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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Articles avec #circuit d'interpretation

La forêt de Fontainebleau en application mobile

24 Mars 2016, 22:41pm

Publié par véronique muzeau

Avant d'être de Fontainebleau, c'était la forêt de Bière (bruyère), que Saint Louis appelait son "cher désert" tant la lande y dominait

Avant d'être de Fontainebleau, c'était la forêt de Bière (bruyère), que Saint Louis appelait son "cher désert" tant la lande y dominait

Le 21 mars, c'était la journée internationale des forêts. L'occasion de prendre conscience de l'importance et de la richesse des milieux forestiers. L'un des massifs les plus emblématiques de France, la forêt de Fontainebleau, propose à ses visiteurs une application mobile très riche.

 

 

La forêt de Fontainebleau sous toutes les...ramures

 

Proposée par l'Office National des Forêts, l'application mobile « la forêt de Fontainebleau » a déjà 2 ans mais elle n'a pas fini de s'enrichir.

Son principe est bien sûr d'augmenter la balade de tout promeneur curieux, habitué ou néophyte, dans l'une des plus belles forêts françaises. Il y a les suppléments pratiques : cartes téléchargeables et services de proximité géolocalisés.

Et il y a les suppléments culturels car la forêt est un patrimoine. La percevoir comme telle c'est la respecter et la protéger.

 

Raconter la forêt comme patrimoine culturel

 

De la découverte de la sylviculture à l'art rupestre, des usages du bois à la biodiversité, en passant par l'histoire des chasses royales ou de l'exploitation du grès, les thèmes de l'application mobile sont variés et les itinéraires commentés aussi.

Des photos, quelques vidéos et surtout beaucoup d'audio. Car l'idée est d'éviter au visiteur de la forêt de trop garder les yeux sur son smartphone. Il s'agit plutôt de lui montrer ce qu'il n'aurait pas forcément vu. Et de le lui expliquer.

Certains sentiers s'articulent autour d'une fiction, avec une narration théâtralisée ou mise en scène, notamment le parcours consacré à Claude-François Denecourt, l'inventeur du tourisme forestier. D'autres prennent clairement le parti de la médiation scientifique et culturelle audio.

 

Médiation scientifique et culturelle audio

 

Tous Curieux / Histoire de Son a réalisé plusieurs de ces parcours audio de découverte en interviewant les naturalistes, sylviculteurs, écologues ou historiens …

 

La forêt de Fontainebleau en application mobile

En compagnie du naturaliste Philippe Bruneau de Miré ou d'un herpétologiste (spécialiste des reptiles), vous découvrez ainsi la richesse de la faune et de la flore bellifontaines, vous suivez la lecture du paysage géologique. Vous comprenez aussi les spécificités de cet écosystème, de zone tempérée, mais souvent comparable au milieu méditerranéen du fait de son sol sableux.

Vous mesurez l'impact de l'action humaine sur ce qui était autrefois une lande, bien plus qu'une forêt...

Vous comprenez avec Jean-Claude Polton, président de l'association des amis de la Forêt de Fontainebleau, combien la culture humaine a façonné cette nature.

Les contenus témoignent ici de la diversité des membres et des partenaires réguliers de l'ONF : scientifiques, techniciens, experts, associations.

 

De l'économie à l'écologie forestière

 

Sur le sentier de la sylviculture, le contenu se fait plus économique : comment gère-t-on une forêt, comment cultiver un arbre pour son bois ? Mais il aborde aussi largement l'écologie : comment exploiter la ressource forestière sans l'épuiser, quel équilibre écologique optimal pour une forêt, quels sont les nouveaux modes de gestion forestière qui s'adaptent à l'écosystème ?

 

Sur différentes mares de la forêts, écologues et biologistes vous sensibilisent à ces zones humides exceptionnelles et fragiles qui parsèment le massif : mares de platières et leurs contraintes, mares sur argiles, plans d'eau artificiels comme la mare aux Évées, usages humains, faune et flore, devenir des mares...

 

Pour l'ONF Fontainebleau, il s'agit à la fois de faire œuvre de pédagogie afin d'expliquer son travail, de sensibiliser le visiteur à l'environnement, mais aussi d'orienter les nombreux promeneurs vers de nouveaux sites moins connus de la forêt domaniale.

Cette application mobile est aussi un bon moyen de valoriser un vaste vivier de personnes-ressources, que nous n'avons pas fini de vous faire entendre !

 

Application mobile « la forêt de Fontainebleau », disponible sur l'Apple Store et sur Google Play Store.

