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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Paroles de médiateurs culturels #2 : au jardin

17 Avril 2015, 15:03pm

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #2 : au jardin

La médiation culturelle descend au jardin. Lieux humains donc lieux de culture par excellence, les jardins et les parcs ont beaucoup à nous apprendre sur nous-mêmes.

 

Le jardin devenu support de culture

 

Depuis longtemps, parcs et jardins se transforment en lieux de culture dès le retour des beaux jours. Les kiosques à musique accueillent ensembles et orchestres, les théâtres de verdure s'emplissent de comédiens et de spectateurs venus savourer une pièce au clair de lune. Les conteurs promènent leurs auditeurs de bosquets en massifs au fil de leurs histoires.

Mais alors, le jardin n'est qu'un écrin, un simple réceptacle.

 

Plus récemment, il est devenu en soi un support de culture.

Déjà, c'est un coin de nature façonné par l'homme. Le jardin est culturel, comme peut l'être un paysage.

Il est aussi l'objet d'attentions particulières, avec souvent des prétentions esthétiques, parfois des visées artistiques, ou bien des objectifs médicinaux ou alimentaires. Qu'il soit parc floral, jardinet d'agrément, potager, le jardin est comme une bibliothèque végétale, à condition que la médiation sache nous aider à lire ses ouvrages.

Mais l'endroit lui-même est propice à la transmission : le jardin peut parler à tout public. Nous avons tous un jardin quelque part dans notre vie. Le jardin nous est familier.

Par ses multiples dimensions sensorielles, il est plus accessible que bien d'autres lieux. On y respire les odeurs, on y entend les chants d'oiseaux, bruissements du vent dans les feuilles ou craquements, on y touche les écorces...

 

 

Anaïs Löhmann a fait des études d'architecture du paysage. En service civique à l'écomusée des Monts d'Arrée, elle découvre le potentiel du jardin comme lieu de médiation culturelle.

 

De l'art au jardin à l'art du jardin

 

Dans le domaine artistique par exemple, on est passé de l'exposition d'oeuvres d'art dans les parcs, aux installations artistiques étroitement connectées avec le jardin. Le festival international des jardins de Chaumont-sur-Loire est l'événement emblématique de ce glissement. Dans le parc du château de Chaumont, les œuvres s'inspirent du jardin ou sont des jardins. Ce ne sont pas seulement des œuvres posées dans un joli décor avec lequel elles ne dialogueraient pas.

 

Entretemps, le land art est venu d'Amérique : un art contemporain qui utilise lui aussi la nature comme environnement et comme ressource. La pratique du land art est désormais un outil de médiation culturelle, à la fois comme expression artistique mais aussi pour interroger le rapport de l'homme à la nature.

 

La science au jardin

 

Manifestation ancienne du jardin « documentaire », le parc botanique affiche lui aussi une ambition culturelle : conserver des espèces, faire avancer la science et transmettre au grand public le savoir végétal. Les jardins botaniques sont toujours appréciés des amateurs de beauté et des passionnés des plantes. Ils deviennent des lieux innovants de médiation culturelle scientifique. Ainsi en est-il du Labotanique que les Petits Débrouillards ont réalisé dans la grande serre du domaine de Trévarez à Saint-Goazec (Finistère). C'est une exposition interactive permanente centrée sur les trois espèces reines du domaine : camélias, rhododendrons et hortensias. Elle fait la part belle aux expériences et au jeu et les outils de médiation sont très variés, numériques ou pas.

 

Le jardin ethnologique

 

Autant le parc assouvit d'abord un besoin de beauté, autant le jardin a bien souvent aussi un but pratique.

Au Moyen Âge, le jardin des abbayes ou des châteaux était avant tout médicinal et potager.

L' EPCC (établissement public de coopération culturelle) Chemin du Patrimoine en Finistère a totalement recréé le jardin de l'ancienne Abbaye du Relecq pour en faire un espace d'interprétation sur l'usage alimentaire des plantes de l'époque médiévale à nos jours.

De même, l'Ancienne abbaye de Landevennec s'appuie sur son jardin d'archéologie et d'histoire pour illustrer concrètement la vie monastique au temps de Charlemagne.

Au musée de l'école rurale de Trégarvan, le jardin de l'instituteur est un élément à part entière de la scénographie. Sous la IIIe République, l'enseignant l'utilisait à la fois comme outil pédagogique et comme garde-manger.

Enfin, l'écomusée des Monts d'Arrée reconstitue, après une véritable enquête de terrain, le jardin typique de son territoire dans les années 1950. Jardin vivrier, essentiellement potager, il illustre les mutations profondes d'une Bretagne qui passe alors de l'agriculture paysanne à un modèle agricole intensif et industriel.

Plusieurs de ces propositions finistériennes sont rassemblées dans l'opération « jardins insolites en Finistère » dont le leitmotiv est bel et bien « une terre de culture et de patrimoine ».

 

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Paroles de médiateurs culturels #1

10 Avril 2015, 10:43am

Publié par véronique muzeau

Paroles de médiateurs culturels #1

Histoire de Son vous propose en ce printemps un feuilleton sonore consacré à la médiation culturelle. Pour explorer ce riche métier, encore jeune et en pleine évolution, donnons la parole à ceux qui l'exercent.

 

Un écomusée de la vie rurale

 

Cécile est éducatrice à l'environnement et médiatrice culturelle à l'écomusée de Saint-Dégan à Brech (Morbihan).

L' écomusée est constitué de plusieurs bâtiments dont deux anciennes fermes des XVIIe et XIXe siècles, couvertes d'un toit de chaume en paille de seigle.

L'idée est donc de montrer l'évolution de l'habitat, des modes de vie à travers les objets, l'organisation spatiale des bâtiments, les faits et gestes des humains de l'époque, etc.

