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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #mediation culturelle numerique

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en octobre 2015

30 Septembre 2015, 13:22pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en octobre 2015

Le numérique, ce sont bien sûr des technologies, mais aussi de nouvelles écritures pour la médiation culturelle et touristique du patrimoine : le transmédia notamment. Et parmi les médias, reste toujours le son, incontournable ! Surtout quand il facilite l'accès à la culture des personnes déficientes visuelles. Il est question d'un peu tout ça en ce mois d'octobre.

 

 

  • Du 1er au 4 octobre 2015, I love transmédia, festival de création numérique, s'installe à la Gaîté lyrique et enchaîne les tables rondes. Entre autres thématiques : la réalité virtuelle, le son binaural, la réinvention de la fiction, le livre interactif...

     

  • Le projet européen Europeana Sounds a pour objectif la collecte et la préservation du patrimoine sonore européen. Sa première conférence internationale sur « le futur des sons historiques » a lieu le vendredi 2 octobre 2015 à Paris, à la Bibliothèque nationale de France.

     

  • Quand la recherche rencontre les musées, médiation culturelle et handicap, c'est le thème de la journée professionnelle organisée le 2 octobre 2015 au Palais des Beaux Arts de Lille.

     

  • Le festival de géographie de Saint-Dié-des-Vosges, du 2 au 4 octobre 2015, explore cette année les « territoires de l'imaginaire ». À noter dans le programme : un atelier numérique sur une cartographie sonore de Casablanca, ou les « marches augmentées, un atelier de cartographie sensible » ou une lecture phonographique qui fait la part aux sons réels ou rêvés suscités par cette écriture. Quant à l'ambiance musicale du festival, elle résonnera au son du didgeridoo puisque c'est l'Australie le pays invité d'honneur cette année.

     

  • Dans le cadre du séminaire sur le patrimoine contemporain : Science, Technique, Culture & Société, la rencontre du 6 Octobre 2015 portera sur « La transmission, valorisation et utilisation du patrimoine scientifique et technique contemporain », au Musée des arts et métiers.

     

  • Le Congrès national des Stations Vertes a lieu du 7 au 9 octobre 2015 à Niederbronn-les-Bains (Bas-Rhin). Le label d'écotourisme rassemble quelques 600 communes. Le numérique fera partie des thématiques des formations proposées aux participants : écotourisme et site internet, animateur numérique de territoire...

     

  • Les premières journées professionnelles « Numérique et lieux de diffusion de l’art contemporain », auront lieu les 8 et 9 octobre 2015, à Strasbourg, au musée d’art moderne et contemporain. Partage d'expérience et échanges de méthodologies ou d'idées sont au programme.

     

  • Voici la 5ème édition du rendez-vous « Médiation & numérique dans les équipements culturels » organisé par le Ministère de la culture et de la communication. Il a lieu à la Maison des arts de Créteil, les 13 et 14 octobre 2015. On y revient sur les expériences des uns et des autres, on y examine des outils, on y découvre des projets de MOOC, d'applications mobiles, de plateformes internet, etc. Le réseau professionnel Muzeonum y interviendra sur la transition numérique des musées.
     

  • Cultur@lia 2015 est un forum international destiné aux professionnels des industries culturelles et créatives qui a lieu du 14 au 16 octobre 2015 à Mons (Belgique) – Capitale européenne de la culture. Les professionnels des TIC y participent aussi en liaison avec la thématique de Mons 2015 – « Where technology meets culture ».

     

  • Les 25es Rencontres CNRS Jeunes “Sciences et Citoyens” ont lieu les 16, 17 et 18 octobre 2015 au Palais des Congrès du Futuroscope de Poitiers. 450 jeunes de 18 à 25 ans vont y échanger avec les chercheurs sur des sujets très variés. Vous pourrez écouter les ateliers sur la wikiradio du CNRS.

     

  • Les Rencontres Nationales du eTourisme institutionnel fêtent leurs 11 ans cette année. Elles ont lieu les 21 et 22 octobre 2015 à Pau. Elles rassemblent plus de 800 personnes et accompagnent les professionnels du tourisme dans l'évolution de leurs métiers face aux nouvelles technologies et au numérique.
     

  • Les 24, 25, 26 octobre 2015 c'est la Mobile Audio Fest, un festival de créations sonores nomades. La mobilité audio se décline en balades sonores, applications à télécharger et à écouter n'importe où, notamment à Aix et Marseille où a lieu cette fête des arts sonores.

     

  • De l'importance du son dans l'espace très spécifique que sont les lieux de culte : églises, temples, synagogues, mosquées... L'expérience sensible auditive, la réverbération des chants religieux, l'intelligibilité des paroles, le lien entre acoustique et architecture...autant de questions abordées dans ce colloque « Worship soundspaces » en langue anglaise, satellite de la 9ème Conférence Internationale « Auditorium Acoustics 2015 », du jeudi 29 octobre au samedi 31 octobre 2015 à Paris.

     

  • Enfin, les auteurs de fictions radio humoristiques ont jusqu’au 1er novembre 2015 pour envoyer leurs œuvres au festival Longueur d'ondes qui aura lieu en février 2015 à Brest. Il s'agit du prix SACD qui sera remis lors de cette 13e édition du Festival de la radio et de l’écoute.

     

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Paroles de médiateurs culturels #7 : créativité !

21 Juillet 2015, 11:32am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #7 : créativité !

Sans être un créateur, le médiateur culturel doit en tout cas faire preuve de créativité. En médiation directe ou indirecte, la conception des séances et des outils de médiation demande imagination et inventivité. Quant au public, il devient lui aussi... créatif.

 

Inventer sans cesse de nouvelles médiations

 

Quand il joue les intermédiaires entre une création artistique et le public, ou entre un paysage culturel et ses visiteurs, le médiateur culturel doit tout de même créer...du sens. Il doit faire en sorte que le public entre en contact avec l'objet, le milieu, la culture qui lui est présenté(e).

C'est ainsi que le médiateur culturel est amené à concevoir des formes innovantes de visites et de découvertes.

Le médiateur doit sans cesse se renouveler car :

  • Il doit conquérir de nouveaux publics ; sa mission de démocratiser la culture l'exige (et aussi les nécessités économiques...)

  • Il doit s'adapter à la diversité des publics, rendre accessible sa structure aux personnes handicapées, intéresser les scolaires, se faire comprendre des étrangers,etc.

  • Il doit étonner pour fidéliser et faire revenir les visiteurs (nécessité économique encore...)