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Le tourisme de mémoire, son essor, et le rôle du numérique

13 Novembre 2015, 09:24am

Publié par véronique muzeau

Le tourisme de mémoire, son essor, et le rôle du numérique

 

 

Les commémorations du Débarquement et de la guerre de 1914-18 confirment le potentiel du tourisme de mémoire. Son ascension ne fait que commencer et le numérique est un excellent outil pour y contribuer.

 

 

 

Même si sa définition a tendance à s'élargir, le tourisme de mémoire est à la base lié à l'histoire militaire, aux batailles et autres faits d'arme suffisamment récents pour avoir marqué l'histoire familiale des visiteurs.

 

20 millions de touristes de mémoire en France

 

Il paraît que cette pratique ne date pas d'hier. Le concept serait apparu à Waterloo sur les ruines du champ de bataille parcouru au XIXe siècle par les Britanniques, pionniers du tourisme mémoriel. C'est ce que nous apprenait Bruno Colson, historien à l’université de Namur, lors d'une journée d’étude internationale à Waterloo le 7 mars 2015 (propos recueillis par la RTBF). Sur fond de romantisme et de développement des voyages, on s'intéressait soudain au passé guerrier encore inscrit dans les paysages.

 

Les Britanniques restent d'ailleurs la première clientèle étrangère des lieux de mémoire en France. Et 45% des 20 millions de visiteurs* de ces sites viennent de l'étranger : Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et États-Unis essentiellement.

 

Les indices d'une tendance de fond

 

Le secrétariat d'État au tourisme, associé au ministère de la défense, s'accordent pour pointer les principaux enjeux de ce tourisme particulier :

  • enjeu civique et pédagogique, de la transmission de ce patrimoine aux générations futures,

  • enjeu culturel et touristique qui participe au dynamisme économique des territoires.

 

Le ministère de la défense a d'ailleurs consacré un espace spécifique au tourisme de mémoire au salon mondial du tourisme en 2014. Et les chiffres des enquêtes qu'il a menées en cette année commémorative sont impressionnants : une hausse de fréquentation de 145% pour les 28 sites mémoriels principaux de la seule Normandie. 5,6 millions de visiteurs y sont passés en 2014, contre 2,3 en 2013 !

C'est aussi dans ce contexte qu'Atout France a lancé l'observatoire du tourisme de mémoire.

 

L'observatoire régional du tourisme de Lorraine vient quant à lui de remettre un rapport détaillé sur ce tourisme de mémoire. L'étude des clientèles souligne le profil particulier des touristes mémoriels : une proportion plus élevée d'étrangers, des visiteurs seuls ou en couple, et plus âgés (surreprésentation de la tranche des 50-64 ans).

L'opération « Centenaire de la Première Guerre mondiale » a atteint ses objectifs de conquête de nouveaux publics puisque la fréquentation des sites de tourisme de mémoire lorrains a augmenté de 52% par rapport à 2013. Mieux, le poids des primo-visitants est plus élevé de 13 points parmi les touristes mémoriels par rapport à l’ensemble des touristes en Lorraine.

 

La forêt domaniale de Verdun qui couvre l'un des plus célèbres champs de bataille de la Première Guerre mondiale accueille 350 000 visiteurs chaque année ; mais là aussi, l'effet commémoratif joue à plein et la hausse était déjà de 40% sur les six premiers mois de l'année 2015**. En outre, la forêt est désormais labellisée "Forêt d'exception" par l'Office National des Forêts qui s'investit dans la valorisation patrimoniale de la forêt en partenariat avec les acteurs locaux. L'ONF propose des balades naturalistes dans ses forêts de l'histoire 14-18 avec ses agents en guise de guides.

 

 

Le numérique pour unifier des sites dispersés

 

Quand le tourisme de mémoire concerne un vaste territoire – et c'est souvent le cas – le numérique peut permettre au visiteur à la fois d'en avoir une vue d'ensemble, et d'entrer dans les détails des sites qui l'intéressent. Souvent, le tourisme de mémoire passe par des sentiers ou des circuits d'interprétation.
Les Chemins de mémoire de la Grande Guerre en Nord-Pas de Calais sont ainsi réunis sur un site internet.

Le parcours urbain numérique du Fort d'Issy retrace les combats de 1870-71 lors du siège de Paris par les Prussiens, puis lors de la Commune de Paris à Issy-les-Moulineaux (92).

 

Le numérique permet également la création de parcours thématiques par nationalité (les troupes russes en France), par itinéraire (la ligne de front de la Marne au Chemin des Dames) voire par séjour (trois jours à Lyon).

