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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #culture

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2016

26 Février 2016, 17:28pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine en mars 2016

Ça sent le renouveau printanier pour l'art numérique : plusieurs festivals et événements sont programmés en ce mois de mars 2016.

La création sonore nous promet aussi quelques beaux rendez-vous et la médiation culturelle numérique n'est pas en reste.

 

 

L'art en mode numérique

 

 

  • Art, innovation et numérique sont les trois mamelles du Mirage Festival qui a lieu du 2 au 6 mars 2016 à Lyon. Son volet « Open Creative Forum » se joue en mode collaboratif.

 

  • Comment les anthropologues, réalisateurs, plasticiens, ingénieurs pensent-ils et interprètent-ils le monde numérique ? Installations et débats pour tenter de répondre à cette vaste question aux Anthropologies Numériques organisées par Le Cube à Issy-les-Moulineaux (92) du 10 au 12 mars 2016.

 

  • Le festival « Croisements numériques », du 16 au 30 mars 2016 à Saint-Nazaire (44), s'interroge sur les rapports entre nos corps et les nouvelles technologies de l'information et de la communication, au travers d'expositions, animations, ateliers, rencontres. conférences, spectacles et d'une journée professionnelle.

 

  • Même s'il est surtout consacré aux arts visuels, comme son nom l'indique, « Vidéoformes » se veut un festival pluridisciplinaire, ouvert à toutes les créations numériques, du 17 mars au 2 avril 2016 à Clermont-Ferrand (63).

 

  • Festival augmenté, « Tropisme » mêle installations expositions et spectacles qui font la part belle à la création digitale, du 23 mars au 8 avril 2016 à Montpellier.

 

 

La création sonore

 

  • Concerts, création sonore et poésie sonore sont diffusés par le réseau pendant l'Audioblast Festival #4, du 27 février 1er mars 2016.

 

  • Un laboratoire sonore d'expérimentation en poésie et art, c'est ainsi que se définit la performance FabrikaVoxa à suivre le 3 mars 2016 à l'espace multimédia Gantner de Bourogne (90).

 

  • « Lieux perdus » est un concert immersif à écouter en son 3D au casque, interprété par Le balcon, avec la mise en scène sonore de Benjamin Lazar, le 5 mars 2016 à Compiègne (60).

 

  • Une exposition destinée aux plus jeunes qui mêle arts plastiques et sonores, c'est le « Jardin Sonore » proposé par le Quartier, centre d'art contemporain de Quimper (29) du 5 au 27 mars 2016.

 

  • Et un p'tit quatre-heures

 

 

  • La Journée Territoires du documentaire sonore, est organisée le 18 mars 2016 à Paris, par l’Ina et l’ Addor (association pour le développement du documentaire radiophonique et de la création sonore). Une occasion pour les documentaristes radio de toutes générations d'échanger sur leur expérience les évolutions les plus récentes liées au numérique. Des séances d’écoute sont aussi prévues.

 

  • Espace-son est un séminaire international qui permet une approche interdisciplinaire des milieux sonores. Il a lieu du 21 au 25 mars 2016 à l'Université Paris 8, en partenariat avec la Semaine des arts.

 

 

 

La médiation culturelle numérique

 

  • Entre création artistique et médiation culturelle, le Musée national Jean Jacques Henner (Paris) propose à ses visiteurs de créer leurs propres œuvres numériques à partir d’éléments de tableaux de l’artiste, le 1er mars 2016, dans le cadre de ses nocturnes.

 

  • Gazouillez musées ! Devenu un véritable temps fort de la communication et de la médiation culturelle des musées, la #MuseumWeek a lieu du 28 mars au 4 avril 2016 sur le réseau social Twitter. Retrouvez les 7 thèmes et les 7 hashtags ici.

 

 

 

Le tourisme culturel et numérique

 

 

  • Un workshop est consacré à l'œnotourisme et au numérique à Bourges les 22 et 23 mars 2016. Des tables rondes et des débats permettront de dresser un état des lieux et de confronter les points de vue des différents acteurs du tourisme du vin en Berry. L'idée est de proposer ensuite de nouvelles expériences aux visiteurs : applications numériques à destination touristique, technologies 3D etc.

 

  • Les technologies virtuelles appliquées au tourisme culturel et au patrimoine seront notamment au programme du « Laval Virtual » le forum des technologies immersives, du 23 au 27 mars 2016 à Laval.

 

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Boulimie de patrimoine

18 Septembre 2015, 08:32am

Publié par véronique muzeau

Boulimie de patrimoine

Revoilà les Journées du patrimoine, toujours aussi dynamiques et foisonnantes. Elles font même office d'apéritif pour une autre part de patrimoine, la gastronomie, qu'on fête la semaine suivante. De quoi gaver les curieux. Trop ?

 

Elles sont de retour ! Comme chaque année, il ne fait pas de doute que les Journées Européennes du Patrimoine (JEP pour les intimes) vont faire le plein, archi plein. Les chiffres parlent d'eux-même : un nombre monumental de sites participants (17000*), des visiteurs par millions (12 millions en France*), une idée reprise dans 50 pays (mais pas tous à la même date). Et pour être certain d'en avoir encore pour les prochaines années, on a choisi pour thème de cette édition 2015 « le patrimoine du XXIe siècle, une histoire d'avenir ».

 

En tout cas, les animations sont encore légion. Au point qu'on soupire en pensant à tout ce qu'on ne pourra pas voir...

 

Indigestion de propositions

 

Et oui, c'est un peu le problème avec ces grands temps forts de la culture. Ça met en lumière, ça fait le buzz, mais concrètement c'est très frustrant.

Non, vous ne pourrez pas suivre le concert dans la maison natale de Debussy, ET le parcours d'animation autour de la COP21 au ministère des Affaires étrangères, ET la visite commentée du chantier de restauration de la façade ouest et du clocher de l'église Saint Martin de Courpière (63) ET voir l'exposition « les quartiers se racontent » à l'aéroport Guadeloupe pôle Caraïbes. Vous devrez choisir. C'est cruel mais c'est comme ça !

 

En fait, si vous soupirez c'est parce que vous êtes déjà un boulimique de patrimoine et que les JEP n'ont pas vraiment été inventées (en 1984) pour vous...