Elle est donc loin la visite guidée linéaire, d'une œuvre à l'autre, au musée des beaux-arts ou d'un objet à l'autre dans l'écomusée. Désormais, on vous propose presque uniquement des visites thématiques.

Dans le cas de Christophe Le Guern, médiateur de l'écomusée des Monts d'Arrée, il y a tant d'angles pour aborder le territoire et la façon dont on y vivait autrefois, que chaque visite est forcément unique. Tout dépendra des visiteurs et des interactions qu'ils souhaiteront créer.

 

 

 

Pour faire face à la potentielle variété des publics, le médiateur culturel est conduit à :

  • multiplier les niveaux de lecture, de perception et d'information,

  • diversifier les outils et les canaux de médiation,

  • s'adresser aux intelligences et aux sens multiples,

  • assouplir l'utilisation des parcours, des outils, des supports.

 

Même un dispositif de médiation numérique - donc indirecte - est d'autant plus réussi qu'il répond à ces exigences. Voilà pourquoi les applications mobiles fleurissent dans les sites culturels. On peut y mettre aussi bien une animation 3D que du son, des documents d'archives ou des projections futuristes, des visioconférences ou des jeux.

 

Donc, qu'il travaille en musée, dans un service du patrimoine, dans une bibliothèque ou dans une entreprise prestataire, le médiateur culturel est forcément un créatif !

 

Mais en la matière, il se trouve que la création est aussi du côté du public.

 

Transmission par la participation créative

 

Qu'y a-t-il derrière le mot création ? La fabrication déjà.

Depuis qu'on a compris que la médiation culturelle supposait la participation du public, on l'invite fréquemment à agir, à faire. Dans les ateliers de Christophe Le Guern, le public met clairement la main à la pâte et fabrique du pain, des crêpes « à la mode d'antan ». Ici, l'acte de « faire » permet de transmettre un savoir-faire technique. Mais l'atelier donne aussi une idée précise des contraintes quotidiennes qui pesaient sur nos aïeux.

Bien sûr, quand il s'agit d'art, la création signifie aussi « expression ». Et les médiateurs culturels encouragent également fortement cette création : les enfants sont invités à réaliser une œuvre en s'inspirant d'un artiste, ou bien ils fabriquent une maquette inspirée du patrimoine urbain.

Dans les centres de culture scientifique et technique, on peut aller jusqu'à créer son petit jeu électronique, un objet volant ou une sculpture lumineuse. Tout dépend du temps dont on dispose.

Les théories de la pédagogie nous affirment que plus l'implication de l'apprenant est forte, plus l'apprentissage est efficace. On retient 90% de ce qu'on fait selon Edgar Dale.

Et quand bien même le visiteur n'aura rien retenu de la médiation, il aura en au moins gardé...la satisfaction d'avoir créé.

 

 

Histoire de Son propose des formations à la médiation culturelle numérique.

N'hésitez pas à nous contacter.

 

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Les musées peinent encore à séduire les adolescents

19 Mai 2015, 16:59pm

Publié par véronique muzeau

Les adolescents ont une vision dépassée des musées

Les adolescents ont une vision dépassée des musées

Les adolescents perçoivent une image très figée et très restreinte des musées malgré la diversité des établissements et tous leurs efforts de médiation culturelle envers le public jeune.

 

Les chevelures argentées ont-elle dominé la nuit des musées ? La nuit a-t-elle été trop calme et pas assez folle ? Les statistiques nous le diront peut-être dans quelques temps.

En attendant, France Culture a relancé le débat avec sa très bonne enquête multimédia sur les médiations des musées à destination des jeunes.

 

L'âge de choisir ses sorties

 

Le problème c'est déjà que le terme « jeune » est un peu trop large. Entre les enfants de maternelle et les adolescents au seuil de la majorité, c'est le grand écart.

Partons du principe que les plus petits n'ont pas encore l'autonomie de leurs sorties. Concentrons nous sur ce public qu'on dit « difficile » voire « rebelle » : les adolescents. Disons les 14-18 ans. Un âge auquel on affirme ses goûts pour finalement gérer seul ses loisirs et pratiques culturelles.

 

L'importance de l'éducation

 

Les adolescents sont donc assez grands pour choisir d'aller ou pas au musée...quoi que ! Le reportage de France Culture donne la parole à une sociologue, Sylvie Octobre, qui insiste bien sur le poids de la transmission familiale et des pratiques éducatives inscrites dans la petite enfance. La scolarité reste souvent la seule occasion d'aller au musée. Les vacances en sont une autre car les touristes ont davantage tendance à découvrir les musées lointains qu'à passer les portes des musées proches de chez eux. Mais les vacances ne sont pas à la portée de tous.

Les musées ont donc beaucoup travaillé leur accueil des publics scolaires pour concevoir des visites inoubliables. Ils espère ainsi voir les écoliers revenir dans leurs murs, même quand ils auront grandi.

 

L'enquête de France Culture a fait ressurgir un reportage plus ancien (avril 2012) visible sur Francetv education. Certes, depuis 3 ans, les choses ont bougé dans les musées. Cependant, en 2012, la médiation avait déjà beaucoup inventé et dépoussiéré. Pourtant, on est frappé par les idées reçues et clichés émis par ces lycéens de seconde. Ils viennent pourtant d'un établissement parisien et on peut supposer qu'ils sont donc plutôt favorisés socialement et culturellement.

 

Une perception erronée des musées

 

Premier point saillant : dans l'idée de ces jeunes, le musée est un musée des beaux-arts. Le « Louvre, Orsay » sont les seuls cités. Quid des autres pans de la culture ? Des musées de société ou écomusées, des musées de civilisation, des musées plus thématiques ou des établissements de sciences et techniques ? Peut-être ne sont-ils pas identifiés comme musées... et c'est vrai que, souvent, ils en refusent l'appellation préférant celle d' « espace » ou de « centre de découverte ». Sans doute pour s'éloigner du côté « conservateur ».

 

Second point, les adolescents interviewés ne sont pas spontanément attirés par le musée : « ma mère m'a un peu obligée », « j'irais pas toute seule », « ça m'intéresse pas trop » « je peux comprendre que ça n'intéresse pas trop les jeunes de mon âge », « on préfère voir des choses sur internet », « si on n'est pas intéressé, on va vite se lasser », « avec des guides, c'est un peu lent » … Il y a comme une méconnaissance du renouveau de la médiation culturelle muséale.

De même, Théo, 14 ans, que nous avions interviewé récemment dans ce blog, nous confiait son ignorance des nouvelles propositions interactives et participatives des musées.

 

En filigrane, on perçoit dans les yeux de ces jeunes l'image d'un musée figé, voire compassé et réservé aux adultes : « tous les adultes ont l'air intéressé...je pense que ça vient avec l'âge ».

