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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Paroles de médiateurs culturels #6 : au cœur de l'exposition

24 Juin 2015, 22:12pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #6 : au cœur de l'exposition

La médiation dans l'exposition est une évidence ; en soi, une expo est déjà un dispositif de médiation. Mais à quel moment la réflexion sur la relation au public intervient-elle ? De plus en plus en amont.

 

Il en va des expositions comme des collections permanentes. Pour les musées d'art, de sciences et techniques ou de société, pour les écomusées comme pour les centres d'interprétation, la question est la même : que veut dire exposer ?

On dévoile, certes, on met en relief, une partie d'une collection restée dans l'ombre. On met en scène un nouvel angle d'approche. On attire l'attention, comme en collection permanente. Mais, dans le cas d'une exposition, par définition temporaire, on doit le faire avec encore plus de vigueur puisque ça ne dure pas. Comment capter le public ? Et surtout, comment le toucher, le convaincre, le séduire, voire le faire revenir ? La question de la médiation culturelle est bien là, celle du rapport aux publics, comme toujours.

 

Mais si les organisateurs d'exposition se soucient de médiation, la question est aussi : quand s'en inquiètent-ils ? Dès le début de la conception de l'exposition ou une fois qu'ils ont rassemblé toutes les pièces qu'ils veulent exposer ?

Voici une réponse, rassurante et encourageante pour les médiateurs culturels, celle d'Anne Dupont, co-directrice de l'écomusée des Monts d'Arrée et chargée d'édition pour l'EPPC Chemins du Patrimoine en Finistère.

Le médiateur culturel intervient désormais en amont des expositions.

 

 

Les mots ont donc changé, fini le « guide » qui dirige un public passif au fil de l'expo. Le fait d'intégrer le médiateur ou le chargé de médiation dès la conception de l'exposition permet au public d'interagir avec ce qu'il voit et d'être acteur de sa visite.

 

Après la question du « quand » concevoir la médiation d'une exposition ? Revenons sur le comment …

Vous pouvez bien sûr réécouter les enregistrements des trois éditions du colloque « ce qu'exposer veut dire » organisé chaque année par l'INP (institut national du patrimoine). La médiation est au centre de certaines interventions des conférenciers.

 

Qui sont les publics des expositions ?

 

On s'interroge forcément sur le public pour lequel on conçoit une exposition, puisque c'est la raison d'être de la médiation.

Voici une réponse intéressante de Martine Thomas-Bourgneuf, muséographe et muséologue indépendante, dans son article " Pour qui conçoit-on une exposition ? "
publié dans La fabrique du musée de sciences et société par la documentation française en 2011.

Je ne réponds pas à une attente ou à une demande des futurs visiteurs. Je ne crois absolument pas qu’il y ait des attentes des publics. (….) S’il y a une demande des visiteurs qui soit cernable et cernée par des études, c’est celle d’être surpris.

Martine Thomas-Bourgneuf

Quant à la notion de « grand public » Martine Thomas-Bourgneuf la juge trop floue et indéfinie. Et surtout, cette notion répond à une logique de demande (assurer la fréquentation), alors que l'exposition culturelle doit selon elle se situer dans une logique d'offre. L'exposition, c'est une proposition, un point de vue, qui ne fera pas forcément consensus qui trouvera « son » public, le sien uniquement.

Chez tous les concepteurs de contenus d’exposition, qu’ils soient muséographes, scientifiques, ou conservateurs (…) de la subjectivité est à l’oeuvre, faite de convictions, de passions, de sensibilité etc. - ce qui n’empêche pas le sérieux scientifique.

Martine Thomas-Bourgneuf

 « individualiser » la médiation pour de multiples publics

 

Pour néanmoins élargir l'accès à la culture et s'adapter à la potentielle diversité des publics, Martine Thomas-Bourgneuf pose quelques principes de base :

  • multiplier les niveaux de lecture, de perception et d'information

  • diversifier les outils et les canaux de médiation (donc les intervenants)

  • s'adresser aux intelligences multiples et à tous les sens

  • privilégier la souplesse d'utilisation des parcours, des outils, des supports

  • ménager des rythmes et des pauses

La question de la médiation dans l'exposition est donc bel et bien prise en compte, et de mieux en mieux.

Quant à la médiation par l'exposition, en voici un bel exemple pour terminer : l'atelier « commissaire d'expo toi-même » du Zinc, le centre de création « arts et cultures numériques » de la Friche la Belle de Mai à Marseille. Les enfants ont réalisé des œuvres tout au long de l'année, et découvrent au cours de l'atelier les métiers impliqués dans la création d'une exposition. Ils passent ensuite à la pratique et montent leur expo. Parmi les métiers découverts par les enfants dans ces ateliers, celui de commissaire d’exposition, de scénographe, de chargé de la communication, de régisseur et...de médiateur

 

Pour en savoir plus :

« Pour qui conçoit-on une exposition ? » de Martine Thomas-Bourgneuf, La fabrique du musée de sciences et société, la documentation française, collection « Musées-Mondes », dirigée par Jacqueline Eidelmann, février 2011Télécharger

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2015.

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2014.

Colloque de l'INP « Ce qu'exposer veut dire », 2013. 

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Paroles de médiateurs culturels #5 : patrimoine immatériel

9 Juin 2015, 16:14pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #5 : patrimoine immatériel

Par définition, le patrimoine culturel immatériel (PCI) ne propose pas de support physique pour accrocher les sens du public. Pourtant, depuis que l'Unesco en a fait un objet de protection, son importance est reconnue. Les médiateurs culturels s'approprient donc le PCI.

 

L'ennui, c'est que le patrimoine immatériel est potentiellement aussi vaste que l'humanité.

Comment définir ses limites ?

Qu'est-ce qui fait patrimoine ?

Et quand bien même on a pu déterminer ce qui est patrimoine culturel immatériel, comment le valorise-t-on auprès des publics ?

 

Le rôle des musées de société

 

Ce sont des questions que se posent notamment les médiateurs d'écomusées et de musées de société.