 

Dans l'autre sens, le numérique permet d'intégrer les sites mémoriels à la valorisation plus générale d'un territoire, à l'instar de la galerie numérique du Parc Naturel Régional du Morvan qui passe par le musée de la Résistance de Saint-Brisson.

 

Matérialiser le patrimoine immatériel

 

La mémoire n'est pas toujours gravée dans les pierres ni marquée dans le paysage. Il ne reste parfois aucun vestige du passé et s'il y en a, ces vestiges ne suffisent pas à comprendre l'histoire des lieux.

C'est justement parce qu'il s'agit beaucoup de ressentis, de souvenirs personnels, donc de patrimoine immatériel, que les outils numériques sont intéressants pour accompagner le tourisme de mémoire.

Ils ont en outre le gros avantage de pouvoir créer des passerelles entre les générations et de favoriser la transmission de la mémoire. Pour caricaturer, ces outils permettent un partage entre les grands-parents familiers du contenu et les petits enfants qui maîtrisent les outils.

La création des médias numériques peut aussi être l'occasion d'une collecte de mémoire, d'un recueil de témoignages des acteurs, tant qu'ils sont encore en vie.

Voici un petit florilège des possibilité de médiation culturelle numérique :

 

  • Audioguides à base de témoignages vécus ou de récits des collecteurs de mémoire comme celui qu'Histoire de Son a réalisé pour le sentier de la Drôle de Guerre à Wangenbourg-Engenthal (Bas-Rhin), en complément des panneaux du sentier d'interprétation.

  • Accès numérique aux documents fragiles et chargés d'émotions : lettres de poilus, journaux de bord, carnets de croquis, cartes et plans d'époque...

  • Applications mobiles immersives, réalité augmentée et reconstitution historique permettent aussi d'attirer un public plus familial comme l’application Arromanches 44 pour revivre le débarquement des soldats canadiens en Normandie en 1944.

 

Voilà pour les outils à utiliser sur place.

 

Mais en amont ou à distance des sites, les réseaux sociaux sont aussi particulièrement adaptés au partage de ces documents mémoriels et à la valorisation des lieux qui s'y attachent.

Le compte Facebook de Léon Vivien, poilu de la Grande Guerre, alimenté et mis en place par le Musée de la Grande Guerre de Meaux a beaucoup fait parler de lui. Le mémorial de Caen s'y est mis aussi, avec le G.I. Louis Castel, doté également d'un compte Twitter. Le mémorial récidive d'ailleurs avec une communauté autour du journal de Suzon, ou encore l'album de Rachel et Hannah décliné aussi sur Twitter et Instagram.

D'autres investissent Youtube comme la Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Pour l'institution ou le territoire, l'intérêt des réseaux sociaux est double : allier médiation culturelle et communication.

 

 

Pour approfondir la question

 

« Le tourisme de mémoire, un atout pour les collectivités territoriales ? », colloque interdisciplinaire de l'Institut d’Auvergne du Développement des Territoires (IADT), Clermont-Ferrand, les 9 et 10 avril 2015

 

Le site du ministère de la Défense « Chemins de mémoire »

 

L'observatoire du tourisme de mémoire

 

*chiffres de la DGE (direction générale des entreprises)

**chiffres du Conseil Départemental de la Meuse

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Où vous emmène Histoire de Son cet été ?

29 Juillet 2015, 14:29pm

Publié par véronique muzeau

Où vous emmène Histoire de Son cet été ?

Le métier d'Histoire de Son, c'est de valoriser les patrimoines touristiques et culturels par le multimédia. Donc vous croiserez peut-être quelques-unes de nos réalisations pendant vos vacances.

 

Exposition Séon à Quimper

 

Avec un brin de chauvinisme, nous commencerons par le Finistère, où vous pouvez découvrir en particulier cet été l'exposition que le musée des beaux-arts de Quimper consacre à Alexandre Séon. Ce peintre symboliste séduit car, s'il aime représenter l'invisible et le monde des idées, il reste néanmoins attaché à la nature. Il a notamment puisé son inspiration sur l'île bretonne de Bréhat. Jean-David Jumeau-Lafond, le spécialiste de Séon a répondu à nos questions dans la vidéo réalisée pour l'exposition par Histoire de Son et Digitale Production.

 

Le château du Taureau, perle Vauban de la Manche

 

Toujours près de chez nous, le château du Taureau se dresse au milieu de la baie de Morlaix, tel un « vaisseau de pierre ». On s'y rend en bateau et, sur place, la visite est libre la plupart du temps. Mais si vous avez téléchargé l'audioguide avant de partir (pas de réseau pour télécharger sur place), vous pourrez découvrir les secrets de la forteresse au travers d'interviews variées : un historien des forteresses Vauban de l'Atlantique, une historienne de Morlaix, des responsables d'associations du patrimoine local comme le musée maritime de Carantec ou Au fil du Queffleuth et de la Penzé, un spécialiste des oiseaux de la baie et même Patrice Pellerin, l'auteur de la BD l'Épervier qui a pris le château pour décor.