 

Des journées conçues d'abord pour les débutants du patrimoine

 

Une étude un peu ancienne (2000) montrait que la motivation des participants aux Journées était avant tout la découverte d'un univers inconnu.

 

Plusieurs profils se détachent cependant parmi les publics des Journées du patrimoine ; à savoir :

 

  • Les non-habitués, qui ne fréquentent guère le patrimoine dans l'année et qui profitent donc de cette grande communion nationale pour le faire. Quoi qu'ils visitent, ce sera pour eux exotique. Et c'est le grand mérite des JEP de leur offrir ce moment de démocratie culturelle. Ce sont eux les cibles originelles des Journées qui devaient les attirer vers le patrimoine. Mission accomplie. C'est pour les séduire eux en particulier que les organisateurs se décarcassent et montent des propositions spécifiques à l'occasion : visites théâtralisées ou jeux de piste, concerts et spectacles... Qui sait, ils y prendront peut-être goût et recommenceront avant septembre prochain ?

 

  • Les curieux de proximité, qui fréquentent un site régulièrement mais qui vont enfin pouvoir bénéficier de la présence d'un guide et d'une médiation : une petite chapelle en rase campagne, l'usine dans laquelle on travaille, le pont sur lequel on passe tous les jours, l'hôtel des impôts... Ce sont les « touristes chez eux » qui viennent aussi se réapproprier la mémoire de leur territoire. Les JEP permettent alors parfois de tester des visites guidées ou des ouvertures au public qui seront reconduites à d'autres moments de l'année.

 

  • Les dévoreurs de patrimoine, qui profitent des JEP pour accéder à un monument ou un site inaccessible la plupart du temps : coulisses de préfectures ou de la Cour des comptes, châteaux privés exceptionnellement ouverts, chantiers de fouilles archéologiques, etc. C'est pour ces derniers que les JEP ont un « goût de trop peu » ; ils verraient bien l'événement avoir lieu chaque week-end... On leur rétorquera qu'eux aussi peuvent se transformer en "touristes chez eux" et suivre les visites proposées par les offices de tourisme ou maisons du patrimoine, toute l'année ou au moins en été.                                                                Oui mais certains répondront : là, c'est gratuit ! Enfin, presque partout, c'est vrai, et c'est sans doute aussi un critère important pour les curieux désargentés.

 

La multiplication des journées liées au patrimoine

 

Bon bref, si on n'est pas rassasié par ces journées, il suffit d'attendre le week-end suivant pour en reprendre une louche grâce à un autre événement national dédié à un patrimoine bien français : la Fête de la Gastronomie ! Bien sûr, on y déguste beaucoup, mais on y visite également : des chais, des moulins à huile, des usines de torréfaction, donc souvent du patrimoine. On y apprend aussi sur les produits et leurs terroirs, les méthodes de production, de transformation, et d’accommodation. On peut y suivre des conférences et des débats, y voir des expositions. C'est aussi, bien sûr, de la culture.

 

Ensuite, il suffira de patienter un peu : Journées du Patrimoine de Pays et des Moulins, Journée Internationale des Archives, Nuit des Musées, Nuit des Églises ou Journées Nationales de l'Archéologie, Journées des Métiers d'Art... Ajoutons pour ceux qui l'auraient oublié, que 2015 est l'année européenne du patrimoine industriel et technique. La France est le pays où on compte le plus d'événements liés au patrimoine culturel. Il doit bien y avoir une raison...

 

*chiffres du Ministère de la Culture et de la Communication

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Accueil touristique et qualité culturelle

7 Septembre 2015, 15:42pm

Publié par véronique muzeau

Accueil touristique et qualité culturelle

On entend bien quelques cocoricos sporadiques sur la richesse de notre culture ; d'autres sur le développement économique qui lui est lié. Est-on sur la voie d'une véritable intégration de la culture à la politique touristique française ?

 

Dans la torpeur de l'été ou presque (le 2 juillet 2015), deux parlementaires ont déposé un rapport sur l’évaluation de la politique d’accueil touristique de la France. On y trouve 25 propositions très concrètes pour améliorer cet accueil. Le tourisme culturel y a sa place, encore modeste cependant. Ça frémit pourrait-on dire.

 

Il y a notamment cette proposition numéro 22 : « adapter les monuments et musées publics accueillant plus de 500 000 visiteurs par an aux attentes des touristes ». Mais elle consiste surtout à améliorer billetterie, horaires d'ouverture et jour de fermeture. Les rapporteurs proposent la mise en place de médiateurs, par exemple des jeunes en mission de service civique ou en emploi d'avenir. Mais on s'interroge alors : quelle qualité de médiation pourra-t-on en attendre ? De quelle formation bénéficieront ces jeunes ?

 

Quant aux autres outils de médiation du XXIe siècle, les outils numériques, ils sont bien évoqués en proposition numéro 23. Il s'agirait d'utiliser ces outils pour mieux évaluer les flux et diversifier l’offre touristique. Diversifier l'offre, qu'est-ce que ça signifie au juste ?

Le rapport cite l'exemple de l’application HAPI (histoires et anecdotes du patrimoine d’Île-de-France), que la SNCF présente comme « votre guide touristique personnel ». La géolocalisation permet d'alerter les touristes sur leur smartphone pour leur faire des suggestions de visites en fonction de leurs centres d'intérêt. Le tout est teinté de médiation par le biais des anecdotes historiques de l’historien et journaliste Franck Ferrand. C'est très proche de l'application Le Val de Loire vu du train à laquelle contribue Histoire de Son par des interviews de personnes ressources.

 

 

On pourrait ajouter qu'un outil de médiation numérique de qualité peut aiguiller les visiteurs vers des sites moins connus et soulager les plus saturés ; c'est d'ailleurs pour éviter la surfréquentation de certains sites naturels fragiles que l'Office National des Forêts propose dans son application mobile la forêt de Fontainebleau des circuits de découverte naturalistes ou historiques hors des sentiers battus.

 

La médiation culturelle comme expérience réussie

Et justement la proposition numéro 24 du rapport parlementaire évoque Fontainebleau, mais côté château (« reproduire la formule qui fait le succès de Fontainebleau auprès des visiteurs étrangers » ). Le château de Fontainebleau est devenu le 4e le plus visité de France grâce à ses efforts tous azimuts et malgré une desserte compliquée (pas de gare à proximité). Les rapporteurs évoquent entre autres recettes de ce succès : les efforts de médiation. À la bonne heure ! Et le rapport d'évoquer aussi l'impact des événements culturels pour attirer les touristes vers les sites patrimoniaux plus en retrait. Bref, la culture est un moteur.