Ils se frottent sans cesse à l'immatériel : langues, musiques, chants, paysages, savoir-faire et techniques, pratiques rituelles, ludiques ou artistiques .... tout ce qui caractérise le territoire où s'inscrit l'écomusée.

 

Lena Boisard-Le Coat est étudiante en ethnologie, et actuellement chargée de projet à l'écomusée des Monts d'Arrée.

Elle travaille sur un projet original : la création d'un spectacle en langue bretonne, créé à partir des collectages réalisés auprès des habitants du territoire sur le thème du potager et son évolution depuis les années cinquante en centre Finistère.

C'est donc une forme particulière de médiation culturelle.

 

 

 

Patrimoine immatériel, société vivante

 

Ce que Lena Boisard-Le Coat aime dans le patrimoine culturel immatériel, c'est qu'il est vivant, en perpétuelle évolution. En dépit des tentatives de transformation en folklore, notamment en Bretagne, ce patrimoine immatériel bouge, s'adapte ou disparaît. S'il a pu rester, il est le miroir mouvant - et émouvant - d'une société à une époque donnée.

 

Notion récente, médiation innovante

 

Le PCI est aussi une notion récente puisque l'Unesco l'a formalisée en 2003. C'est donc un champ d'innovation pour la médiation culturelle : expositions sonores, reconstitutions grandeur nature, dispositifs numériques mobiles, récits transmédia, spectacle vivant, tout peut être imaginé ! Tout reste à inventer.

 

Réflexion sur nos traces humaines

 

Qu'est-ce qu'une médiation réussie du patrimoine culturel immatériel pour Lena ?

Celle qui inciter le public à l'interrogation, à la réflexion sur l'identité du territoire visité ou sur sa propre identité s'il est lui-même habitant de ce territoire.

 

Parce qu'il n'est pas un objet qui résiste au temps, parce qu'il a besoin de l'humain pour être transmis, le patrimoine immatériel oblige à une appropriation.

Et qui se l'approprie le transforme déjà en le passant par son tamis personnel.

Le médiateur lui-même est concerné.

 

Pour aller plus loin

 

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en juin 2015

29 Mai 2015, 18:00pm

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en juin 2015

 

En juin ce sera bien...pour penser tourisme culturel, valorisation numérique et accessible du patrimoine ou médiation de la culture, le plein de rendez-vous avant le calme de l'été.

 

« We are Museums », c'est le titre de la conférence qui a lieu cette année à Berlin

du 31 mai au 2 juin 2015 pour rassembler les professionnels des musées du monde entier. Ils y explorent les moyens de s'ouvrir et mieux et davantage au public.

Nouveauté de cette édition, les WAM Learning, conférences et tables rondes partout dans le monde pour accompagner les professionnels des musées.

 

 

« Science and you » : un nom anglais mais un événement bien français. C'est un colloque et des événements culturels autour de la médiation des sciences, organisé par l’Université de Lorraine, du 1er au 6 juin 2015 à Nancy.

 

 

La 9e édition de la journée mondiale pour un tourisme responsable a lieu le 2 juin 2015. À cette occasion les membres de la la Coalition Internationale pour un Tourisme Responsable (CITR) se retrouvent à Paris pour évoquer la communication et le marketing touristiques au risque du « greenwashing ».

 


Rueil-Malmaison s'affiche comme capitale du tourisme du 3 au 6 juin 2015, le temps du Festival Tourisme & Stratégie. C'est l'occasion de saluer les actions de promotion touristique de 30 villes européennes en compétition et de récompenser les meilleures ! Le colloque sur les enjeux économiques et la stratégie du tourisme européen, a pensé au moteur culturel : le tourisme de mémoire et les grands événements, générateurs d'activité économique.
Le grand public est invité à la
fête populaire du tourisme le dimanche.

 

 

L'Ensad (école nationale supérieur des arts décoratifs) organise une table ronde en muséographie et cultures numériques le jeudi 4 juin 2015 sur le thème : expérimentations et publics. Entre autres questions : quels sont les objectifs et enjeux de la participation et notamment des réseaux sociaux dans les musées et les expositions ?
 

 

À Rennes, c'est une journée d'étude sur les "livres enrichis : enjeux de création, de réception et de médiation" le 4 juin 2015 à l'initiative de l'Association des professionnels de l'information et de la documentation (ADBS).

 

 

En plein dans l'air du temps ce nouvel épisode des rencontres numériques du Ministère de la culture et de la communication, puisqu'il est consacré à l'éducation à l'image, aux médias et au numérique. C'est à Paris, Cinémathèque Française les 8 et 9 juin 2015.
 


Le 9ème Forum européen de l'accessibilité numérique a lieu à la Cité des sciences et de l'industrie le 8 juin 2015 sur le thème "Le numérique pour un meilleur accès à la connaissance". Ce colloque sera organisé conjointement avec la réunion annuelle du consortium Daisy (Digital Accessible Information SYstem) à Paris, les 9-10-11 juin 2015.

 

 

Le 5ème colloque international de l’Association ASTRES – Association Tourisme, Recherche et Enseignement Supérieur se propose d' « observer les touristes pour mieux comprendre les touristes » du 9 au 12 juin 2015 à La Rochelle.
 

 

La 2e édition des Académies du Tourisme Numérique d'Atout France ont lieu les 11 et 12 juin 2015 à Aix-les-Bains. 4 palmes viendront récompenser des applications numériques les plus innovantes dans le secteur du tourisme, 2 pour des applications existantes et 2 pour des projets en cours de développement.
 

 

Le festival Futur en Seine revient, du 11 au 15 juin 2015 à Paris. Le plus grand festival du numérique européen est ouvert à tous. Au Village des innovations, on pourra découvrir 150 services et produits innovants en démonstration, mais aussi profiter de conférences, d’ateliers et de rendez-vous business. Et un peu partout en Ile-de-France, une centaine de concerts, soirées, rencontres, workshops, etc.