 

Scénographie d'une exposition sonore

 

En matière de scénographie audio, découvrez aussi notre travail pour l'exposition sonore de l'écomusée des Monts d'Arrée. « Écoute donc ! Parcours de femmes » vous retrace l'histoire de ce territoire rural depuis les années 1950, racontée par ses habitantes. C'est le résultat d'un collectage de témoignages enregistrés par les médiateurs et bénévoles de l'écomusée. Ces derniers ont d'ailleurs suivi une de nos formations.

 

Musée Saint-Raymond, Toulouse

Musée Saint-Raymond, Toulouse

Audiodescriptions pour le handicap visuel

 

Histoire de Son participe également à la mise en accessibilité des lieux de tourisme et de culture comme l'écomusée de Plouguerneau. L'audiodescription de la vidéo de présentation de ce musée des goémoniers et de l'algue est destinée aux visiteurs déficients visuels.

 

Pour les personnes souffrant de handicap visuel, le musée des Antiques Saint-Raymond de Toulouse a fait appel à nous. Un audioguide spécifique permet au visiteur non-voyant une découverte audio et tactile de certaines pièces du musée.

 

Également de conception universelle, l'audioguide du musée Georges Borias d'Uzès (Gard) vous permettra d'entendre la conservatrice en personne vous expliquer la préhistoire et l'histoire de la région, les origines des fameuses céramiques, la famille Gide...

 

Deux séquences d'audiodescription tactile figurent également dans l'audioguide de la collégiale Saint-Martin de Montmorency (Val d'Oise). Maître verrier, sculpteur ornemaniste, historiens vous décryptent les richesses de cette vaste chapelle funéraire des Montmorency, notamment de remarquables vitraux du XVIe siècle.

La forêt de Fontainebleau se raconte

 

En plein air et à deux pas de Paris, la forêt de Fontainebleau est un immense terrain de jeu, de sport, mais aussi de culture grâce à l'Office National des Forêts. Son application mobile « La forêt de Fontainebleau » propose de nombreux parcours : narrations, immersions et ...découvertes ! Histoire de Son a réalisé les contenus audio des sentiers naturalistes et sylvicoles. Il s'agit avant tout d'interviews de scientifques, de forestiers et d'historiens.

 

Le Val de Loire vu du train

 

Si vous passez vos vacances en Val de Loire, préférez le train ! Ne serait-ce que pour essayer l'application mobile Le Val de Loire vu du train proposée par Mission Val de Loire. À bord du TER Angers-Blois l'application commente le paysage : géographie, hydrographie, mais aussi occupation humaine, châteaux, habitats troglodytiques... Histoire de Son a interviewé une quinzaine de spécialistes pour réaliser les contenus audio de cette application, et ce n'est pas terminé !

 

Le sentier de la Drôle de Guerre en Suisse d'Alsace

 

Un peu plus à l'est, si vous ne connaissez pas la Suisse d'Alsace, venez parcourir ses douces montagnes boisées et découvrir son patrimoine militaire et historique. À Wangenbourg-Engenthal, deux tout nouveaux sentiers d'interprétation vous racontent la singulière parenthèse vécue par la commune entre septembre 1939 et mai 1940. La 5e armée du Général Bourret y stationnait. Un certain colonel De Gaulle y a passé quelques mois. L'audioguide du sentier vous permet d'entendre les récits des habitants d'hier et d'aujourd'hui.

 

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Un autre tourisme est possible

13 Novembre 2014, 16:36pm

Publié par véronique muzeau

Le tourisme réussi c'est d'abord l'expérience inoubliable

Le tourisme réussi c'est d'abord l'expérience inoubliable

Ce n'est pas au « premier pays touristique du monde » - la France - qu'on va donner des leçons de tourisme... Et pourtant si ! Le CESE, conseil économique social et environnemental préconise de « repenser le tourisme ». La proximité, la diversification des formes de tourisme et l'ancrage dans les territoires devraient être les axes du tourisme de demain.

 

Du tourisme de masse au tourisme durable

 

Le tourisme en France reste un tourisme « de masse », concentré sur un cinquième du territoire hexagonal alors que les 80% restants ont sans doute des atouts à faire valoir.