 

 

Des séjours qui ont du sens

Car si se préoccuper de transport, d'hébergement, de restauration, de signalétique, de gestion des files d'attente et de sourire des hôtesses est important, ça relève du « comment on visite un pays ». Si on se penche sur le « pourquoi on visite un pays », c'est alors qu'on s'intéresse au fond : certains viennent pour les paysages fabuleux et fort variés de l'hexagone, d'autres pour déguster nos plats légendaires, d'autres encore pour les fêtes et festivals... et c'est là qu'on entre dans le vif du sujet. Beaucoup viennent pour la culture. Surtout ceux qui viennent de loin. Et c'est ça qui les ravit le plus !

Sorties et offre culturelle, diversité de l'offre culturelle, musées, monuments et expositions sont les 5 points qui arrivent en tête des motifs de satisfaction des visiteurs d'île de France en 2014 (source CRT Paris Île-de-France). Plus de 93 % des touristes de la région parisienne sont satisfaits de ces aspects de leur séjour. Ils le sont nettement moins de l'accès et des transports, du rapport qualité-prix de l'hôtellerie-restauration ou de l'accueil des habitants.

Selon le mémento du tourisme 2014 de la DGE, le tourisme culturel est la 2e activité des visiteurs étrangers en France après les loisirs et l'agrément. Plus de 35% de ces visiteurs s'adonnent aux visites culturelles, bien avant le shopping qui n'en concerne que 20%.

Musées, spectacles et autres activités culturelles sont l'un des secteurs d'activité du tourisme dont le nombre d'emplois a le plus progressé ces dernières années : + 3% entre 2011 et 2012 (Source : Acoss). Avec un peu plus de 22 000 salariés dans ce secteur, il reste cependant des marges de progression.

 

À la lecture de ce rapport, on se dit donc que, oui, ça frémit du côté d'une politique touristique à base de culture. Il faudrait pourtant insister davantage. Le tourisme en France n'est toujours pas rattaché au ministère de la culture. Evelyne Lehalle, spécialiste du tourisme culturel, faisait remarquer dans son blog qu'en Italie en revanche, c'est le cas. Le patrimoine culturel de la France vaut pourtant bien celui de l'Italie, non ?

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Paroles de médiateurs culturels #7 : créativité !

21 Juillet 2015, 11:32am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #7 : créativité !

Sans être un créateur, le médiateur culturel doit en tout cas faire preuve de créativité. En médiation directe ou indirecte, la conception des séances et des outils de médiation demande imagination et inventivité. Quant au public, il devient lui aussi... créatif.

 

Inventer sans cesse de nouvelles médiations

 

Quand il joue les intermédiaires entre une création artistique et le public, ou entre un paysage culturel et ses visiteurs, le médiateur culturel doit tout de même créer...du sens. Il doit faire en sorte que le public entre en contact avec l'objet, le milieu, la culture qui lui est présenté(e).

C'est ainsi que le médiateur culturel est amené à concevoir des formes innovantes de visites et de découvertes.

Le médiateur doit sans cesse se renouveler car :

  • Il doit conquérir de nouveaux publics ; sa mission de démocratiser la culture l'exige (et aussi les nécessités économiques...)

  • Il doit s'adapter à la diversité des publics, rendre accessible sa structure aux personnes handicapées, intéresser les scolaires, se faire comprendre des étrangers,etc.

  • Il doit étonner pour fidéliser et faire revenir les visiteurs (nécessité économique encore...)

Elle est donc loin la visite guidée linéaire, d'une œuvre à l'autre, au musée des beaux-arts ou d'un objet à l'autre dans l'écomusée. Désormais, on vous propose presque uniquement des visites thématiques.

Dans le cas de Christophe Le Guern, médiateur de l'écomusée des Monts d'Arrée, il y a tant d'angles pour aborder le territoire et la façon dont on y vivait autrefois, que chaque visite est forcément unique. Tout dépendra des visiteurs et des interactions qu'ils souhaiteront créer.

 

 

 

Pour faire face à la potentielle variété des publics, le médiateur culturel est conduit à :

  • multiplier les niveaux de lecture, de perception et d'information,

  • diversifier les outils et les canaux de médiation,

  • s'adresser aux intelligences et aux sens multiples,

  • assouplir l'utilisation des parcours, des outils, des supports.

 

Même un dispositif de médiation numérique - donc indirecte - est d'autant plus réussi qu'il répond à ces exigences. Voilà pourquoi les applications mobiles fleurissent dans les sites culturels. On peut y mettre aussi bien une animation 3D que du son, des documents d'archives ou des projections futuristes, des visioconférences ou des jeux.

 

Donc, qu'il travaille en musée, dans un service du patrimoine, dans une bibliothèque ou dans une entreprise prestataire, le médiateur culturel est forcément un créatif !

 

Mais en la matière, il se trouve que la création est aussi du côté du public.

 

Transmission par la participation créative

 

Qu'y a-t-il derrière le mot création ? La fabrication déjà.

Depuis qu'on a compris que la médiation culturelle supposait la participation du public, on l'invite fréquemment à agir, à faire. Dans les ateliers de Christophe Le Guern, le public met clairement la main à la pâte et fabrique du pain, des crêpes « à la mode d'antan ». Ici, l'acte de « faire » permet de transmettre un savoir-faire technique. Mais l'atelier donne aussi une idée précise des contraintes quotidiennes qui pesaient sur nos aïeux.

Bien sûr, quand il s'agit d'art, la création signifie aussi « expression ». Et les médiateurs culturels encouragent également fortement cette création : les enfants sont invités à réaliser une œuvre en s'inspirant d'un artiste, ou bien ils fabriquent une maquette inspirée du patrimoine urbain.

Dans les centres de culture scientifique et technique, on peut aller jusqu'à créer son petit jeu électronique, un objet volant ou une sculpture lumineuse. Tout dépend du temps dont on dispose.