 

 

On peut aussi préférer la Bretagne, le passé, et le beau Moyen Âge sur lequel se penche le Congrès archéologique de France, cette année dans les Côtes d’Armor, également du 11 au 15 juin 2015.

 

 

Le patrimoine culturel immatériel en France : généralités, actualités et actions en régions, c'est le thème du stage proposé les 16 et 17 juin 2015 au Centre français du Patrimoine Culturel Immatériel (CFPCI) à Vitré.

 

 

Le 2ème Forum régional Nord « Musées et patrimoine à l’heure numérique » a lieu au Louvre Lens le 18 juin 2015, en partenariat avec le CLIC France, Club innovation culture. Au programme, des démonstrations, retours d'usages, tables-rondes et visites autour des différents dispositifs : robots, films 3D, signalétique interactive, géolocalisation, etc.

 

 

Le selfie devient un véritable phénomène y compris dans le domaine artistique. La deuxième rencontre d’Arts Mobiles vous invite à rencontrer les acteurs qui réfléchissent aux mises en exposition du Selfie le 19 Juin 2015 à Paris.

 

 

Formidable occasion de faire découvrir l'archéologie au tout public, les 19, 20 et 21 juin 2015, ce sont les Journées nationales de l'archéologie, partout en France.

 

 

Où en est la culture scientifique, technique et industrielle ? Réponse au 33e congrès de l’AMCSTI du 23 au 25 juin 2015 à Annecy et Chambéry. Nouveaux comportements des publics, recherche et innovation responsable, Open Access, impact sociétal des nouvelles technologies, évolution des questions de conservation, nouvelles coopérations et mutualisations...les sujets de discussion ne vont pas manquer !

 

 

Les journées multiméda du tourisme durable, ce sont les 25 et 26 juin 2015 à Gréoux les Bains. Il s'agit d'une part d'un congrès d'experts et de chercheurs sur le climat, les ressources et le tourisme durable. Il s’inscrit dans la lignée des contributions à la Conférence Climat (COP21) de Paris. Mais c'est aussi un festival de courts-métrages accessibles à tous et un salon pour les professionnels.

 

 

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Les musées peinent encore à séduire les adolescents

19 Mai 2015, 16:59pm

Publié par véronique muzeau

Les adolescents ont une vision dépassée des musées

Les adolescents ont une vision dépassée des musées

Les adolescents perçoivent une image très figée et très restreinte des musées malgré la diversité des établissements et tous leurs efforts de médiation culturelle envers le public jeune.

 

Les chevelures argentées ont-elle dominé la nuit des musées ? La nuit a-t-elle été trop calme et pas assez folle ? Les statistiques nous le diront peut-être dans quelques temps.

En attendant, France Culture a relancé le débat avec sa très bonne enquête multimédia sur les médiations des musées à destination des jeunes.

 

L'âge de choisir ses sorties

 

Le problème c'est déjà que le terme « jeune » est un peu trop large. Entre les enfants de maternelle et les adolescents au seuil de la majorité, c'est le grand écart.

Partons du principe que les plus petits n'ont pas encore l'autonomie de leurs sorties. Concentrons nous sur ce public qu'on dit « difficile » voire « rebelle » : les adolescents. Disons les 14-18 ans. Un âge auquel on affirme ses goûts pour finalement gérer seul ses loisirs et pratiques culturelles.

 

L'importance de l'éducation

 

Les adolescents sont donc assez grands pour choisir d'aller ou pas au musée...quoi que ! Le reportage de France Culture donne la parole à une sociologue, Sylvie Octobre, qui insiste bien sur le poids de la transmission familiale et des pratiques éducatives inscrites dans la petite enfance. La scolarité reste souvent la seule occasion d'aller au musée. Les vacances en sont une autre car les touristes ont davantage tendance à découvrir les musées lointains qu'à passer les portes des musées proches de chez eux. Mais les vacances ne sont pas à la portée de tous.

Les musées ont donc beaucoup travaillé leur accueil des publics scolaires pour concevoir des visites inoubliables. Ils espère ainsi voir les écoliers revenir dans leurs murs, même quand ils auront grandi.

 

L'enquête de France Culture a fait ressurgir un reportage plus ancien (avril 2012) visible sur Francetv education. Certes, depuis 3 ans, les choses ont bougé dans les musées. Cependant, en 2012, la médiation avait déjà beaucoup inventé et dépoussiéré. Pourtant, on est frappé par les idées reçues et clichés émis par ces lycéens de seconde. Ils viennent pourtant d'un établissement parisien et on peut supposer qu'ils sont donc plutôt favorisés socialement et culturellement.

 

Une perception erronée des musées

 

Premier point saillant : dans l'idée de ces jeunes, le musée est un musée des beaux-arts. Le « Louvre, Orsay » sont les seuls cités. Quid des autres pans de la culture ? Des musées de société ou écomusées, des musées de civilisation, des musées plus thématiques ou des établissements de sciences et techniques ? Peut-être ne sont-ils pas identifiés comme musées... et c'est vrai que, souvent, ils en refusent l'appellation préférant celle d' « espace » ou de « centre de découverte ». Sans doute pour s'éloigner du côté « conservateur ».

 

Second point, les adolescents interviewés ne sont pas spontanément attirés par le musée : « ma mère m'a un peu obligée », « j'irais pas toute seule », « ça m'intéresse pas trop » « je peux comprendre que ça n'intéresse pas trop les jeunes de mon âge », « on préfère voir des choses sur internet », « si on n'est pas intéressé, on va vite se lasser », « avec des guides, c'est un peu lent » … Il y a comme une méconnaissance du renouveau de la médiation culturelle muséale.

De même, Théo, 14 ans, que nous avions interviewé récemment dans ce blog, nous confiait son ignorance des nouvelles propositions interactives et participatives des musées.

 

En filigrane, on perçoit dans les yeux de ces jeunes l'image d'un musée figé, voire compassé et réservé aux adultes : « tous les adultes ont l'air intéressé...je pense que ça vient avec l'âge ».