Concentré également dans le temps (de juillet à septembre), ce tourisme n'est guère durable : il génère surcharge, surpopulation et surconsommation sur une petite portion du territoire. Il exclut aussi une partie de la population française elle-même. D'où les maîtres-mots pour le nouveau tourisme que le CESE appelle de ses voeux : durable et social.

 

Spécificités et inventivité

 

Pour éparpiller les visiteurs et rendre les vacances plus accessibles, le Conseil préconise une offre plus diversifiée, plus innovante aussi. Les territoires ont des atouts variés, ils doivent pouvoir se distinguer les uns des autres pour étonner les vacanciers. Alors que le CESE souligne la multiplicité des acteurs du tourisme (le fameux « mille-feuille » des Offices, Syndicats, Pays, Agences), on s'étonne en effet que l'offre soit si standardisée. Il faut dire que ces nombreux acteurs collaborent encore assez mal, souligne le Conseil. La concurrence fait rage pour une petite part de gâteau, alors qu'il reste l'essentiel du gâteau à se partager... L'imagination ferait-elle défaut aux acteurs du tourisme ? Ou bien les bonnes idées circuleraient-elles peu ?

 

Proximité et participation

 

En tourisme aussi on peut promouvoir les circuits courts. Une distance moindre réduit les déplacements, donc leur coût et les pollutions qu'ils génèrent. Le temps de tourisme s'en trouve aussi allongé. C'est donc plus durable et plus social. Il ne reste plus au territoire qu'à séduire ses voisins, voire ses propres résidents. Et surtout à conquérir ceux parmi eux qui ne sont pas encore touristes !

Le CESE préconise donc un tourisme accessible à tous, mieux réparti, diversifié, plus proche de la nature et des habitants. Presque une révolution, mais on devrait pouvoir y arriver !

 

Et cette vision c'est bon pour le tourisme culturel.

Certes, le touriste durable appréciera le calme verdoyant d'une campagne hors des sentiers battus. Il s'éclatera physiquement dans des forêts sauvages ou sur des rivières méconnues. Certes, il goûtera certainement la gastronomie locale restée authentique, et il aimera dormir chez les gens du cru.

Mais gageons que le touriste durable aura aussi soif de découverte et donc de culture !

 

Élargissement du champ de la culture

 

Dans son article sur la participation des publics au musée, Sébastien Magro, expert en nouvelles muséographies, évoque nos 250 écomusées et musées de société. Il rappelle au passage que la notion de patrimoine ou d'objet de culture s'est bien élargie depuis les années 1970.

Au delà des oeuvres d'art ou des vestiges archéologie, tout (ou presque) peut être sujet d'étonnement, d'apprentissage et d'émotion : les communautés humaines, leurs pratiques, leur vécu, leurs souvenirs. L'ethnologie est passée par là. Et nous ajouterons le milieu naturel : faune, flore, géologie, géographie. L'écologie a bien poussé.

 

Les outils d'un tourisme accessible et disséminé

 

Les outils numériques permettent depuis quelques années (seulement) de concevoir une transmission et une découverte sans bâtiments, sans même un personnel d'accueil (c'est parfois regrettable) ; on crée ici des « musées promenades » en plein air, on propose là des parcours ou des itinéraires d'interprétation.

Nul besoin désormais d'avoir un arc de triomphe à l'entrée de la ville, ni de bâtir à grand frais un musée. Il suffit en somme de donner du sens à son territoire, quel qu'il soit.

Enfin, il suffit... La mise en valeur d'un patrimoine, son interprétation et sa mise en scène ne s'improvisent pas, bien sûr. La construction des outils numériques de visite est affaire de professionnels y compris leur contenu ! Et le « fait maison » n'est guère souhaitable pour résister à la concurrence des autres territoires. Adapter son discours aux différents médias numériques, interviewer des personnes ressources, connaître les ressorts de la médiation numérique, rendre cette médiation accessible à des visiteurs handicapés, voilà qui suppose un savoir-faire.

 

Mais si la mise en valeur des mille et un trésors culturels ou naturels de la France est réussie, nul doute qu'on pourra répartir les visiteurs dans l'espace et le temps. Nul doute qu'on aura aussi "créé" un supplément de tourisme en qualité et en quantité. Nul doute qu'on inventera un nouveau tourisme plus seulement limité au « bronzage idiot » sur quelques centimètres carrés de serviette.

De toute façon, aurons-nous le choix ?

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Collectivités : valoriser le patrimoine touristique de son territoire

9 Octobre 2014, 12:44pm

Publié par véronique muzeau

Quel patrimoine valoriser et avec quels outils ?

Quel patrimoine valoriser et avec quels outils ?