Les théories de la pédagogie nous affirment que plus l'implication de l'apprenant est forte, plus l'apprentissage est efficace. On retient 90% de ce qu'on fait selon Edgar Dale.

Et quand bien même le visiteur n'aura rien retenu de la médiation, il aura en au moins gardé...la satisfaction d'avoir créé.

 

 

Histoire de Son propose des formations à la médiation culturelle numérique.

N'hésitez pas à nous contacter.

 

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Paroles de médiateurs culturels #5 : patrimoine immatériel

9 Juin 2015, 16:14pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #5 : patrimoine immatériel

Par définition, le patrimoine culturel immatériel (PCI) ne propose pas de support physique pour accrocher les sens du public. Pourtant, depuis que l'Unesco en a fait un objet de protection, son importance est reconnue. Les médiateurs culturels s'approprient donc le PCI.

 

L'ennui, c'est que le patrimoine immatériel est potentiellement aussi vaste que l'humanité.

Comment définir ses limites ?

Qu'est-ce qui fait patrimoine ?

Et quand bien même on a pu déterminer ce qui est patrimoine culturel immatériel, comment le valorise-t-on auprès des publics ?

 

Le rôle des musées de société

 

Ce sont des questions que se posent notamment les médiateurs d'écomusées et de musées de société.

Ils se frottent sans cesse à l'immatériel : langues, musiques, chants, paysages, savoir-faire et techniques, pratiques rituelles, ludiques ou artistiques .... tout ce qui caractérise le territoire où s'inscrit l'écomusée.

 

Lena Boisard-Le Coat est étudiante en ethnologie, et actuellement chargée de projet à l'écomusée des Monts d'Arrée.

Elle travaille sur un projet original : la création d'un spectacle en langue bretonne, créé à partir des collectages réalisés auprès des habitants du territoire sur le thème du potager et son évolution depuis les années cinquante en centre Finistère.

C'est donc une forme particulière de médiation culturelle.

 

 

 

Patrimoine immatériel, société vivante

 

Ce que Lena Boisard-Le Coat aime dans le patrimoine culturel immatériel, c'est qu'il est vivant, en perpétuelle évolution. En dépit des tentatives de transformation en folklore, notamment en Bretagne, ce patrimoine immatériel bouge, s'adapte ou disparaît. S'il a pu rester, il est le miroir mouvant - et émouvant - d'une société à une époque donnée.

 

Notion récente, médiation innovante

 

Le PCI est aussi une notion récente puisque l'Unesco l'a formalisée en 2003. C'est donc un champ d'innovation pour la médiation culturelle : expositions sonores, reconstitutions grandeur nature, dispositifs numériques mobiles, récits transmédia, spectacle vivant, tout peut être imaginé ! Tout reste à inventer.

 

Réflexion sur nos traces humaines

 

Qu'est-ce qu'une médiation réussie du patrimoine culturel immatériel pour Lena ?

Celle qui inciter le public à l'interrogation, à la réflexion sur l'identité du territoire visité ou sur sa propre identité s'il est lui-même habitant de ce territoire.

 

Parce qu'il n'est pas un objet qui résiste au temps, parce qu'il a besoin de l'humain pour être transmis, le patrimoine immatériel oblige à une appropriation.

Et qui se l'approprie le transforme déjà en le passant par son tamis personnel.

Le médiateur lui-même est concerné.

 

Pour aller plus loin

 

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en juin 2015

29 Mai 2015, 18:00pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en juin 2015

 

En juin ce sera bien...pour penser tourisme culturel, valorisation numérique et accessible du patrimoine ou médiation de la culture, le plein de rendez-vous avant le calme de l'été.

 

« We are Museums », c'est le titre de la conférence qui a lieu cette année à Berlin

du 31 mai au 2 juin 2015 pour rassembler les professionnels des musées du monde entier. Ils y explorent les moyens de s'ouvrir et mieux et davantage au public.

Nouveauté de cette édition, les WAM Learning, conférences et tables rondes partout dans le monde pour accompagner les professionnels des musées.

 

 

« Science and you » : un nom anglais mais un événement bien français. C'est un colloque et des événements culturels autour de la médiation des sciences, organisé par l’Université de Lorraine, du 1er au 6 juin 2015 à Nancy.

 

 

La 9e édition de la journée mondiale pour un tourisme responsable a lieu le 2 juin 2015. À cette occasion les membres de la la Coalition Internationale pour un Tourisme Responsable (CITR) se retrouvent à Paris pour évoquer la communication et le marketing touristiques au risque du « greenwashing ».

 


Rueil-Malmaison s'affiche comme capitale du tourisme du 3 au 6 juin 2015, le temps du Festival Tourisme & Stratégie. C'est l'occasion de saluer les actions de promotion touristique de 30 villes européennes en compétition et de récompenser les meilleures ! Le colloque sur les enjeux économiques et la stratégie du tourisme européen, a pensé au moteur culturel : le tourisme de mémoire et les grands événements, générateurs d'activité économique.
Le grand public est invité à la
fête populaire du tourisme le dimanche.

 

 

L'Ensad (école nationale supérieur des arts décoratifs) organise une table ronde en muséographie et cultures numériques le jeudi 4 juin 2015 sur le thème : expérimentations et publics. Entre autres questions : quels sont les objectifs et enjeux de la participation et notamment des réseaux sociaux dans les musées et les expositions ?
 

 

À Rennes, c'est une journée d'étude sur les "livres enrichis : enjeux de création, de réception et de médiation" le 4 juin 2015 à l'initiative de l'Association des professionnels de l'information et de la documentation (ADBS).

 

 

En plein dans l'air du temps ce nouvel épisode des rencontres numériques du Ministère de la culture et de la communication, puisqu'il est consacré à l'éducation à l'image, aux médias et au numérique. C'est à Paris, Cinémathèque Française les 8 et 9 juin 2015.
 


Le 9ème Forum européen de l'accessibilité numérique a lieu à la Cité des sciences et de l'industrie le 8 juin 2015 sur le thème "Le numérique pour un meilleur accès à la connaissance". Ce colloque sera organisé conjointement avec la réunion annuelle du consortium Daisy (Digital Accessible Information SYstem) à Paris, les 9-10-11 juin 2015.

 

 

Le 5ème colloque international de l’Association ASTRES – Association Tourisme, Recherche et Enseignement Supérieur se propose d' « observer les touristes pour mieux comprendre les touristes » du 9 au 12 juin 2015 à La Rochelle.
 