Or, cette dernière impression peut être rédhibitoire à l'âge où on aspire à partager avant tout avec ses pairs. Cette interaction presque exclusive avec les gens de son âge, c'est l'une des spécificités dont doit tenir compte la médiation culturelle adaptée aux adolescents.

La conférence « Adolescents, loisirs et dispositifs de médiation culturelle » de l'Institut National de la Jeunesse et de l'Éducation Populaire (INJEP), en avril 2014, ajoutait d'autres données : une sortie ostensible de l'enfance, la préférence pour un encadrement invisible et des stéréotypes de genre très marqués.

 

 

Alors que faire ?

 

Elargir le champ de la culture

 

Une fois pour toute, il faudrait en finir avec les discours officiels et institutionnels qui limitent la culture à l'art. Que les jeunes qui n'ont pas la fibre artistique puissent être rassurés : oui l'économie c'est aussi de la culture, de même que le numérique ou encore l'écologie, la biologie, l'ethnologie. Chacun doit pouvoir trouver musée à son pied. À cet égard, les expositions thématiques de la Cité des Sciences et de l'Industrie ont largement réussi leur mission, et séduit les adolescents.

Bref, il faut décloisonner ! Pourquoi un musée des beaux-arts s'interdiraient-ils une réflexion sur des sujets de société ou d'actualité explorés à travers ses collections ? C'est une expérience encore trop rare...mais qui pourrait attirer les adolescents ?

 

 

Médiation participative et ciblée

 

Des événements, une actualité comme la nuit des musées, ou des concours de selfies permettent aux visiteurs d'être actifs. On lutte alors contre l'image statique du tableau accroché au mur. Les événements permettent aussi aux adolescents une participation en « bande » voire un échange sur les réseaux sociaux, donc un échange entre pairs.

 

De même, les ateliers créatifs peuvent être un bon moyen d'attirer les adolescents, pourvu qu'ils soient ciblés sur les 14-18 ans, bien distingués des ateliers 10-13 ans, eux-mêmes séparés des ateliers « enfants » ou « familles ».

 

Sortir de l'impératif éducatif : admettre que s'amuser est un droit et qu'on ne doit pas forcément apprendre. On peut fréquenter un musée juste pour le plaisir des yeux ou juste pour commenter les œuvres entre potes et bien rigoler.

 

Des outils sexy comme les nombreux dispositifs de réalité augmentée, jeux vidéos de visite et autres parcours multimédia sont donc appropriés à cette vision ludique du musée. D'autant plus que les ados maîtrisent et apprécient smartphones et tablettes.

 

 

Des humains pour transmettre de la passion

 

Sylvie Octobre précise cependant que tous ces dispositifs multimédia ne sauraient suffire à conquérir un public adolescent.

De même que les jeunes élèves, aussi rebelles soient-ils, suivront avec respect un enseignant passionné, ils peuvent suivre le « guide » ou le médiateur si son enthousiasme est contagieux. Histoire de Son, qui fait parler les acteurs des territoires, des sites ou des établissements culturels, ne dira pas le contraire.

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Paroles de médiateurs culturels #4 : archéologie

8 Mai 2015, 17:09pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #4 : archéologie

Un petit fragment de poterie ou un morceau de crâne manquent parfois de sens pour un public non averti. Mais les médiateurs et archéologues savent faire preuve d'imagination et d'invention pour transmettre leurs découvertes.

 

 

L'archéologique et son côté pratique

 

Pour évaluer les trouvailles des médiateurs culturels en archéologie, vous pourrez toujours faire un tour à la rencontre Paleobox du côté de Menez Dregan à Plouhinec (Finistère) le 24 mai 2015.

Après un colloque professionnel, archéologues et médiateurs s'adresseront au grand public. Vous pourrez tenter d'allumer un feu à la mode paléolithique, de tirer au propulseur, de fondre du bronze ou de tailler un os. On vous expliquera aussi comment nos ancêtres chasseurs-cueilleurs tiraient parti de leur environnement végétal et on vous proposera même de jouer les archéologues grâce à des modules qui reconstituent un mini chantier de fouilles.

 

Pour découvrir l'archéologie par la pratique, écoutez aussi ce témoignage d'Yves Guéguen, archéologue de formation et médiateur en archéologie, spécialiste des fac-similés.

 

 

Rien de tel que la pratique pour transmettre, en effet. Le profane peut saisir à pleines mains ce qui lui semblait si lointain. Les intelligences kinesthésiques y trouvent leur compte.

Dans un article paru dans Les Nouvelles de l'Archéologie Xavier Savary (géologue archéologue) souligne cette particularité de la discipline.

Elle mêle les connaissances très spécialisées, les démarches scientifiques les plus pointues (palynologie, géomorphologie, dendrochronologie...), et la pratique la plus...terre à terre, à coup de pelleteuses ou d'outils de dentistes.

Le fait de creuser le sol pour mettre au jour le passé rend peut-être l'archéologue plus concret, qui sait ?

Une céramologue, archéologue – très - spécialisée (dans la céramique et d'une période donnée), peut ainsi déclarer avec modestie que l'une de ses compétences essentielles, c'est d'être douée en puzzles ! Voilà qui nous rapproche du savant.

 

Démonstrations et fac-similés

 

Le succès d'un chantier de reconstitution comme la construction du château fort de Guédelon démontre bien l'avidité du public pour cet aspect concret et pratique. Les ouvriers du chantier participent d'ailleurs à des programmes d'archéologie expérimentale à la demande des chercheurs.

En Allemagne, les sites archéologiques proposent depuis longtemps des reconstitutions à l'identique de bâtiments ou de mobilier et le public peut ainsi s'immerger dans les différentes époques. En France, on avait jusqu'à présent quelques complexes à proposer de tels fac-similés grandeur nature. Comme si les ruines étaient plus pédagogiques...

 

Médiation archéologique et numérique

 

Un récent colloque intitulé L'archéologie à la rencontre des publics s'est justement penché en profondeur sur la transmission et la médiation de la recherche archéologique. Les débats ont évoqué la question des fac-similés y compris...numériques, bien sûr !

