, sont invités à recopier le musée des beaux-arts de Rennes. La performance participative débouchera sur une exposition en février. Pour s'inscrire, il suffit d'avoir envie d'art.

 

Arts et expressions sonores dans tous leurs états

 

Janvier est un mois privilégié pour ceux qui s'intéressent au son. La semaine du son s'y étire partout en France, et même en Belgique et en Suisse, du lundi 18 au dimanche 24 janvier 2016 à Paris, et jusqu’au dimanche 7 février ailleurs.

Cette opération, qui a déjà 13 ans, donne lieu à toutes sortes d'animations :

  • Artistiques et créatives : musique, littérature audio ou création sonore, comme ce concours organisé par l'association mixage fou.

  • Documentaires et pédagogiques, comme au festival de la radio et de l'écoute, Longueur d'ondes à Brest, du 25 janvier au 7 février 2016.

  • Acoustiques et scientifiques comme à l'IUT Bourgogne Auxerre ou à l'École Nationale Supérieure d’Architecture de Grenoble.

  • Sanitaires et sociales, via la sensibilisation au handicap et la prévention des déficiences auditives comme dans les conservatoires de musique de Reims ou de Valence.

La semaine du son est un moment sensuel pour redécouvrir que nous avons une ouïe !

Voir les commentaires

Médiation culturelle numérique : quelle transmission ?

8 Décembre 2015, 09:27am

Publié par véronique muzeau

Médiation culturelle numérique : quelle transmission ?

Apprend-on vraiment avec les outils numériques de médiation culturelle ou scientifique ? Les utilisateurs s'amusent parfois, ou s'étonnent. Mais l' « effet waouh » est-il une garantie de transmission efficace ?

 

Claire Merleau-Ponty, spécialiste de muséologie et fondatrice du musée en herbe, s'est penchée sur la question de la transmission, dont elle donne une belle définition : remettre à la génération suivante des éléments culturels.

En ce qui concerne les établissements patrimoniaux, cela inclut donc aussi bien le patrimoine matériel qu'immatériel, et le « patrimoine scientifique » : les connaissances. Le savoir, pour employer un grand mot.

Pour elle, l'acte de transmettre vise autant à l'épanouissement qu'à l'éducation et on peut trouver au musée tout autant de « l'enchantement » que de « l'instruction » (d'après une phrase de Paul Valéry).

Comme si l'un n'allait pas sans l'autre en fait. Et c'est sans doute la bonne posture.

 

Pour Claire Merleau-Ponty les nouveaux modes de médiation ont l'intérêt de pouvoir conjuguer plaisir et apprentissage.

En effet, Ils sont souvent ludiques. Mais sont-ils instructifs ?

C'est alors que se pose la question de l'ingénierie pédagogique de ces outils.

Nous l'avons déjà évoquée, avec Antony Auffret, médiateur scientifique de l'association Les Petits Débrouillards Bretagne, qui assume la parenté entre médiation culturelle et enseignement.

 

 

Du plaisir ...d'apprendre, même sans professeur

 

Quand la médiation est directe et se fait en présence d'un spécialiste qui peut interagir avec le public, la transmission de connaissances peut être validée immédiatement par le médiateur. Au besoin, il peut réexpliquer et ajouter une dose supplémentaire de vulgarisation.

 

Mais le problème avec cette médiation indirecte et autonome que permettent les outils numériques, c'est justement l'autonomie.

Qu'est-ce qui nous dit que l'utilisateur ou le visiteur retient quoi que ce soit du jeu vidéo, de l'audioguide, du dispositif immersif ou même quand il suit le profil d'un personnage historique ou fictif sur les réseaux sociaux ? Autant d'outils proposés aujourd'hui par des musées ou des établissements de culture scientifique et technique. Des outils qui sont bel et bien présentés comme outils de médiation, et pas seulement de communication.

Rien en fait ne nous garantit cette passation des connaissances à distance. Il n'y a pas d'interro à la fin. Transmettre du savoir par une vidéo n'est pas tout à fait la même chose que donner un cours en chair et en os.

 

Pédagogie de la médiation par le numérique

 

On peut néanmoins supposer que l'utilisateur a plus de chances de capter un savoir si les concepteurs de l'outil numérique ont quelques notions d'ingénierie pédagogique.