 

La 2e édition des Académies du Tourisme Numérique d'Atout France ont lieu les 11 et 12 juin 2015 à Aix-les-Bains. 4 palmes viendront récompenser des applications numériques les plus innovantes dans le secteur du tourisme, 2 pour des applications existantes et 2 pour des projets en cours de développement.
 

 

Le festival Futur en Seine revient, du 11 au 15 juin 2015 à Paris. Le plus grand festival du numérique européen est ouvert à tous. Au Village des innovations, on pourra découvrir 150 services et produits innovants en démonstration, mais aussi profiter de conférences, d’ateliers et de rendez-vous business. Et un peu partout en Ile-de-France, une centaine de concerts, soirées, rencontres, workshops, etc.

 

 

On peut aussi préférer la Bretagne, le passé, et le beau Moyen Âge sur lequel se penche le Congrès archéologique de France, cette année dans les Côtes d’Armor, également du 11 au 15 juin 2015.

 

 

Le patrimoine culturel immatériel en France : généralités, actualités et actions en régions, c'est le thème du stage proposé les 16 et 17 juin 2015 au Centre français du Patrimoine Culturel Immatériel (CFPCI) à Vitré.

 

 

Le 2ème Forum régional Nord « Musées et patrimoine à l’heure numérique » a lieu au Louvre Lens le 18 juin 2015, en partenariat avec le CLIC France, Club innovation culture. Au programme, des démonstrations, retours d'usages, tables-rondes et visites autour des différents dispositifs : robots, films 3D, signalétique interactive, géolocalisation, etc.

 

 

Le selfie devient un véritable phénomène y compris dans le domaine artistique. La deuxième rencontre d’Arts Mobiles vous invite à rencontrer les acteurs qui réfléchissent aux mises en exposition du Selfie le 19 Juin 2015 à Paris.

 

 

Formidable occasion de faire découvrir l'archéologie au tout public, les 19, 20 et 21 juin 2015, ce sont les Journées nationales de l'archéologie, partout en France.

 

 

Où en est la culture scientifique, technique et industrielle ? Réponse au 33e congrès de l’AMCSTI du 23 au 25 juin 2015 à Annecy et Chambéry. Nouveaux comportements des publics, recherche et innovation responsable, Open Access, impact sociétal des nouvelles technologies, évolution des questions de conservation, nouvelles coopérations et mutualisations...les sujets de discussion ne vont pas manquer !

 

 

Les journées multiméda du tourisme durable, ce sont les 25 et 26 juin 2015 à Gréoux les Bains. Il s'agit d'une part d'un congrès d'experts et de chercheurs sur le climat, les ressources et le tourisme durable. Il s’inscrit dans la lignée des contributions à la Conférence Climat (COP21) de Paris. Mais c'est aussi un festival de courts-métrages accessibles à tous et un salon pour les professionnels.

 

 

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Les musées peinent encore à séduire les adolescents

19 Mai 2015, 16:59pm

Publié par véronique muzeau

Les adolescents ont une vision dépassée des musées

Les adolescents ont une vision dépassée des musées

Les adolescents perçoivent une image très figée et très restreinte des musées malgré la diversité des établissements et tous leurs efforts de médiation culturelle envers le public jeune.

 

Les chevelures argentées ont-elle dominé la nuit des musées ? La nuit a-t-elle été trop calme et pas assez folle ? Les statistiques nous le diront peut-être dans quelques temps.

En attendant, France Culture a relancé le débat avec sa très bonne enquête multimédia sur les médiations des musées à destination des jeunes.

 

L'âge de choisir ses sorties

 

Le problème c'est déjà que le terme « jeune » est un peu trop large. Entre les enfants de maternelle et les adolescents au seuil de la majorité, c'est le grand écart.

Partons du principe que les plus petits n'ont pas encore l'autonomie de leurs sorties. Concentrons nous sur ce public qu'on dit « difficile » voire « rebelle » : les adolescents. Disons les 14-18 ans. Un âge auquel on affirme ses goûts pour finalement gérer seul ses loisirs et pratiques culturelles.

 

L'importance de l'éducation

 

Les adolescents sont donc assez grands pour choisir d'aller ou pas au musée...quoi que ! Le reportage de France Culture donne la parole à une sociologue, Sylvie Octobre, qui insiste bien sur le poids de la transmission familiale et des pratiques éducatives inscrites dans la petite enfance. La scolarité reste souvent la seule occasion d'aller au musée. Les vacances en sont une autre car les touristes ont davantage tendance à découvrir les musées lointains qu'à passer les portes des musées proches de chez eux. Mais les vacances ne sont pas à la portée de tous.

Les musées ont donc beaucoup travaillé leur accueil des publics scolaires pour concevoir des visites inoubliables. Ils espère ainsi voir les écoliers revenir dans leurs murs, même quand ils auront grandi.

 

L'enquête de France Culture a fait ressurgir un reportage plus ancien (avril 2012) visible sur Francetv education. Certes, depuis 3 ans, les choses ont bougé dans les musées. Cependant, en 2012, la médiation avait déjà beaucoup inventé et dépoussiéré. Pourtant, on est frappé par les idées reçues et clichés émis par ces lycéens de seconde. Ils viennent pourtant d'un établissement parisien et on peut supposer qu'ils sont donc plutôt favorisés socialement et culturellement.

 

Une perception erronée des musées

 

Premier point saillant : dans l'idée de ces jeunes, le musée est un musée des beaux-arts. Le « Louvre, Orsay » sont les seuls cités. Quid des autres pans de la culture ? Des musées de société ou écomusées, des musées de civilisation, des musées plus thématiques ou des établissements de sciences et techniques ? Peut-être ne sont-ils pas identifiés comme musées... et c'est vrai que, souvent, ils en refusent l'appellation préférant celle d' « espace » ou de « centre de découverte ». Sans doute pour s'éloigner du côté « conservateur ».

 

Second point, les adolescents interviewés ne sont pas spontanément attirés par le musée : « ma mère m'a un peu obligée », « j'irais pas toute seule », « ça m'intéresse pas trop » « je peux comprendre que ça n'intéresse pas trop les jeunes de mon âge », « on préfère voir des choses sur internet », « si on n'est pas intéressé, on va vite se lasser », « avec des guides, c'est un peu lent » … Il y a comme une méconnaissance du renouveau de la médiation culturelle muséale.