L'écomusée est représentatif du territoire du pays d'Auray et de son passé agricole. Un habitat et un tissu économique constitué de fermes de polyculture-élevage ; on cultivait plusieurs céréales et pour différents usages. Ainsi, le seigle était cultivé à la fois pour l'alimentation et pour le chaume des toitures. De même, les paysans élevaient plusieurs espèces d'animaux comme les vaches, cochons et chevaux de trait.

 

 

 

 

Comment captiver les écoliers

 

Cécile est chargé du volet scolaire de la médiation culturelle du musée, en particulier auprès des élèves de primaire ; son travail comprend donc une mission d'accueil des classes, de présentation du site. Mais sa mission d'éducatrice est d'éveiller l'intérêt des enfants. Elle le fait en comparant leur quotidien et la vie rurale d'autrefois.

 

Pour Cécile, la médiation culturelle est un mélange de transmission, valorisation et vulgarisation des collections, des objets, mais aussi des savoir-faire.

 

Les outils de médiation : visites participatives

 

En vertu d'un principe pédagogique de base qui est qu'on apprend mieux quand on fait, Cécile propose souvent davantage que des visites guidées classiques. Bien souvent, ses visites comprennent aussi une dimension sensorielle. Et les écoliers peuvent aussi découvrir l'écomusée via des jeux de piste et des énigmes. L'idée est de susciter l'observation personnelle pour permettre aux enfants de s'approprier les lieux voire des objets qu'il s'agit de retrouver.

Les enfants peuvent aussi véritablement « faire » en participant aux ateliers de fabrication du pain ou de vannerie que propose l'écomusée. Cette fois la médiation culturelle porte sur un patrimoine immatériel : savoir-faire et pratiques quotidiennes.

 

De la médiation à la sensibilisation à l'environnement

 

L'écomusée de Saint-Degan comprend également un vaste domaine : parc, verger, etc. L'idéal pour proposer aussi aux enfants des activités en extérieur. En tant qu'éducatrice à l'environnement, Cécile replace les enfants dans un environnement végétal et elle cherche ainsi à leur faire comprendre le lien que l'homme peut avoir avec la nature. En parlant des pratiques paysannes du passé, on peut rapprocher les enfants d'aujourd'hui de la nature pour mieux la préserver.

 

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Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en avril 2015

31 Mars 2015, 07:55am

Publié par véronique muzeau

Tourisme culturel et numérique, médiation du patrimoine, en avril 2015

Réflexions et recherches sur la médiation culturelle et numérique, rencontres sur la valorisation du patrimoine ou l'art numérique, salon du e-tourisme. Voici quelques rendez-vous sur ces sujets au mois de avril 2015.

 

Quand les ingénieurs informaticiens et les artistes numériques se rencontrent, ça donne la biennale SIANA qui a 10 ans et se déroule du 2 au 30 avril 2015 à Évry.

 

Dans le cadre de ses cours publics d'histoire de l'art, la cité Chaillot de l'Architecture et du Patrimoine propose une rencontre sur le thème « Vivre ensemble dans les (grands) paysages patrimoniaux » le jeudi 2 avril 2015.

 

 

L'Audio Mobile Fest aura lieu en octobre 2015 à Aix en Provence

L'Audio Mobile Fest aura lieu en octobre 2015 à Aix en Provence

La revue scientifique canadienne Wi: journal of mobile media, lance un numéro spécial sur l'audio-mobilité le 2 avril 2015 à Aix en Provence. Le laboratoire d'art audio Locus Sonus en profitera pour présenter son festival MOBILE AUDIO FEST qui a lieu en octobre 2015. Le tout dans une ambiance festive.

 

Le séminaire « Structuration et analyse de données pour historien » du Pôle Informatique de Recherche et d'Enseignement en Histoire (PIREH) continue, sur la question des écritures numériques de l'histoire. Trois rendez-vous ce mois-ci à la Sorbonne :

  • « Web et conservation : les enjeux de l'archivage du web » le 3 avril 2015

  • « Les écritures de l'histoire sur les réseaux sociaux : d'Assassins Creed à #JoueLaCommeLorantDeutsch » le 10 avril 2015

  • Lecture et discussions autour du livre de Roberto Casati, Contre le colonialisme numérique, (Albin Michel, 2013) le 17 avril 2015.

 

Un autre séminaire « Pratiques numériques en sciences humaines et sociales » se termine à la Maison des Sciences de l'Homme Val de Loire (Tours et Orléans). Dernier rendez-vous à Orléans le 9 avril 2015 sur la numérisation des manuscrits médiévaux et les Digital Humanities.

 

Enfin, le séminaire « Muséologie, muséographie et nouvelles formes d’adresse au public »

de l'Institut de Recherche et d'Innovation (IRI) continue, avec une séance sur la question du multilinguisme dans la transmission numérique des savoirs le 14 avril 2015.

 

La 12ème édition des Rencontres Professionnelles de la Fédération des Ecomusées et Musées de Société (FEMS) a lieu les 9 et 10 avril 2015 à Marseille.

Les rencontres porteront sur la participation dans les musées. Les écomusées et les musées de société ont été des pionniers dans l’implication des habitants et communautés à la vie du musée. Et ils n'ont pas fini d'innover dans ce domaine.

 

La deuxième édition de Next Tourisme, rendez-vous des décideurs de l'e-tourisme du secteur privé et institutionnel, revient le 9 avril 2015 à Paris. L' après-midi sera consacrée à l'innovation, avec notamment des conférences les environnements immersifs (Oculus Rift) et l'enrichissement de l’expérience du voyageur connecté.

 

« Ce qu’exposer veut dire »c'est le thème des rencontres européennes du patrimoine, colloque organisé par l’Institut National du Patrimoine les 9 et 10 avril 2015 à Paris. Les enregistrements audio de ce colloque seront disponibles dans la Médiathèque numérique de l'INP.