Or, cette dernière impression peut être rédhibitoire à l'âge où on aspire à partager avant tout avec ses pairs. Cette interaction presque exclusive avec les gens de son âge, c'est l'une des spécificités dont doit tenir compte la médiation culturelle adaptée aux adolescents.

La conférence « Adolescents, loisirs et dispositifs de médiation culturelle » de l'Institut National de la Jeunesse et de l'Éducation Populaire (INJEP), en avril 2014, ajoutait d'autres données : une sortie ostensible de l'enfance, la préférence pour un encadrement invisible et des stéréotypes de genre très marqués.

 

 

Alors que faire ?

 

Elargir le champ de la culture

 

Une fois pour toute, il faudrait en finir avec les discours officiels et institutionnels qui limitent la culture à l'art. Que les jeunes qui n'ont pas la fibre artistique puissent être rassurés : oui l'économie c'est aussi de la culture, de même que le numérique ou encore l'écologie, la biologie, l'ethnologie. Chacun doit pouvoir trouver musée à son pied. À cet égard, les expositions thématiques de la Cité des Sciences et de l'Industrie ont largement réussi leur mission, et séduit les adolescents.

Bref, il faut décloisonner ! Pourquoi un musée des beaux-arts s'interdiraient-ils une réflexion sur des sujets de société ou d'actualité explorés à travers ses collections ? C'est une expérience encore trop rare...mais qui pourrait attirer les adolescents ?

 

 

Médiation participative et ciblée

 

Des événements, une actualité comme la nuit des musées, ou des concours de selfies permettent aux visiteurs d'être actifs. On lutte alors contre l'image statique du tableau accroché au mur. Les événements permettent aussi aux adolescents une participation en « bande » voire un échange sur les réseaux sociaux, donc un échange entre pairs.

 

De même, les ateliers créatifs peuvent être un bon moyen d'attirer les adolescents, pourvu qu'ils soient ciblés sur les 14-18 ans, bien distingués des ateliers 10-13 ans, eux-mêmes séparés des ateliers « enfants » ou « familles ».

 

Sortir de l'impératif éducatif : admettre que s'amuser est un droit et qu'on ne doit pas forcément apprendre. On peut fréquenter un musée juste pour le plaisir des yeux ou juste pour commenter les œuvres entre potes et bien rigoler.

 

Des outils sexy comme les nombreux dispositifs de réalité augmentée, jeux vidéos de visite et autres parcours multimédia sont donc appropriés à cette vision ludique du musée. D'autant plus que les ados maîtrisent et apprécient smartphones et tablettes.

 

 

Des humains pour transmettre de la passion

 

Sylvie Octobre précise cependant que tous ces dispositifs multimédia ne sauraient suffire à conquérir un public adolescent.

De même que les jeunes élèves, aussi rebelles soient-ils, suivront avec respect un enseignant passionné, ils peuvent suivre le « guide » ou le médiateur si son enthousiasme est contagieux. Histoire de Son, qui fait parler les acteurs des territoires, des sites ou des établissements culturels, ne dira pas le contraire.

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Paroles de médiateurs culturels #4 : archéologie

8 Mai 2015, 17:09pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #4 : archéologie

Un petit fragment de poterie ou un morceau de crâne manquent parfois de sens pour un public non averti. Mais les médiateurs et archéologues savent faire preuve d'imagination et d'invention pour transmettre leurs découvertes.

 

 

L'archéologique et son côté pratique

 

Pour évaluer les trouvailles des médiateurs culturels en archéologie, vous pourrez toujours faire un tour à la rencontre Paleobox du côté de Menez Dregan à Plouhinec (Finistère) le 24 mai 2015.

Après un colloque professionnel, archéologues et médiateurs s'adresseront au grand public. Vous pourrez tenter d'allumer un feu à la mode paléolithique, de tirer au propulseur, de fondre du bronze ou de tailler un os. On vous expliquera aussi comment nos ancêtres chasseurs-cueilleurs tiraient parti de leur environnement végétal et on vous proposera même de jouer les archéologues grâce à des modules qui reconstituent un mini chantier de fouilles.

 

Pour découvrir l'archéologie par la pratique, écoutez aussi ce témoignage d'Yves Guéguen, archéologue de formation et médiateur en archéologie, spécialiste des fac-similés.

 

 

Rien de tel que la pratique pour transmettre, en effet. Le profane peut saisir à pleines mains ce qui lui semblait si lointain. Les intelligences kinesthésiques y trouvent leur compte.

Dans un article paru dans Les Nouvelles de l'Archéologie Xavier Savary (géologue archéologue) souligne cette particularité de la discipline.

Elle mêle les connaissances très spécialisées, les démarches scientifiques les plus pointues (palynologie, géomorphologie, dendrochronologie...), et la pratique la plus...terre à terre, à coup de pelleteuses ou d'outils de dentistes.

Le fait de creuser le sol pour mettre au jour le passé rend peut-être l'archéologue plus concret, qui sait ?

Une céramologue, archéologue – très - spécialisée (dans la céramique et d'une période donnée), peut ainsi déclarer avec modestie que l'une de ses compétences essentielles, c'est d'être douée en puzzles ! Voilà qui nous rapproche du savant.

 

Démonstrations et fac-similés

 

Le succès d'un chantier de reconstitution comme la construction du château fort de Guédelon démontre bien l'avidité du public pour cet aspect concret et pratique. Les ouvriers du chantier participent d'ailleurs à des programmes d'archéologie expérimentale à la demande des chercheurs.

En Allemagne, les sites archéologiques proposent depuis longtemps des reconstitutions à l'identique de bâtiments ou de mobilier et le public peut ainsi s'immerger dans les différentes époques. En France, on avait jusqu'à présent quelques complexes à proposer de tels fac-similés grandeur nature. Comme si les ruines étaient plus pédagogiques...

 

Médiation archéologique et numérique

 

Un récent colloque intitulé L'archéologie à la rencontre des publics s'est justement penché en profondeur sur la transmission et la médiation de la recherche archéologique. Les débats ont évoqué la question des fac-similés y compris...numériques, bien sûr !

 Il faut dire que, quand on a peu à montrer mais beaucoup à raconter, les nouvelles technologies sont salvatrices.

Quelques objets fragmentaires deviennent des pièces complètes, quelques trous de poteaux se transforment en édifices imposants, des villes oubliées renaissent, par la magie de la réalité augmentée.

Interviews audio, ambiances sonores, images, animations 3 D viennent alors sublimer le travail des archéologues.