Les collectivités qui souhaitent valoriser leur patrimoine à des fins touristiques sont légion dans notre pays qui regorge de monuments, curiosités, vestiges du passé. Toutes ne savent pas forcément par quoi commencer.

 

Analyser son territoire

 

Le problème, c'est même parfois le « quoi ? » : que valoriser exactement ? En clair, qu'est-ce qui fait l'originalité du territoire, sa singularité, par rapport aux autres ? Qu'est-ce qui étonnera et enthousiasmera les visiteurs ?

Les habitants (et les élus) du territoire en question n'ont pas toujours le recul pour répondre à cette question ; ils sont tout simplement « habitués » à côtoyer quelque merveille naturelle ou quelque curiosité culturelle qu'ils ne voient plus comme telle.

Ou bien, ils n'ont pas perçu que leurs pratiques agricoles locales, que leur géologie ou la forme de leurs maisons étaient uniques et exotiques vues de l'extérieur.

Ou encore, ils connaissent le potentiel d'idées originales que couve leur territoire et ils souhaiteraient faire remonter ces idées et les confronter, mais ils n'ont pas les outils pour le faire.

Bref, un regard externe est souvent indispensable avant toute valorisation touristique. C'est ce qu'on appelle la médiation territoriale. Elle s'appliquait au départ aux projets d'urbanisme, mais elle se révèle tout à fait adaptée aux projets de valorisation touristique.

 

Connaître les outils de valorisation

 

Second problème, le « comment » : quels sont les outils pour valoriser le territoire et comment les mettre en œuvre ? Même un simple sentier d'interprétation avec signalétique peut être totalement raté. Si les textes des panneaux sont abscons ou leur vocabulaire trop technique, si le graphisme est illisible (pensez aux visiteurs déficients visuels ! ), si les points d'intérêt manquent...d'intérêt, si les ressources documentaires sont insuffisantes, si l'ergonomie du parcours est discutable (trop long pour les familles, trop accidenté pour les personnes à mobilité réduite, etc.).

Et que dire des outils numériques de valorisation touristique ? Les applications mobiles et autres dispositifs multimédias peuvent parfois briller de mille feux à première vue, mais « bugger » à la première utilisation ou avoir totalement délaissé le contenu (un bel emballage sans cadeau à l'intérieur). Nous connaissons des applications mobiles dont les documents photos sont dénués de légende, d'autres dont les documents audio sont des sons téléphoniques ultra compressés lus par un stagiaire...

Le visiteur pourra alors au mieux s'extasier devant la prouesse technique d'une application mobile, mais il quittera le territoire sans avoir rien découvert ni appris de ce territoire, et sans savoir au juste ce qui pourrait le retenir ou le faire revenir !

En matière de valorisation multimédia, deux types de savoir-faire sont indispensables pour réussir :

  • la technique de développement informatique, pour déterminer les outils pertinents en fonction des usages, des ressources documentaires, des points d'intérêt, des contraintes de connexion...,

  • la technique de médiation culturelle et scientifique, pour savoir adapter le discours au support, à la cible, aux ressources et pour produire un discours à la fois compréhensible et agréable à suivre. Car non, l'écriture audiovisuelle ne s'improvise pas. Non, il ne suffit pas de prendre quelques photos et de lire une notice d'encyclopédie enregistrée avec un dictaphone pour réaliser un contenu satisfaisant.

La médiation culturelle et scientifique audiovisuelle est un métier et la qualité des contenus dépend d'un réel savoir-faire, tout comme l'ergonomie et la fluidité d'une application mobile dépendent d'une compétence informatique.

 

Les élus et décideurs des collectivités qui souhaitent valoriser leur patrimoine ont en fait tout intérêt à suivre des formations sur ces questions. Ne serait-ce que pour réussir les appels d'offre qu'ils lanceront pour la réalisation de leurs outils de valorisation. Trop souvent, ces appels d'offre oublient les ingrédients indispensables à la réussite des projets.

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Les vitraux en vedette des journées du patrimoine de pays

13 Juin 2014, 10:48am

Publié par véronique muzeau

Lumière et couleurs, un thème qui oriente ces journées vers le vitrail

Lumière et couleurs, un thème qui oriente ces journées vers le vitrail

Lumière et Couleurs, c'est le thème des 17e journées du patrimoine de pays et des moulins. De nombreuses visites proposées les 14 et 15 juin portent donc sur les vitraux des multiples édifices religieux de France.

 

L'occasion pour Histoire de Son de vous rappeler que vous pourrez suivre dès septembre une visite audio approfondie des vitraux de la collégiale Saint Martin de Montmorency (Val d'Oise) proposée par l'office de tourisme de Montmorency.

