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le Patrimoine culturel accessible à tous avec Histoire de Son

Les scientifiques médiateurs

7 Mars 2014, 17:39pm

Publié par véronique muzeau

Les scientifiques médiateurs

Apparemment, on ne parle plus de « vulgarisation » scientifique. Le mot est-il trop laid ? Sans doute. Pourtant, le problème reste entier, les scientifiques ont parfois du mal à expliquer au grand public leurs recherches, leurs travaux et même à transmettre leurs éventuelles découvertes.

 

Les chercheurs sont obsédés par la publication, qui s'adresse à leurs pairs et qui légitime leurs travaux, donc leurs budgets. On le comprend. Mais, à quelques exceptions près, ils semblent plutôt craindre de s'adresser au grand public, comme s'ils redoutaient d'être déconsidérés par leur communauté ou d'être ignorés des non scientifiques. Or, dans une société où de nombreux sujets scientifiques et techniques font débat (des OGM aux nanotechnologies) il est capital que tous les citoyens aient un accès maximal à la #compréhension des sciences. Et comme ce sont les impôts de ces citoyens qui financent la science, c'est aussi un juste retour démocratique des choses.

 

De la médiatisation à la médiation

 

Les deux principaux canaux de la communication scientifique au grand public sont la médiatisation et la médiation.

La première, la médiatisation, peut effrayer à juste titre. Les journalistes en France ont une faible culture scientifique et semblent même avoir une piètre curiosité scientifique. Il suffit de voir la portion congrue accordée aux rubriques sciences et techniques dans les hebdomadaires par exemple. Dès lors, si les chercheurs passent par l'intermédiaire des journalistes, ils peuvent craindre que leur message soit mal compris voire mal entendu. Pourtant, c'est le canal de la médiatisation qui touche le plus large public. Les scientifiques composent donc avec les médias. Les instituts et établissements de recherche sont presque tous dotés de services de communication essentiellement tournés vers la communication presse.

Reste le second canal, qui mérite d'être développé, celui de la médiation scientifique. Cette fois, c'est plutôt l'affaire des associations, des personnels de musées, centres de découverte et autres sites publics ; et c'est l'affaire des créateurs de contenus culturels comme histoire de son. Ces médiateurs ont l'avantage d'être plus spécialisés (dans leurs méthodes et/ou leur savoir) que les journalistes des grands médias ou médias régionaux, généralistes par essence. Les médiateurs sont aussi moins inféodés à un type de public que les journalistes, très dépendants de la cible publicitaire de leur média. Parce que c'est précisément leur raison d'être, les médiateurs scientifiques sont à même d'être une passerelle entre les scientifiques et le plus large public possible. Ils connaissent les moyens de s'adresser à ceux qui semblent les plus éloignés de la science, ils déploient des trésors d'imagination pour ça !

 

Les scientifiques deviennent médiateurs

 

Il reste à faire comprendre aux scientifiques qu'ils peuvent eux-même devenir les médiateurs de leurs recherches. Un défi à la fois ludique et très créatif. C'est l'idée du Famelab, le concours de partage des sciences. Ce concours international existait déjà dans 20 pays depuis 2005 et il arrive enfin en France cette année. Au cours des 4 sélections réparties dans l'hexagone, les candidats – de jeunes chercheurs et ingénieurs – ont trois minutes pour présenter un concept scientifique de manière simple et attractive. L'assistance est en effet très ouverte ; quant au jury, paradoxalement, il est composé de professionnels de la communication et des médias davantage que de médiateurs. Les sélections ont commencé le 8 mars à Villeneuve d'Asq. La finale aura lieu le 30 avril à Paris.

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