 

L'exemple le plus abouti de ce bon usage des nouvelles technologies vient d'ailleurs d'être livré aux yeux de tous : la grotte du Pont d'Arc, reconstitution de la grotte Chauvet.

 

Bien sûr, la médiation en archéologie se doit d'éviter des écueils, dont certains lui sont propres : incompatibilité entre conservation et fréquentation, risque de privilégier l'émotion et le spectaculaire au détriment du savoir, questions identitaires et territoriales trop « brûlantes », immensité du patrimoine immatériel, etc.

 

Une chose est certaine en tout cas, comme n'importe quel domaine de recherche - publique qui plus est – l'archéologie se doit aussi de pratiquer la dissémination, la restitution, la transmission et donc la médiation. Autant continuer à le faire avec brio !

 

 

 

Ressources

 

La page facebook de Paleobox

https://www.facebook.com/paleobox?fref=ts

 

Article de Xavier Savary dans les Nouvelles de l'archéologie

http://nda.revues.org/1252

 

Ils bâtissent un château fort : chantier de Guédelon

http://www.guedelon.fr/

 

La grotte Chauvet-Pont d'Arc

http://lacavernedupontdarc.org/

 

Colloque l'archéologie à la rencontre des publics, 26 et 27 novembre 2014,

direction générale des Patrimoines du ministère de la Culture et de la Communication,

www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Archeologie/Rencontre-des-publics

 

INP Institut national du patrimoine

http://www.inp.fr/

 

Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives)

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/p-7-Accueil.htm

 

CMN (Centre des monuments nationaux)

http://www.monuments-nationaux.fr/

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en mai 2015

30 Avril 2015, 11:13am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en mai 2015

On remixe, on innove on réinvente la culture et la médiation culturelle en mai 2015. Et le numérique y est pour quelque chose ! Il a tellement pris racine dans nos pratiques que certains se penchent sur l'archéologie des médias. Mais l'archéologie classique propose aussi ses rendez-vous. Quant aux musées, ils ouvrent plus grand leurs portes...

 

 

 

Museomix c'est la médiation culturelle en musée remixée par une équipe passionnée : des médiateurs, bricoleurs, designers, développeurs, graphistes, communicants, artistes, écrivains, scientifiques… Pendant 3 jours, ils investissent les lieux pour inventer et tester un dispositif de médiation muséale innovant. Le tout passe par le tamis du numérique. En 2014, ils étaient 7 musées de France, Suisse, Québec et Grande-Bretagne. C'est le 2 Mai qu'on connaitra la liste des musées museomixés en 2015.

 

 

Les médias ont aussi leur archéologie ! Deux journées d'étude en entrée libre y sont consacrées à Paris. Chercheurs et artistes vont fouiller les archives numériques de l'ère du « paléo-digital » à suivre :

  • mercredi 6 mai 2015 à Bibliothèque nationale de France, pour l'archéologie des média et des savoirs
  • jeudi 7 mai 2015 à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts ENSBA pour les humanités et l'atlas à l’ère post-digitale.

L'archéologie des médias sera également le thème d'une exposition proposée à partir du 19 mai par le laboratoire d'archéologie des médias de l'école supérieure d'art d'Avignon.

 

 

Le festival "Brouillage" dédié à la création radiophonique et préparé par Radio Campus Paris, a lieu du 4 au 9 mai 2015. Encore une bonne occasion d'en prendre plein les oreilles, mais aussi plein les yeux car le festival s'intéresse aux liens entre radio et spectacle vivant.

 

 

"Culture et handicap : accessibilité des équipements et des contenus" c'est le thème d'une table ronde de la commission culture du Sénat, ouverte à la presse et au public et retransmise en direct sur le site du Sénat mercredi 6 mai 2015 à 10 heures.

 

 

Pour clore son cours public d'histoire et d'architecture, la Cité Chaillot propose une table-ronde débat sur « l’avenir du patrimoine, entre compétition internationale  et cultures mondialisées », jeudi 7 mai 2015.
    

 

Une escapade en Suisse à Lausanne où les journées des alternatives urbaines de Lausanne proposent entre autres des balades sensibles et des paysages en écoute. Du 8 au 10 mai 2015.

 

 

Réinventer les modèles culturels de demain, c'est l'ambition du Forum de l'European Lab du 13 au 15 mai 2015 à Lyon. Les champs culturels (nouvelles images, médias, web, édition, musiques…) y sont examinés sous l'angle économique et politique. Parallèlement le festival Nuits Sonores anime les nuits lyonnaises du 13 au 17 mai 2015.

 

 

L'EMYA 2015 (European Museum Yeard Award ou prix européen du musée de l'année) a lieu du 13 au 16 mai à Glasgow (Écosse). Il récompense les meilleurs exemples de valorisation des collections ou les interprétations muséales les plus innovantes. Des musées de 21 pays sont en compétition.

 

 

Pour le grand public, la 11e édition de la Nuit européenne des musées c'est le 16 mai 2015. Non seulement les musées font portes-ouvertes en nocturne ce jour-là. Mais souvent ils proposent aussi des animations spécifiques. Et l'entrée est libre dans plus de 1300 musées en France.

 

 

Le 18 mai 2015, c'est la journée internationale des musées qui a pour thème cette année « musées pour une société durable ». Pas d'événement prévu en France, mais la Suisse participe avec notamment le dimanche 17 mai 2015 une opération « traditions vivantes hier aujourd’hui demain ». Les musées suisses vont valoriser tout le patrimoine culturel : artisanat traditionnel, rituels, fêtes et musiques populaires, langues et dialectes ou rapports à la nature.

 

 

Comment le développement culturel des territoires ruraux peut-il s’appuyer sur le numérique ? Excellente question que se posent la Nacre et l’Association des Maires Ruraux de France le mardi 19 mai 2015 à Poncins (Loire).
Les échanges porteront sur le patrimoine, l’éducation artistique et culturelle, la diffusion, ou encore la création artistique impliquant le numérique.

 


Le GIS Marsouin, fédération des équipes bretonnes de Sciences Humaines et Sociales, qui travaille sur les usages du numérique, organise son traditionnel séminaire les 21 et 22 mai 2015 à Saint-Jacut-de-la-Mer (22). La valeur de Wikipedia, la pratique des TIC dans les îles, le shopping en ligne, l'open data, mais aussi l'usage du numérique dans l'éducation ou la médiation urbaine numérique... le programme est riche et les thèmes de discussion sont très variés !