 

La Région Picardie organise « Connexions – les rencontres du numérique en Picardie », du 16 au 18 avril 2015. Étudiants, enseignants et formateurs, mais aussi familles, ont rendez-vous à Amiens pour découvrir et faire partager les expériences, projets et pratiques numériques en éducation. A suivre, des ateliers, jeux, dispositifs immersifs, tables rondes et réunions professionnelles.

 

Deux visites tactiles sont proposées aux personnes déficientes visuelles le 17 avril 2015 au Muséum d'Histoire Naturelle de Toulouse. A 10h30 : découverte du bout des doigts des fossiles de toutes les tailles des trilobites au baryonix. A 14h30, dans la Réserve visitable, on s'initie aux conditions de conservation et on manipule des objets issus des collections du muséum : paléontologie, zoologie, minéralogie.

 

MuseumNext, la conférence européenne sur le thème : « Quel est l’avenir des musées ? » a lieu du 19 au 21 avril 2015 à Genève. Forcément, le numérique y occupe une place de choix.
 

Le manifeste Arts Mobiles organise sa toute première rencontre-débat "Economie créative du mobile" autour des "Nouveaux talents numériques et nouveaux intermédiaires" le 29 avril 2015 à Paris.

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Les métiers d'art et la médiation culturelle

27 Mars 2015, 12:24pm

Publié par véronique muzeau

Dans l'atelier de Patrick Blanchard, sculpteur ornemaniste à Enghien-les-Bains

Dans l'atelier de Patrick Blanchard, sculpteur ornemaniste à Enghien-les-Bains

 

 

Ce sont les journées des métiers d'art du 27 au 29 mars 2015. Faire découvrir ces savoir-faire c'est aussi de la médiation culturelle car il s'agit bien souvent de patrimoine culturel.

 

Les 9e Journées Européennes des Métiers d'Art ( #JEMA2015) ont lieu ce dernier week-end de mars. Le programme de cette manifestation européenne se compose essentiellement de visites d'ateliers d'artisans d'art, d'expositions et de circuits thématiques.

 

Le passé et l'avenir se conjuguent

 

Bien sûr, l'événement met en lumière des métiers de haute technicité. Le thème de cette année, « territoires de l'innovation », est sans équivoque : ce sont aussi des métiers d'avenir et les JEMA ont pour but d'inciter les jeunes à s'orienter vers ces professions. D'ailleurs, les centres de formation proposent des démonstrations, ateliers d'initiation ou portes-ouvertes ; parfois sur des chantiers de restauration qu'ils ont menés.

Incidemment, il s'agit aussi d'inciter le public à acheter les objets d'artisanat d'art ou à s'offrir les services de ces artisans spécialisés qui ont pourtant souvent du mal à vivre de leur travail. C'est du « made in France » et le mot « territoires » est aussi intéressant : faire vivre les métiers d'art, c'est consommer local !

 

Patrimoine immatériel et matériel

 

Mais il s'agit aussi de comprendre des techniques parfois ancestrales qu'emploient ces métiers. C'est donc une découverte de patrimoine immatériel. Ou matériel, quand l'artisan restaure un objet ou un bâtiment historique : mobilier ancien, faïences, reliures, statues, instruments de musique, bijoux, toitures en chaume, etc.

En ce sens, les Journées des métiers d'art sont un acte de médiation culturelle.

Histoire de Son a réalisé ce type de médiation dans l'audio guide de la Collégiale Saint Martin de Montmorency (94) en donnant la parole à une restauratrice de vitraux et à un sculpteur ornemaniste. Car les artisans d'art qui oeuvrent dans la restauration patrimoniale sont aussi de véritables savants en histoire de l'art. On découvre ainsi comment travaillait l'atelier qui a réalisé au XVIe siècle les stalles de la collégiale, ou les évolutions des techniques du vitrail à la Renaissance. Les objets eux-mêmes, les symboles qu'ils arborent, nous parlent du passé et sont des témoins de l'Histoire religieuse, diplomatique, économique...

 

Un public curieux d'artisanat historique

 

Et le public est friand de ce type de manifestation. Certes, la beauté et l'émotion esthétique sont les atouts majeurs de l'artisanat d'art. Mais la découverte et l'apprentissage font aussi partie des motivations des visiteurs, comme pendant les journées du patrimoine. En témoigne le succès du chantier de Guédelon où la construction d'un château fort avec les techniques du Moyen-âge est l'occasion d'expliquer l'ouvrage du forgeron, du cordier, du menuisier ou du tailleur de pierre, la fabrication des tuiles ou des bardeaux (tuiles de bois), la teinture des tissus. On fait un peu de physique chimie en passant et on s'émerveille !

 

  • Journées européennes des métiers d'art, du 27 au 29 mars 2015, dans toute l'Europe

http://www.journeesdesmetiersdart.fr/

 

  • Collégiale Saint Martin de Montmorency

http://www.montmorency-tourisme.fr/Visite-audioguidee-de-la

 

  • Château de Guédelon

http://www.guedelon.fr/

 

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Le handicap visuel expliqué aux voyants

19 Mars 2015, 09:02am

Publié par véronique muzeau

L'humour pour lutter contre les idées reçues sur la déficience visuelle

L'humour pour lutter contre les idées reçues sur la déficience visuelle

 

 

Il y a deux façons de faire progresser la cause des personnes handicapées dans la société. D'abord, permettre l'accessibilité des lieux, des outils et des contenus. Mais faire accéder les non-handicapés à l'univers du handicap est aussi très efficace.

 

La déficience visuelle est le handicap le plus mal traité en France en matière d'accessibilité. Peu de sites, de lieux physiques, d'équipements ou de contenus culturels et informatifs sont parfaitement accessibles aux aveugles et aux mal voyants.

