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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #culture

Les musées peinent encore à séduire les adolescents

19 Mai 2015, 16:59pm

Publié par véronique muzeau

Les adolescents ont une vision dépassée des musées

Les adolescents ont une vision dépassée des musées

Les adolescents perçoivent une image très figée et très restreinte des musées malgré la diversité des établissements et tous leurs efforts de médiation culturelle envers le public jeune.

 

Les chevelures argentées ont-elle dominé la nuit des musées ? La nuit a-t-elle été trop calme et pas assez folle ? Les statistiques nous le diront peut-être dans quelques temps.

En attendant, France Culture a relancé le débat avec sa très bonne enquête multimédia sur les médiations des musées à destination des jeunes.

 

L'âge de choisir ses sorties

 

Le problème c'est déjà que le terme « jeune » est un peu trop large. Entre les enfants de maternelle et les adolescents au seuil de la majorité, c'est le grand écart.

Partons du principe que les plus petits n'ont pas encore l'autonomie de leurs sorties. Concentrons nous sur ce public qu'on dit « difficile » voire « rebelle » : les adolescents. Disons les 14-18 ans. Un âge auquel on affirme ses goûts pour finalement gérer seul ses loisirs et pratiques culturelles.

 

L'importance de l'éducation

 

Les adolescents sont donc assez grands pour choisir d'aller ou pas au musée...quoi que ! Le reportage de France Culture donne la parole à une sociologue, Sylvie Octobre, qui insiste bien sur le poids de la transmission familiale et des pratiques éducatives inscrites dans la petite enfance. La scolarité reste souvent la seule occasion d'aller au musée. Les vacances en sont une autre car les touristes ont davantage tendance à découvrir les musées lointains qu'à passer les portes des musées proches de chez eux. Mais les vacances ne sont pas à la portée de tous.

Les musées ont donc beaucoup travaillé leur accueil des publics scolaires pour concevoir des visites inoubliables. Ils espère ainsi voir les écoliers revenir dans leurs murs, même quand ils auront grandi.

 

L'enquête de France Culture a fait ressurgir un reportage plus ancien (avril 2012) visible sur Francetv education. Certes, depuis 3 ans, les choses ont bougé dans les musées. Cependant, en 2012, la médiation avait déjà beaucoup inventé et dépoussiéré. Pourtant, on est frappé par les idées reçues et clichés émis par ces lycéens de seconde. Ils viennent pourtant d'un établissement parisien et on peut supposer qu'ils sont donc plutôt favorisés socialement et culturellement.

 

Une perception erronée des musées

 

Premier point saillant : dans l'idée de ces jeunes, le musée est un musée des beaux-arts. Le « Louvre, Orsay » sont les seuls cités. Quid des autres pans de la culture ? Des musées de société ou écomusées, des musées de civilisation, des musées plus thématiques ou des établissements de sciences et techniques ? Peut-être ne sont-ils pas identifiés comme musées... et c'est vrai que, souvent, ils en refusent l'appellation préférant celle d' « espace » ou de « centre de découverte ». Sans doute pour s'éloigner du côté « conservateur ».

 

Second point, les adolescents interviewés ne sont pas spontanément attirés par le musée : « ma mère m'a un peu obligée », « j'irais pas toute seule », « ça m'intéresse pas trop » « je peux comprendre que ça n'intéresse pas trop les jeunes de mon âge », « on préfère voir des choses sur internet », « si on n'est pas intéressé, on va vite se lasser », « avec des guides, c'est un peu lent » … Il y a comme une méconnaissance du renouveau de la médiation culturelle muséale.

De même, Théo, 14 ans, que nous avions interviewé récemment dans ce blog, nous confiait son ignorance des nouvelles propositions interactives et participatives des musées.

 

En filigrane, on perçoit dans les yeux de ces jeunes l'image d'un musée figé, voire compassé et réservé aux adultes : « tous les adultes ont l'air intéressé...je pense que ça vient avec l'âge ».

Or, cette dernière impression peut être rédhibitoire à l'âge où on aspire à partager avant tout avec ses pairs. Cette interaction presque exclusive avec les gens de son âge, c'est l'une des spécificités dont doit tenir compte la médiation culturelle adaptée aux adolescents.

La conférence « Adolescents, loisirs et dispositifs de médiation culturelle » de l'Institut National de la Jeunesse et de l'Éducation Populaire (INJEP), en avril 2014, ajoutait d'autres données : une sortie ostensible de l'enfance, la préférence pour un encadrement invisible et des stéréotypes de genre très marqués.

 

 

Alors que faire ?

 

Elargir le champ de la culture

 

Une fois pour toute, il faudrait en finir avec les discours officiels et institutionnels qui limitent la culture à l'art. Que les jeunes qui n'ont pas la fibre artistique puissent être rassurés : oui l'économie c'est aussi de la culture, de même que le numérique ou encore l'écologie, la biologie, l'ethnologie. Chacun doit pouvoir trouver musée à son pied. À cet égard, les expositions thématiques de la Cité des Sciences et de l'Industrie ont largement réussi leur mission, et séduit les adolescents.