 

 

Le centre d'interprétation de Menez Dregan à Plouhinec (Finistère) accueille les Rencontres Paléobox les 23 mai et 24 mai 2015. Le samedi, c'est une journée professionnelle pour les médiateurs en archéologie et archéologues de toute la France. Mais le dimanche, place aux ateliers et démonstrations ouverts à tous et gratuits : tir au propulseur, allumage de feu, utilisation du milieu végétal, fonte de bronze, travail de l'os, modules de fouille...

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en avril 2015

31 Mars 2015, 07:55am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en avril 2015

Réflexions et recherches sur la médiation culturelle et numérique, rencontres sur la valorisation du patrimoine ou l'art numérique, salon du e-tourisme. Voici quelques rendez-vous sur ces sujets au mois de avril 2015.

 

Quand les ingénieurs informaticiens et les artistes numériques se rencontrent, ça donne la biennale SIANA qui a 10 ans et se déroule du 2 au 30 avril 2015 à Évry.

 

Dans le cadre de ses cours publics d'histoire de l'art, la cité Chaillot de l'Architecture et du Patrimoine propose une rencontre sur le thème « Vivre ensemble dans les (grands) paysages patrimoniaux » le jeudi 2 avril 2015.

 

 

L'Audio Mobile Fest aura lieu en octobre 2015 à Aix en Provence

L'Audio Mobile Fest aura lieu en octobre 2015 à Aix en Provence

La revue scientifique canadienne Wi: journal of mobile media, lance un numéro spécial sur l'audio-mobilité le 2 avril 2015 à Aix en Provence. Le laboratoire d'art audio Locus Sonus en profitera pour présenter son festival MOBILE AUDIO FEST qui a lieu en octobre 2015. Le tout dans une ambiance festive.

 

Le séminaire « Structuration et analyse de données pour historien » du Pôle Informatique de Recherche et d'Enseignement en Histoire (PIREH) continue, sur la question des écritures numériques de l'histoire. Trois rendez-vous ce mois-ci à la Sorbonne :

  • « Web et conservation : les enjeux de l'archivage du web » le 3 avril 2015

  • « Les écritures de l'histoire sur les réseaux sociaux : d'Assassins Creed à #JoueLaCommeLorantDeutsch » le 10 avril 2015

  • Lecture et discussions autour du livre de Roberto Casati, Contre le colonialisme numérique, (Albin Michel, 2013) le 17 avril 2015.

 

Un autre séminaire « Pratiques numériques en sciences humaines et sociales » se termine à la Maison des Sciences de l'Homme Val de Loire (Tours et Orléans). Dernier rendez-vous à Orléans le 9 avril 2015 sur la numérisation des manuscrits médiévaux et les Digital Humanities.

 

Enfin, le séminaire « Muséologie, muséographie et nouvelles formes d’adresse au public »

de l'Institut de Recherche et d'Innovation (IRI) continue, avec une séance sur la question du multilinguisme dans la transmission numérique des savoirs le 14 avril 2015.

 

La 12ème édition des Rencontres Professionnelles de la Fédération des Ecomusées et Musées de Société (FEMS) a lieu les 9 et 10 avril 2015 à Marseille.

Les rencontres porteront sur la participation dans les musées. Les écomusées et les musées de société ont été des pionniers dans l’implication des habitants et communautés à la vie du musée. Et ils n'ont pas fini d'innover dans ce domaine.

 

La deuxième édition de Next Tourisme, rendez-vous des décideurs de l'e-tourisme du secteur privé et institutionnel, revient le 9 avril 2015 à Paris. L' après-midi sera consacrée à l'innovation, avec notamment des conférences les environnements immersifs (Oculus Rift) et l'enrichissement de l’expérience du voyageur connecté.

 

« Ce qu’exposer veut dire »c'est le thème des rencontres européennes du patrimoine, colloque organisé par l’Institut National du Patrimoine les 9 et 10 avril 2015 à Paris. Les enregistrements audio de ce colloque seront disponibles dans la Médiathèque numérique de l'INP.

 

La Région Picardie organise « Connexions – les rencontres du numérique en Picardie », du 16 au 18 avril 2015. Étudiants, enseignants et formateurs, mais aussi familles, ont rendez-vous à Amiens pour découvrir et faire partager les expériences, projets et pratiques numériques en éducation. A suivre, des ateliers, jeux, dispositifs immersifs, tables rondes et réunions professionnelles.

 

Deux visites tactiles sont proposées aux personnes déficientes visuelles le 17 avril 2015 au Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse. A 10h30 : découverte du bout des doigts des fossiles de toutes les tailles des trilobites au baryonix. A 14h30, dans la Réserve visitable, on s'initie aux conditions de conservation et on manipule des objets issus des collections du muséum : paléontologie, zoologie, minéralogie.

 

MuseumNext, la conférence européenne sur le thème : « Quel est l’avenir des musées ? » a lieu du 19 au 21 avril 2015 à Genève. Forcément, le numérique y occupe une place de choix.
 

Le manifeste Arts Mobiles organise sa toute première rencontre-débat "Economie créative du mobile" autour des "Nouveaux talents numériques et nouveaux intermédiaires" le 29 avril 2015 à Paris.

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De bons exemples de médiation culturelle numérique

10 Mars 2015, 12:26pm

Publié par véronique muzeau

De bons exemples de médiation culturelle numérique

Pour trouver l'inspiration avant de concevoir ses outils numériques de médiation culturelle, on peut puiser aussi bien dans les médias classiques - télévision ou radio - que dans les médias nés du web, comme les MOOC ou les web-documentaires.

 

Répétons-le encore une fois, il ne sert à rien d'avoir l'application mobile la plus flashy et la plus groovy si on n'apprend rien avec. Trop de gadgets emballent des contenus indigents voire scandaleux. Même sans gadgets : à quoi sert-il d'investir dans de couteux panneaux d'interprétation si l'interprétation est absente et le discours exposé incompréhensible pour le grand public ?

Histoire de Son revendique un véritable travail de médiation culturelle et scientifique = adaptation du média au sujet (pourquoi faire une video qui filme pendant trois minutes une personne qui parle ?) adaptation du discours au média et au public. Mais nous en sommes pas les seuls.

Voici en quelque sorte nos « modèles » dans la médiation culturelle.

 

Une télévision vraiment culturelle

 

Du côté de la TV tout n'est pas à jeter, il y a même des désormais « classiques » du genre vulgarisation.

Les émissions les plus connues : C'est pas sorcier pour les sciences ou encore Palettes pour la peinture, sur Arte, Architectures...sur la même chaîne.

Quand elles ne sont plus diffusées, ces émissions se vendent très bien en DVD et font le bonheur des médiathèques.