Pourtant, dans l'autre sens, il est très simple de s'immerger dans l'univers de la déficience visuelle : il suffit de fermer les yeux.

Voilà pourquoi les initiatives pour faire ressentir à tous la déficience visuelle se multiplient. Elles contribuent à sensibiliser la société à ce handicap sensoriel.

 

Faire comprendre en profondeur la déficience visuelle

 

L'IPIDV , partenaire d'Histoire de Son, a récemment changé de nom. L'association est toujours très active pour permettre aux enfants handicapés visuels de suivre une scolarité normale et pour aider les non-voyants et mal-voyants de tous les âges dans leur vie quotidienne. Mais les deux lettres I qui désignaient autrefois « Institut » et « Insertion » sont désormais les initiales d' « Initiatives » et d' « Inclusion ». Pour inclure, il faut connaître et comprendre profondément. Et par quelles initiatives peut-on faire comprendre le handicap visuel ?

 

L'humour pour dédramatiser le handicap

 

En voici une, parmi d'autres : vendredi 20 mars 2015, l'IPIDV présente, avec la compagnie Impro Infini, un spectacle au titre provocateur « Tous Aveugles ». C'est le résultat d'un travail de la compagnie au sein de l'association, à la rencontre des personnes déficientes visuelles du Finistère. Les comédiens se sont approprié leur réalité, leur quotidien, loin des clichés et des préjugés, et ils ont transformé tout ça en spectacle. Ce sera l'ouverture du festival international d'improvisation théâtrale Subito à Brest.

Dans le même registre, humoristique mais documenté, le récent film d'Éric Lartigau, La famille Bélier, a pu aussi contribuer à faire tomber quelques préjugés sur la déficience auditive.

 

Les expositions et les dispositifs tactiles ouverts à tous

 

D'autres idées émergent un peu partout, souvent dans le domaine culturel et également chez nos voisins européens. On pourra citer de nouveau l'exposition itinérante « Ferme les yeux pour voir la préhistoire » conçue par le Préhistosite de Ramioul (Belgique) et reprise par des musées français.

Plus récemment, le musée du Prado à Madrid a mis à disposition du public déficient visuel des reproductions en relief - avec commentaires audio - de 6 tableaux de Vinci, Goya ou El Greco. Mais les visiteurs qui voient parfaitement sont eux aussi invités à tenter l'expérience du tactile audio décrit, en chaussant des lunettes opaques. Non seulement il s'agit de leur proposer une autre « vision » d'une œuvre, mais on leur fait aussi toucher du doigt ce que ressentent les personnes aveugles ou mal-voyantes.

 

Régulièrement, partout en France, des festivals, des événements locaux, souvent modestes, proposent aux personnes valides d'endosser momentanément un handicap sensoriel ou moteur. Des séances d'écoute dans le noir, des parcours à la canne blanche, des découvertes tactiles... autant de mises en situation qui combinent sensibilisation au handicap visuel et aspect ludique.

 

« Serious game » de simulation de la cécité

 

Logiquement, le secteur de la santé aborde aussi la sensibilisation au handicap par le biais de la formation, et la pédagogie du jeu est prise en compte. Les outils numériques jouent un rôle crucial et ça donne par exemple cette salle virtuelle en 3D de l’Institut Les Hauts Thébaudières en région nantaise. Sensivise est un « serious game » ( jeu sérieux), une application de réalité virtuelle développée par Dassault Systems qui permet d'expérimenter de l'intérieur différents troubles de la vision.

 

L'expérience reste limitée dans le temps et l'espace. Mais si elle permet à tout un chacun d'effleurer le handicap « de l'intérieur », l'objectif pédagogique est atteint et l'indifférence recule.

 

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De bons exemples de médiation culturelle numérique

10 Mars 2015, 12:26pm

Publié par véronique muzeau

De bons exemples de médiation culturelle numérique

Pour trouver l'inspiration avant de concevoir ses outils numériques de médiation culturelle, on peut puiser aussi bien dans les médias classiques - télévision ou radio - que dans les médias nés du web, comme les MOOC ou les web-documentaires.

 

Répétons-le encore une fois, il ne sert à rien d'avoir l'application mobile la plus flashy et la plus groovy si on n'apprend rien avec. Trop de gadgets emballent des contenus indigents voire scandaleux. Même sans gadgets : à quoi sert-il d'investir dans de couteux panneaux d'interprétation si l'interprétation est absente et le discours exposé incompréhensible pour le grand public ?

Histoire de Son revendique un véritable travail de médiation culturelle et scientifique = adaptation du média au sujet (pourquoi faire une video qui filme pendant trois minutes une personne qui parle ?) adaptation du discours au média et au public. Mais nous en sommes pas les seuls.

Voici en quelque sorte nos « modèles » dans la médiation culturelle.

 

Une télévision vraiment culturelle

 

Du côté de la TV tout n'est pas à jeter, il y a même des désormais « classiques » du genre vulgarisation.

Les émissions les plus connues : C'est pas sorcier pour les sciences ou encore Palettes pour la peinture, sur Arte, Architectures...sur la même chaîne.

Quand elles ne sont plus diffusées, ces émissions se vendent très bien en DVD et font le bonheur des médiathèques.

Mais le format télévisuel qui permet de traiter un sujet en longueur n'est guère adapté aux visites de musées ou de sites du patrimoine ; bien souvent, il faut s'en tenir au 3 minutes maxi !

 

La radio pédagogique et ludique

 

Les 3 minutes que tient bien la radio, quand elle s'adresse à un public jeune notamment. Et pour ça, mention spéciale au ton très accessible de CO3 la science dans ton chez toi du Mouv ancienne version, ou comment parler science en partant du quotidien et avec humour. Coup de chapeau aussi à Joann Sfar et sa lecture très personnelle de la peinture dans Vous voyez le tableau de France Inter. Il avait trouvé le moyen de rendre la radio très visuelle !