 Il faut dire que, quand on a peu à montrer mais beaucoup à raconter, les nouvelles technologies sont salvatrices.

Quelques objets fragmentaires deviennent des pièces complètes, quelques trous de poteaux se transforment en édifices imposants, des villes oubliées renaissent, par la magie de la réalité augmentée.

Interviews audio, ambiances sonores, images, animations 3 D viennent alors sublimer le travail des archéologues.

 

L'exemple le plus abouti de ce bon usage des nouvelles technologies vient d'ailleurs d'être livré aux yeux de tous : la grotte du Pont d'Arc, reconstitution de la grotte Chauvet.

 

Bien sûr, la médiation en archéologie se doit d'éviter des écueils, dont certains lui sont propres : incompatibilité entre conservation et fréquentation, risque de privilégier l'émotion et le spectaculaire au détriment du savoir, questions identitaires et territoriales trop « brûlantes », immensité du patrimoine immatériel, etc.

 

Une chose est certaine en tout cas, comme n'importe quel domaine de recherche - publique qui plus est – l'archéologie se doit aussi de pratiquer la dissémination, la restitution, la transmission et donc la médiation. Autant continuer à le faire avec brio !

 

 

 

Ressources

 

La page facebook de Paleobox

https://www.facebook.com/paleobox?fref=ts

 

Article de Xavier Savary dans les Nouvelles de l'archéologie

http://nda.revues.org/1252

 

Ils bâtissent un château fort : chantier de Guédelon

http://www.guedelon.fr/

 

La grotte Chauvet-Pont d'Arc

http://lacavernedupontdarc.org/

 

Colloque l'archéologie à la rencontre des publics, 26 et 27 novembre 2014,

direction générale des Patrimoines du ministère de la Culture et de la Communication,

www.culturecommunication.gouv.fr/Politiques-ministerielles/Archeologie/Rencontre-des-publics

 

INP Institut national du patrimoine

http://www.inp.fr/

 

Inrap (Institut national de recherches archéologiques préventives)

http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/p-7-Accueil.htm

 

CMN (Centre des monuments nationaux)

http://www.monuments-nationaux.fr/

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en mai 2015

30 Avril 2015, 11:13am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en mai 2015

On remixe, on innove on réinvente la culture et la médiation culturelle en mai 2015. Et le numérique y est pour quelque chose ! Il a tellement pris racine dans nos pratiques que certains se penchent sur l'archéologie des médias. Mais l'archéologie classique propose aussi ses rendez-vous. Quant aux musées, ils ouvrent plus grand leurs portes...

 

 

 

Museomix c'est la médiation culturelle en musée remixée par une équipe passionnée : des médiateurs, bricoleurs, designers, développeurs, graphistes, communicants, artistes, écrivains, scientifiques… Pendant 3 jours, ils investissent les lieux pour inventer et tester un dispositif de médiation muséale innovant. Le tout passe par le tamis du numérique. En 2014, ils étaient 7 musées de France, Suisse, Québec et Grande-Bretagne. C'est le 2 Mai qu'on connaitra la liste des musées museomixés en 2015.

 

 

Les médias ont aussi leur archéologie ! Deux journées d'étude en entrée libre y sont consacrées à Paris. Chercheurs et artistes vont fouiller les archives numériques de l'ère du « paléo-digital » à suivre :

  • mercredi 6 mai 2015 à Bibliothèque nationale de France, pour l'archéologie des média et des savoirs
  • jeudi 7 mai 2015 à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-Arts ENSBA pour les humanités et l'atlas à l’ère post-digitale.

L'archéologie des médias sera également le thème d'une exposition proposée à partir du 19 mai par le laboratoire d'archéologie des médias de l'école supérieure d'art d'Avignon.

 

 

Le festival "Brouillage" dédié à la création radiophonique et préparé par Radio Campus Paris, a lieu du 4 au 9 mai 2015. Encore une bonne occasion d'en prendre plein les oreilles, mais aussi plein les yeux car le festival s'intéresse aux liens entre radio et spectacle vivant.

 

 

"Culture et handicap : accessibilité des équipements et des contenus" c'est le thème d'une table ronde de la commission culture du Sénat, ouverte à la presse et au public et retransmise en direct sur le site du Sénat mercredi 6 mai 2015 à 10 heures.

 

 

Pour clore son cours public d'histoire et d'architecture, la Cité Chaillot propose une table-ronde débat sur « l’avenir du patrimoine, entre compétition internationale  et cultures mondialisées », jeudi 7 mai 2015.
    

 

Une escapade en Suisse à Lausanne où les journées des alternatives urbaines de Lausanne proposent entre autres des balades sensibles et des paysages en écoute. Du 8 au 10 mai 2015.

 

 

Réinventer les modèles culturels de demain, c'est l'ambition du Forum de l'European Lab du 13 au 15 mai 2015 à Lyon. Les champs culturels (nouvelles images, médias, web, édition, musiques…) y sont examinés sous l'angle économique et politique. Parallèlement le festival Nuits Sonores anime les nuits lyonnaises du 13 au 17 mai 2015.

 

 

L'EMYA 2015 (European Museum Yeard Award ou prix européen du musée de l'année) a lieu du 13 au 16 mai à Glasgow (Écosse). Il récompense les meilleurs exemples de valorisation des collections ou les interprétations muséales les plus innovantes. Des musées de 21 pays sont en compétition.

 

 

Pour le grand public, la 11e édition de la Nuit européenne des musées c'est le 16 mai 2015. Non seulement les musées font portes-ouvertes en nocturne ce jour-là. Mais souvent ils proposent aussi des animations spécifiques. Et l'entrée est libre dans plus de 1300 musées en France.

 

 

Le 18 mai 2015, c'est la journée internationale des musées qui a pour thème cette année « musées pour une société durable ». Pas d'événement prévu en France, mais la Suisse participe avec notamment le dimanche 17 mai 2015 une opération « traditions vivantes hier aujourd’hui demain ». Les musées suisses vont valoriser tout le patrimoine culturel : artisanat traditionnel, rituels, fêtes et musiques populaires, langues et dialectes ou rapports à la nature.