Mais le format télévisuel qui permet de traiter un sujet en longueur n'est guère adapté aux visites de musées ou de sites du patrimoine ; bien souvent, il faut s'en tenir au 3 minutes maxi !

 

La radio pédagogique et ludique

 

Les 3 minutes que tient bien la radio, quand elle s'adresse à un public jeune notamment. Et pour ça, mention spéciale au ton très accessible de CO3 la science dans ton chez toi du Mouv ancienne version, ou comment parler science en partant du quotidien et avec humour. Coup de chapeau aussi à Joann Sfar et sa lecture très personnelle de la peinture dans Vous voyez le tableau de France Inter. Il avait trouvé le moyen de rendre la radio très visuelle !

 

Les MOOC version courte

 

Revenons à l'image et lorgnons du côté des MOOC (Massive Online Open Courses) que se sont appropriés certains musées ; ainsi, le fructueux partenariat entre le Metropolitan Museum et la Khan Academy, ça donne des petites vidéos de 3 minutes sur une œuvre filmée sans effet majeur mais avec soin. Et surtout, les commentaires nous épargnent le comédien extérieur à son sujet pour privilégier l'interview du conservateur ou de l'historien d'art. Commentaire qui apporte un point de vue parfois personnel sur l'oeuvre ; très efficace !

 

Les productions des établissements culturels

 

Les établissements culturels se mettent donc logiquement à produire leurs contenus et autres POM (petites œuvres multimédia). Certains ont clairement une vocation pédagogique comme la webtv d'Universcience et ses petites vidéos très bien faites de 2 à 7 minutes environ. D'autres, on peut le regretter, privilégient la communication sans oser la médiation : on se cantonne aux bandes-annonces d'expositions.

 

Les web doc encore en devenir

 

Les web documentaires de médiation culturelle restent rares. Ce format est pourtant plein de promesses en matière de médiation. Le Muséum National d'Histoire Naturelle l'a bien compris avec son herbier 2.0 ou encore le château de Versailles. Mais il est vrai que le web documentaire requiert de gros moyens...

 

Vous pourrez trouver d'autres idées sur la plateforme wiki de Muzeonum, la communauté des Muzeogeeks, tous ces professionnels qui construisent le musée numérique et bouillonnent d'idées.

 

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Outils numériques de visite : équilibrer technologie et contenu

17 Février 2015, 09:32am

Publié par véronique muzeau

Outils numériques de visite : équilibrer technologie et contenu

Depuis quelques années, des outils numériques toujours plus étonnants voient le jour, pour faire visiter des villes, des parcs naturels ou des sites culturels.

Et les collectivités, offices de tourisme, voire les établissements culturels, ont tendance à orienter l'essentiel de leur budget vers la technologie, au détriment des contenus et de la médiation.

Voici des arguments pour les convaincre de rééquilibrer les investissements outils-contenus.

 

Valoriser son originalité pour un tourisme personnalisé

 

Partons d'une donnée majeure du marketing territorial depuis l'irruption du numérique : le tourisme de masse est en perte de vitesse. Le visiteur veut désormais vivre une expérience singulière. C'est l'émergence d'un tourisme « hyper personnalisé ».

 

D'où l'intérêt des découvertes touristiques qui créent un lien avec un territoire. Le territoire et son patrimoine naturel, ses paysages, son patrimoine culturel bien sûr, mais y compris au sens immatériel : les atouts humains du territoire (personnes, pratiques et savoir-faire). Le patrimoine immatériel culturel est reconnu par l'UNESCO : on y trouve aussi bien des danses que des traditions culinaires, des rituels ou des techniques. C'est un atout pour la préservation de ce patrimoine, c'est aussi un atout pour le développement touristique des territoires concernés !

 

À bien y réfléchir, cette personnalisation du tourisme est aussi une chance pour les zones touristiques marginales et les petites structures. En effet, elles pourront faire valoir leur caractère unique et « hors des sentiers battus ». Il s'agira alors de concevoir ses outils de visite et de valorisation du patrimoine comme des pourvoyeurs d'expérience, de souvenirs et de culture. Rien à voir avec le cas des sites de tourisme de masse qui s'arrêtent à la fonction gestion des flux de ces outils.

Même si cet objectif de créer un véritable « compagnon de visite » est bien compris, tout reste à faire cependant pour que l'outil soit réussi et se démarque de celui du voisin.

 

Trop de technologie tue l'outil de visite

 

Cas typique de démarche inachevée : l'application mobile épate les élus et les médias locaux par son caractère apparemment innovant. Elle émoustille le visiteur avec une restitution animée en trois dimensions ou un personnage en « réalité augmentée » surgi dans le décor. Et au final, elle ne transmet rien du territoire ou du site visité.

Ce n'est pas le seul inconvénient des choix qui misent tout sur la technologie.

 

Le prototype qui fonctionne mal

 

Pire, on vous vend un outil numérique vraiment très innovant ; qui va quasiment jouer les machines à téléporter les visiteurs ou à leur faire remonter le temps, et... las ! Une fois en place, le « jouet » refuse obstinément de fonctionner correctement. Ou bien l'ergonomie est si mal pensée qu'elle en devient pénible ! Un mauvais point pour l'expérience utilisateur du visiteur et pour l'image du territoire ou du site.

 

C'est à ce moment là que le commanditaire (collectivité, office de tourisme, établissement culturel) se demande s'il a vraiment bien fait d'investir des milliers d'euros dans la création de cette application. Application certes prometteuse.... mais vraisemblablement encore en cours de développement (ce qui explique peut-être les 6 mois de retard de livraison). Trop souvent, les concepteurs d'outils de visite proposent sans l'avouer des prototypes, et c'est l'argent public qui finance...

 

Le salon Voyage en Multimédia de Saint Raphaël proposait justement le 6 février 2015 un atelier « Réussir le guidage et la mise en scène numérique de son patrimoine culturel ». Au cœur de l'exposé, ce conseil de bon sens à ceux qui veulent créer un outil de visite ludique : en cas de budget restreint, mieux vaut préférer les parcours de jeux bien pensés à partir de technologies simples et déjà développées.

 

La réalité, augmentée mais pas expliquée

 

Autre cas de figure fréquent, une application mobile est mise en place, elle fonctionne, mais.... le contenu est indigent :

  • textes trop longs, trop techniques, trop savants ou bourrés de fautes,

  • enregistrements audio inaudibles et sur-compressés d'un texte « maison » mal lu et pas du tout conçu pour l'oral,

  • photos ternes,

  • vidéo amateur.

Résultat, l'utilisateur a manipulé l'outil mais sans entrer en résonance réelle avec votre territoire ou votre site, sans trouver de véritable sens à sa visite.