Bref, il faut décloisonner ! Pourquoi un musée des beaux-arts s'interdiraient-ils une réflexion sur des sujets de société ou d'actualité explorés à travers ses collections ? C'est une expérience encore trop rare...mais qui pourrait attirer les adolescents ?

 

 

Médiation participative et ciblée

 

Des événements, une actualité comme la nuit des musées, ou des concours de selfies permettent aux visiteurs d'être actifs. On lutte alors contre l'image statique du tableau accroché au mur. Les événements permettent aussi aux adolescents une participation en « bande » voire un échange sur les réseaux sociaux, donc un échange entre pairs.

 

De même, les ateliers créatifs peuvent être un bon moyen d'attirer les adolescents, pourvu qu'ils soient ciblés sur les 14-18 ans, bien distingués des ateliers 10-13 ans, eux-mêmes séparés des ateliers « enfants » ou « familles ».

 

Sortir de l'impératif éducatif : admettre que s'amuser est un droit et qu'on ne doit pas forcément apprendre. On peut fréquenter un musée juste pour le plaisir des yeux ou juste pour commenter les œuvres entre potes et bien rigoler.

 

Des outils sexy comme les nombreux dispositifs de réalité augmentée, jeux vidéos de visite et autres parcours multimédia sont donc appropriés à cette vision ludique du musée. D'autant plus que les ados maîtrisent et apprécient smartphones et tablettes.

 

 

Des humains pour transmettre de la passion

 

Sylvie Octobre précise cependant que tous ces dispositifs multimédia ne sauraient suffire à conquérir un public adolescent.

De même que les jeunes élèves, aussi rebelles soient-ils, suivront avec respect un enseignant passionné, ils peuvent suivre le « guide » ou le médiateur si son enthousiasme est contagieux. Histoire de Son, qui fait parler les acteurs des territoires, des sites ou des établissements culturels, ne dira pas le contraire.

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Paroles de médiateurs culturels #4 : archéologie

8 Mai 2015, 17:09pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #4 : archéologie

Un petit fragment de poterie ou un morceau de crâne manquent parfois de sens pour un public non averti. Mais les médiateurs et archéologues savent faire preuve d'imagination et d'invention pour transmettre leurs découvertes.

 

 

L'archéologique et son côté pratique

 

Pour évaluer les trouvailles des médiateurs culturels en archéologie, vous pourrez toujours faire un tour à la rencontre Paleobox du côté de Menez Dregan à Plouhinec (Finistère) le 24 mai 2015.

Après un colloque professionnel, archéologues et médiateurs s'adresseront au grand public. Vous pourrez tenter d'allumer un feu à la mode paléolithique, de tirer au propulseur, de fondre du bronze ou de tailler un os. On vous expliquera aussi comment nos ancêtres chasseurs-cueilleurs tiraient parti de leur environnement végétal et on vous proposera même de jouer les archéologues grâce à des modules qui reconstituent un mini chantier de fouilles.

 

Pour découvrir l'archéologie par la pratique, écoutez aussi ce témoignage d'Yves Guéguen, archéologue de formation et médiateur en archéologie, spécialiste des fac-similés.

 

 

Rien de tel que la pratique pour transmettre, en effet. Le profane peut saisir à pleines mains ce qui lui semblait si lointain. Les intelligences kinesthésiques y trouvent leur compte.

Dans un article paru dans Les Nouvelles de l'Archéologie Xavier Savary (géologue archéologue) souligne cette particularité de la discipline.

Elle mêle les connaissances très spécialisées, les démarches scientifiques les plus pointues (palynologie, géomorphologie, dendrochronologie...), et la pratique la plus...terre à terre, à coup de pelleteuses ou d'outils de dentistes.

Le fait de creuser le sol pour mettre au jour le passé rend peut-être l'archéologue plus concret, qui sait ?

Une céramologue, archéologue – très - spécialisée (dans la céramique et d'une période donnée), peut ainsi déclarer avec modestie que l'une de ses compétences essentielles, c'est d'être douée en puzzles ! Voilà qui nous rapproche du savant.

 

Démonstrations et fac-similés

 

Le succès d'un chantier de reconstitution comme la construction du château fort de Guédelon démontre bien l'avidité du public pour cet aspect concret et pratique. Les ouvriers du chantier participent d'ailleurs à des programmes d'archéologie expérimentale à la demande des chercheurs.

En Allemagne, les sites archéologiques proposent depuis longtemps des reconstitutions à l'identique de bâtiments ou de mobilier et le public peut ainsi s'immerger dans les différentes époques. En France, on avait jusqu'à présent quelques complexes à proposer de tels fac-similés grandeur nature. Comme si les ruines étaient plus pédagogiques...

 

Médiation archéologique et numérique

 

Un récent colloque intitulé L'archéologie à la rencontre des publics s'est justement penché en profondeur sur la transmission et la médiation de la recherche archéologique. Les débats ont évoqué la question des fac-similés y compris...numériques, bien sûr !

 Il faut dire que, quand on a peu à montrer mais beaucoup à raconter, les nouvelles technologies sont salvatrices.

Quelques objets fragmentaires deviennent des pièces complètes, quelques trous de poteaux se transforment en édifices imposants, des villes oubliées renaissent, par la magie de la réalité augmentée.

Interviews audio, ambiances sonores, images, animations 3 D viennent alors sublimer le travail des archéologues.