 

Les MOOC version courte

 

Revenons à l'image et lorgnons du côté des MOOC (Massive Online Open Courses) que se sont appropriés certains musées ; ainsi, le fructueux partenariat entre le Metropolitan Museum et la Khan Academy, ça donne des petites vidéos de 3 minutes sur une œuvre filmée sans effet majeur mais avec soin. Et surtout, les commentaires nous épargnent le comédien extérieur à son sujet pour privilégier l'interview du conservateur ou de l'historien d'art. Commentaire qui apporte un point de vue parfois personnel sur l'oeuvre ; très efficace !

 

Les productions des établissements culturels

 

Les établissements culturels se mettent donc logiquement à produire leurs contenus et autres POM (petites œuvres multimédia). Certains ont clairement une vocation pédagogique comme la webtv d'Universcience et ses petites vidéos très bien faites de 2 à 7 minutes environ. D'autres, on peut le regretter, privilégient la communication sans oser la médiation : on se cantonne aux bandes-annonces d'expositions.

 

Les web doc encore en devenir

 

Les web documentaires de médiation culturelle restent rares. Ce format est pourtant plein de promesses en matière de médiation. Le Muséum National d'Histoire Naturelle l'a bien compris avec son herbier 2.0 ou encore le château de Versailles. Mais il est vrai que le web documentaire requiert de gros moyens...

 

Vous pourrez trouver d'autres idées sur la plateforme wiki de Muzeonum, la communauté des Muzeogeeks, tous ces professionnels qui construisent le musée numérique et bouillonnent d'idées.

 

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Tourisme culturel, numérique et accessible en mars

27 Février 2015, 13:59pm

Publié par véronique muzeau

Des rendez-vous sur la culture, version numérique et accessible de préférence

Des rendez-vous sur la culture, version numérique et accessible de préférence

Valorisation du patrimoine ou médiation culturelle audio et numérique, accessibilité culturelle aux visiteurs déficients visuels, mais aussi recherche sur le champs du numérique appliqué à la culture. Voici quelques rendez-vous sur ces sujets au mois de mars 2015.

 

  • C'est fou tout ce qui passe par nos oreilles ! Vous avez jusqu'au 8 mars 2015 pour découvrir l'exposition Monte le son ! au Forum des sciences à Villeneuve d’Ascq. En fait de son, il est surtout ici question de musique.

 

 

  • L'ethnologie, c'est passionnant, puisque cette science humaine s'intéresse à nous... Pour achever d'en convaincre le grand public, le musée du Quai Branly propose deux jours d'activités, animations et portes ouvertes « l'ethnologie va vous surprendre » les 14 et 15 mars 2015.

 

 

  • Le séminaire Structuration et analyse de données pour historien du PIREH (Pole Informatique de Recherche et d'Enseignement en Histoire) est cette année consacré à la question des écritures numériques de l'histoire. Comment le numérique transforme-t-il le métier d'historien, aussi bien en matière de sources, d'archivage que de rapport à l'espace public ou de contenus ?
  1. Vendredi 13 mars 2015, Léo Dumont s'interroge sur la méthodologie pour analyser les écritures de l'histoire sur le web à partir des cas de Jeanne d'Arc et d'Alphonse Baudin.
  2. Vendredi 27 mars 2015 Gaëtan Bonnot propose un atelier « Mémoire et révolte médiévale : définition d'un corpus web ».

 

  • « Exposer la chasse », c'est le thème d'un colloque international organisé par le musée de la chasse et de la nature, les 19 et 20 mars 2015, musée de la chasse (Paris).

 

Le tourisme culturel y a sa place puisque le forum s'ouvre par une séance plénière consacrée à la réalité virtuelle et réalité augmentée, ses nouveaux outils, Cardboard ou Casque Oculus Rift, les retours d’expériences et la vision prospective. Les reporters numériques et l'animation numérique de territoire auront aussi leur atelier. Evelyne Lehalle, LA spécialiste du Tourisme Culturel est aussi l'une des intervenantes.

 

  • Du 23 au 29 mars 2015, les institutions culturelles et les musées du monde entier sont invités à célébrer la culture sur Twitter. C'est la #MuseumWeek 2015 ! Parce que Twitter est aussi un outil de communication ET de médiation culturelle.

 

 

 

Museomix 2015

Vous êtes un musée ouvert ? Vous souhaiteriez recevoir des professionnels de la médiation culturelle extérieurs au musée, des acteurs de l'innovation numérique, des artistes, des amateurs et passionnés d’art, d’histoire, de design, de sciences, d’éducation ou de culture ? Vous êtes curieux de ce qu'ils peuvent vous apporter et vous vous demandez comment ils remixeront vos collections ?

Participez à Museomix 2015. L'appel à projet est ouvert. Vous avez jusqu'au 15 avril 2015 pour déposer votre dossier.

 

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Les Trophées de l'accessibilité® 2015

24 Février 2015, 21:09pm

Publié par véronique muzeau

Les Trophées de l'accessibilité® 2015

Organisés depuis 2010 par l'association Accès pour tous, les Trophées de l'accessibilité® récompensent les initiatives prises dans notre société pour un accès de tous à tout, quel que soit le handicap. La sélection distingue notamment les efforts réalisés dans le tourisme et la culture.

 

Composé d'une vingtaine de représentants d'associations de personnes handicapées, le jury a dû départager près de 300 candidats. Il a dévoilé son palmarès de l'accessibilité des Régions le 9 février 2015.