De même, Théo, 14 ans, que nous avions interviewé récemment dans ce blog, nous confiait son ignorance des nouvelles propositions interactives et participatives des musées.

 

En filigrane, on perçoit dans les yeux de ces jeunes l'image d'un musée figé, voire compassé et réservé aux adultes : « tous les adultes ont l'air intéressé...je pense que ça vient avec l'âge ».

Or, cette dernière impression peut être rédhibitoire à l'âge où on aspire à partager avant tout avec ses pairs. Cette interaction presque exclusive avec les gens de son âge, c'est l'une des spécificités dont doit tenir compte la médiation culturelle adaptée aux adolescents.

La conférence « Adolescents, loisirs et dispositifs de médiation culturelle » de l'Institut National de la Jeunesse et de l'Éducation Populaire (INJEP), en avril 2014, ajoutait d'autres données : une sortie ostensible de l'enfance, la préférence pour un encadrement invisible et des stéréotypes de genre très marqués.

 

 

Alors que faire ?

 

Elargir le champ de la culture

 

Une fois pour toute, il faudrait en finir avec les discours officiels et institutionnels qui limitent la culture à l'art. Que les jeunes qui n'ont pas la fibre artistique puissent être rassurés : oui l'économie c'est aussi de la culture, de même que le numérique ou encore l'écologie, la biologie, l'ethnologie. Chacun doit pouvoir trouver musée à son pied. À cet égard, les expositions thématiques de la Cité des Sciences et de l'Industrie ont largement réussi leur mission, et séduit les adolescents.

Bref, il faut décloisonner ! Pourquoi un musée des beaux-arts s'interdiraient-ils une réflexion sur des sujets de société ou d'actualité explorés à travers ses collections ? C'est une expérience encore trop rare...mais qui pourrait attirer les adolescents ?

 

 

Médiation participative et ciblée

 

Des événements, une actualité comme la nuit des musées, ou des concours de selfies permettent aux visiteurs d'être actifs. On lutte alors contre l'image statique du tableau accroché au mur. Les événements permettent aussi aux adolescents une participation en « bande » voire un échange sur les réseaux sociaux, donc un échange entre pairs.

 

De même, les ateliers créatifs peuvent être un bon moyen d'attirer les adolescents, pourvu qu'ils soient ciblés sur les 14-18 ans, bien distingués des ateliers 10-13 ans, eux-mêmes séparés des ateliers « enfants » ou « familles ».

 

Sortir de l'impératif éducatif : admettre que s'amuser est un droit et qu'on ne doit pas forcément apprendre. On peut fréquenter un musée juste pour le plaisir des yeux ou juste pour commenter les œuvres entre potes et bien rigoler.

 

Des outils sexy comme les nombreux dispositifs de réalité augmentée, jeux vidéos de visite et autres parcours multimédia sont donc appropriés à cette vision ludique du musée. D'autant plus que les ados maîtrisent et apprécient smartphones et tablettes.

 

 

Des humains pour transmettre de la passion

 

Sylvie Octobre précise cependant que tous ces dispositifs multimédia ne sauraient suffire à conquérir un public adolescent.

De même que les jeunes élèves, aussi rebelles soient-ils, suivront avec respect un enseignant passionné, ils peuvent suivre le « guide » ou le médiateur si son enthousiasme est contagieux. Histoire de Son, qui fait parler les acteurs des territoires, des sites ou des établissements culturels, ne dira pas le contraire.

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Paroles de médiateurs culturels #4 : archéologie

8 Mai 2015, 17:09pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #4 : archéologie

Un petit fragment de poterie ou un morceau de crâne manquent parfois de sens pour un public non averti. Mais les médiateurs et archéologues savent faire preuve d'imagination et d'invention pour transmettre leurs découvertes.

 

 

L'archéologique et son côté pratique

 

Pour évaluer les trouvailles des médiateurs culturels en archéologie, vous pourrez toujours faire un tour à la rencontre Paleobox du côté de Menez Dregan à Plouhinec (Finistère) le 24 mai 2015.

Après un colloque professionnel, archéologues et médiateurs s'adresseront au grand public. Vous pourrez tenter d'allumer un feu à la mode paléolithique, de tirer au propulseur, de fondre du bronze ou de tailler un os. On vous expliquera aussi comment nos ancêtres chasseurs-cueilleurs tiraient parti de leur environnement végétal et on vous proposera même de jouer les archéologues grâce à des modules qui reconstituent un mini chantier de fouilles.

 

Pour découvrir l'archéologie par la pratique, écoutez aussi ce témoignage d'Yves Guéguen, archéologue de formation et médiateur en archéologie, spécialiste des fac-similés.

 

 

Rien de tel que la pratique pour transmettre, en effet. Le profane peut saisir à pleines mains ce qui lui semblait si lointain. Les intelligences kinesthésiques y trouvent leur compte.

Dans un article paru dans Les Nouvelles de l'Archéologie Xavier Savary (géologue archéologue) souligne cette particularité de la discipline.

Elle mêle les connaissances très spécialisées, les démarches scientifiques les plus pointues (palynologie, géomorphologie, dendrochronologie...), et la pratique la plus...terre à terre, à coup de pelleteuses ou d'outils de dentistes.

Le fait de creuser le sol pour mettre au jour le passé rend peut-être l'archéologue plus concret, qui sait ?

Une céramologue, archéologue – très - spécialisée (dans la céramique et d'une période donnée), peut ainsi déclarer avec modestie que l'une de ses compétences essentielles, c'est d'être douée en puzzles ! Voilà qui nous rapproche du savant.

 

Démonstrations et fac-similés

 

Le succès d'un chantier de reconstitution comme la construction du château fort de Guédelon démontre bien l'avidité du public pour cet aspect concret et pratique. Les ouvriers du chantier participent d'ailleurs à des programmes d'archéologie expérimentale à la demande des chercheurs.

En Allemagne, les sites archéologiques proposent depuis longtemps des reconstitutions à l'identique de bâtiments ou de mobilier et le public peut ainsi s'immerger dans les différentes époques. En France, on avait jusqu'à présent quelques complexes à proposer de tels fac-similés grandeur nature. Comme si les ruines étaient plus pédagogiques...