Regardons alors vers les MOOC (Massive Open Online Courses, cours en ligne ouverts à tous), dont l'objectif déclaré est bien d' « enseigner ».

 

Les recherches menées sur ces cours en ligne (dans tous domaines) décrivent un public largement prédisposé à l'apprentissage autonome : des apprenants majoritairement titulaires « d'un diplôme au moins équivalent au master et (…) souvent déjà bien insérés dans la vie professionnelle ».

Bref, le très grand public n'est pas encore concerné par les MOOC. Mais ça va sans doute changer. Surtout si les structures qui les proposent sont identifiées autrement que comme écoles, organismes de formations ou centres d'apprentissage. Quand les MOOC seront très répandus, il leur faudra de grandes qualités pédagogiques pour atteindre leur objectif : enseigner au plus grand nombre.

 

Les musées se sont mis récemment à offrir des MOOC.

D'abord des MOOC de tout petit format mais néanmoins très réussis – 2 minutes environ pour une œuvre ou un objet - que propose le Metropolitan Museum of Art via la Khan Academy. Et le nom de cette fondation indique bien son objectif : former et enseigner à distance, grâce au numérique et au multimédia.

En France, les musées qui se sont lancés dans le MOOC ont carrément proposé des cursus complets sur une thématique très porteuse comme l'Impressionnisme pour le musée d'Orsay ou Louis XIV pour le château de Versailles.

Ce dernier MOOC a bénéficié de l'expertise d'une conceptrice pédagogique, Christine Vaufrey, qu'on retrouve sur le site canadien Thot Cursus spécialisé dans la formation et l'utilisation des outils numériques pour la culture.

Bien sûr, Christine Vaufrey insiste sur le fait que la médiation à distance passe par en fait pas une présence humaine intermittente de l'autre côté de l'écran, pour répondre aux questions, créer et animer les interactions et renforcer les éventuels apprentissages. Mais en dehors des échanges sur les forums et réseaux sociaux du MOOC, les supports sont pour l'essentiel des vidéos. Et elles ont été conçues avec le plus grand soin par toute une équipe d'experts des narrations audiovisuelles ou de l'écriture multimédia ; y compris un spécialiste des audioguides pour adapter le discours à l'oral.

Parce qu'il y avait dès le départ un souhait de transmettre des connaissances, le commanditaire du MOOC a bel et bien pensé « pédagogie adaptée à l'outil numérique ». Ce n'est pas toujours le cas lors de la conception d'autres outils de médiation culturelle proposés au public, même par les musées.

Les contenus audiovisuels, y compris les textes destinés à être lus sur écrans, doivent être conçus en fonction de la spécificité des médias numériques. Si ce n'est pas le cas, le contenu risque de ne laisser aucune trace dans le cerveau du visiteur...

On trouvera sur ce point des éléments de réflexion sur le site du CNDP, par exemple les conseils d'un docteur en psychologie cognitive pour favoriser l'apprentissage par la vidéo.

 

Multiplier les médias pour encourager l'action

 

Quant à l'interaction entre apprenant et contenu, réputée si bénéfique à l'apprentissage, elle peut exister dans les dispositifs numériques, malgré l'absence d'un médiateur humain direct. C'est là que la diversité des médias numériques est un atout. Certains médias impliquent peu ou pas de participation de leur public. D'autres en revanche, comme les réseaux sociaux, en dépendent totalement.

Décliner un sujet sur différents supports permet d'impliquer davantage l'apprenant. Cela suppose aussi la répétition du message, mais sous différentes formes, stratégie éminemment pédagogique !

Le cycle des Rencontres Régionales des Usages du Numérique du Languedoc-Roussillon va d'ailleurs s'intéresser au « Transmédia, un outil participatif pour transmettre » le 9 décembre 2015.

 

Enfin, les chercheurs qui ont creusé le sujet de la transmission des savoirs « à distance » via le numérique, peuvent aussi contribuer au numéro que la Fied (Fédération Inter universitaire de l'Enseignement à Distance) consacrera à cette question.