 

L'exemple le plus abouti de ce bon usage des nouvelles technologies vient d'ailleurs d'être livré aux yeux de tous : la grotte du Pont d'Arc, reconstitution de la grotte Chauvet.

 

Bien sûr, la médiation en archéologie se doit d'éviter des écueils, dont certains lui sont propres : incompatibilité entre conservation et fréquentation, risque de privilégier l'émotion et le spectaculaire au détriment du savoir, questions identitaires et territoriales trop « brûlantes », immensité du patrimoine immatériel, etc.

 

Une chose est certaine en tout cas, comme n'importe quel domaine de recherche - publique qui plus est – l'archéologie se doit aussi de pratiquer la dissémination, la restitution, la transmission et donc la médiation. Autant continuer à le faire avec brio !

 

 

 

Ressources

 

La page facebook de Paleobox

https://www.facebook.com/paleobox?fref=ts

 

Article de Xavier Savary dans les Nouvelles de l'archéologie

http://nda.revues.org/1252

 

Ils bâtissent un château fort : chantier de Guédelon

http://www.guedelon.fr/

 

La grotte Chauvet-Pont d'Arc

http://lacavernedupontdarc.org/

 

Colloque l'archéologie à la rencontre des publics, 26 et 27 novembre 2014,

direction générale des Patrimoines du ministère de la Culture et de la Communication,

www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Archeologie/Rencontre-des-publics

 

INP Institut national du patrimoine

http://www.inp.fr/

 

Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives)

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/p-7-Accueil.htm

 

CMN (Centre des monuments nationaux)

http://www.monuments-nationaux.fr/

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en mai 2015

30 Avril 2015, 11:13am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en mai 2015

On remixe, on innove on réinvente la culture et la médiation culturelle en mai 2015. Et le numérique y est pour quelque chose ! Il a tellement pris racine dans nos pratiques que certains se penchent sur l'archéologie des médias. Mais l'archéologie classique propose aussi ses rendez-vous. Quant aux musées, ils ouvrent plus grand leurs portes...

 

 

 

Museomix c'est la médiation culturelle en musée remixée par une équipe passionnée : des médiateurs, bricoleurs, designers, développeurs, graphistes, communicants, artistes, écrivains, scientifiques… Pendant 3 jours, ils investissent les lieux pour inventer et tester un dispositif de médiation muséale innovant. Le tout passe par le tamis du numérique. En 2014, ils étaient 7 musées de France, Suisse, Québec et Grande-Bretagne. C'est le 2 Mai qu'on connaitra la liste des musées museomixés en 2015.

 

 

Les médias ont aussi leur archéologie ! Deux journées d'étude en entrée libre y sont consacrées à Paris. Chercheurs et artistes vont fouiller les archives numériques de l'ère du « paléo-digital » à suivre :

  • mercredi 6 mai 2015 à Bibliothèque nationale de France, pour l'archéologie des média et des savoirs
  • jeudi 7 mai 2015 à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts ENSBA pour les humanités et l'atlas à l’ère post-digitale.

L'archéologie des médias sera également le thème d'une exposition proposée à partir du 19 mai par le laboratoire d'archéologie des médias de l'école supérieure d'art d'Avignon.

 

 

Le festival "Brouillage" dédié à la création radiophonique et préparé par Radio Campus Paris, a lieu du 4 au 9 mai 2015. Encore une bonne occasion d'en prendre plein les oreilles, mais aussi plein les yeux car le festival s'intéresse aux liens entre radio et spectacle vivant.

 

 

"Culture et handicap : accessibilité des équipements et des contenus" c'est le thème d'une table ronde de la commission culture du Sénat, ouverte à la presse et au public et retransmise en direct sur le site du Sénat mercredi 6 mai 2015 à 10 heures.

 

 

Pour clore son cours public d'histoire et d'architecture, la Cité Chaillot propose une table-ronde débat sur « l’avenir du patrimoine, entre compétition internationale  et cultures mondialisées », jeudi 7 mai 2015.
    

 

Une escapade en Suisse à Lausanne où les journées des alternatives urbaines de Lausanne proposent entre autres des balades sensibles et des paysages en écoute. Du 8 au 10 mai 2015.

 

 

Réinventer les modèles culturels de demain, c'est l'ambition du Forum de l'European Lab du 13 au 15 mai 2015 à Lyon. Les champs culturels (nouvelles images, médias, web, édition, musiques…) y sont examinés sous l'angle économique et politique. Parallèlement le festival Nuits Sonores anime les nuits lyonnaises du 13 au 17 mai 2015.

 

 

L'EMYA 2015 (European Museum Yeard Award ou prix européen du musée de l'année) a lieu du 13 au 16 mai à Glasgow (Écosse). Il récompense les meilleurs exemples de valorisation des collections ou les interprétations muséales les plus innovantes. Des musées de 21 pays sont en compétition.

 

 

Pour le grand public, la 11e édition de la Nuit européenne des musées c'est le 16 mai 2015. Non seulement les musées font portes-ouvertes en nocturne ce jour-là. Mais souvent ils proposent aussi des animations spécifiques. Et l'entrée est libre dans plus de 1300 musées en France.