 

Médiation archéologique et numérique

 

Un récent colloque intitulé L'archéologie à la rencontre des publics s'est justement penché en profondeur sur la transmission et la médiation de la recherche archéologique. Les débats ont évoqué la question des fac-similés y compris...numériques, bien sûr !

 Il faut dire que, quand on a peu à montrer mais beaucoup à raconter, les nouvelles technologies sont salvatrices.

Quelques objets fragmentaires deviennent des pièces complètes, quelques trous de poteaux se transforment en édifices imposants, des villes oubliées renaissent, par la magie de la réalité augmentée.

Interviews audio, ambiances sonores, images, animations 3 D viennent alors sublimer le travail des archéologues.

 

L'exemple le plus abouti de ce bon usage des nouvelles technologies vient d'ailleurs d'être livré aux yeux de tous : la grotte du Pont d'Arc, reconstitution de la grotte Chauvet.

 

Bien sûr, la médiation en archéologie se doit d'éviter des écueils, dont certains lui sont propres : incompatibilité entre conservation et fréquentation, risque de privilégier l'émotion et le spectaculaire au détriment du savoir, questions identitaires et territoriales trop « brûlantes », immensité du patrimoine immatériel, etc.

 

Une chose est certaine en tout cas, comme n'importe quel domaine de recherche - publique qui plus est – l'archéologie se doit aussi de pratiquer la dissémination, la restitution, la transmission et donc la médiation. Autant continuer à le faire avec brio !

 

 

 

Ressources

 

La page facebook de Paleobox

https://www.facebook.com/paleobox?fref=ts

 

Article de Xavier Savary dans les Nouvelles de l'archéologie

http://nda.revues.org/1252

 

Ils bâtissent un château fort : chantier de Guédelon

http://www.guedelon.fr/

 

La grotte Chauvet-Pont d'Arc

http://lacavernedupontdarc.org/

 

Colloque l'archéologie à la rencontre des publics, 26 et 27 novembre 2014,

direction générale des Patrimoines du ministère de la Culture et de la Communication,

www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Archeologie/Rencontre-des-publics

 

INP Institut national du patrimoine

http://www.inp.fr/

 

Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives)

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/p-7-Accueil.htm

 

CMN (Centre des monuments nationaux)

http://www.monuments-nationaux.fr/

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en mai 2015

30 Avril 2015, 11:13am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en mai 2015

On remixe, on innove on réinvente la culture et la médiation culturelle en mai 2015. Et le numérique y est pour quelque chose ! Il a tellement pris racine dans nos pratiques que certains se penchent sur l'archéologie des médias. Mais l'archéologie classique propose aussi ses rendez-vous. Quant aux musées, ils ouvrent plus grand leurs portes...

 

 

 

Museomix c'est la médiation culturelle en musée remixée par une équipe passionnée : des médiateurs, bricoleurs, designers, développeurs, graphistes, communicants, artistes, écrivains, scientifiques… Pendant 3 jours, ils investissent les lieux pour inventer et tester un dispositif de médiation muséale innovant. Le tout passe par le tamis du numérique. En 2014, ils étaient 7 musées de France, Suisse, Québec et Grande-Bretagne. C'est le 2 Mai qu'on connaitra la liste des musées museomixés en 2015.

 

 

Les médias ont aussi leur archéologie ! Deux journées d'étude en entrée libre y sont consacrées à Paris. Chercheurs et artistes vont fouiller les archives numériques de l'ère du « paléo-digital » à suivre :

  • mercredi 6 mai 2015 à Bibliothèque nationale de France, pour l'archéologie des média et des savoirs
  • jeudi 7 mai 2015 à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts ENSBA pour les humanités et l'atlas à l’ère post-digitale.

L'archéologie des médias sera également le thème d'une exposition proposée à partir du 19 mai par le laboratoire d'archéologie des médias de l'école supérieure d'art d'Avignon.

 

 

Le festival "Brouillage" dédié à la création radiophonique et préparé par Radio Campus Paris, a lieu du 4 au 9 mai 2015. Encore une bonne occasion d'en prendre plein les oreilles, mais aussi plein les yeux car le festival s'intéresse aux liens entre radio et spectacle vivant.

 

 

"Culture et handicap : accessibilité des équipements et des contenus" c'est le thème d'une table ronde de la commission culture du Sénat, ouverte à la presse et au public et retransmise en direct sur le site du Sénat mercredi 6 mai 2015 à 10 heures.

 

 

Pour clore son cours public d'histoire et d'architecture, la Cité Chaillot propose une table-ronde débat sur « l’avenir du patrimoine, entre compétition internationale  et cultures mondialisées », jeudi 7 mai 2015.
    

 

Une escapade en Suisse à Lausanne où les journées des alternatives urbaines de Lausanne proposent entre autres des balades sensibles et des paysages en écoute. Du 8 au 10 mai 2015.

 

 

Réinventer les modèles culturels de demain, c'est l'ambition du Forum de l'European Lab du 13 au 15 mai 2015 à Lyon. Les champs culturels (nouvelles images, médias, web, édition, musiques…) y sont examinés sous l'angle économique et politique. Parallèlement le festival Nuits Sonores anime les nuits lyonnaises du 13 au 17 mai 2015.

 

 

L'EMYA 2015 (European Museum Yeard Award ou prix européen du musée de l'année) a lieu du 13 au 16 mai à Glasgow (Écosse). Il récompense les meilleurs exemples de valorisation des collections ou les interprétations muséales les plus innovantes. Des musées de 21 pays sont en compétition.

 

 

Pour le grand public, la 11e édition de la Nuit européenne des musées c'est le 16 mai 2015. Non seulement les musées font portes-ouvertes en nocturne ce jour-là. Mais souvent ils proposent aussi des animations spécifiques. Et l'entrée est libre dans plus de 1300 musées en France.

 

 

Le 18 mai 2015, c'est la journée internationale des musées qui a pour thème cette année « musées pour une société durable ». Pas d'événement prévu en France, mais la Suisse participe avec notamment le dimanche 17 mai 2015 une opération « traditions vivantes hier aujourd’hui demain ». Les musées suisses vont valoriser tout le patrimoine culturel : artisanat traditionnel, rituels, fêtes et musiques populaires, langues et dialectes ou rapports à la nature.