Parmi les intervenants de cet audioguide, une vitrailliste, Patricia Montsarrat, détaille les techniques des maîtres-verriers et leurs évolutions entre le XVIe et le XXe siècle.

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#JNA14, l'archéologie version audio (2)

12 Juin 2014, 10:42am

Publié par véronique muzeau

Site préhistorique de la pointe du Souc'h à Plouhinec

Site préhistorique de la pointe du Souc'h à Plouhinec

La visite du site de Menez Dregan à Plouhinec, occupé par l'homo heidelbergensis dès 465 000 avant notre ère. Dans cette ancienne grotte à flanc de falaise, les archéologues ont découvert les plus vieilles traces de feu maîtrisé d'Europe.

Paléolithique et néolithique sur un même site en Finistère

Un peu au-dessus, sur la pointe du Souc'h qui domine la baie d'Audierne, un tumulus du néolithique. Pour la médiation, un centre et un sentier d'interprétation, sans oublier la guide de l'office de tourisme de Plouhinec qui vous montrera même comment on faisait du feu au néolithique.

A découvrir avec les oreilles puis directement sur place !

Ecoutez ce reportage réalisé par Histoire de Son pour notre partenaire Radio Évasion.

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Du #tourisme et des #îles

15 Mai 2014, 11:39am

Publié par véronique muzeau

Du #tourisme et des #îles

 

"Tourisme et insularité : la littoralité en question(s)" c'est le titre d'un ouvrage collectif dirigé par Jean-Marie Furt et Caroline Tafani, qui vient de paraître aux éditions Karthala.

Le salon mondial du tourisme 2013 avait installé en son cœur un « village des îles » destiné avant tout à faire rêver sur l'exotisme des vacances insulaires. Cet ouvrage de géographie aborde quant à lui le tourisme des îles par ses problématiques.

 

Il est vrai que les îles ont des atouts majeurs :

 

  • Leur littoral total : la mer attire vers elle la majorité des touristes, alors, forcément, quand la mer est partout, cette attraction se renforce...

  • Leur dépaysement dû à l'isolement, aux contraintes d'un mode de vie « à part », toujours exotique pour un visiteur continental très connecté. Les îles se prêtent bien au fantasme d'être coupé du « monde » et de son tumulte.

  • L'authenticité liée à cet isolement qui a souvent permis de mieux préserver la culture locale.

 

Mais les îles ont deux fragilités, contradictoires, qui concernent particulièrement le tourisme :

 

  • L'impératif d'un développement économique minimal pour garder leurs habitants.

  • L'environnement, plus sensible à l'impact des activités humaines du fait de leur espace restreint. Sur le plan environnemental, les îles sont un « cas d'école » puisqu'elles concentrent les problèmes de tous les espaces littoraux.

 


Dans son panorama sonore de la mer d'Iroise réalisé en 2011, Histoire de Son abordait cette question au travers de la gestion de l'eau, des déchets ou de l'énergie sur les îles. Un moyen aussi de sensibiliser les visiteurs aux réalités du milieu qu'ils investissent.

Écoutez par exemple les anciens maires de Molène et de Sein à propos de la gestion de l'énergie sur de petites îles du Finistère.

 

 

 

 

Pour écouter d'autres séquences sur le patrimoine culturel de la mer d'Iroise, rendez-vous

 

 

  •  

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La forêt de Fontainebleau en application mobile

21 Mars 2014, 16:49pm

Publié par véronique muzeau

La forêt commentée par ses acteurs

La forêt commentée par ses acteurs

C'est la journée internationale des forêts, première édition en France ! Une journée pour valoriser ce patrimoine naturel et culturel très vigoureux dans notre pays, mais finalement méconnu. L'occasion de découvrir les trois fonctions de la forêt : économique, écologique et sociale.

 

L'Office National des Forêts (ONF) soutient cette journée qui se traduit par des animations, randonnées, expositions autour des richesses forestières qu'elles soient naturalistes, historiques, économiques.

 

La forêt lieu de médiation scientifique et culturelle

 

Et justement, l'#ONF Fontainebleau vient de sortir sa nouvelle application mobile La Forêt de Fontainebleau disponible sur Google Play et prochainement sur IOS.

Histoire de Son a participé au contenu de cette application par des interviews audio# d'un naturaliste, d'un sylviculteur et d'un historien. En vous baladant sur 5 sentiers, dont un en Réserve Biologique Intégrale, vous découvrirez les nombreux insectes de la forêt, comment on restaure une dune, comment travaille un sylviculteur, quel est l'impact des pins sylvestres sur l'écosystème de la forêt, pourquoi les allées forestière sont tracées en étoile, etc.