 

 

Le 18 mai 2015, c'est la journée internationale des musées qui a pour thème cette année « musées pour une société durable ». Pas d'événement prévu en France, mais la Suisse participe avec notamment le dimanche 17 mai 2015 une opération « traditions vivantes hier aujourd’hui demain ». Les musées suisses vont valoriser tout le patrimoine culturel : artisanat traditionnel, rituels, fêtes et musiques populaires, langues et dialectes ou rapports à la nature.

 

 

Comment le développement culturel des territoires ruraux peut-il s’appuyer sur le numérique ? Excellente question que se posent la Nacre et l’Association des Maires Ruraux de France le mardi 19 mai 2015 à Poncins (Loire).
Les échanges porteront sur le patrimoine, l’éducation artistique et culturelle, la diffusion, ou encore la création artistique impliquant le numérique.

 


Le GIS Marsouin, fédération des équipes bretonnes de Sciences Humaines et Sociales, qui travaille sur les usages du numérique, organise son traditionnel séminaire les 21 et 22 mai 2015 à Saint-Jacut-de-la-Mer (22). La valeur de Wikipedia, la pratique des TIC dans les îles, le shopping en ligne, l'open data, mais aussi l'usage du numérique dans l'éducation ou la médiation urbaine numérique... le programme est riche et les thèmes de discussion sont très variés !

 

 

Le centre d'interprétation de Menez Dregan à Plouhinec (Finistère) accueille les Rencontres Paléobox les 23 mai et 24 mai 2015. Le samedi, c'est une journée professionnelle pour les médiateurs en archéologie et archéologues de toute la France. Mais le dimanche, place aux ateliers et démonstrations ouverts à tous et gratuits : tir au propulseur, allumage de feu, utilisation du milieu végétal, fonte de bronze, travail de l'os, modules de fouille...

 

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Paroles de médiateurs culturels #2 : au jardin

17 Avril 2015, 15:03pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #2 : au jardin

La médiation culturelle descend au jardin. Lieux humains donc lieux de culture par excellence, les jardins et les parcs ont beaucoup à nous apprendre sur nous-mêmes.

 

Le jardin devenu support de culture

 

Depuis longtemps, parcs et jardins se transforment en lieux de culture dès le retour des beaux jours. Les kiosques à musique accueillent ensembles et orchestres, les théâtres de verdure s'emplissent de comédiens et de spectateurs venus savourer une pièce au clair de lune. Les conteurs promènent leurs auditeurs de bosquets en massifs au fil de leurs histoires.

Mais alors, le jardin n'est qu'un écrin, un simple réceptacle.

 

Plus récemment, il est devenu en soi un support de culture.

Déjà, c'est un coin de nature façonné par l'homme. Le jardin est culturel, comme peut l'être un paysage.

Il est aussi l'objet d'attentions particulières, avec souvent des prétentions esthétiques, parfois des visées artistiques, ou bien des objectifs médicinaux ou alimentaires. Qu'il soit parc floral, jardinet d'agrément, potager, le jardin est comme une bibliothèque végétale, à condition que la médiation sache nous aider à lire ses ouvrages.

Mais l'endroit lui-même est propice à la transmission : le jardin peut parler à tout public. Nous avons tous un jardin quelque part dans notre vie. Le jardin nous est familier.

Par ses multiples dimensions sensorielles, il est plus accessible que bien d'autres lieux. On y respire les odeurs, on y entend les chants d'oiseaux, bruissements du vent dans les feuilles ou craquements, on y touche les écorces...

 

 

Anaïs Löhmann a fait des études d'architecture du paysage. En service civique à l'écomusée des Monts d'Arrée, elle découvre le potentiel du jardin comme lieu de médiation culturelle.

 

De l'art au jardin à l'art du jardin

 

Dans le domaine artistique par exemple, on est passé de l'exposition d'oeuvres d'art dans les parcs, aux installations artistiques étroitement connectées avec le jardin. Le festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire est l'événement emblématique de ce glissement. Dans le parc du château de Chaumont, les œuvres s'inspirent du jardin ou sont des jardins. Ce ne sont pas seulement des œuvres posées dans un joli décor avec lequel elles ne dialogueraient pas.

 

Entretemps, le land art est venu d'Amérique : un art contemporain qui utilise lui aussi la nature comme environnement et comme ressource. La pratique du land art est désormais un outil de médiation culturelle, à la fois comme expression artistique mais aussi pour interroger le rapport de l'homme à la nature.

 

La science au jardin

 

Manifestation ancienne du jardin « documentaire », le parc botanique affiche lui aussi une ambition culturelle : conserver des espèces, faire avancer la science et transmettre au grand public le savoir végétal. Les jardins botaniques sont toujours appréciés des amateurs de beauté et des passionnés des plantes. Ils deviennent des lieux innovants de médiation culturelle scientifique. Ainsi en est-il du Labotanique que les Petits Débrouillards ont réalisé dans la grande serre du domaine de Trévarez à Saint-Goazec (Finistère). C'est une exposition interactive permanente centrée sur les trois espèces reines du domaine : camélias, rhododendrons et hortensias. Elle fait la part belle aux expériences et au jeu et les outils de médiation sont très variés, numériques ou pas.