 

 

Comment le développement culturel des territoires ruraux peut-il s’appuyer sur le numérique ? Excellente question que se posent la Nacre et l’Association des Maires Ruraux de France le mardi 19 mai 2015 à Poncins (Loire).
Les échanges porteront sur le patrimoine, l’éducation artistique et culturelle, la diffusion, ou encore la création artistique impliquant le numérique.

 


Le GIS Marsouin, fédération des équipes bretonnes de Sciences Humaines et Sociales, qui travaille sur les usages du numérique, organise son traditionnel séminaire les 21 et 22 mai 2015 à Saint-Jacut-de-la-Mer (22). La valeur de Wikipedia, la pratique des TIC dans les îles, le shopping en ligne, l'open data, mais aussi l'usage du numérique dans l'éducation ou la médiation urbaine numérique... le programme est riche et les thèmes de discussion sont très variés !

 

 

Le centre d'interprétation de Menez Dregan à Plouhinec (Finistère) accueille les Rencontres Paléobox les 23 mai et 24 mai 2015. Le samedi, c'est une journée professionnelle pour les médiateurs en archéologie et archéologues de toute la France. Mais le dimanche, place aux ateliers et démonstrations ouverts à tous et gratuits : tir au propulseur, allumage de feu, utilisation du milieu végétal, fonte de bronze, travail de l'os, modules de fouille...

 

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Paroles de médiateurs culturels #3 : visites sensorielles

24 Avril 2015, 09:19am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #3 : visites sensorielles

 

 

La visite guidée d'antan disparaît, vive la visite sensorielle ! Qu'il soit accompagnateur direct des visiteurs ou concepteur en amont d'outils pour une visite autonome, le médiateur culturel aime faire appel à tous les sens des publics.

 

Témoignage d'Anaëlle Le Pann médiatrice culturelle à l'écomusée des Monts d'Arrée qui développe particulièrement les visites sensorielles.

 

 

 

Solliciter tous les sens des visiteurs

 

C'est une constante du discours des médiateurs culturels, surtout ceux qui travaillent en écomusées, la visite guidée magistrale c'est fini ; elle est « has been » « ringarde » « dépassée »... La visite accompagnée doit impliquer fortement les visiteurs. On ne se contente plus de poser des questions aux écoliers pour voir s'ils suivent, ou aux adultes pour déceler leurs bases culturelles. Non, le "must" à présent, c'est qu'ils puissent toucher, sentir et même goûter, en plus d'écouter ou de voir.

C'est pareil quand il s'agit de médiation indirecte. Dans les dispositifs de scénographie des collections permanentes ou des expositions, la tendance est au multi-sensoriel.

 

S'adresser aux multiples intelligences

 

La théorie des intelligences multiples d'Howard Gardner semble avoir conquis la médiation culturelle.

On fait ainsi appel à d'autres formes d'intelligence des visiteurs et plus seulement à l'intelligence verbale-linguistique. L'intelligence corporelle-kinesthésique est sollicitée au travers d'ateliers pratiques qui visent à faire reconstituer les gestes du passé. L'intelligence spatiale est valorisée lors d'explorations d'espaces et de manipulations de ces espaces en 3 D. La médiation scientifique n'hésite plus à soumettre des problèmes aux visiteurs et à faire fonctionner leur intelligence logico-mathématique ou naturaliste. La médiation ethnologique valorise souvent l'intelligence musicale-rythmique.

 

Faire participer le visiteur

 

En fait, l'aspect sensoriel n'est bien qu'une facette d'une visite plus largement participative. Tout est là. Le médiateur refuse d'être le guide magistral d'un visiteur passif qui risque de ne rien retenir de son « discours ».

Il ne cherche plus forcément à multiplier les données transmises, mais à améliorer la qualité de la transmission à ses publics.

Dans la même logique, le médiateur culturel ne s'adresse plus uniquement à l'intellect des visiteurs mais aussi à leurs émotions et sensations.

Démarche qui, au passage, permet une plus grande accessibilité des visites : on peut ainsi espérer toucher les personnes atteintes d'un handicap sensoriel voire d'un handicap mental. On peut espérer intéresser un public dénué de tout ce bagage culturel sur lequel on comptait autrefois. La médiation culturelle permet ainsi d'élargir l'accueil des publics.

 

Le médiateur, un savant en retrait

 

Les jeux sérieux qu'ils soient jeux de piste, rallyes d'observation ou de dessin, géocachings culturels, concours d'énigmes, ont fait du visiteur un acteur de sa visite.

Lors d'une médiation directe, le médiateur a désormais pour mission de présenter les outils, les ajuster aux demandes des visiteurs, lancer les débats, équilibrer la participation de chacun, aider les moins autonomes ; et bien sûr, toujours, répondre aux questions.

Pas question donc de se contenter de médiateurs « animateurs ». Ils doivent être particulièrement au fait des connaissances et des dernières découvertes de leur domaine.

Chercheur, le médiateur ? Pas encore, mais il doit être bien informé de l'état de la recherche.

En tout cas, son attitude relève désormais d'un paradoxe : plus que jamais le médiateur culturel est le « savant », mais il ne doit pas trop le montrer...

 

 

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Paroles de médiateurs culturels #2 : au jardin

17 Avril 2015, 15:03pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #2 : au jardin

La médiation culturelle descend au jardin. Lieux humains donc lieux de culture par excellence, les jardins et les parcs ont beaucoup à nous apprendre sur nous-mêmes.

 

Le jardin devenu support de culture

 

Depuis longtemps, parcs et jardins se transforment en lieux de culture dès le retour des beaux jours. Les kiosques à musique accueillent ensembles et orchestres, les théâtres de verdure s'emplissent de comédiens et de spectateurs venus savourer une pièce au clair de lune. Les conteurs promènent leurs auditeurs de bosquets en massifs au fil de leurs histoires.