 

Les 4 lauréats Tourisme et Handicap

 

L'office de tourisme de Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône) est ainsi salué pour son accessibilité tous handicaps. Pour les visiteurs déficients visuels, l'office propose ainsi un document en braille et caractères agrandis.

 

Le Château des ducs de Bretagne et Musée d'histoire de Nantes est ainsi récompensé pour ses gros efforts pour proposer des visites autonomes, là encore, tous handicaps. Pour la déficience visuelle, c'est un parcours tactile appuyé sur un audioguide spécifique et sur différents dispositifs tactiles et sonores qui jalonnent les salles. S'y ajoute l'application mobile NantesMusée pour déficients visuels à télécharger gratuitement sur son smartphone.

 

Le Pôle International de la Préhistoire des Eyzies de Tayac (Dordogne) a quant à lui particulièrement soigné l'ergonomie accessible de visite pour accueillir tous les visiteurs, avec ou sans handicap. Il propose aux visiteurs mal-voyants et non-voyants, plan du bâtiment en relief et en braille à l'accueil, livret en gros caractère et en braille, dessins en relief, maquette, moulages et reconstitutions tactiles, documentaires en audiodescription, ordinateurs équipés d'un logiciel de reconnaissance vocale et animations dédiées pour les groupes autour d'expérimentations tactiles sur réservation.

 

Très accessible aussi le Musée départemental de la Céramique à Lezoux (Puy de Dôme) dont l'audioguide à déclenchement infrarouge comprend consignes de déplacement, audiodescription, informations scientifiques et s'accompagne d'une bande podotactile en relief et contrastée apposée sur le sol. On prête même des loupes à l'accueil.

 

Pour bien montrer que l'accessibilité n'est pas une question de (gros) budget, les trophées ont aussi une catégorie Tourisme et handicap – Petite structure touristique qui récompense cette année 5 hébergements ou transports touristiques accessibles aux personnes à mobilité réduite partout en France.

 

D'autres trophées pour la culture accessible

 

La catégorie Accessibilité, diversité et vivre ensemble a récompensé un autre établissement culturel, Universcience, l'établissement public du Palais de la découverte et de la cité des sciences et de l’industrie qui a conçu l'exposition temporaire interactive et multi-sensorielle Pour Tous : Mille milliards de fourmis. Itinérante, cette exposition fait escale actuellement à l'espace des sciences de Rennes jusqu'au 17 mai 2015.

 

La sélection nationale des Trophées de l'accessibilité® 2015

 

Dans la catégorie produit accessible de la sélection nationale des Trophées de l'accessibilité®, il est encourageant de constater que les 4 lauréats s'adressent tous aux usager déficients visuels, notamment au travers d'applications mobiles de signalétique audio ou vocalisation de smartphone (Audiospot, Pick Out, Kapsys).

 

Enfin, nouveauté 2015, un prix spécial Accès pour Tous à la Culture récompensera une animation ou une manifestation culturelle accessible à tous.

 

Les Trophées de l'accessibilité® seront décernés à Paris le 19 mai 2015.

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Outils numériques de visite : équilibrer technologie et contenu

17 Février 2015, 09:32am

Publié par véronique muzeau

Outils numériques de visite : équilibrer technologie et contenu

Depuis quelques années, des outils numériques toujours plus étonnants voient le jour, pour faire visiter des villes, des parcs naturels ou des sites culturels.

Et les collectivités, offices de tourisme, voire les établissements culturels, ont tendance à orienter l'essentiel de leur budget vers la technologie, au détriment des contenus et de la médiation.

Voici des arguments pour les convaincre de rééquilibrer les investissements outils-contenus.

 

Valoriser son originalité pour un tourisme personnalisé

 

Partons d'une donnée majeure du marketing territorial depuis l'irruption du numérique : le tourisme de masse est en perte de vitesse. Le visiteur veut désormais vivre une expérience singulière. C'est l'émergence d'un tourisme « hyper personnalisé ».

 

D'où l'intérêt des découvertes touristiques qui créent un lien avec un territoire. Le territoire et son patrimoine naturel, ses paysages, son patrimoine culturel bien sûr, mais y compris au sens immatériel : les atouts humains du territoire (personnes, pratiques et savoir-faire). Le patrimoine immatériel culturel est reconnu par l'UNESCO : on y trouve aussi bien des danses que des traditions culinaires, des rituels ou des techniques. C'est un atout pour la préservation de ce patrimoine, c'est aussi un atout pour le développement touristique des territoires concernés !

 

À bien y réfléchir, cette personnalisation du tourisme est aussi une chance pour les zones touristiques marginales et les petites structures. En effet, elles pourront faire valoir leur caractère unique et « hors des sentiers battus ». Il s'agira alors de concevoir ses outils de visite et de valorisation du patrimoine comme des pourvoyeurs d'expérience, de souvenirs et de culture. Rien à voir avec le cas des sites de tourisme de masse qui s'arrêtent à la fonction gestion des flux de ces outils.

Même si cet objectif de créer un véritable « compagnon de visite » est bien compris, tout reste à faire cependant pour que l'outil soit réussi et se démarque de celui du voisin.

 

Trop de technologie tue l'outil de visite

 

Cas typique de démarche inachevée : l'application mobile épate les élus et les médias locaux par son caractère apparemment innovant. Elle émoustille le visiteur avec une restitution animée en trois dimensions ou un personnage en « réalité augmentée » surgi dans le décor. Et au final, elle ne transmet rien du territoire ou du site visité.

Ce n'est pas le seul inconvénient des choix qui misent tout sur la technologie.

 

Le prototype qui fonctionne mal

 

Pire, on vous vend un outil numérique vraiment très innovant ; qui va quasiment jouer les machines à téléporter les visiteurs ou à leur faire remonter le temps, et... las ! Une fois en place, le « jouet » refuse obstinément de fonctionner correctement. Ou bien l'ergonomie est si mal pensée qu'elle en devient pénible ! Un mauvais point pour l'expérience utilisateur du visiteur et pour l'image du territoire ou du site.