 

Le jardin ethnologique

 

Autant le parc assouvit d'abord un besoin de beauté, autant le jardin a bien souvent aussi un but pratique.

Au Moyen Âge, le jardin des abbayes ou des châteaux était avant tout médicinal et potager.

L' EPCC (établissement public de coopération culturelle) Chemin du Patrimoine en Finistère a totalement recréé le jardin de l'ancienne Abbaye du Relecq pour en faire un espace d'interprétation sur l'usage alimentaire des plantes de l'époque médiévale à nos jours.

De même, l'Ancienne abbaye de Landevennec s'appuie sur son jardin d'archéologie et d'histoire pour illustrer concrètement la vie monastique au temps de Charlemagne.

Au musée de l'école rurale de Trégarvan, le jardin de l'instituteur est un élément à part entière de la scénographie. Sous la IIIe République, l'enseignant l'utilisait à la fois comme outil pédagogique et comme garde-manger.

Enfin, l'écomusée des Monts d'Arrée reconstitue, après une véritable enquête de terrain, le jardin typique de son territoire dans les années 1950. Jardin vivrier, essentiellement potager, il illustre les mutations profondes d'une Bretagne qui passe alors de l'agriculture paysanne à un modèle agricole intensif et industriel.

Plusieurs de ces propositions finistériennes sont rassemblées dans l'opération « jardins insolites en Finistère » dont le leitmotiv est bel et bien « une terre de culture et de patrimoine ».

 

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Les métiers d'art et la médiation culturelle

27 Mars 2015, 12:24pm

Publié par véronique muzeau

Dans l'atelier de Patrick Blanchard, sculpteur ornemaniste à Enghien-les-Bains

Dans l'atelier de Patrick Blanchard, sculpteur ornemaniste à Enghien-les-Bains

 

 

Ce sont les journées des métiers d'art du 27 au 29 mars 2015. Faire découvrir ces savoir-faire c'est aussi de la médiation culturelle car il s'agit bien souvent de patrimoine culturel.

 

Les 9e Journées Européennes des Métiers d'Art ( #JEMA2015) ont lieu ce dernier week-end de mars. Le programme de cette manifestation européenne se compose essentiellement de visites d'ateliers d'artisans d'art, d'expositions et de circuits thématiques.

 

Le passé et l'avenir se conjuguent

 

Bien sûr, l'événement met en lumière des métiers de haute technicité. Le thème de cette année, « territoires de l'innovation », est sans équivoque : ce sont aussi des métiers d'avenir et les JEMA ont pour but d'inciter les jeunes à s'orienter vers ces professions. D'ailleurs, les centres de formation proposent des démonstrations, ateliers d'initiation ou portes-ouvertes ; parfois sur des chantiers de restauration qu'ils ont menés.

Incidemment, il s'agit aussi d'inciter le public à acheter les objets d'artisanat d'art ou à s'offrir les services de ces artisans spécialisés qui ont pourtant souvent du mal à vivre de leur travail. C'est du « made in France » et le mot « territoires » est aussi intéressant : faire vivre les métiers d'art, c'est consommer local !

 

Patrimoine immatériel et matériel

 

Mais il s'agit aussi de comprendre des techniques parfois ancestrales qu'emploient ces métiers. C'est donc une découverte de patrimoine immatériel. Ou matériel, quand l'artisan restaure un objet ou un bâtiment historique : mobilier ancien, faïences, reliures, statues, instruments de musique, bijoux, toitures en chaume, etc.

En ce sens, les Journées des métiers d'art sont un acte de médiation culturelle.

Histoire de Son a réalisé ce type de médiation dans l'audio guide de la Collégiale Saint Martin de Montmorency (94) en donnant la parole à une restauratrice de vitraux et à un sculpteur ornemaniste. Car les artisans d'art qui oeuvrent dans la restauration patrimoniale sont aussi de véritables savants en histoire de l'art. On découvre ainsi comment travaillait l'atelier qui a réalisé au XVIe siècle les stalles de la collégiale, ou les évolutions des techniques du vitrail à la Renaissance. Les objets eux-mêmes, les symboles qu'ils arborent, nous parlent du passé et sont des témoins de l'Histoire religieuse, diplomatique, économique...

 

Un public curieux d'artisanat historique

 

Et le public est friand de ce type de manifestation. Certes, la beauté et l'émotion esthétique sont les atouts majeurs de l'artisanat d'art. Mais la découverte et l'apprentissage font aussi partie des motivations des visiteurs, comme pendant les journées du patrimoine. En témoigne le succès du chantier de Guédelon où la construction d'un château fort avec les techniques du Moyen-âge est l'occasion d'expliquer l'ouvrage du forgeron, du cordier, du menuisier ou du tailleur de pierre, la fabrication des tuiles ou des bardeaux (tuiles de bois), la teinture des tissus. On fait un peu de physique chimie en passant et on s'émerveille !

 

  • Journées européennes des métiers d'art, du 27 au 29 mars 2015, dans toute l'Europe

http://www.journeesdesmetiersdart.fr/

 

  • Collégiale Saint Martin de Montmorency

http://www.montmorency-tourisme.fr/Visite-audioguidee-de-la

 

  • Château de Guédelon

http://www.guedelon.fr/

 

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Histoire de Son vous souhaite une excellente année 2015

25 Décembre 2014, 20:34pm

Publié par véronique muzeau

Une année pleine de sens, de sons, de culture!