 

 

Voir les commentaires

Paroles de médiateurs culturels #8 : accueillir les publics

9 Octobre 2015, 10:49am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #8 : accueillir les publics

La médiation culturelle au musée des beaux-arts de Brest, c'est avant tout l'accueil des publics, le plus large possible, et ce même avec une petite équipe.

 

 

 

 

 

Pour Mathilde Pigallet, responsable de l'accueil des publics au musée, la médiation culturelle revient surtout à tisser des liens entre les visiteurs et les œuvres de la collection ou des expositions.

 

Le médiateur sait se faire oublier

 

Servir d'interface, mais sans s'imposer trop... le médiateur doit savoir aussi s'effacer pour laisser place au œuvres.

Pas toujours facile cependant de prendre en compte tous les publics, notamment les visiteurs concernés par les handicaps. Sur le plan de l'accessibilité culturelle, Mathilde reconnaît qu'il y a encore du chemin à parcourir au musée des beaux-arts de Brest.

D'où l'organisation d'une opération Artemix lors des journées du patrimoine 2015 avec l'association Les Petits Débrouillards de Brest et des intervenants exterieurs. Le but de ce Fablab (laboratoire de fabrication) déporté au musée était justement de construire des outils d'accessibilité aux personnes déficientes visuelles.


 

Être inventif avec les moyens dont on dispose

 

Bien sûr, le musée propose les classiques outils de médiation directe : les visites accompagnées et les ateliers jeune public pendant les vacances scolaires.

Sans oublier les animations et événements pour lesquels le musée peut s'appuyer sur son association des amis.

Mais ce recours à la médiation directe est forcément limité quand l'équipe est réduite, comme celle du musée.

D'où l'intérêt des outils de médiation indirecte, notamment numériques : le musée vient de se doter de tablettes tactiles qui permettent des visites en autonomie et enrichies par un contenu audio, photo et textuel. La page Facebook du musée est par ailleurs régulièrement alimentée et animée.

Les enfants reçoivent systématiquement un livret-jeu et peuvent s'installer dans les « quartiers jeune public » disséminés dans les salles du musée : une table avec de quoi jouer, dessiner, créer ...

Voir les commentaires

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en octobre 2015

30 Septembre 2015, 13:22pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en octobre 2015

Le numérique, ce sont bien sûr des technologies, mais aussi de nouvelles écritures pour la médiation culturelle et touristique du patrimoine : le transmédia notamment. Et parmi les médias, reste toujours le son, incontournable ! Surtout quand il facilite l'accès à la culture des personnes déficientes visuelles. Il est question d'un peu tout ça en ce mois d'octobre.

 

 

  • Du 1er au 4 octobre 2015, I love transmédia, festival de création numérique, s'installe à la Gaîté lyrique et enchaîne les tables rondes. Entre autres thématiques : la réalité virtuelle, le son binaural, la réinvention de la fiction, le livre interactif...

     

  • Le projet européen Europeana Sounds a pour objectif la collecte et la préservation du patrimoine sonore européen. Sa première conférence internationale sur « le futur des sons historiques » a lieu le vendredi 2 octobre 2015 à Paris, à la Bibliothèque nationale de France.

     

  • Quand la recherche rencontre les musées, médiation culturelle et handicap, c'est le thème de la journée professionnelle organisée le 2 octobre 2015 au Palais des Beaux Arts de Lille.

     

  • Le festival de géographie de Saint-Dié-des-Vosges, du 2 au 4 octobre 2015, explore cette année les « territoires de l'imaginaire ». À noter dans le programme : un atelier numérique sur une cartographie sonore de Casablanca, ou les « marches augmentées, un atelier de cartographie sensible » ou une lecture phonographique qui fait la part aux sons réels ou rêvés suscités par cette écriture. Quant à l'ambiance musicale du festival, elle résonnera au son du didgeridoo puisque c'est l'Australie le pays invité d'honneur cette année.

     

  • Dans le cadre du séminaire sur le patrimoine contemporain : Science, Technique, Culture & Société, la rencontre du 6 Octobre 2015 portera sur « La transmission, valorisation et utilisation du patrimoine scientifique et technique contemporain », au Musée des arts et métiers.