Mais alors, le jardin n'est qu'un écrin, un simple réceptacle.

 

Plus récemment, il est devenu en soi un support de culture.

Déjà, c'est un coin de nature façonné par l'homme. Le jardin est culturel, comme peut l'être un paysage.

Il est aussi l'objet d'attentions particulières, avec souvent des prétentions esthétiques, parfois des visées artistiques, ou bien des objectifs médicinaux ou alimentaires. Qu'il soit parc floral, jardinet d'agrément, potager, le jardin est comme une bibliothèque végétale, à condition que la médiation sache nous aider à lire ses ouvrages.

Mais l'endroit lui-même est propice à la transmission : le jardin peut parler à tout public. Nous avons tous un jardin quelque part dans notre vie. Le jardin nous est familier.

Par ses multiples dimensions sensorielles, il est plus accessible que bien d'autres lieux. On y respire les odeurs, on y entend les chants d'oiseaux, bruissements du vent dans les feuilles ou craquements, on y touche les écorces...

 

 

Anaïs Löhmann a fait des études d'architecture du paysage. En service civique à l'écomusée des Monts d'Arrée, elle découvre le potentiel du jardin comme lieu de médiation culturelle.

 

De l'art au jardin à l'art du jardin

 

Dans le domaine artistique par exemple, on est passé de l'exposition d'oeuvres d'art dans les parcs, aux installations artistiques étroitement connectées avec le jardin. Le festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire est l'événement emblématique de ce glissement. Dans le parc du château de Chaumont, les œuvres s'inspirent du jardin ou sont des jardins. Ce ne sont pas seulement des œuvres posées dans un joli décor avec lequel elles ne dialogueraient pas.

 

Entretemps, le land art est venu d'Amérique : un art contemporain qui utilise lui aussi la nature comme environnement et comme ressource. La pratique du land art est désormais un outil de médiation culturelle, à la fois comme expression artistique mais aussi pour interroger le rapport de l'homme à la nature.

 

La science au jardin

 

Manifestation ancienne du jardin « documentaire », le parc botanique affiche lui aussi une ambition culturelle : conserver des espèces, faire avancer la science et transmettre au grand public le savoir végétal. Les jardins botaniques sont toujours appréciés des amateurs de beauté et des passionnés des plantes. Ils deviennent des lieux innovants de médiation culturelle scientifique. Ainsi en est-il du Labotanique que les Petits Débrouillards ont réalisé dans la grande serre du domaine de Trévarez à Saint-Goazec (Finistère). C'est une exposition interactive permanente centrée sur les trois espèces reines du domaine : camélias, rhododendrons et hortensias. Elle fait la part belle aux expériences et au jeu et les outils de médiation sont très variés, numériques ou pas.

 

Le jardin ethnologique

 

Autant le parc assouvit d'abord un besoin de beauté, autant le jardin a bien souvent aussi un but pratique.

Au Moyen Âge, le jardin des abbayes ou des châteaux était avant tout médicinal et potager.

L' EPCC (établissement public de coopération culturelle) Chemin du Patrimoine en Finistère a totalement recréé le jardin de l'ancienne Abbaye du Relecq pour en faire un espace d'interprétation sur l'usage alimentaire des plantes de l'époque médiévale à nos jours.

De même, l'Ancienne abbaye de Landevennec s'appuie sur son jardin d'archéologie et d'histoire pour illustrer concrètement la vie monastique au temps de Charlemagne.

Au musée de l'école rurale de Trégarvan, le jardin de l'instituteur est un élément à part entière de la scénographie. Sous la IIIe République, l'enseignant l'utilisait à la fois comme outil pédagogique et comme garde-manger.

Enfin, l'écomusée des Monts d'Arrée reconstitue, après une véritable enquête de terrain, le jardin typique de son territoire dans les années 1950. Jardin vivrier, essentiellement potager, il illustre les mutations profondes d'une Bretagne qui passe alors de l'agriculture paysanne à un modèle agricole intensif et industriel.

Plusieurs de ces propositions finistériennes sont rassemblées dans l'opération « jardins insolites en Finistère » dont le leitmotiv est bel et bien « une terre de culture et de patrimoine ».

 

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Paroles de médiateurs culturels #1

10 Avril 2015, 10:43am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #1

Histoire de Son vous propose en ce printemps un feuilleton sonore consacré à la médiation culturelle. Pour explorer ce riche métier, encore jeune et en pleine évolution, donnons la parole à ceux qui l'exercent.

 

Un écomusée de la vie rurale

 

Cécile est éducatrice à l'environnement et médiatrice culturelle à l'écomusée de Saint-Dégan à Brech (Morbihan).

L' écomusée est constitué de plusieurs bâtiments dont deux anciennes fermes des XVIIe et XIXe siècles, couvertes d'un toit de chaume en paille de seigle.

L'idée est donc de montrer l'évolution de l'habitat, des modes de vie à travers les objets, l'organisation spatiale des bâtiments, les faits et gestes des humains de l'époque, etc.

L'écomusée est représentatif du territoire du pays d'Auray et de son passé agricole. Un habitat et un tissu économique constitué de fermes de polyculture-élevage ; on cultivait plusieurs céréales et pour différents usages. Ainsi, le seigle était cultivé à la fois pour l'alimentation et pour le chaume des toitures. De même, les paysans élevaient plusieurs espèces d'animaux comme les vaches, cochons et chevaux de trait.

 

 

 

 

Comment captiver les écoliers

 

Cécile est chargé du volet scolaire de la médiation culturelle du musée, en particulier auprès des élèves de primaire ; son travail comprend donc une mission d'accueil des classes, de présentation du site. Mais sa mission d'éducatrice est d'éveiller l'intérêt des enfants. Elle le fait en comparant leur quotidien et la vie rurale d'autrefois.

 

Pour Cécile, la médiation culturelle est un mélange de transmission, valorisation et vulgarisation des collections, des objets, mais aussi des savoir-faire.