Une année pleine de sens, de sons, de culture!

Quelques voeux pour l'année à venir?

 

  • Que la culture soit enfin une composante à part entière du tourisme!
  • Que le numérique prenne tout son sens avec des contenus de qualité et ne s'arrête pas aux seules prouesses technologiques.
  • Que l'accessibilité universelle soit une donnée incontournable de tous les projets culturels.
  • Que l'imagination fertile des producteurs de contenus rencontre l'ambition culturelle des institutions, collectivités locales, structures privées, quelle que soit leur taille.
  • Que les institutions, collectivités publiques ou structures privées pensent médiation et pas seulement communication.
  • Que le patrimoine immatériel devienne une vraie roue du carosse culturel.

 

Bonne année 2015 à tous !

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Médiation du patrimoine, tourisme culturel et accessible en décembre

30 Novembre 2014, 22:15pm

Publié par véronique muzeau

Médiation du patrimoine, tourisme culturel et accessible en décembre

Mieux qu'un calendrier de l'avent, notre agenda des rendez-vous vous prouve que le monde de la médiation et du tourisme culturels et accessibles ne se laisse pas engourdir par le froid.

 

  • Depuis le 29 novembre et jusqu'au 7 décembre, c'est la Semaine de l'Accessibilité 2014 au musée du Quai Branly. Ateliers, visites spécifiques et dispositifs accessibles sont proposés gratuitement.

 

 

  • « Le numérique entre outil et culture : quels défis pour l’historiographie ? », Journées d'étude, les 1er et 2 décembre à l'EHESS.

 

 

  • Quelle(s) médiation(s) pour les sciences ? C'est ce que vont se demander les participants de la journée d'étude organisée le 2 décembre 2014 à la Bibliothèque Nationale de France.

 

  • Le 3 décembre 2014, comme chaque mercredi, l'école de la Panacée met la « médiation numérique en débat » et invite Gonzague Gauthier (Centre Pompidou) et Sébastien Magro (musée du Quai Branly) pour parler de ce que les tablettes tactiles ou les applications smartphone ont changé dans les musées, et en particulier cette fois dans les musées de société.

 

 

  • À la cité Chaillot, jeudi 4 décembre 2014, Pierre-Antoine Gatier vient parler des « monuments » du patrimoine mondial D’Abou Simbel (Egypte, 1966) à l’usine Van Nelle (Pays-Bas, 2014)
  • et le jeudi 18 décembre 2014 ce sera Thierry Lefebvre sur la question : Pour une conservation exemplaire de la nature  ?

 

  • Pour ceux qui s'intéressent à l'accessibilité aux déficients visuels, l'Association Valentin Haüy propose une nouvelle visite découverte de ses locaux parisiens et de ses services : musée, imprimerie braille et médiathèque, le 4 décembre. Réservation indispensable.

 

  • Comment les outils numériques mobiles inspirent-ils les artistes ? Un art spécifique destiné aux smartphones et tablettes est-il en train de voir le jour ? Réponses au colloque Art et Mobiles les 4 et 5 décembre 2014.

 

 

 

 

  • Jusqu'au 28 décembre 2014, la médiathèque Marguerite Duras expose pour la première fois une installation multi sensorielle accessible aux personnes déficientes visuelles dans son exposition "À table avec deux petites curieuses". L’installation se compose de deux tables conçues en lien avec un conte : Boucle d’Or et Alice au pays des merveilles. Des bibliothécaires vous accompagnent dans la découverte de ces tables le mercredi de 16h à 17h30 et le samedi de 16h à 18h.

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Des trains pour la culture (2)

21 Novembre 2014, 11:01am

Publié par véronique muzeau

Une application mobile qui vous explique le paysage traversé par le train

Une application mobile qui vous explique le paysage traversé par le train

Les trains et les gares sont des lieux culturels comme les autres. Aux expositions ou événements culturels dans les gares s'ajoutent la valorisation du patrimoine liée à l'histoire ferroviaire et enfin, grâce au nomadisme numérique, l'offre culturelle à bord des trains.

 

On peut même enrichir la culture scientifique et culturelle grâce au train, plus exactement à la faveur de la construction d'une ligne de TGV, comme celle qui voit le jour entre Le Mans et Rennes.

 

Travaux ferroviaires et archéologie

 

Sur les 214 kilomètres de la Ligne à Grande Vitesse Bretagne - Pays de la Loire et ses quelque 2 200 hectares d’emprise foncière, l’Institut national de recherches archéologiques (INRAP) a mené plus de 20 000 jours de prospections, fouilles et études. Avec à la clef, des découvertes sur une longue période puisque les archéologues sont remontés jusqu'à Neandertal et ses bivouacs en vallée de la Sarthe. Ces découvertes sont partagées avec le public au travers d'un ouvrage Sur les rails de l’histoire. Découvertes archéologiques le long du tracé de la Ligne à grande vitesse Bretagne – Pays de la Loire, sous la direction de Michel Baillieu et Pierre Chevet, éditions de la Reinette, 2013.