 

C'est à ce moment là que le commanditaire (collectivité, office de tourisme, établissement culturel) se demande s'il a vraiment bien fait d'investir des milliers d'euros dans la création de cette application. Application certes prometteuse.... mais vraisemblablement encore en cours de développement (ce qui explique peut-être les 6 mois de retard de livraison). Trop souvent, les concepteurs d'outils de visite proposent sans l'avouer des prototypes, et c'est l'argent public qui finance...

 

Le salon Voyage en Multimédia de Saint Raphaël proposait justement le 6 février 2015 un atelier « Réussir le guidage et la mise en scène numérique de son patrimoine culturel ». Au cœur de l'exposé, ce conseil de bon sens à ceux qui veulent créer un outil de visite ludique : en cas de budget restreint, mieux vaut préférer les parcours de jeux bien pensés à partir de technologies simples et déjà développées.

 

La réalité, augmentée mais pas expliquée

 

Autre cas de figure fréquent, une application mobile est mise en place, elle fonctionne, mais.... le contenu est indigent :

  • textes trop longs, trop techniques, trop savants ou bourrés de fautes,

  • enregistrements audio inaudibles et sur-compressés d'un texte « maison » mal lu et pas du tout conçu pour l'oral,

  • photos ternes,

  • vidéo amateur.

Résultat, l'utilisateur a manipulé l'outil mais sans entrer en résonance réelle avec votre territoire ou votre site, sans trouver de véritable sens à sa visite.

 

Le tout techno expose à l'obsolescence rapide

 

L'obsolescence technologique est bien plus rapide que celle des contenus : une belle photo d'un paysage reste belle quoi qu'il arrive, une bonne anecdote bien racontée par un enfant du pays restera savoureuse. Si vous n'avez misé que sur la technologie, votre média d'accompagnement à la visite risque bien de paraître ringard dans 5 ans, ce qui vous contraindra à réinvestir.

 

Éviter la standardisation des visites

 

Même un outil technologique qui semble innovant peut « standardiser » l'image de votre destination, votre territoire ou votre site. Il en va pour les dispositifs de réalité augmentée comme des audioguides. Si l'outil est conçu sans une réflexion sur son contenu (l'identité du territoire ou du site qu'il va servir), il n'y a aucune raison pour que cet outil soit original et personnalisé. On finit par se retrouver avec toujours les mêmes graphismes, les mêmes types de schémas, les mêmes interactions.

 

Audioguides traditionnels et audioguides avec interviews

 

Le cas des audioguides illustre ce problème de standardisation liée à la seule préoccupation de l'outil au détriment du contenu transmis.

Récemment, un article de Slate donnait la parole à Sophie Deshayes, docteure en Sciences de l'Information et de la Communication, qui a consacré sa thèse aux audioguides. Cette chercheuse préconise des contenus audio à base d'interviews d'experts. Autrement dit des historiens, guides-conférenciers, archéologues, géographes... mais les « experts » d'un territoire peuvent être aussi des habitants de longue date qui témoignent de leur vécu.

 

Implication des experts du territoire

 

Histoire de Son est convaincu par son expérience de production de contenus que la transmission et l'intérêt de l'écoute passent par les « vraies gens ». Nous privilégions les séquences audio à base d'interviews de personnes-ressources, issues du territoire ou des structures à visiter, pour plusieurs raisons :

  • La légitimité de parole : qu'il s'agisse de scientifiques ou spécialistes d'un domaine particulier ou d'habitants “experts” de leur territoire.

  • La passion communicative : les spécialistes ou les habitants d'un territoire disposés à parler sont forcément animés d'une grande motivation pour leur sujet. Motivation qui se transmet spontanément dans leur voix et leurs mots.

  • Le ton naturel : bien plus qu'un comédien extérieur qui lira un texte dont il n'est pas l'auteur, la personne-ressource qui explique un concept, un lieu, un savoir qu'elle maîtrise, sait trouver le ton et les mots. D’emblée, la proximité avec l’auditeur peut s’installer.

 

Les limites du « fait-maison »

La question qui se pose à toute structure ou collectivité c'est : puis-je produire en interne des contenus de qualité ?

 

Les compétences spécifiques au multimédia

 

En fait, la réponse est assez simple : à moins de disposer de compétences spécifiques, non.

Si votre personnel communal compte un producteur de contenus multimédia et médiateur culturel chevronné, vous pouvez en effet lui confier les contenus de votre application mobile de visite. Mais sachez que cette production lui demandera du temps, temps pendant lequel il sera indisponible pour d'autres missions.

Si vos médiateurs culturels sont familiers du numérique et enthousiastes, impliquez-les dans l'élaboration des contenus, mais en partenariat avec des prestataires spécialisés.

 

Le développement informatique d'une application numérique ou d'un dispositif technique est un métier (d'ingénieur ou d'informaticien). Il en va de même pour la production d'un discours adressé au grand public, qui retient son attention et lui transmet un message.

Si certains des commanditaires ont une formation initiale à la médiation ou à la vulgarisation, c'est loin d'être toujours le cas. Interpréter, vulgariser et expliquer sont des tâches qui nécessitent un savoir-faire spécifique. Même au-delà du numérique : quand on voit s'étaler sur les panneaux d'interprétation d'une ville touristique de nombreux termes architecturaux sans aucune définition, on reste songeur...

La production de contenus est un métier. Surtout s'il s'agit de contenus multimédias.

 

Les multiples langages de la médiation culturelle

 

Ce n'est pas parce que le commanditaire dispose en interne des compétences pour écrire un cartel d'exposition ou une brochure touristique qu'il saura concevoir des médias audio ou vidéo de qualité.