 

Les outils de médiation : visites participatives

 

En vertu d'un principe pédagogique de base qui est qu'on apprend mieux quand on fait, Cécile propose souvent davantage que des visites guidées classiques. Bien souvent, ses visites comprennent aussi une dimension sensorielle. Et les écoliers peuvent aussi découvrir l'écomusée via des jeux de piste et des énigmes. L'idée est de susciter l'observation personnelle pour permettre aux enfants de s'approprier les lieux voire des objets qu'il s'agit de retrouver.

Les enfants peuvent aussi véritablement « faire » en participant aux ateliers de fabrication du pain ou de vannerie que propose l'écomusée. Cette fois la médiation culturelle porte sur un patrimoine immatériel : savoir-faire et pratiques quotidiennes.

 

De la médiation à la sensibilisation à l'environnement

 

L'écomusée de Saint-Degan comprend également un vaste domaine : parc, verger, etc. L'idéal pour proposer aussi aux enfants des activités en extérieur. En tant qu'éducatrice à l'environnement, Cécile replace les enfants dans un environnement végétal et elle cherche ainsi à leur faire comprendre le lien que l'homme peut avoir avec la nature. En parlant des pratiques paysannes du passé, on peut rapprocher les enfants d'aujourd'hui de la nature pour mieux la préserver.

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en avril 2015

31 Mars 2015, 07:55am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en avril 2015

Réflexions et recherches sur la médiation culturelle et numérique, rencontres sur la valorisation du patrimoine ou l'art numérique, salon du e-tourisme. Voici quelques rendez-vous sur ces sujets au mois de avril 2015.

 

Quand les ingénieurs informaticiens et les artistes numériques se rencontrent, ça donne la biennale SIANA qui a 10 ans et se déroule du 2 au 30 avril 2015 à Évry.

 

Dans le cadre de ses cours publics d'histoire de l'art, la cité Chaillot de l'Architecture et du Patrimoine propose une rencontre sur le thème « Vivre ensemble dans les (grands) paysages patrimoniaux » le jeudi 2 avril 2015.

 

 

L'Audio Mobile Fest aura lieu en octobre 2015 à Aix en Provence

L'Audio Mobile Fest aura lieu en octobre 2015 à Aix en Provence

La revue scientifique canadienne Wi: journal of mobile media, lance un numéro spécial sur l'audio-mobilité le 2 avril 2015 à Aix en Provence. Le laboratoire d'art audio Locus Sonus en profitera pour présenter son festival MOBILE AUDIO FEST qui a lieu en octobre 2015. Le tout dans une ambiance festive.

 

Le séminaire « Structuration et analyse de données pour historien » du Pôle Informatique de Recherche et d'Enseignement en Histoire (PIREH) continue, sur la question des écritures numériques de l'histoire. Trois rendez-vous ce mois-ci à la Sorbonne :

  • « Web et conservation : les enjeux de l'archivage du web » le 3 avril 2015

  • « Les écritures de l'histoire sur les réseaux sociaux : d'Assassins Creed à #JoueLaCommeLorantDeutsch » le 10 avril 2015

  • Lecture et discussions autour du livre de Roberto Casati, Contre le colonialisme numérique, (Albin Michel, 2013) le 17 avril 2015.

 

Un autre séminaire « Pratiques numériques en sciences humaines et sociales » se termine à la Maison des Sciences de l'Homme Val de Loire (Tours et Orléans). Dernier rendez-vous à Orléans le 9 avril 2015 sur la numérisation des manuscrits médiévaux et les Digital Humanities.

 

Enfin, le séminaire « Muséologie, muséographie et nouvelles formes d’adresse au public »

de l'Institut de Recherche et d'Innovation (IRI) continue, avec une séance sur la question du multilinguisme dans la transmission numérique des savoirs le 14 avril 2015.

 

La 12ème édition des Rencontres Professionnelles de la Fédération des Ecomusées et Musées de Société (FEMS) a lieu les 9 et 10 avril 2015 à Marseille.

Les rencontres porteront sur la participation dans les musées. Les écomusées et les musées de société ont été des pionniers dans l’implication des habitants et communautés à la vie du musée. Et ils n'ont pas fini d'innover dans ce domaine.

 

La deuxième édition de Next Tourisme, rendez-vous des décideurs de l'e-tourisme du secteur privé et institutionnel, revient le 9 avril 2015 à Paris. L' après-midi sera consacrée à l'innovation, avec notamment des conférences les environnements immersifs (Oculus Rift) et l'enrichissement de l’expérience du voyageur connecté.

 

« Ce qu’exposer veut dire »c'est le thème des rencontres européennes du patrimoine, colloque organisé par l’Institut National du Patrimoine les 9 et 10 avril 2015 à Paris. Les enregistrements audio de ce colloque seront disponibles dans la Médiathèque numérique de l'INP.

 

La Région Picardie organise « Connexions – les rencontres du numérique en Picardie », du 16 au 18 avril 2015. Étudiants, enseignants et formateurs, mais aussi familles, ont rendez-vous à Amiens pour découvrir et faire partager les expériences, projets et pratiques numériques en éducation. A suivre, des ateliers, jeux, dispositifs immersifs, tables rondes et réunions professionnelles.

 

Deux visites tactiles sont proposées aux personnes déficientes visuelles le 17 avril 2015 au Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse. A 10h30 : découverte du bout des doigts des fossiles de toutes les tailles des trilobites au baryonix. A 14h30, dans la Réserve visitable, on s'initie aux conditions de conservation et on manipule des objets issus des collections du muséum : paléontologie, zoologie, minéralogie.

 

MuseumNext, la conférence européenne sur le thème : « Quel est l’avenir des musées ? » a lieu du 19 au 21 avril 2015 à Genève. Forcément, le numérique y occupe une place de choix.
 

Le manifeste Arts Mobiles organise sa toute première rencontre-débat "Economie créative du mobile" autour des "Nouveaux talents numériques et nouveaux intermédiaires" le 29 avril 2015 à Paris.

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