Sur les rails de l'histoire est aussi le titre d'une exposition archéologique itinérante, qui fait halte à l'Hôtel de la Région Bretagne jusqu'au 19 décembre 2014, après un passage à la préfecture de la Sarthe au Mans, puis au musée archéologique départemental de Jublains en Mayenne.

 

La SNCF anime ses gares

 

La branche de la SNCF Gares et connexions organise quant à elle des événements culturels dans les gares, et parfois dans les trains : habillage de 6 gares avec des photographies des Rencontres d'Arles entre juillet et septembre, restauration d'éléments anciens du patrimoine ferroviaire comme les colonnes en fonte XIXe de la gare de Strasbourg, visite de la Tour de l'Horloge à la gare de Lyon (Paris) ou exposition de trains mythiques comme l'Orient Express et sa machine à vapeur pendant les journées du patrimoine.

En ce moment, des expositions en gare de Poitiers jusqu'au 10 décembre à l'occasion du Poitiers Film Festival.

Régulièrement, des concerts animent la gare Saint Lazare.

Gare et Connexions soutient même un appel au financement participatif (crowdfunding) pour la restauration des tableaux en céramique de la gare de Tours, via Ulule.fr

 

L'interprétation du paysage vu du train

 

La gare de Tours est justement l'une des étapes clefs de l'application mobile le Val de Loire vu du train, co-réalisée par Histoire de Son (pour les contenus audio) : l'application vous explique le paysage vu du train, autrement dit ce patrimoine mondial UNESCO qu'est le Val de Loire : le fleuve, son milieu naturel, l'action humaine sur les paysages, l'histoire des villages ligériens, le troglodytisme ou l'art de tailler le tuffeau, sans oublier les vignobles du Val de Loire ou même la centrale nucléaire de Chinon. Et pour interpréter le paysage, des interviews de géographes, architectes, historiens, conservateurs ou guides, et des acteurs économiques comme un maraîcher d'Anjou ou un représentant de la profession viticole …L'application est toujours en cours d'enrichissement, elle sera terminée en 2015 et couvrira tout le trajet d'Orléans à Nantes.

 

Ce n'est qu'un début. On inventera sûrement de nouveaux moyens de transformer le déplacement ferroviaire en voyage culturel.

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Un autre tourisme est possible

13 Novembre 2014, 16:36pm

Publié par véronique muzeau

Le tourisme réussi c'est d'abord l'expérience inoubliable

Le tourisme réussi c'est d'abord l'expérience inoubliable

Ce n'est pas au « premier pays touristique du monde » - la France - qu'on va donner des leçons de tourisme... Et pourtant si ! Le CESE, conseil économique social et environnemental préconise de « repenser le tourisme ». La proximité, la diversification des formes de tourisme et l'ancrage dans les territoires devraient être les axes du tourisme de demain.

 

Du tourisme de masse au tourisme durable

 

Le tourisme en France reste un tourisme « de masse », concentré sur un cinquième du territoire hexagonal alors que les 80% restants ont sans doute des atouts à faire valoir.

Concentré également dans le temps (de juillet à septembre), ce tourisme n'est guère durable : il génère surcharge, surpopulation et surconsommation sur une petite portion du territoire. Il exclut aussi une partie de la population française elle-même. D'où les maîtres-mots pour le nouveau tourisme que le CESE appelle de ses voeux : durable et social.

 

Spécificités et inventivité

 

Pour éparpiller les visiteurs et rendre les vacances plus accessibles, le Conseil préconise une offre plus diversifiée, plus innovante aussi. Les territoires ont des atouts variés, ils doivent pouvoir se distinguer les uns des autres pour étonner les vacanciers. Alors que le CESE souligne la multiplicité des acteurs du tourisme (le fameux « mille-feuille » des Offices, Syndicats, Pays, Agences), on s'étonne en effet que l'offre soit si standardisée. Il faut dire que ces nombreux acteurs collaborent encore assez mal, souligne le Conseil. La concurrence fait rage pour une petite part de gâteau, alors qu'il reste l'essentiel du gâteau à se partager... L'imagination ferait-elle défaut aux acteurs du tourisme ? Ou bien les bonnes idées circuleraient-elles peu ?

 

Proximité et participation

 

En tourisme aussi on peut promouvoir les circuits courts. Une distance moindre réduit les déplacements, donc leur coût et les pollutions qu'ils génèrent. Le temps de tourisme s'en trouve aussi allongé. C'est donc plus durable et plus social. Il ne reste plus au territoire qu'à séduire ses voisins, voire ses propres résidents. Et surtout à conquérir ceux parmi eux qui ne sont pas encore touristes !

Le CESE préconise donc un tourisme accessible à tous, mieux réparti, diversifié, plus proche de la nature et des habitants. Presque une révolution, mais on devrait pouvoir y arriver !

 

Et cette vision c'est bon pour le tourisme culturel.

Certes, le touriste durable appréciera le calme verdoyant d'une campagne hors des sentiers battus. Il s'éclatera physiquement dans des forêts sauvages ou sur des rivières méconnues. Certes, il goûtera certainement la gastronomie locale restée authentique, et il aimera dormir chez les gens du cru.