Vous ne songez pas à envoyer vos films de famille à une chaine de télévision pour qu'elle les diffuse. C'est pareil pour les contenus d'application mobile. Évitez d'infliger à vos visiteurs :

  • des rédactionnels mal conçus, au graphisme tendance mais illisible, avec des textes dignes du journal officiel,

  • l'enregistrement d'une lecture laborieuse et mal rédigée,

  • des photos floues ou surexposées,

  • les images tremblantes de la vidéo réalisée quand vous aviez 5 minutes, entre deux clients de l'office de tourisme.

La création d'un bon contenu multimédia c'est un savoir-faire, ça se paie comme le reste.

 

 

En résumé, mieux vaut un dispositif numérique de visite :

-techniquement simple mais ergonomique et opérationnel, pour une bonne expérience utilisateur et une obsolescence moins rapide,

-au contenu professionnel pour que les visiteurs aient l'impression d'avoir compris quelque chose de votre territoire ou de votre site,

-au contenu riche, pour que l'utilisateur ait le choix, et donc pour pouvoir séduire plusieurs types de visiteurs (jeunes, seniors, CSP +, personnes handicapées, touristes étrangers),

-dont le contenu puisse être enrichi et actualisé régulièrement pour faire durer votre outils de visite.

 

Pour en savoir plus

 

Les audioguides parlent (presque) d'une seule voix, de Pauline Moullot, Slate.fr, 6 janvier 2015.

Réussir le guidage et la mise en scène numérique de son patrimoine culturel, Charles Demoulin, Julien Brouillard, David Lerman, Vivian Vidal, au salon Voyage en Multimédia, 6 février 2015.

La visite des musées, des expositions et des monuments, juin 2012 – CREDOC, Emilie Daudey, Sandra Hoibian, Jörg Müller.

 

 

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Médiation du patrimoine, tourisme culturel et accessible en février

30 Janvier 2015, 11:48am

Publié par véronique muzeau

Médiation du patrimoine, tourisme culturel et accessible en février

En plus des événements sonores et radiophoniques dont nous avons parlé précédemment (la Semaine du Son c'est jusqu'au 8 février 2015), voici les principaux rendez-vous du mois en matière de tourisme culturel, de médiation culturelle et scientifique des patrimoines et d'accessibilité culturelle.

 

  • Le SIMESITEM, salon des équipements et techniques muséographiques, c'est du 3 au 5 février 2015 au Carrousel du Louvre. Tous les professionnels en lien avec les lieux de culture et musées se retrouvent pendant ces trois jours pour échanger sur les dernières nouveautés en matière d'outils de médiation, accueil des publics, accessibilité ou communication. Au programme des études de cas et conférences thématiques : Galleria, un exemple inédit de diffusion culturelle, qu'apporte la scénographie ? Musée et tourisme culturel, les big Data expliqués aux musées, le programme Liget Budapest, la BNF Richelieu, la refonte du Musée de l'Homme, Le musée royal d’Afrique Centrale. Pour plus d’informations

 

  • La première conférence mondiale sur le tourisme et la culture réunira, pour la première fois, des ministres du Tourisme et des ministres de la Culture du monde entier, ainsi que des experts et des acteurs de ces deux secteurs, afin d’explorer de nouveaux modèles de partenariat entre le tourisme et la culture, ont annoncé les deux organismes. Cette conférence sera organisée à Siem Reap, au Cambodge, les 4 et 6 février 2015.

 

  • Outre-Atlantique au Québec, c'est le Mois Multi du 4 au 28 février 2015, soit 25 jours de festivités pendant lesquels plus de 100 artistes du monde entier vous proposent concert télématique, théâtre d’objets, univers immersif, œuvres cinétiques, objets robotiques, théâtre technologique et dispositifs interactifs autour de la notion de l’Autre.

 

  • Les « 6èmes Rencontres Nationales Culture & Innovation(s) » ou les RNCI. L'événement est organisé par le CLIC France, les 5 et 6 février 2015 à Paris. Cette fois il est question d'innovation numérique dans les musées, lieux de sciences et de patrimoine avec en plus cette année, le Clic Lab, espace de démonstrations d'outils numériques en cours de développement. Ce sera aussi l'occasion de la remise d'un nouveau Prix Patrimoine et Innovation(s). L'an dernier, Histoire de Son avait été cité lors des RNCI pour son intervention dans l'application mobile Le Val de Loire vu du train.

 

  • 6e édition aussi pour Voyage en Multimédia à Saint-Raphaël les 6 et 7 février 2015. Un salon clairement orienté e-tourisme mais qui laisse toujours une place au e-tourisme culturel. Ainsi, un BarCamp Manager s'adresse aux structures touristiques ou culturelles dans le but de favoriser un travail en synergie entre les deux filières grâce au numérique. D'autres ateliers pour « réussir le guidage et la mise en scène numérique de son patrimoine culturel » ou sur « le jeu et le transmédia au service du tourisme de groupe et du patrimoine ».

 

  • Les 6 et 7 février 2015 à Étables, une expérience de théâtre accessible aux spectateurs déficients visuels et qui sensibilisera à ce handicap sensoriel : "Molly Bloom, l'expérience" d'après James Joyce est un solo de théâtre musical parfumé et caressant joué dans l'obscurité par Cécile Morel. Pour se renseigner.

 

  • Le 7 février 2015, la Cité de l'Architecture à Paris propose une visite tactile et descriptive de l'exposition "Ars Architectonica", vision de l'artiste contemporaine Caroline Challan-Belval sur les collections de la Cité de l’architecture et du patrimoine. Des dessins en relief et des oeuvres en verre moulé permettront notamment d’explorer du bout des doigts l’univers de l’artiste.groupes@citechaillot.fr

 

 

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