 

 

Comment le développement culturel des territoires ruraux peut-il s’appuyer sur le numérique ? Excellente question que se posent la Nacre et l’Association des Maires Ruraux de France le mardi 19 mai 2015 à Poncins (Loire).
Les échanges porteront sur le patrimoine, l’éducation artistique et culturelle, la diffusion, ou encore la création artistique impliquant le numérique.

 


Le GIS Marsouin, fédération des équipes bretonnes de Sciences Humaines et Sociales, qui travaille sur les usages du numérique, organise son traditionnel séminaire les 21 et 22 mai 2015 à Saint-Jacut-de-la-Mer (22). La valeur de Wikipedia, la pratique des TIC dans les îles, le shopping en ligne, l'open data, mais aussi l'usage du numérique dans l'éducation ou la médiation urbaine numérique... le programme est riche et les thèmes de discussion sont très variés !

 

 

Le centre d'interprétation de Menez Dregan à Plouhinec (Finistère) accueille les Rencontres Paléobox les 23 mai et 24 mai 2015. Le samedi, c'est une journée professionnelle pour les médiateurs en archéologie et archéologues de toute la France. Mais le dimanche, place aux ateliers et démonstrations ouverts à tous et gratuits : tir au propulseur, allumage de feu, utilisation du milieu végétal, fonte de bronze, travail de l'os, modules de fouille...

 

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Paroles de médiateurs culturels #2 : au jardin

17 Avril 2015, 15:03pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #2 : au jardin

La médiation culturelle descend au jardin. Lieux humains donc lieux de culture par excellence, les jardins et les parcs ont beaucoup à nous apprendre sur nous-mêmes.

 

Le jardin devenu support de culture

 

Depuis longtemps, parcs et jardins se transforment en lieux de culture dès le retour des beaux jours. Les kiosques à musique accueillent ensembles et orchestres, les théâtres de verdure s'emplissent de comédiens et de spectateurs venus savourer une pièce au clair de lune. Les conteurs promènent leurs auditeurs de bosquets en massifs au fil de leurs histoires.

Mais alors, le jardin n'est qu'un écrin, un simple réceptacle.

 

Plus récemment, il est devenu en soi un support de culture.

Déjà, c'est un coin de nature façonné par l'homme. Le jardin est culturel, comme peut l'être un paysage.

Il est aussi l'objet d'attentions particulières, avec souvent des prétentions esthétiques, parfois des visées artistiques, ou bien des objectifs médicinaux ou alimentaires. Qu'il soit parc floral, jardinet d'agrément, potager, le jardin est comme une bibliothèque végétale, à condition que la médiation sache nous aider à lire ses ouvrages.

Mais l'endroit lui-même est propice à la transmission : le jardin peut parler à tout public. Nous avons tous un jardin quelque part dans notre vie. Le jardin nous est familier.

Par ses multiples dimensions sensorielles, il est plus accessible que bien d'autres lieux. On y respire les odeurs, on y entend les chants d'oiseaux, bruissements du vent dans les feuilles ou craquements, on y touche les écorces...

 

 

Anaïs Löhmann a fait des études d'architecture du paysage. En service civique à l'écomusée des Monts d'Arrée, elle découvre le potentiel du jardin comme lieu de médiation culturelle.

 

De l'art au jardin à l'art du jardin

 

Dans le domaine artistique par exemple, on est passé de l'exposition d'oeuvres d'art dans les parcs, aux installations artistiques étroitement connectées avec le jardin. Le festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire est l'événement emblématique de ce glissement. Dans le parc du château de Chaumont, les œuvres s'inspirent du jardin ou sont des jardins. Ce ne sont pas seulement des œuvres posées dans un joli décor avec lequel elles ne dialogueraient pas.

 

Entretemps, le land art est venu d'Amérique : un art contemporain qui utilise lui aussi la nature comme environnement et comme ressource. La pratique du land art est désormais un outil de médiation culturelle, à la fois comme expression artistique mais aussi pour interroger le rapport de l'homme à la nature.

 

La science au jardin

 

Manifestation ancienne du jardin « documentaire », le parc botanique affiche lui aussi une ambition culturelle : conserver des espèces, faire avancer la science et transmettre au grand public le savoir végétal. Les jardins botaniques sont toujours appréciés des amateurs de beauté et des passionnés des plantes. Ils deviennent des lieux innovants de médiation culturelle scientifique. Ainsi en est-il du Labotanique que les Petits Débrouillards ont réalisé dans la grande serre du domaine de Trévarez à Saint-Goazec (Finistère). C'est une exposition interactive permanente centrée sur les trois espèces reines du domaine : camélias, rhododendrons et hortensias. Elle fait la part belle aux expériences et au jeu et les outils de médiation sont très variés, numériques ou pas.

 

Le jardin ethnologique

 

Autant le parc assouvit d'abord un besoin de beauté, autant le jardin a bien souvent aussi un but pratique.

Au Moyen Âge, le jardin des abbayes ou des châteaux était avant tout médicinal et potager.

L' EPCC (établissement public de coopération culturelle) Chemin du Patrimoine en Finistère a totalement recréé le jardin de l'ancienne Abbaye du Relecq pour en faire un espace d'interprétation sur l'usage alimentaire des plantes de l'époque médiévale à nos jours.

De même, l'Ancienne abbaye de Landevennec s'appuie sur son jardin d'archéologie et d'histoire pour illustrer concrètement la vie monastique au temps de Charlemagne.

Au musée de l'école rurale de Trégarvan, le jardin de l'instituteur est un élément à part entière de la scénographie. Sous la IIIe République, l'enseignant l'utilisait à la fois comme outil pédagogique et comme garde-manger.

Enfin, l'écomusée des Monts d'Arrée reconstitue, après une véritable enquête de terrain, le jardin typique de son territoire dans les années 1950. Jardin vivrier, essentiellement potager, il illustre les mutations profondes d'une Bretagne qui passe alors de l'agriculture paysanne à un modèle agricole intensif et industriel.

Plusieurs de ces propositions finistériennes sont rassemblées dans l'opération « jardins insolites en Finistère » dont le leitmotiv est bel et bien « une terre de culture et de patrimoine ».

 

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