Mais gageons que le touriste durable aura aussi soif de découverte et donc de culture !

 

Élargissement du champ de la culture

 

Dans son article sur la participation des publics au musée, Sébastien Magro, expert en nouvelles muséographies, évoque nos 250 écomusées et musées de société. Il rappelle au passage que la notion de patrimoine ou d'objet de culture s'est bien élargie depuis les années 1970.

Au delà des oeuvres d'art ou des vestiges archéologie, tout (ou presque) peut être sujet d'étonnement, d'apprentissage et d'émotion : les communautés humaines, leurs pratiques, leur vécu, leurs souvenirs. L'ethnologie est passée par là. Et nous ajouterons le milieu naturel : faune, flore, géologie, géographie. L'écologie a bien poussé.

 

Les outils d'un tourisme accessible et disséminé

 

Les outils numériques permettent depuis quelques années (seulement) de concevoir une transmission et une découverte sans bâtiments, sans même un personnel d'accueil (c'est parfois regrettable) ; on crée ici des « musées promenades » en plein air, on propose là des parcours ou des itinéraires d'interprétation.

Nul besoin désormais d'avoir un arc de triomphe à l'entrée de la ville, ni de bâtir à grand frais un musée. Il suffit en somme de donner du sens à son territoire, quel qu'il soit.

Enfin, il suffit... La mise en valeur d'un patrimoine, son interprétation et sa mise en scène ne s'improvisent pas, bien sûr. La construction des outils numériques de visite est affaire de professionnels y compris leur contenu ! Et le « fait maison » n'est guère souhaitable pour résister à la concurrence des autres territoires. Adapter son discours aux différents médias numériques, interviewer des personnes ressources, connaître les ressorts de la médiation numérique, rendre cette médiation accessible à des visiteurs handicapés, voilà qui suppose un savoir-faire.

 

Mais si la mise en valeur des mille et un trésors culturels ou naturels de la France est réussie, nul doute qu'on pourra répartir les visiteurs dans l'espace et le temps. Nul doute qu'on aura aussi "créé" un supplément de tourisme en qualité et en quantité. Nul doute qu'on inventera un nouveau tourisme plus seulement limité au « bronzage idiot » sur quelques centimètres carrés de serviette.

De toute façon, aurons-nous le choix ?

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La culture gagne en accessibilité

5 Novembre 2014, 17:56pm

Publié par véronique muzeau

La culture gagne en accessibilité

L'accessibilité culturelle gagne du terrain et c'est tant mieux ! Et les handicaps sensoriels ne sont pas oubliés, que ce soit dans les lieux culturels d'envergure, mais aussi les sites plus modestes.

 

Ainsi, le Théâtre de Cornouaille à Quimper édite chaque année un programme de saison en version audio à destination des personnes déficientes visuelles. Sur chaque fiche spectacle du site internet du Théâtre, un fichier audio est disponible en écoute.

Le CD audio complet de ce programme est disponible en téléchargement libre ou à l’accueil du Théâtre pour toutes les personnes qui en font la demande.

Le prochain spectacle en audiodescription est celui de François Morel La Fin du monde est pour dimanche, vendredi 7 novembre 2014.

 

Quant à la fondation Louis Vuitton dans son tout nouvel écrin, elle a pensé à tout et les 7000 mètres carrés d'exposition des collections d'art contemporain sont accessibles aux visiteurs quel que soit leur handicap. Le personnel a été spécialement formé à l'accueil et aux différentes médiations et les équipements ou dispositifs de médiation sont au rendez-vous, notamment pour les visiteurs aveugles ou malvoyants : contenus audio compatibles avec l'application Voice Over pour Iphone, bandes de guidage podotactiles à l'extérieur, et de vigilance à l'intérieur, bornes sonores, maquettes tactiles des lieux avec relief, braille et texte en noir.

 

Plus ponctuelle mais à saluer aussi, la semaine de l'accessibilité que le musée du quai Branly met en place à l'occasion de la Journée Internationale des personnes handicapées le 3 décembre. Le musée propose pendant une semaine, du 29 novembre au 7 décembre 2014, l'entrée gratuite pour les personnes en situation de handicap et leur accompagnateur, et des activités gratuites pour voir, toucher, écouter ou ressentir.

 

À Rennes, le centre multiculturel Les Champs Libres, a fait de gros efforts en matière d'accessibilité. S'il n'a pas encore le label tourisme et handicap pour le handicap visuel, la bibliothèque y propose néanmoins des rendez-vous spécifiques comme ces rencontres « des livres à l'oreille » qui font découvrir aux visiteurs livres audio, CD Daisy, romans ou documentaires ou encore « Écouter voir en chambre noire », une projection de film en audiodescription chaque mois.

 

Quant aux établissements et équipements culturels qui sont encore dans le flou et se demandent par où commencer pour être accessibles, ils peuvent trouver des informations sur le site internet du ministère de la culture et de la communication.

 

Enfin, si vous-mêmes êtes en situation de handicap sensoriel, rendez-vous sur le site de l'association acces-culture qui propose un agenda des spectacles adaptés pour les handicaps visuel et auditif.

Pour les lieux de visite comme les musées, et pour tous handicaps, explorez la carte interactive de handistrict.


 

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