     

  • Le Congrès national des Stations Vertes a lieu du 7 au 9 octobre 2015 à Niederbronn-les-Bains (Bas-Rhin). Le label d'écotourisme rassemble quelques 600 communes. Le numérique fera partie des thématiques des formations proposées aux participants : écotourisme et site internet, animateur numérique de territoire...

     

  • Les premières journées professionnelles « Numérique et lieux de diffusion de l’art contemporain », auront lieu les 8 et 9 octobre 2015, à Strasbourg, au musée d’art moderne et contemporain. Partage d'expérience et échanges de méthodologies ou d'idées sont au programme.

     

  • Voici la 5ème édition du rendez-vous « Médiation & numérique dans les équipements culturels » organisé par le Ministère de la culture et de la communication. Il a lieu à la Maison des arts de Créteil, les 13 et 14 octobre 2015. On y revient sur les expériences des uns et des autres, on y examine des outils, on y découvre des projets de MOOC, d'applications mobiles, de plateformes internet, etc. Le réseau professionnel Muzeonum y interviendra sur la transition numérique des musées.
     

  • Cultur@lia 2015 est un forum international destiné aux professionnels des industries culturelles et créatives qui a lieu du 14 au 16 octobre 2015 à Mons (Belgique) – Capitale européenne de la culture. Les professionnels des TIC y participent aussi en liaison avec la thématique de Mons 2015 – « Where technology meets culture ».

     

  • Les 25es Rencontres CNRS Jeunes “Sciences et Citoyens” ont lieu les 16, 17 et 18 octobre 2015 au Palais des Congrès du Futuroscope de Poitiers. 450 jeunes de 18 à 25 ans vont y échanger avec les chercheurs sur des sujets très variés. Vous pourrez écouter les ateliers sur la wikiradio du CNRS.

     

  • Les Rencontres Nationales du eTourisme institutionnel fêtent leurs 11 ans cette année. Elles ont lieu les 21 et 22 octobre 2015 à Pau. Elles rassemblent plus de 800 personnes et accompagnent les professionnels du tourisme dans l'évolution de leurs métiers face aux nouvelles technologies et au numérique.
     

  • Les 24, 25, 26 octobre 2015 c'est la Mobile Audio Fest, un festival de créations sonores nomades. La mobilité audio se décline en balades sonores, applications à télécharger et à écouter n'importe où, notamment à Aix et Marseille où a lieu cette fête des arts sonores.

     

  • De l'importance du son dans l'espace très spécifique que sont les lieux de culte : églises, temples, synagogues, mosquées... L'expérience sensible auditive, la réverbération des chants religieux, l'intelligibilité des paroles, le lien entre acoustique et architecture...autant de questions abordées dans ce colloque « Worship soundspaces » en langue anglaise, satellite de la 9ème Conférence Internationale « Auditorium Acoustics 2015 », du jeudi 29 octobre au samedi 31 octobre 2015 à Paris.

     

  • Enfin, les auteurs de fictions radio humoristiques ont jusqu’au 1er novembre 2015 pour envoyer leurs œuvres au festival Longueur d'ondes qui aura lieu en février 2015 à Brest. Il s'agit du prix SACD qui sera remis lors de cette 13e édition du Festival de la radio et de l’écoute.

     

Voir les commentaires

Les bricoleurs s'emparent du musée des beaux-arts de Brest

21 Septembre 2015, 17:12pm

Publié par véronique muzeau

Les bricoleurs s'emparent du musée des beaux-arts de Brest

Museomix fait des petits. Pendant les journées du patrimoine, le musée des beaux-arts de Brest s'est fait remixer par quelques médiateurs, bricoleurs et geeks avec l'aide des Petits Débrouillards.

 

Pendant les Journées du patrimoine 2015, l'association des Petits Débrouillards Bretagne a proposé au musée des beaux-arts de Brest Artemix, opération totalement inspirée de Museomix®.

Le principe était donc le même : faire travailler ensemble pendant plusieurs jours dans un musée des médiateurs, des artistes, le publics, les amis du musée, des designers, des bricoleurs.

L'objectif également similaire : réinventer le musée et proposer de nouveaux dispositifs de médiation pour mettre en valeur les collections.