 

Le tout techno expose à l'obsolescence rapide

 

L'obsolescence technologique est bien plus rapide que celle des contenus : une belle photo d'un paysage reste belle quoi qu'il arrive, une bonne anecdote bien racontée par un enfant du pays restera savoureuse. Si vous n'avez misé que sur la technologie, votre média d'accompagnement à la visite risque bien de paraître ringard dans 5 ans, ce qui vous contraindra à réinvestir.

 

Éviter la standardisation des visites

 

Même un outil technologique qui semble innovant peut « standardiser » l'image de votre destination, votre territoire ou votre site. Il en va pour les dispositifs de réalité augmentée comme des audioguides. Si l'outil est conçu sans une réflexion sur son contenu (l'identité du territoire ou du site qu'il va servir), il n'y a aucune raison pour que cet outil soit original et personnalisé. On finit par se retrouver avec toujours les mêmes graphismes, les mêmes types de schémas, les mêmes interactions.

 

Audioguides traditionnels et audioguides avec interviews

 

Le cas des audioguides illustre ce problème de standardisation liée à la seule préoccupation de l'outil au détriment du contenu transmis.

Récemment, un article de Slate donnait la parole à Sophie Deshayes, docteure en Sciences de l'Information et de la Communication, qui a consacré sa thèse aux audioguides. Cette chercheuse préconise des contenus audio à base d'interviews d'experts. Autrement dit des historiens, guides-conférenciers, archéologues, géographes... mais les « experts » d'un territoire peuvent être aussi des habitants de longue date qui témoignent de leur vécu.

 

Implication des experts du territoire

 

Histoire de Son est convaincu par son expérience de production de contenus que la transmission et l'intérêt de l'écoute passent par les « vraies gens ». Nous privilégions les séquences audio à base d'interviews de personnes-ressources, issues du territoire ou des structures à visiter, pour plusieurs raisons :

  • La légitimité de parole : qu'il s'agisse de scientifiques ou spécialistes d'un domaine particulier ou d'habitants “experts” de leur territoire.

  • La passion communicative : les spécialistes ou les habitants d'un territoire disposés à parler sont forcément animés d'une grande motivation pour leur sujet. Motivation qui se transmet spontanément dans leur voix et leurs mots.

  • Le ton naturel : bien plus qu'un comédien extérieur qui lira un texte dont il n'est pas l'auteur, la personne-ressource qui explique un concept, un lieu, un savoir qu'elle maîtrise, sait trouver le ton et les mots. D’emblée, la proximité avec l’auditeur peut s’installer.

 

Les limites du « fait-maison »

La question qui se pose à toute structure ou collectivité c'est : puis-je produire en interne des contenus de qualité ?

 

Les compétences spécifiques au multimédia

 

En fait, la réponse est assez simple : à moins de disposer de compétences spécifiques, non.

Si votre personnel communal compte un producteur de contenus multimédia et médiateur culturel chevronné, vous pouvez en effet lui confier les contenus de votre application mobile de visite. Mais sachez que cette production lui demandera du temps, temps pendant lequel il sera indisponible pour d'autres missions.

Si vos médiateurs culturels sont familiers du numérique et enthousiastes, impliquez-les dans l'élaboration des contenus, mais en partenariat avec des prestataires spécialisés.

 

Le développement informatique d'une application numérique ou d'un dispositif technique est un métier (d'ingénieur ou d'informaticien). Il en va de même pour la production d'un discours adressé au grand public, qui retient son attention et lui transmet un message.

Si certains des commanditaires ont une formation initiale à la médiation ou à la vulgarisation, c'est loin d'être toujours le cas. Interpréter, vulgariser et expliquer sont des tâches qui nécessitent un savoir-faire spécifique. Même au-delà du numérique : quand on voit s'étaler sur les panneaux d'interprétation d'une ville touristique de nombreux termes architecturaux sans aucune définition, on reste songeur...

La production de contenus est un métier. Surtout s'il s'agit de contenus multimédias.

 

Les multiples langages de la médiation culturelle

 

Ce n'est pas parce que le commanditaire dispose en interne des compétences pour écrire un cartel d'exposition ou une brochure touristique qu'il saura concevoir des médias audio ou vidéo de qualité.

Vous ne songez pas à envoyer vos films de famille à une chaine de télévision pour qu'elle les diffuse. C'est pareil pour les contenus d'application mobile. Évitez d'infliger à vos visiteurs :

  • des rédactionnels mal conçus, au graphisme tendance mais illisible, avec des textes dignes du journal officiel,

  • l'enregistrement d'une lecture laborieuse et mal rédigée,

  • des photos floues ou surexposées,

  • les images tremblantes de la vidéo réalisée quand vous aviez 5 minutes, entre deux clients de l'office de tourisme.

La création d'un bon contenu multimédia c'est un savoir-faire, ça se paie comme le reste.

 

 

En résumé, mieux vaut un dispositif numérique de visite :

-techniquement simple mais ergonomique et opérationnel, pour une bonne expérience utilisateur et une obsolescence moins rapide,

-au contenu professionnel pour que les visiteurs aient l'impression d'avoir compris quelque chose de votre territoire ou de votre site,

-au contenu riche, pour que l'utilisateur ait le choix, et donc pour pouvoir séduire plusieurs types de visiteurs (jeunes, seniors, CSP +, personnes handicapées, touristes étrangers),

-dont le contenu puisse être enrichi et actualisé régulièrement pour faire durer votre outils de visite.

 

Pour en savoir plus

 

Les audioguides parlent (presque) d'une seule voix, de Pauline Moullot, Slate.fr, 6 janvier 2015.

Réussir le guidage et la mise en scène numérique de son patrimoine culturel, Charles Demoulin, Julien Brouillard, David Lerman, Vivian Vidal, au salon Voyage en Multimédia, 6 février 2015.

La visite des musées, des expositions et des monuments, juin 2012 – CREDOC, Emilie Daudey, Sandra Hoibian, Jörg Müller.

 

 

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Médiation du patrimoine, tourisme culturel et accessible en février

30 Janvier 2015, 11:48am

Publié par véronique muzeau

Médiation du patrimoine, tourisme culturel et accessible en février

En plus des événements sonores et radiophoniques dont nous avons parlé précédemment (la Semaine du Son c'est jusqu'au 8 février 2015), voici les principaux rendez-vous du mois en matière de tourisme culturel, de médiation culturelle et scientifique des patrimoines et d'accessibilité culturelle.