Pour ceux qui en doutaient encore, la forêt est un lieu de culture et de sciences, et c'est passionnant !

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Le filon du tourisme industriel et technique

20 Février 2014, 10:09am

Publié par véronique muzeau

Le filon du tourisme industriel et technique

 

Le tourisme industriel et technique propose aussi bien des visites d'entreprises en activité que des découvertes du patrimoine industriel et technique. Malgré son potentiel économique et ses bienfaits symboliques, ce tourisme est encore peu exploité ou mis en avant. Et pourtant, il s'agit bien de tourisme culturel, la culture ici est d'ordre économique et technique.

 

Avec Made in Angers du 24 février au 21 mars, la ville d’Angers, Angers Loire Métropole et le Pays Loire Angers s'associent pour promouvoir le tourisme de découverte économique. Des visites d'une centaine d'entreprises ont lieu pendant un mois : pour les scolaires, les groupes adulte, le tout-public. Il s'agit bien de visites d'entreprises en activité.

Mais si on ajoute les visites d'anciens sites industriels, d'ouvrages d'art, de patrimoine industriel, le tourisme industriel et technique finit par en étonner plus d'un.

 

Histoire de Son s'intéresse aussi à cet « objet de tourisme » en proposant dans ses médias de visite la découverte d'entreprises innovantes et les témoignages sonores des entrepreneurs.

Voici deux exemples finistériens issus du panorama sonore « Dans le sillage des voix d'Iroise »

 

  • Sabella qui fabrique des hydroliennes

 

 

 

  • Algues et Mer qui cultive des algues et fabrique des produits cosmétiques à base d'algues

 

 

A quoi sert le tourisme industriel et technique ?

 

 

Et bien déjà, ça marche, tout simplement ! Les entreprises qui ont osé ouvrir leurs portes et exposer leurs savoir-faire s'en félicitent souvent. Le parfumeur Fragonard dont l'usine et le laboratoire ont accueilli près d'un million de visiteurs en 2012 ou encore la cave de Gan Jurançon (230 000), la confiserie des Hautes-Vosges (190 000)*.

Les sites et ouvrages techniques attirent aussi énormément les curieux (le viaduc de Millau 300 000 visiteurs en 2012). Ce qui amène parfois les collectivités à aménager parkings et parcours d'interprétation, voire des bâtiments d'accueil du public.

On estime à environ 20 millions chaque année le nombre de touristes qui visitent quelques 1500 entreprises, musées techniques ou sites du patrimoine industriel. Même si on peut difficilement les évaluer précisément, il y a forcément des retombées économiques : achats de produits ou souvenirs, de guides de visites, paiement d'une visite guidée si elle est proposée, restauration voire hébergement, etc.

La région Rhône Alpes l'a si bien compris qu'elle a même créé un réseau nanti d'un portail internet spécifique : Tistra

D'autres régions ont au moins édité leur guide papier par le biais du Centre de Culture Scientifique, Technique et Industriel (CCSTI) comme en Midi Pyrénées.

 

Le développement du tourisme industriel et technique a donc pour objectif majeur la dynamisation économique d'une région parfois durement frappée par la désindustrialisation.

Mais il permet aussi la conservation d'un patrimoine bâti quand il conduit à transformer un site industriel pour en faire un lieu de culture : les musées miniers reconstituent ou donnent accès aux galeries qui ne sont plus exploitées, les musées du tissage s'installent dans d'anciennes filatures, etc.

 

Revalorisation physique et symbolique du patrimoine industriel

 

Dans son article sur le patrimoine industriel, le tourisme et le développement durable pour la revue Teoros, Mathieu Dormaels souligne que la rénovation des bâtiments industriels se fait sur des critères très éloignés de ceux qui ont présidé à leur construction ; cette fois, il ne s'agit plus de produire en masse, quitte à sacrifier le social et l'environnement. C'est l'inverse : l'amélioration des conditions de vie, la récupération des espaces naturels sont les valeurs motrices de cette deuxième vie des usines.

Mathieu Dormaels fait remarquer que c'est aussi une question symbolique pour des communautés qui ont souffert de la fermeture des usines, de la fin d'une époque industrielle. Il s'agit alors de « restaurer son image », de retrouver la fierté perdue en développant une nouvelle attractivité et en rénovant les bâtiments symboles de cette souffrance.

 

*chiffres de l'association pour la visite d'entreprise qui propose aussi le site entreprise et découverte

 

Autres références

http://hal.archives-ouvertes.fr/docs/00/74/38/18/PDF/ARTICLE_BAIA_MARE_DEF.pdf

 

 

 

 

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