 

 

 

Favoriser l'accessibilité au handicap visuel

 

Le musée a souhaité axer l'opération sur l'impression 3D afin de proposer des dispositifs tactiles pour le public non voyant : reproduire les œuvres pour que les visiteurs déficients visuels puissent les toucher. En particulier les œuvres de la sculpteur ethnographe Anna Quinquaud : le musée en possède un fond important qui plait beaucoup au public.

Les visiteurs apprécient également le dispositif et viennent voir les "Artemixeurs" à l'oeuvre.

 

Le fablab entre au musée

 

Car les Petits Débrouillards font partie du fablab de Brest « les Fabriques du Ponant » dont ils ont apporté deux imprimantes et un scanner 3 D, et d'autres outils encore.

 

 

 

Le musée geek

 

Pour le musée, l'enjeu est aussi de participer à ce mouvement des laboratoires de fabrications et de s'ouvrir aux nouvelles technologies, histoire de dépoussiérer son image.

 

Très concrètement, les objets réalisés vont aussi servir aux médiateurs du musée pour proposer à leurs visiteurs d'autres approches des œuvres. Pour une petite équipe comme celle de Brest, c'est donc une aide précieuse.

 

Pour les Petits Débrouillards, spécialistes de la médiation scientifique, l'enjeu est à la fois de faire découvrir les outils numériques et les technologies nouvelles, mais aussi de faire partager leur savoir-faire en matière de médiation : de la vulgarisation appliquée cette fois aux beaux-arts.

 

Les bricoleurs s'emparent du musée des beaux-arts de Brest
Les bricoleurs s'emparent du musée des beaux-arts de Brest

Voir les commentaires

Boulimie de patrimoine

18 Septembre 2015, 08:32am

Publié par véronique muzeau

Boulimie de patrimoine

Revoilà les Journées du patrimoine, toujours aussi dynamiques et foisonnantes. Elles font même office d'apéritif pour une autre part de patrimoine, la gastronomie, qu'on fête la semaine suivante. De quoi gaver les curieux. Trop ?

 

Elles sont de retour ! Comme chaque année, il ne fait pas de doute que les Journées Européennes du Patrimoine (JEP pour les intimes) vont faire le plein, archi plein. Les chiffres parlent d'eux-même : un nombre monumental de sites participants (17000*), des visiteurs par millions (12 millions en France*), une idée reprise dans 50 pays (mais pas tous à la même date). Et pour être certain d'en avoir encore pour les prochaines années, on a choisi pour thème de cette édition 2015 « le patrimoine du XXIe siècle, une histoire d'avenir ».

 

En tout cas, les animations sont encore légion. Au point qu'on soupire en pensant à tout ce qu'on ne pourra pas voir...

 

Indigestion de propositions

 

Et oui, c'est un peu le problème avec ces grands temps forts de la culture. Ça met en lumière, ça fait le buzz, mais concrètement c'est très frustrant.

Non, vous ne pourrez pas suivre le concert dans la maison natale de Debussy, ET le parcours d'animation autour de la COP21 au ministère des Affaires étrangères, ET la visite commentée du chantier de restauration de la façade ouest et du clocher de l'église Saint Martin de Courpière (63) ET voir l'exposition « les quartiers se racontent » à l'aéroport Guadeloupe pôle Caraïbes. Vous devrez choisir. C'est cruel mais c'est comme ça !

 

En fait, si vous soupirez c'est parce que vous êtes déjà un boulimique de patrimoine et que les JEP n'ont pas vraiment été inventées (en 1984) pour vous...

 

Des journées conçues d'abord pour les débutants du patrimoine

 

Une étude un peu ancienne (2000) montrait que la motivation des participants aux Journées était avant tout la découverte d'un univers inconnu.

 

Plusieurs profils se détachent cependant parmi les publics des Journées du patrimoine ; à savoir :

 

  • Les non-habitués, qui ne fréquentent guère le patrimoine dans l'année et qui profitent donc de cette grande communion nationale pour le faire. Quoi qu'ils visitent, ce sera pour eux exotique. Et c'est le grand mérite des JEP de leur offrir ce moment de démocratie culturelle. Ce sont eux les cibles originelles des Journées qui devaient les attirer vers le patrimoine. Mission accomplie. C'est pour les séduire eux en particulier que les organisateurs se décarcassent et montent des propositions spécifiques à l'occasion : visites théâtralisées ou jeux de piste, concerts et spectacles... Qui sait, ils y prendront peut-être goût et recommenceront avant septembre prochain ?