 

  • Le SIMESITEM, salon des équipements et techniques muséographiques, c'est du 3 au 5 février 2015 au Carrousel du Louvre. Tous les professionnels en lien avec les lieux de culture et musées se retrouvent pendant ces trois jours pour échanger sur les dernières nouveautés en matière d'outils de médiation, accueil des publics, accessibilité ou communication. Au programme des études de cas et conférences thématiques : Galleria, un exemple inédit de diffusion culturelle, qu'apporte la scénographie ? Musée et tourisme culturel, les big Data expliqués aux musées, le programme Liget Budapest, la BNF Richelieu, la refonte du Musée de l'Homme, Le musée royal d’Afrique Centrale. Pour plus d’informations

 

  • La première conférence mondiale sur le tourisme et la culture réunira, pour la première fois, des ministres du Tourisme et des ministres de la Culture du monde entier, ainsi que des experts et des acteurs de ces deux secteurs, afin d’explorer de nouveaux modèles de partenariat entre le tourisme et la culture, ont annoncé les deux organismes. Cette conférence sera organisée à Siem Reap, au Cambodge, les 4 et 6 février 2015.

 

  • Outre-Atlantique au Québec, c'est le Mois Multi du 4 au 28 février 2015, soit 25 jours de festivités pendant lesquels plus de 100 artistes du monde entier vous proposent concert télématique, théâtre d’objets, univers immersif, œuvres cinétiques, objets robotiques, théâtre technologique et dispositifs interactifs autour de la notion de l’Autre.

 

  • Les « 6èmes Rencontres Nationales Culture & Innovation(s) » ou les RNCI. L'événement est organisé par le CLIC France, les 5 et 6 février 2015 à Paris. Cette fois il est question d'innovation numérique dans les musées, lieux de sciences et de patrimoine avec en plus cette année, le Clic Lab, espace de démonstrations d'outils numériques en cours de développement. Ce sera aussi l'occasion de la remise d'un nouveau Prix Patrimoine et Innovation(s). L'an dernier, Histoire de Son avait été cité lors des RNCI pour son intervention dans l'application mobile Le Val de Loire vu du train.

 

  • 6e édition aussi pour Voyage en Multimédia à Saint-Raphaël les 6 et 7 février 2015. Un salon clairement orienté e-tourisme mais qui laisse toujours une place au e-tourisme culturel. Ainsi, un BarCamp Manager s'adresse aux structures touristiques ou culturelles dans le but de favoriser un travail en synergie entre les deux filières grâce au numérique. D'autres ateliers pour « réussir le guidage et la mise en scène numérique de son patrimoine culturel » ou sur « le jeu et le transmédia au service du tourisme de groupe et du patrimoine ».

 

  • Les 6 et 7 février 2015 à Étables, une expérience de théâtre accessible aux spectateurs déficients visuels et qui sensibilisera à ce handicap sensoriel : "Molly Bloom, l'expérience" d'après James Joyce est un solo de théâtre musical parfumé et caressant joué dans l'obscurité par Cécile Morel. Pour se renseigner.

 

  • Le 7 février 2015, la Cité de l'Architecture à Paris propose une visite tactile et descriptive de l'exposition "Ars Architectonica", vision de l'artiste contemporaine Caroline Challan-Belval sur les collections de la Cité de l’architecture et du patrimoine. Des dessins en relief et des oeuvres en verre moulé permettront notamment d’explorer du bout des doigts l’univers de l’artiste.groupes@citechaillot.fr

 

 

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Médiation du patrimoine, tourisme culturel et accessible en janvier

3 Janvier 2015, 12:53pm

Publié par véronique muzeau

Agenda des rendez-vous tourisme, médiation et audio, culturels, numériques et accessibles

Agenda des rendez-vous tourisme, médiation et audio, culturels, numériques et accessibles

Une année toute fraiche et on repart du bon pied (mais doucement) sur les chemins de la médiation culturelle et scientifique, de la valorisation du patrimoine, du tourisme culturel, numériques et accessibles. Bon voyage et belles découvertes en 2015 !

 

  • « Réinventer l’alliance sciences sociétés. Un impératif démocratique » : l'objectif est ambitieux pour ce colloque forum organisé par des laboratoires de recherche, associations et instituts publics du 7 au 9 janvier 2015 à Paris. L'intérêt de cette rencontre c'est son double point de vue : il ne s'agira plus seulement de se pencher sur ce que les sciences apportent à la société. L'idée est aussi d'examiner ce que les citoyens, associations, syndicats, collectivités territoriales, entreprises apportent à la production de connaissances et ce qu’ils en attendent.

 

 

  • Les conférences de l'IREST ont lieu aussi tous les mercredis à l'université Paris 1 Panthéon Sorbonne ; le mercredi 21 Janvier 2015, Alice JUDE, Experte indépendante viendra parler « Politique européenne du tourisme, enjeux pour les acteurs publics et privés»

 

  • La 20e édition du salon du cadeau culturel et touristique Museum Expressions a lieu les 21 et 22 janvier 2015 à Paris. Le salon rassemble fabricants, artisans, éditeurs et designers d'objets dérivés du patrimoine culturel et artistique. Les professionnels des musées et du patrimoine peuvent également y trouver des conseils pour organiser la boutique de leur établissement. Le salon est aussi l'occasion d'ateliers de démonstration des savoir-faire dans ce domaine.

  • En parallèle, Museum Expressions crée un nouvel événement MuseumConnections qui se traduit par une série de conférences sur les innovations dans les musées les 21 et 22 janvier 2015 à Paris. Au menu des discussions : stratégie digitale, de marque et des publics, d'évaluation, de financement participatif, de boutique et espace de restauration des musées, d'impression 3D, et occasion de tester les GoogleGlass, une installation Beacon et l'OcculusRift, etc

     

 

  • Les Rencontres Innovation & Tourisme, le 26 janvier 2015 à Lyon. Une journée proposé par Rhône Alpes tourisme autour de l'innovation par les usages ou comment concevoir une nouvelle expérience de visite ou de séjour avec l'aide des publics.

 

  • Pour ceux qui pensent que le son est un instrument de culture, voici comme chaque année le festival de la radio et de l'écoute Longueur d'ondes à Brest. Réalisateurs de fictions sonores, producteurs de documentaires audio, créateurs et artistes sonores, journalistes et animateurs radio vous attendent du 27 janvier au 1er février 2015.

 

  • La 19ème édition du Salon International du tourisme de Rennes a lieu du 30 janvier au 1er février 2015. Il est surtout question de loisirs, d'hébergements et d'organisation dans la « plus grande agence de voyage de Bretagne », mais on notera quelques incursions du côté du tourisme culturel, grâce aux conférences proposées tout au long du salon.

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