 

  • Les curieux de proximité, qui fréquentent un site régulièrement mais qui vont enfin pouvoir bénéficier de la présence d'un guide et d'une médiation : une petite chapelle en rase campagne, l'usine dans laquelle on travaille, le pont sur lequel on passe tous les jours, l'hôtel des impôts... Ce sont les « touristes chez eux » qui viennent aussi se réapproprier la mémoire de leur territoire. Les JEP permettent alors parfois de tester des visites guidées ou des ouvertures au public qui seront reconduites à d'autres moments de l'année.

 

  • Les dévoreurs de patrimoine, qui profitent des JEP pour accéder à un monument ou un site inaccessible la plupart du temps : coulisses de préfectures ou de la Cour des comptes, châteaux privés exceptionnellement ouverts, chantiers de fouilles archéologiques, etc. C'est pour ces derniers que les JEP ont un « goût de trop peu » ; ils verraient bien l'événement avoir lieu chaque week-end... On leur rétorquera qu'eux aussi peuvent se transformer en "touristes chez eux" et suivre les visites proposées par les offices de tourisme ou maisons du patrimoine, toute l'année ou au moins en été.                                                                Oui mais certains répondront : là, c'est gratuit ! Enfin, presque partout, c'est vrai, et c'est sans doute aussi un critère important pour les curieux désargentés.

 

La multiplication des journées liées au patrimoine

 

Bon bref, si on n'est pas rassasié par ces journées, il suffit d'attendre le week-end suivant pour en reprendre une louche grâce à un autre événement national dédié à un patrimoine bien français : la Fête de la Gastronomie ! Bien sûr, on y déguste beaucoup, mais on y visite également : des chais, des moulins à huile, des usines de torréfaction, donc souvent du patrimoine. On y apprend aussi sur les produits et leurs terroirs, les méthodes de production, de transformation, et d’accommodation. On peut y suivre des conférences et des débats, y voir des expositions. C'est aussi, bien sûr, de la culture.

 

Ensuite, il suffira de patienter un peu : Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins, Journée Internationale des Archives, Nuit des Musées, Nuit des Églises ou Journées Nationales de l'Archéologie, Journées des Métiers d'Art... Ajoutons pour ceux qui l'auraient oublié, que 2015 est l'année européenne du patrimoine industriel et technique. La France est le pays où on compte le plus d'événements liés au patrimoine culturel. Il doit bien y avoir une raison...

 

*chiffres du Ministère de la Culture et de la Communication

Voir les commentaires

Accueil touristique et qualité culturelle

7 Septembre 2015, 15:42pm

Publié par véronique muzeau

Accueil touristique et qualité culturelle

On entend bien quelques cocoricos sporadiques sur la richesse de notre culture ; d'autres sur le développement économique qui lui est lié. Est-on sur la voie d'une véritable intégration de la culture à la politique touristique française ?

 

Dans la torpeur de l'été ou presque (le 2 juillet 2015), deux parlementaires ont déposé un rapport sur l’évaluation de la politique d’accueil touristique de la France. On y trouve 25 propositions très concrètes pour améliorer cet accueil. Le tourisme culturel y a sa place, encore modeste cependant. Ça frémit pourrait-on dire.

 

Il y a notamment cette proposition numéro 22 : « adapter les monuments et musées publics accueillant plus de 500 000 visiteurs par an aux attentes des touristes ». Mais elle consiste surtout à améliorer billetterie, horaires d'ouverture et jour de fermeture. Les rapporteurs proposent la mise en place de médiateurs, par exemple des jeunes en mission de service civique ou en emploi d'avenir. Mais on s'interroge alors : quelle qualité de médiation pourra-t-on en attendre ? De quelle formation bénéficieront ces jeunes ?

 

Quant aux autres outils de médiation du XXIe siècle, les outils numériques, ils sont bien évoqués en proposition numéro 23. Il s'agirait d'utiliser ces outils pour mieux évaluer les flux et diversifier l’offre touristique. Diversifier l'offre, qu'est-ce que ça signifie au juste ?

Le rapport cite l'exemple de l’application HAPI (histoires et anecdotes du patrimoine d’Île-de-France), que la SNCF présente comme « votre guide touristique personnel ». La géolocalisation permet d'alerter les touristes sur leur smartphone pour leur faire des suggestions de visites en fonction de leurs centres d'intérêt. Le tout est teinté de médiation par le biais des anecdotes historiques de l’historien et journaliste Franck Ferrand. C'est très proche de l'application Le Val de Loire vu du train à laquelle contribue Histoire de Son par des interviews de personnes ressources.

 

 

On pourrait ajouter qu'un outil de médiation numérique de qualité peut aiguiller les visiteurs vers des sites moins connus et soulager les plus saturés ; c'est d'ailleurs pour éviter la surfréquentation de certains sites naturels fragiles que l'Office National des Forêts propose dans son application mobile la forêt de Fontainebleau des circuits de découverte naturalistes ou historiques hors des sentiers battus.

 

La médiation culturelle comme expérience réussie

Et justement la proposition numéro 24 du rapport parlementaire évoque Fontainebleau, mais côté château (« reproduire la formule qui fait le succès de Fontainebleau auprès des visiteurs étrangers » ). Le château de Fontainebleau est devenu le 4e le plus visité de France grâce à ses efforts tous azimuts et malgré une desserte compliquée (pas de gare à proximité). Les rapporteurs évoquent entre autres recettes de ce succès : les efforts de médiation. À la bonne heure ! Et le rapport d'évoquer aussi l'impact des événements culturels pour attirer les touristes vers les sites patrimoniaux plus en retrait. Bref, la culture est un moteur.

 

 

Des séjours qui ont du sens

Car si se préoccuper de transport, d'hébergement, de restauration, de signalétique, de gestion des files d'attente et de sourire des hôtesses est important, ça relève du « comment on visite un pays ». Si on se penche sur le « pourquoi on visite un pays », c'est alors qu'on s'intéresse au fond : certains viennent pour les paysages fabuleux et fort variés de l'hexagone, d'autres pour déguster nos plats légendaires, d'autres encore pour les fêtes et festivals... et c'est là qu'on entre dans le vif du sujet. Beaucoup viennent pour la culture. Surtout ceux qui viennent de loin. Et c'est ça qui les ravit le plus !

Sorties et offre culturelle, diversité de l'offre culturelle, musées, monuments et expositions sont les 5 points qui arrivent en tête des motifs de satisfaction des visiteurs d'île de France en 2014 (source CRT Paris Île-de-France). Plus de 93 % des touristes de la région parisienne sont satisfaits de ces aspects de leur séjour. Ils le sont nettement moins de l'accès et des transports, du rapport qualité-prix de l'hôtellerie-restauration ou de l'accueil des habitants.

Selon le mémento du tourisme 2014 de la DGE, le tourisme culturel est la 2e activité des visiteurs étrangers en France après les loisirs et l'agrément. Plus de 35% de ces visiteurs s'adonnent aux visites culturelles, bien avant le shopping qui n'en concerne que 20%.

Musées, spectacles et autres activités culturelles sont l'un des secteurs d'activité du tourisme dont le nombre d'emplois a le plus progressé ces dernières années : + 3% entre 2011 et 2012 (Source : Acoss). Avec un peu plus de 22 000 salariés dans ce secteur, il reste cependant des marges de progression.

 

À la lecture de ce rapport, on se dit donc que, oui, ça frémit du côté d'une politique touristique à base de culture. Il faudrait pourtant insister davantage. Le tourisme en France n'est toujours pas rattaché au ministère de la culture. Evelyne Lehalle, spécialiste du tourisme culturel, faisait remarquer dans son blog qu'en Italie en revanche, c'est le cas. Le patrimoine culturel de la France vaut pourtant bien celui de l'Italie, non ?

Voir les commentaires

<< < 1 2 3 4 5 6 > >>